Donner ou prêter de l’argent à un enfant en Suisse : don, prêt, avancement d’hoirie, quelle option est la moins risquée ?
Aide pour un apport immobilier, financement d’une activité, coup de pouce en cas de séparation : en Suisse romande, ces gestes sont fréquents. Le risque, lui, arrive souvent plus tard, lors d’un conflit familial, d’un divorce ou d’une succession. Voici comment comparer don, prêt et avancement d’hoirie, et surtout comment sécuriser votre décision.

Équipe JuriUp
Contenu préparé par JuriUp, avec l’appui d’experts juridiques partenaires en Suisse romande, dont des notaires et des avocats spécialisés en droit de la famille et des successions.
Ce que vous cherchez vraiment
La plupart des parents veulent trois choses à la fois, qui ne vont pas toujours ensemble. Aider maintenant, éviter un conflit plus tard, et rester équitable entre enfants. Cet article vous aide à y voir clair, puis à faire valider la solution la plus adaptée via JuriUp.
Risques typiques
Preuve, récupération, équité
Moments critiques
Séparation, succession
Bon réflexe
Écrit clair, tôt
Don, prêt, avancement d’hoirie : la différence, en mots simples
Les trois options se ressemblent sur votre relevé bancaire, mais pas dans leurs effets juridiques. La différence centrale tient à la question suivante : voulez-vous pouvoir récupérer l’argent et, si non, comment traiter l’égalité entre héritiers au moment de la succession ?Le don
Vous transférez une somme sans obligation de remboursement. En pratique, c’est simple et rapide. Le risque est qu’on discute plus tard s’il fallait ou non « rééquilibrer » entre enfants lors de la succession, selon la situation familiale et ce qui a été voulu.Le prêt
Vous transférez une somme qui doit être remboursée, selon des modalités à définir. C’est généralement l’option la plus protectrice pour vous, mais seulement si vous pouvez prouver qu’il s’agissait bien d’un prêt, et à quelles conditions.L’avancement d’hoirie
Vous aidez votre enfant aujourd’hui, mais vous traitez ce montant comme une avance sur sa part d’héritage. L’objectif est de préserver une certaine équité entre héritiers. C’est une option très utilisée quand il y a plusieurs enfants, un bien immobilier, ou une entreprise familiale.Point clé
Dans la pratique romande, le plus grand danger n’est pas le choix initial, mais l’absence de trace. Sans document, une somme versée peut être requalifiée ou contestée, et les discussions deviennent vite émotionnelles.
Option 1, le don : simple à faire, plus difficile à gérer lors d’une succession
Le don est souvent choisi pour un apport immobilier, pour aider à passer un cap, ou parce qu’on ne veut pas « mettre de pression ». Dans l’immédiat, c’est fluide. Le problème arrive quand un autre enfant estime qu’il y a eu une inégalité, ou quand vous souhaitez finalement que l’aide soit prise en compte dans la succession.Ce qui se passe en pratique
- Le transfert est fait, parfois en plusieurs fois, et l’intention n’est pas écrite.
- Quelques années plus tard, un héritier demande que ce don soit comptabilisé pour rétablir l’équilibre.
- La discussion porte alors sur ce que vous vouliez réellement au moment du versement.
Quand le don est cohérent
- Vous avez un seul enfant, ou vous avez déjà prévu une répartition successorale équilibrée.
- Le montant reste raisonnable par rapport à votre patrimoine, et ne fragilise pas votre propre sécurité financière.
- Vous souhaitez explicitement que l’enfant aidé ne doive rien rembourser, même en cas de revente, de séparation ou de succession.
Le vrai risque, ce n’est pas l’intention, c’est la preuve
Si vous écrivez « don » dans la communication bancaire, cela aide, mais ce n’est pas une stratégie complète. En présence d’autres héritiers, d’un bien immobilier ou d’un couple, un avis d’un notaire ou d’un avocat spécialisé peut éviter des années de tensions.
Option 2, le prêt : souvent l’option la moins risquée, si tout est cadré
Si votre priorité est de pouvoir récupérer la somme, le prêt est généralement le choix le plus sécurisant. Il est aussi utile quand votre enfant achète avec un conjoint, ou quand l’argent sert à lancer une activité. Mais un prêt « entre proches » mal documenté se transforme vite en prêt impossible à prouver.Ce que vous devriez clarifier par écrit
- Le montant prêté et la date du versement.
- Le principe du remboursement, même si l’échéancier est souple.
- Les conditions de remboursement en cas de vente du bien, de séparation, ou de difficultés financières.
- La question des intérêts, s’il y en a, ou l’absence d’intérêts si c’est votre choix.
« Le prêt familial qui se passe bien, c’est souvent celui qui ressemble à un prêt clair, mais humain. Des règles simples, un écrit, et un dialogue. Sans cela, vous risquez un blocage au pire moment, quand les relations se tendent déjà. »
Équipe JuriUp
Focus immobilier, très fréquent en Suisse romande
Quand un prêt sert d’apport pour acheter un logement, la question n’est pas seulement « prêt ou don ». Il faut aussi penser à ce qui se passe si le bien est revendu, si le couple se sépare, ou si l’un des partenaires revendique une part indirecte de l’aide. Dans ces situations, une validation par un avocat spécialisé ou un notaire est souvent indispensable.
Option 3, l’avancement d’hoirie : l’outil le plus utile pour préserver l’équité entre enfants
L’avancement d’hoirie sert à traiter une aide comme une avance sur l’héritage. Concrètement, vous aidez un enfant aujourd’hui, mais vous ne voulez pas que cela désavantage les autres lors de votre succession. En Suisse romande, c’est une logique très courante quand un enfant a besoin d’un apport immobilier, ou quand un autre reprendra peut-être l’entreprise familiale.Quand c’est particulièrement pertinent
- Vous avez plusieurs enfants, et l’un reçoit une aide importante.
- Vous anticipez des différences de besoins, par exemple un enfant qui achète et un autre qui loue.
- Vous voulez éviter qu’un héritier accuse l’autre d’avoir été favorisé.
Ce qui doit être clarifié
- Le montant et sa date, ou la manière de l’évaluer si ce n’est pas une somme simple.
- Votre intention, à savoir s’il s’agit bien d’une avance sur héritage.
- Le traitement souhaité dans votre planification successorale, surtout si votre situation est complexe.
Lien utile si vous êtes entrepreneur
Si l’aide financière est liée à une société, à une reprise d’activité ou à des parts d’entreprise, une planification est vivement recommandée. Vous pouvez aussi lire notre contenu sur la planification successorale pour entrepreneur en Suisse romande.
La situation qui crée le plus de pertes : séparation, divorce, ou incident de parcours
Le scénario classique est le suivant. Vous financez un apport immobilier pour votre enfant, le logement est acheté dans un couple, puis le couple se sépare. Au milieu de la discussion, votre aide devient un enjeu. Était-ce un don au couple, un don à votre enfant uniquement, ou un prêt à rembourser à vous, parents ? La réponse dépend beaucoup des faits, des documents, et de la manière dont le versement a été structuré. C’est pour cela que l’option la moins risquée est souvent celle qui est écrite et signée, idéalement avant ou au moment du versement.Si votre enfant se sépare
Sans écrit, il peut être difficile d’éviter que l’aide soit perçue comme un enrichissement partagé dans le couple. Un expert juridique peut vous aider à documenter l’intention et à prévoir une mécanique de remboursement ou de compensation.Si votre enfant a des dettes ou des soucis d’activité
En cas de difficultés financières, un prêt non cadré peut être contesté ou relégué au second plan. Si l’argent finance une activité, il peut être utile de réfléchir à la structure, au calendrier, et aux garanties, selon la situation.Si la succession s’ouvre plus tôt que prévu
Lors d’une succession, les héritiers cherchent de la clarté. Un document court mais précis permet souvent d’éviter des soupçons et des blocages. C’est encore plus vrai dans les familles recomposées.Ne laissez pas le conflit définir les règles
Quand une séparation ou une succession commence, les positions se figent rapidement. Faire cadrer la solution avant est souvent ce qui vous évite de « subir » une interprétation. JuriUp vous permet de trouver un expert juridique dans votre canton, rapidement et de manière confidentielle.
Check-list de documents à préparer pour réduire les risques
Vous n’avez pas besoin d’un dossier complexe pour faire les choses correctement. Dans la plupart des cas, un écrit simple suffit, mais il doit être adapté à votre objectif. Si un appartement, une maison, ou une entreprise est concerné, un notaire ou un avocat spécialisé vous aidera à choisir la bonne forme.Base utile dans presque tous les cas
- Un écrit daté qui décrit l’intention, don, prêt ou avance sur héritage.
- Le montant, les dates de versements, et les justificatifs bancaires.
- Les échanges principaux, par exemple un email de confirmation, si c’est pertinent.
- Les coordonnées complètes des personnes concernées.
Si l’aide sert à acheter un bien
- Les éléments liés à l’achat, par exemple projet d’acte, compromis, ou informations de financement.
- La manière dont le bien est détenu, par votre enfant seul ou avec un conjoint.
- Une clause ou un accord clair sur ce qui se passe en cas de revente ou de séparation, à formaliser avec un expert juridique.
Besoin d’une mise en relation rapide
Vous pouvez décrire votre situation en quelques minutes en créant un dossier gratuit. JuriUp vous met ensuite en relation avec un expert juridique adapté, par exemple un notaire pour une structuration successorale ou un avocat spécialisé si un litige est possible.
Résumé rapide à retenir
Vous hésitez entre don, prêt ou avancement d’hoirie ?
Quand un appartement, une maison ou une entreprise est en jeu, un détail de rédaction peut changer toute l’issue d’un futur conflit. JuriUp vous aide à obtenir rapidement un avis clair et adapté à votre canton, en toute confidentialité.
Si votre situation touche aussi à une relation de travail, par exemple un soutien financier à un enfant dirigeant ou salarié dans une entreprise familiale, notre guide sur le licenciement d’un cadre dirigeant en Suisse romande peut compléter votre réflexion.
Questions fréquentes
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Quel est le plus sûr, donner ou prêter de l’argent à son enfant en Suisse ?
Dans la plupart des cas, un prêt est plus protecteur si votre objectif est de pouvoir récupérer l’argent, mais uniquement si un écrit permet de prouver l’existence du prêt et ses conditions. Un don est plus simple, mais peut provoquer des discussions lors d’une succession ou en cas de séparation. En cas de doute, faites valider la structure par un avocat spécialisé ou un notaire via JuriUp.
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Puis-je faire un prêt à mon enfant sans intérêt ?
Oui, c’est possible dans de nombreuses situations, mais il est prudent de l’indiquer clairement dans l’écrit pour éviter toute ambiguïté. Selon le contexte, des questions fiscales ou patrimoniales peuvent se poser. Pour une solution adaptée à votre canton et à votre situation familiale, le plus sûr est de consulter un expert juridique via JuriUp.
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Si j’aide mon enfant pour un apport immobilier, que se passe-t-il s’il se sépare ?
Cela dépend notamment de la manière dont l’aide a été qualifiée et documentée, et de la manière dont le bien est détenu. Sans écrit, il est fréquent que le versement soit discuté ou interprété différemment par les parties. Pour éviter les mauvaises surprises, faites cadrer votre aide avant le transfert, ou régularisez rapidement la situation avec un avocat spécialisé, via JuriUp.
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L’avancement d’hoirie est-il automatique quand je donne de l’argent à un enfant ?
En droit suisse, la question de savoir si une aide doit être prise en compte lors de la succession dépend du cadre légal et de votre intention, ainsi que des circonstances. Comme les conséquences peuvent être importantes pour l’équité entre héritiers, il est recommandé de clarifier votre volonté par écrit et de la faire valider par un notaire ou un avocat spécialisé.
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Est-ce utile de passer devant un notaire dans le canton de Genève, dans le canton de Vaud ou dans le canton du Valais ?
Souvent oui, surtout si l’aide est importante, si elle concerne un bien immobilier, ou si vous voulez organiser l’équité entre héritiers. Les pratiques peuvent varier selon les cantons, mais un acte ou une rédaction encadrée réduit fortement le risque de contestation. Via JuriUp, vous pouvez être orienté vers un notaire ou vers un avocat spécialisé selon votre besoin.
Textes officiels et ressources utiles


