Bonus, commission ou prime non payée : comment prouver ce qui était promis
En Suisse romande, les litiges sur la part variable du salaire sont fréquents, surtout quand la promesse était orale, que les objectifs ont bougé en cours d’année, ou qu’une prime a été supprimée au dernier moment. Voici une méthode simple pour constituer un dossier de preuve crédible en 2026, sans vous tirer une balle dans le pied pour la suite (certificat de travail, fin de contrat, négociation).
La question posée
« Je travaille dans la vente et une partie importante de mon salaire dépend des commissions et d’un bonus annuel. On m’a annoncé une commission à l’oral, puis les KPI ont changé en cours d’année. Finalement, la prime a été réduite ou supprimée. Je n’ai pas tout par écrit. Comment prouver ce qui était promis, et comment aborder le sujet sans me mettre en danger pour mon certificat de travail ou ma fin de contrat ? »
Équipe JuriUp
Équipe de rédaction et de contenu juridique JuriUp, en collaboration avec des avocats partenaires en droit du travail en Suisse romande.
La réponse de l’équipe JuriUp
Quand un bonus non payé en Suisse ou une commission non versée en Suisse devient un problème, le vrai sujet n’est souvent pas seulement le montant. C’est la preuve. En 2026, entre objectifs modifiés, outils CRM, validations hiérarchiques et politiques internes, vous pouvez généralement reconstruire une chronologie solide, même si la promesse initiale était orale. L’enjeu est de rassembler des pièces qui montrent, de manière cohérente, ce qui a été annoncé, comment la performance devait être mesurée, et ce qui a été validé.
1. Distinguer bonus, commission et prime
En droit du travail suisse, la part variable peut prendre plusieurs formes. Dans la pratique, cette distinction compte, car elle influence la discussion sur ce qui était dû et sur ce qui dépendait de conditions. Sans entrer dans des détails trop théoriques, voici l’idée utile pour votre dossier.- Commission : souvent liée directement à des ventes ou à un chiffre d’affaires, avec une logique assez mécanique (transaction validée, commission due).
- Prime : généralement attachée à un événement ou un objectif précis (exemple, lancement, closing d’un client, objectif trimestriel).
- Bonus : souvent annuel et plus global, parfois lié à des KPI, à la performance individuelle et à la performance de l’entreprise.
2. Ce qui fait foi en pratique quand ce n’est pas clair
Quand tout est proprement écrit dans le contrat, la discussion est plus simple. Mais, en Suisse romande, beaucoup de variables sont définies dans un plan de commission, une annexe, un email de la direction commerciale, un document RH, ou même une présentation interne. De manière générale, les éléments qui pèsent le plus dans une discussion ou un litige sont ceux qui montrent une promesse identifiable, des conditions mesurables et une validation (explicite ou par la pratique). Par exemple, un bonus payé les années précédentes selon une même logique peut renforcer l’idée d’un usage interne, même si l’employeur soutient que tout était discrétionnaire.Attention : Les situations varient beaucoup selon la formulation des documents et la pratique de l’entreprise. Si vous avez un doute sur la qualification de votre variable, le plus efficace est de faire relire vos pièces par un avocat en droit du travail. Sur JuriUp, vous pouvez créer un dossier gratuit et joindre vos preuves pour obtenir un avis concret.
3. Constituer des preuves solides (emails, objectifs, CRM, usages internes)
L’objectif est de produire un dossier qui raconte la même histoire, sans trous, et qui se tient même si l’employeur répond que « ce n’était pas garanti » ou que « les KPI ont changé ». Voici les pièces qui, en 2026, sont souvent les plus utiles pour prouver une preuve bonus email objectifs et la mécanique de calcul.Emails et messageries d’entreprise
- Emails d’onboarding ou d’offre d’engagement qui mentionnent un « OTE », un « variable », une fourchette ou une logique de commission.
- Emails du manager qui confirment une grille, un pourcentage, un accélérateur, ou un objectif.
- Récapitulatif envoyé après un entretien, même bref, du type « comme convenu » ou « confirmé pour ce trimestre ».
- Messages Teams ou Slack qui valident une exception ou un traitement particulier (par exemple, une vente attribuée).
Objectifs et documents de performance
- Documents RH ou sales ops qui fixent les objectifs (PDP, objectifs annuels, objectifs trimestriels, fiches KPI).
- Présentations internes (slides) distribuées à l’équipe (kickoff, QBR, all hands sales) où la logique du bonus est expliquée.
- Tableaux de suivi partagés (Excel, Google Sheets, dashboards) montrant les objectifs et l’avancement.
- Compte rendu d’entretien d’évaluation, s’il mentionne le variable ou le résultat.
CRM et données de vente
Dans les secteurs vente et finance, l’employeur s’appuie souvent sur un CRM ou un outil de reporting. Pour un dossier crédible, vous cherchez surtout à documenter les deals, leurs statuts, les dates, l’attribution et les validations.- Exports CRM (opportunités, deals won, montant, date de signature, date de facturation, owner du deal, approbations).
- Captures d’écran datées d’un deal et de son historique, si l’export n’est pas possible.
- Preuves d’approbation interne (validation pricing, validation risque, validation compliance) quand la commission dépend de ces étapes.
- Factures, bons de commande, confirmations de signature, ou emails client qui confirment le closing.
Usages internes et historique des paiements
- Bulletins de salaire antérieurs montrant le versement de commissions ou de bonus sur une base comparable.
- Plans de commission des années précédentes, même si l’entreprise a changé de format.
- Annonce interne d’un programme de prime, même si elle était présentée comme « temporaire ».
Conseil pratique
Pour éviter de vous perdre, créez un dossier en trois colonnes. 1. Ce qui a été promis. 2. Comment cela devait être mesuré. 3. Ce qui a été validé et payé ou non payé. Ensuite, associez une pièce à chaque ligne. Si vous voulez gagner du temps, vous pouvez déposer vos documents dans un dossier gratuit sur JuriUp, puis demander à être orienté vers un avocat en droit du travail.
4. Objectifs changeants, KPI modifiés et prime supprimée au dernier moment
C’est le scénario typique de salaire variable litige. On vous a donné une cible, puis les règles ont bougé. Ou la prime a été « mise en pause » après un changement de direction. Dans ces cas, vous cherchez surtout à prouver deux choses.- La version initiale : ce qui était en vigueur quand vous avez travaillé et pris vos décisions commerciales.
- La manière dont le changement a été communiqué : date, canal, justification, champ d’application et validation.
Exemple très courant dans le canton de Genève et dans le canton de Vaud : une PME annonce une prime trimestrielle sur la marge, puis décide en fin de trimestre que la marge sera calculée autrement (remises, coûts internes, allocations). Votre dossier doit montrer la formule annoncée au départ, puis la modification, puis l’impact sur votre résultat.
5. Comment en parler à votre employeur sans compromettre la suite
Beaucoup de personnes hésitent à réclamer une commission, par peur de détériorer la relation, surtout si un départ est possible ou déjà en discussion. Le bon réflexe est de rester factuel, d’éviter les accusations et de garder une trace écrite.- Commencez par demander une explication de calcul et la base utilisée, plutôt que d’exiger un paiement immédiatement.
- Envoyez un email de suivi après l’échange oral, avec un résumé court et neutre de ce qui a été compris.
- Demandez le document de référence (plan de commission, politique bonus) et la version applicable à la période concernée.
- Si vous êtes en fin de contrat, restez attentif à la cohérence entre variable, solde de tout compte, et documents de sortie. En cas de tension, un accompagnement peut éviter des erreurs difficiles à rattraper.
6. Spécificités terrain dans le canton de Genève et dans le canton de Vaud
Les litiges sur le variable ont souvent le même parfum, mais le terrain diffère selon les organisations. Dans le canton de Genève, on rencontre fréquemment des structures internationales, avec des plans globaux, des validations multi-niveaux et des données dans des systèmes centralisés. Dans le canton de Vaud, beaucoup de PME ont des pratiques plus souples, parfois moins formalisées, et des promesses faites rapidement en entretien. Dans les deux cas, la méthode reste la même. Vous reconstruisez une chronologie, vous sortez les preuves du système (emails et CRM), et vous identifiez qui a validé quoi. Ensuite, vous faites vérifier la solidité du dossier, idéalement avant de mettre une pression inutile.Confidentialité et prudence : Chaque situation est différente, notamment sur l’accès aux données, le devoir de fidélité et la manière de conserver des documents. Si vous hésitez sur ce que vous pouvez utiliser, évitez les gestes irréversibles et demandez un avis. JuriUp vous permet de trouver un avocat spécialisé dans votre canton, habitué aux litiges de salaire variable.
Les points clés à retenir
Démarches recommandées
- Rassemblez vos pièces : contrat, annexes, plans de commission, emails, évaluations, bulletins de salaire.
- Faites une chronologie : promesse initiale, objectifs, changements, validations, paiement ou non paiement.
- Exportez ce qui peut l’être : rapports CRM, tableaux de ventes, historiques d’approbation, éléments datés.
- Préparez un email neutre demandant la base de calcul et la version applicable des objectifs.
- Évitez l’escalade immédiate si vous êtes en période sensible (évaluation, départ, certificat), et faites valider votre stratégie.
- Faites analyser le dossier : créez un dossier gratuit et demandez à JuriUp de vous orienter vers un avocat en droit du travail via la mise en relation.
Vous voulez savoir si votre bonus ou votre commission est défendable avec vos preuves ?
Déposez vos emails, objectifs, captures CRM et bulletins de salaire dans un dossier. L’équipe JuriUp vous met gratuitement en relation avec un avocat spécialisé en droit du travail dans votre canton, pour analyser la solidité de vos pièces et choisir la démarche la plus adaptée.
Questions fréquentes
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Une promesse orale de commission peut-elle être prouvée ?
Oui, dans de nombreux cas, vous pouvez la corroborer avec des indices écrits et des données, comme un email de suivi, une présentation interne, un plan de commission envoyé après l’entretien, ou des enregistrements de performance dans un CRM. L’important est d’avoir un ensemble cohérent qui montre la promesse, la manière de mesurer et la validation. En cas de doute, faites vérifier vos pièces par un avocat en droit du travail via JuriUp.
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Que faire si les objectifs ou KPI ont été modifiés en cours d’année ?
Cherchez d’abord à documenter la version initiale et la date de changement. Ensuite, demandez à l’employeur, par écrit et de manière neutre, quelle version est appliquée et sur quelle base. Si l’impact financier est important ou si la situation est conflictuelle, un avis personnalisé aide à éviter de mauvaises formulations et à choisir la meilleure stratégie.
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Puis-je demander mon bonus si je quitte l’entreprise ?
Cela dépend notamment des règles internes, de ce qui a été convenu et de la période concernée. Certaines entreprises conditionnent le paiement à des critères précis, d’autres appliquent une logique proportionnelle ou des conditions de présence. Comme il n’existe pas une réponse unique, la solution la plus sûre est de faire analyser votre contrat et vos documents (plan de bonus, emails, bulletins) par un avocat spécialisé.
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Est-ce risqué de contester une prime si je veux un bon certificat de travail ?
Un échange mal géré peut tendre la relation, surtout en période de départ. En pratique, une demande factuelle, structurée et documentée limite les risques. Si vous êtes dans une phase sensible, il vaut mieux préparer vos messages et votre timing avec un avocat en droit du travail, afin de défendre vos intérêts sans créer un conflit inutile.
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Comment JuriUp peut m’aider concrètement sur un variable non payé ?
Vous pouvez créer un dossier gratuit avec vos pièces (emails, objectifs, exports CRM, bulletins). Ensuite, JuriUp vous met en relation avec un avocat spécialisé en droit du travail via la mise en relation, pour évaluer la force de votre dossier et choisir la meilleure démarche selon votre canton, par exemple dans le canton de Genève ou dans le canton de Vaud.



