Sous-location refusée en Suisse romande: quand le bailleur dit non et comment répondre sans risquer la résiliation
Vous avez trouvé un sous-locataire fiable, vous avez un motif légitime, et pourtant le bailleur refuse. Dans le canton de Vaud comme dans le canton de Genève, cette situation est fréquente et peut vite devenir stressante, surtout si vous craignez une résiliation ou une accusation de sous-location non autorisée. Voici une méthode claire pour déposer une demande solide, garder des traces, négocier, puis réagir si le refus vous paraît abusif, tout en limitant les risques.
La question posée
« Je loue un appartement à Lausanne, et je dois partir quelques mois. J’ai trouvé un sous-locataire sérieux, mais mon bailleur refuse la sous-location, sans explication claire. J’ai peur de perdre mon bail si j’insiste ou si je sous-loue quand même. Comment répondre correctement, et que puis-je faire si le refus semble injustifié, notamment dans le canton de Vaud ou dans le canton de Genève ? »
Équipe JuriUp
Équipe de rédaction et de contenu juridique JuriUp, en collaboration avec des avocats partenaires en droit du bail en Suisse romande.
La réponse de l’équipe JuriUp
En Suisse, la sous-location est en principe possible, mais elle se gère rarement « au feeling ». Dans la plupart des cas, la clé est la demande écrite, complète et traçable. Quand le bailleur refuse, votre réaction compte autant que le fond, parce qu’une escalade mal maîtrisée peut vous exposer à un conflit, voire à une procédure.
Important: Ne sous-louez pas « en attendant » un accord si le bailleur a clairement dit non ou si vous n’avez pas de réponse. Si vous avez un doute sur votre situation, le plus sûr est d’obtenir un avis rapide. Vous pouvez trouver un expert juridique via JuriUp et clarifier vos options avant d’agir.
1. Comprendre ce que le bailleur peut exiger
Selon la législation suisse sur le bail, la sous-location n’est pas un « droit automatique » sans conditions, mais le bailleur ne peut pas non plus refuser n’importe comment. Dans la pratique, un bailleur peut généralement demander des informations pour vérifier trois points simples:- Qui va occuper le logement (identité du sous-locataire, composition du ménage).
- Pour combien de temps (durée prévue, dates approximatives d’entrée et de sortie).
- À quelles conditions (montant du loyer de sous-location et ce qui est inclus, par exemple charges, mobilier).
2. Préparer une demande de sous-location qui tient la route
La plupart des refus viennent d’une demande trop vague, trop tardive, ou incomplète. Pour réduire le risque, partez du principe que votre dossier doit pouvoir être compris en deux minutes, sans échanges interminables.Objectif: donner au bailleur les informations pertinentes, sans vous disperser, et obtenir une réponse écrite exploitable si un désaccord survient.
- Vos coordonnées, l’adresse du logement, et la référence du bail si vous l’avez.
- Le motif de la sous-location, de manière sobre et factuelle, par exemple déplacement temporaire, stage, séparation, mission à l’étranger, sans entrer dans des détails personnels inutiles.
- La durée prévue, avec un cadre clair. Si la durée est incertaine, indiquez une fourchette et proposez une mise à jour dès que vous avez confirmation.
- L’identité du sous-locataire, et si possible un bref profil, par exemple situation, nombre d’occupants, présence éventuelle d’un animal.
- Le loyer de sous-location, et si le logement est meublé ou non, avec la liste des éléments mis à disposition si c’est le cas.
- Une phrase confirmant que vous restez votre interlocuteur principal et que vous assumez vos obligations vis-à-vis du bailleur pendant la sous-location.
- Une demande de réponse écrite, avec une invitation à poser d’éventuelles questions.
Astuce simple qui change tout
Envoyez votre demande par un canal traçable, par exemple courriel avec accusé de réception ou courrier. Et gardez un dossier avec toutes les pièces, y compris les échanges. En cas de litige, ce sont souvent ces détails qui font la différence.
3. Répondre à un refus sans se mettre en danger
Quand le bailleur refuse, la réaction la plus risquée est de partir sur un échange émotionnel ou de menacer d’emblée. Le plus efficace est une réponse courte, calme, et structurée, avec une seule idée: demander les motifs et proposer de compléter. En pratique, vous pouvez répondre en trois étapes:- Demandez une motivation écrite et précise du refus, en rappelant que vous avez fourni les informations essentielles.
- Proposez de transmettre les éléments manquants si quelque chose n’est pas clair, par exemple une copie du projet de contrat de sous-location.
- Demandez une réponse dans un délai raisonnable, sans fixer un ultimatum agressif.
À éviter: Ne dites pas « je sous-loue quand même » et ne laissez pas entendre que vous partez de toute façon. Même si vous êtes persuadé d’être dans votre droit, une formulation maladroite peut donner au bailleur un angle d’attaque sur le plan relationnel et, parfois, sur le plan juridique.
4. Quand un refus peut poser problème et quelles options envisager
Un refus n’est pas forcément abusif. Il peut l’être dans certaines configurations, par exemple si le bailleur refuse alors que les informations demandées ont été fournies et que rien ne laisse penser à un risque concret. Il peut aussi y avoir une confusion sur les conditions, par exemple un loyer de sous-location perçu comme disproportionné, ou une sous-location qui ressemble à une mise à disposition durable. Si vous soupçonnez un refus « de principe » ou une pression, les options se discutent au cas par cas. En Suisse, la résolution des conflits locatifs passe souvent par une phase de conciliation, et les modalités peuvent varier selon le canton. Dans le canton de Vaud et dans le canton de Genève, il existe des autorités compétentes en matière de conciliation en droit du bail. Avant d’engager une démarche formelle, posez-vous trois questions pratiques:- Votre demande était-elle complète, et pouvez-vous le prouver par écrit.
- Le motif du refus est-il clair, et repose-t-il sur un élément concret ou sur une formule générale.
- Avez-vous une contrainte de temps, par exemple un départ imminent, qui rend une solution amiable prioritaire.
Négociation, mais avec un cadre
Une proposition simple peut parfois débloquer la situation, par exemple limiter la durée, confirmer que vous restez responsable, ou ajuster certaines conditions. Le tout est de le faire par écrit, sans donner l’impression que vous négociez sous contrainte ou que vous renoncez à vos droits.
5. Risques concrets: sous-louer sans accord et erreurs à éviter
La tentation est forte de se dire que « personne ne verra ». En réalité, une sous-location non autorisée se remarque vite, notamment dans les immeubles où la gérance est active ou quand un voisin s’étonne d’un changement d’occupant. Le risque principal est l’ouverture d’un conflit qui peut mener à une résiliation contestée, puis à une procédure, ce qui est rarement ce que vous cherchez. Voici les erreurs qui créent le plus de problèmes, surtout dans les zones tendues comme Genève ou Lausanne:- Commencer la sous-location avant d’avoir une réponse claire, ou après un refus explicite.
- Ne pas indiquer le loyer de sous-location, ou donner des chiffres flous.
- Laisser la sous-location s’installer sans limite temporelle, ce qui peut être perçu comme un transfert déguisé.
- Répondre au bailleur de manière agressive, ou uniquement à l’oral, sans trace.
- Utiliser une plateforme d’annonces avec un texte ambigu qui donne l’impression que le logement est « à reprendre » plutôt qu’à sous-louer temporairement.
Si vous craignez une résiliation: ne prenez pas de décision dans l’urgence. Une analyse rapide de votre bail, de vos échanges et du motif du refus permet souvent de sécuriser une réponse. JuriUp vous aide à obtenir ce regard externe, sans perdre des semaines.
Les points clés à retenir
Démarches recommandées
- Relisez votre bail et repérez les clauses qui parlent de sous-location, d’annonce à la gérance, et de conditions particulières.
- Préparez une demande écrite complète avec identité du sous-locataire, durée et conditions de la sous-location.
- Envoyez la demande par un canal traçable et classez toutes les preuves, y compris les réponses.
- En cas de refus, demandez une motivation écrite et proposez de transmettre les éléments manquants.
- Ne lancez pas la sous-location tant que la situation n’est pas clarifiée, surtout si le bailleur refuse.
- Si la tension monte, créez un dossier gratuit sur JuriUp pour obtenir un avis concret et rapide.
Vous voulez répondre au bailleur sans prendre de risque ?
Décrivez votre situation en quelques clics. JuriUp vous met gratuitement en relation avec un avocat spécialisé en droit du bail en Suisse romande, adapté à votre canton et à l’urgence de votre dossier. Vous gagnez du temps, vous évitez les faux pas, et vous gardez une stratégie claire.
Questions fréquentes
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Le bailleur peut-il refuser une sous-location sans donner de raisons ?
Dans la pratique, un bailleur peut refuser, mais un refus non motivé complique la discussion et peut poser question selon les circonstances. Le plus utile est de demander une motivation écrite et de vérifier si votre demande contenait bien les informations attendues. En cas de blocage, un avocat spécialisé peut vous dire rapidement si le refus est défendable ou non.
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Que dois-je fournir au bailleur pour une demande de sous-location en Suisse romande ?
Généralement, il faut au minimum l’identité du sous-locataire, la durée prévue, et les conditions de la sous-location, notamment le loyer et ce qui est inclus. Plus votre demande est claire et écrite, plus vous réduisez le risque de refus pour « dossier incomplet ».
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Si je sous-loue sans autorisation, est-ce que je risque une résiliation ?
C’est un risque réel, surtout si le bailleur estime que la sous-location viole vos obligations ou si vous avez ignoré un refus explicite. Les conséquences exactes dépendent des faits et des échanges écrits. Avant d’agir, faites vérifier votre situation par un expert juridique, en particulier si vous êtes dans le canton de Vaud ou dans le canton de Genève où les conflits locatifs peuvent aller vite.
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Comment réagir si le refus ressemble à une pression pour vous faire partir ?
Restez factuel, demandez une motivation écrite, et évitez les décisions impulsives. Si le contexte suggère une stratégie de pression, une analyse du dossier est souvent nécessaire pour décider de la suite, négociation, conciliation, ou autre démarche. JuriUp peut vous orienter vers un avocat spécialisé en droit du bail qui évaluera les risques et la meilleure réponse.



