Dettes et héritage en Suisse romande: comment éviter de « récupérer les dettes »
Après un décès, beaucoup d’héritiers découvrent des poursuites, des factures médicales, des impôts en retard ou des crédits dont personne ne parlait. En Suisse, une succession ne se résume pas aux biens, elle peut aussi inclure des dettes. Voici une vue d’ensemble prudente et pratique des options qui existent généralement pour éviter de se retrouver coincé, avec les bons réflexes, les signaux d’alerte et les documents à rassembler en Suisse romande.
La question posée
« Mon parent est décédé. On parle d’un héritage, mais j’ai peur qu’il y ait des dettes et des poursuites. Est-ce que je risque de devoir payer à sa place. Quelles démarches dois-je faire en Suisse romande pour éviter de prendre un mauvais risque. »
Équipe JuriUp
Équipe de rédaction JuriUp, en collaboration avec des avocats partenaires en droit des successions et des juristes en pratique romande.
La réponse de l’équipe JuriUp
En Suisse, l’inquiétude est légitime: une succession peut contenir des actifs, mais aussi des dettes. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe en général des outils juridiques pour éviter d’accepter « à l’aveugle ». Le point critique, c’est le timing et les actes que vous posez, car certains comportements peuvent être interprétés comme une acceptation. Si vous avez un doute sérieux, la stratégie la plus sûre est de faire rapidement le point avec un expert juridique en successions via JuriUp.
1. Comprendre le risque: pourquoi les dettes peuvent vous rattraper
Selon la législation suisse, la succession est un ensemble qui comprend les biens et les dettes du défunt. Le danger survient lorsque vous vous comportez comme si vous aviez accepté l’héritage, alors que l’état réel des dettes n’est pas clair. En pratique, le risque se manifeste souvent quand des créanciers se réveillent après le décès, ou quand vous découvrez des courriers, des rappels, des arriérés d’impôts ou des poursuites.Attention pratique: Évitez, tant que la situation n’est pas clarifiée, de prendre des décisions irréversibles sur les comptes, la vente d’objets, la résiliation de contrats ou la répartition de biens. Dans le doute, demandez un avis rapide via JuriUp avant d’agir.
2. Les options possibles en Suisse: accepter, refuser, ou sécuriser
Dans la plupart des cas, les héritiers hésitent entre trois approches. Le choix dépend surtout d’un point: est-ce que la succession est clairement positive, clairement déficitaire, ou incertaine. Les modalités concrètes et l’autorité compétente peuvent varier selon le canton, notamment dans le canton de Vaud, dans le canton de Genève, dans le canton de Neuchâtel, dans le canton de Fribourg, dans le canton du Valais ou dans le canton du Jura.- Accepter la succession: une option plutôt adaptée quand les dettes semblent maîtrisées et documentées.
- Refuser la succession: une option envisagée quand vous suspectez une succession déficitaire ou très risquée.
- Sécuriser la décision: demander des mesures qui permettent en général de mieux connaître la situation avant de s’engager, par exemple via un inventaire selon les règles applicables.
3. Inventaire: à quoi ça sert et quand y penser
Quand l’état des dettes est flou, l’inventaire est souvent le mot qui revient. De manière générale, l’idée est simple: établir une photographie plus structurée des actifs et des dettes, pour éviter de décider sur la base de rumeurs ou d’un classeur incomplet. Concrètement, cela peut permettre d’identifier des créanciers, des contrats, des arriérés et parfois des avoirs oubliés. Selon les situations, l’inventaire peut aussi aider à cadrer les échanges avec les autres héritiers, la banque, ou des créanciers. En Suisse romande, la démarche pratique se fait auprès de l’autorité compétente, qui dépend du canton. Comme les règles de forme et les délais légaux peuvent être déterminants, il vaut mieux demander un avis ciblé avant de lancer ou de renoncer à une démarche.Conseil concret
Si vous apprenez l’existence de poursuites, d’actes de défaut de biens, d’arriérés fiscaux ou d’un crédit, ne restez pas seul avec l’incertitude. Décrivez votre situation sur JuriUp, puis un avocat spécialisé peut vous indiquer, en fonction du canton, si un inventaire est pertinent et comment le demander dans les meilleurs délais. Vous pouvez trouver un expert juridique sur JuriUp en quelques minutes.
4. Documents à demander et preuves à conserver
Quand le risque de dettes existe, la priorité est de rassembler des informations fiables. Vous ne pourrez pas toujours obtenir tout, surtout au début, mais une collecte méthodique évite beaucoup d’erreurs. Dans la plupart des cas, ces éléments sont utiles, sous réserve des exigences des banques et des autorités cantonales.- Courriers et emails des créanciers: rappels, mises en demeure, plans de paiement, relevés de solde.
- Contrats et abonnements: leasing, crédit, assurance, télécom, bail, EMS, etc.
- Factures récurrentes: médical, soins, home care, impôts, primes, cartes de crédit.
- Pièces bancaires: relevés, informations sur comptes, dépôts, prêts, hypothèques, sous réserve des règles de la banque.
- Indications de poursuites: lettres de l’office des poursuites, actes, décisions, ou toute référence de dossier.
- Justificatifs de paiement: reçus, ordres permanents, captures d’écran d’e-banking, confirmations.
5. Signaux d’alerte: successions à haut risque
Certains indices doivent vous mettre en mode prudence renforcée. Pris isolément, ils ne prouvent pas qu’une succession est déficitaire, mais cumulés, ils justifient souvent une stratégie encadrée.- Courrier de poursuites ou références à un office des poursuites, y compris des actes de défaut de biens.
- Crédits à la consommation, leasing, cartes de crédit avec soldes élevés, ou « mensualités » multiples.
- Arriérés d’impôts ou correspondance fiscale en attente, surtout si le défunt évitait le sujet.
- Factures médicales importantes ou soins de longue durée avec participation non réglée.
- Absence de transparence sur les finances, comptes multiples, retraits fréquents, ou documents manquants.
- Conflit entre héritiers et pression pour « signer vite » ou « vider l’appartement rapidement ».
6. Erreurs fréquentes qui coûtent cher
Dans les dossiers de dettes et succession, les problèmes viennent rarement d’un détail juridique exotique. Ils viennent plutôt d’une décision prise trop vite, d’une communication mal cadrée, ou d’un document signé sans comprendre les effets. Voici des erreurs qu’on voit souvent, et qui méritent d’être évitées.- Confondre aide et engagement: payer une facture du défunt sans clarifier si c’est un choix personnel, une avance, ou une conséquence de la succession.
- Vider un logement et distribuer des biens: le geste paraît pratique, mais il peut créer des tensions et compliquer la clarification de l’actif.
- Répondre aux créanciers au hasard: une réponse mal formulée peut être exploitée, alors qu’une réponse structurée protège mieux.
- Se fier à des promesses orales: en succession, les accords écrits et la traçabilité évitent des litiges longs.
- Attendre trop longtemps: si vous voulez refuser ou sécuriser votre choix, il existe en général des délais légaux. Agissez dans les meilleurs délais.
Les points clés à retenir
Démarches recommandées
- Faites un état des lieux de ce que vous savez et de ce que vous ignorez, surtout sur les dettes et les poursuites.
- Rassemblez les documents disponibles, sans trier trop vite ce qui paraît « sans importance ».
- Évitez les actes irréversibles tant que vous n’avez pas clarifié l’orientation générale de la succession.
- Identifiez l’autorité compétente dans votre canton pour les démarches successorales, puis vérifiez les exigences de forme.
- Choisissez une stratégie avec un spécialiste: accepter, refuser, ou sécuriser via les mécanismes possibles selon la législation suisse et la pratique cantonale.
- Formalisez par écrit vos décisions et échanges importants, surtout avec les autres héritiers et les créanciers.
Vous craignez de « récupérer les dettes » d’un proche décédé ?
Avec JuriUp, vous décrivez votre situation en quelques minutes, puis nous vous mettons gratuitement en relation avec un avocat spécialisé en droit des successions ou un notaire selon votre besoin. Vous gagnez du temps, vous avancez avec une stratégie claire, et vous évitez les décisions risquées prises dans l’urgence.
Questions fréquentes
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Est-ce que les héritiers doivent toujours payer les dettes du défunt en Suisse ?
Pas forcément. Selon la législation suisse, tout dépend en général de la manière dont la succession est traitée, et de l’option choisie par les héritiers. Si vous suspectez une succession déficitaire ou incertaine, il est prudent de demander rapidement un avis personnalisé, car il existe des délais légaux et des conséquences possibles en cas d’actes d’acceptation.
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Que faire si je découvre des poursuites après le décès ?
Conservez toutes les preuves, ne répondez pas dans la précipitation, puis clarifiez votre position d’héritier et la stratégie de succession. Les démarches pratiques dépendent de l’office et du canton concerné. Le plus sûr est de passer par un avocat spécialisé en successions via JuriUp pour savoir quoi demander, à qui, et comment formuler vos échanges.
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Puis-je demander un inventaire si je ne sais pas si la succession est endettée ?
Dans de nombreuses situations, un inventaire est justement envisagé quand l’état des dettes n’est pas clair. Les conditions, la forme et l’autorité compétente peuvent dépendre du canton. Un expert juridique peut vous dire rapidement si cette démarche est adaptée à votre cas et comment la déclencher correctement.
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Quels documents sont les plus utiles pour évaluer les dettes d’une succession ?
En pratique, les courriers de créanciers, factures médicales, pièces bancaires disponibles, contrats de crédit, et tout indice de poursuites sont souvent déterminants. Même un document incomplet peut aider à reconstruire la situation. En cas de conflit entre héritiers, documenter qui détient quoi et à quelle date est aussi très utile.
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Comment décider vite, sans faire d’erreur irréversible ?
Le réflexe le plus efficace est d’obtenir rapidement une stratégie claire, puis d’éviter les actes qui pourraient vous engager alors que la situation est encore floue. Sur JuriUp, vous pouvez décrire votre situation et être orienté vers un avocat spécialisé en droit des successions dans votre canton.



