Faux job, faux contrat, faux salaire : arnaques au recrutement en Suisse romande et comment réagir sans perdre vos droits
En 2026, les arnaques au recrutement circulent vite sur WhatsApp, Telegram et LinkedIn. Fausse entreprise, contrat bidon, salaire trop beau, demande de pièce d’identité ou d’acompte pour du matériel. Quand on est pressé de retrouver un emploi, ces pièges peuvent coûter cher. Voici comment repérer les signaux d’alerte, quoi conserver comme preuves et quelles démarches envisager en Suisse romande, sans vous mettre vous-même en difficulté.
La question posée
« J’ai été contacté sur LinkedIn pour un poste à Genève. La personne a proposé de poursuivre sur WhatsApp, puis m’a envoyé un “contrat” et m’a demandé une copie de ma carte d’identité. On me parle aussi d’un acompte à payer pour du matériel, remboursé avec le premier salaire. Je ne sais pas si c’est une arnaque. Que dois-je faire pour me protéger et garder mes droits ? »
Équipe JuriUp
Équipe de rédaction et de contenu juridique JuriUp, en collaboration avec des avocats partenaires (droit du travail, droit pénal et protection des données).
La réponse de l’équipe JuriUp
Si on vous demande un acompte, des crypto, des cartes cadeaux, ou si l’échange bascule vite sur une messagerie privée, considérez cela comme un signal d’alarme majeur. En Suisse, un recrutement sérieux peut impliquer des documents et des vérifications, mais il ne ressemble généralement pas à une course contre la montre, avec pression et paiements. Le bon réflexe est de geler la situation, sécuriser les preuves, puis décider des démarches selon ce que vous avez déjà transmis ou fait.
1. Les arnaques au recrutement les plus fréquentes en 2026
En Suisse romande, les schémas reviennent souvent, même si le scénario change. Les plus courants sont les suivants.- Faux employeur et fausse offre avec logo copié, site “miroir”, et adresse e-mail proche de l’originale.
- Faux contrat de travail avec salaire très attractif, avantages irréalistes, et signatures demandées immédiatement.
- “Frais de matériel” ou “frais administratifs” à avancer, parfois via virement, parfois via moyens difficiles à récupérer.
- Usurpation d’identité via candidature en demandant carte d’identité, passeport, extrait de poursuites, et parfois selfie ou vidéo.
- Mission test ou mandat où l’on vous fait produire du travail exploitable, puis plus rien, ou paiement conditionné à un “déblocage”.
- Arnaque au “job à domicile” qui se transforme en rôle de relais de paiement ou d’expédition, avec risques pénaux si vous manipulez des fonds d’origine criminelle.
Attention : Si l’on vous demande d’encaisser ou de renvoyer de l’argent, ou d’ouvrir des comptes, vous devez stopper immédiatement. Même si vous pensez “rendre service”, vous pourriez être impliqué dans un circuit frauduleux. Quand il y a un doute, faites valider la situation par un expert juridique via JuriUp.
2. Signaux d’alerte concrets, simples à vérifier
Un seul indice ne prouve pas toujours une fraude. En revanche, plusieurs signaux cumulés doivent vous pousser à vous protéger tout de suite.- On vous écrit depuis une adresse gratuite ou une adresse qui imite la vraie entreprise (une lettre en moins, un point en plus).
- On vous met la pression avec une “urgence”, un délai très court, ou une menace de “perdre l’opportunité”.
- On refuse un entretien vidéo normal, ou l’entretien est expédié, sans questions sur vos compétences.
- On vous promet un salaire disproportionné par rapport au poste, ou un bonus “garanti” sans conditions réalistes.
- On vous demande des documents sensibles dès le premier contact, surtout une copie de pièce d’identité, ou un IBAN, ou des accès.
- On vous demande de payer quelque chose, même “remboursé plus tard”.
- Les coordonnées de l’entreprise sont floues, ou la personne refuse de vous donner un contact officiel vérifiable.
3. Quoi conserver comme preuves, sans “polluer” votre dossier
En cas d’arnaque au recrutement, les preuves se perdent vite, surtout sur messageries. Gardez des copies complètes, datées, et lisibles.- Captures d’écran de la conversation (LinkedIn, WhatsApp, Telegram, e-mails), avec le numéro, le profil, et les dates visibles.
- Le PDF du contrat, les annexes, et tout document reçu, y compris l’offre et la description de poste.
- Les justificatifs de paiement, si vous avez versé quelque chose (reçu, référence, captures, relevé bancaire).
- Les coordonnées fournies (nom, “RH”, adresse, site internet, RIB, portefeuille crypto).
- Les fichiers que vous avez envoyés (CV, copie de carte d’identité, extrait de poursuites), idéalement la version exacte transmise.
- Si vous avez “travaillé”, conservez les consignes, livrables, dépôts, échanges, et la preuve d’envoi.
4. Que faire selon votre situation
Les démarches ne sont pas les mêmes selon que vous êtes au stade du simple contact, que vous avez signé, que vous avez travaillé, ou que vos données ont été transmises.A. Vous n’avez pas signé et vous n’avez rien payé
Dans la plupart des cas, l’objectif est de couper le contact et de réduire le risque d’usurpation d’identité. Ne transmettez plus aucun document. Signalez le profil à la plateforme concernée, puis gardez les preuves. Si vous avez un doute sur l’usage possible de vos données déjà envoyées, un avis rapide d’un juriste peut éviter des erreurs.B. Vous avez signé un “contrat” mais vous n’avez pas travaillé
Un faux contrat est fréquent. Juridiquement, tout dépend de l’identité réelle de la partie “employeur”, et de l’existence d’un accord valable. Si vous suspectez une fraude, ne vous fiez pas à des instructions reçues sur messagerie. Sécurisez les preuves, stoppez toute transmission de données, et envisagez une démarche pénale. Pour éviter de perdre du temps, faites analyser le document par un avocat spécialisé via JuriUp, surtout si votre signature ou vos données d’identité figurent sur le fichier.C. Vous avez travaillé ou produit une prestation, mais vous n’avez pas été payé
Là, il peut y avoir un enjeu de créance et de preuve. Selon la situation, on peut envisager des démarches civiles, et parfois une plainte pénale si la tromperie est caractérisée. Sans entrer dans des délais précis qui varient selon les cas, agissez dans les meilleurs délais, car les comptes, numéros et profils disparaissent vite. Un avocat en droit du travail ou un avocat en droit pénal pourra vous indiquer la stratégie la plus efficace selon les pièces.D. Vous avez payé un acompte ou avancé des frais
Si un paiement est parti, documentez tout, puis contactez rapidement votre banque ou votre prestataire de paiement pour demander ce qui est possible. Les chances de récupération dépendent du moyen de paiement et de la rapidité de réaction. Ensuite, une plainte peut être pertinente, notamment pour tracer les flux. Pour maximiser vos chances, préparez un dossier clair avec les preuves, et faites-vous accompagner si les montants sont significatifs ou si vous craignez une implication indirecte.E. Vous avez transmis une copie de pièce d’identité ou des données sensibles
Ici, le risque principal est l’usurpation d’identité. En Suisse, le cadre général de la protection des données s’applique, et les conséquences peuvent être très concrètes, comme l’ouverture de comptes, des commandes, ou des demandes de crédit à votre nom. Rassemblez ce que vous avez transmis, notez la date et le canal, et envisagez un dépôt de plainte si l’usage frauduleux est probable ou déjà constaté. Un expert juridique via JuriUp peut aussi vous aider à formuler des courriers utiles, par exemple pour demander la suppression des données à une entité identifiée, quand cela fait sens.5. Démarches en Suisse romande, avec focus police cantonale
Si vous pensez être victime d’une arnaque au recrutement, vous pouvez en général vous adresser à la police dans votre canton, par exemple dans le canton de Genève, dans le canton de Vaud, dans le canton de Fribourg, ou dans le canton de Neuchâtel. Selon les cantons, les modalités varient, dépôt au poste, formulaire en ligne, ou contact préalable. En cas de doute, privilégiez le canal officiel de votre police cantonale.- Préparez un dossier avec un résumé chronologique, les preuves, et les montants si vous avez payé.
- Évitez de modifier les fichiers et gardez les originaux, surtout les PDF et e-mails.
- Signalez aussi la fraude à la plateforme où le contact a commencé, comme LinkedIn, et au service de messagerie si pertinent.
Et si vous êtes convoqué par la police ?
Selon les cas, vous pouvez être entendu comme témoin, personne appelée à donner des renseignements, ou prévenu. La manière de répondre et les droits associés ne sont pas identiques. Si vous recevez une convocation et que vous ne comprenez pas votre statut, prenez le temps de vous informer et demandez un avis. Vous pouvez aussi lire notre guide sur la convocation par la police en Suisse, puis demander une mise en relation via JuriUp.
6. Risques et droits à connaître, sans fausses promesses
Chaque dossier est différent, et il serait imprudent de promettre un résultat. Cela dit, voici les points qui reviennent le plus souvent.- Salaire “promis” : si l’employeur n’existe pas ou usurpe une identité, l’exécution est compliquée. Les preuves restent essentielles pour toute démarche.
- Frais avancés : une action peut être envisagée contre l’auteur identifié, mais l’identification est parfois difficile. Plus votre dossier est précis, plus vous aidez l’enquête.
- Poursuites et factures à votre nom : si vos données ont été utilisées, réagissez vite, gardez les traces, et cherchez un accompagnement pour répondre correctement.
- Risque pénal indirect : si l’on vous a impliqué dans des flux d’argent ou des expéditions, ne continuez pas. Demandez un avis juridique avant toute démarche.
Les points clés à retenir
Plan d’action en 30 minutes
- Stoppez les échanges et n’envoyez plus de documents, ni d’argent, ni d’accès.
- Capturez et sauvegardez la conversation, le profil, le numéro, les e-mails, et le “contrat”.
- Notez une chronologie avec dates, canaux, personnes, montants, et promesses faites.
- Contactez votre banque si un paiement est parti, pour savoir ce qui est encore possible.
- Signalez le compte à la plateforme et au service de messagerie.
- Préparez un dépôt auprès de votre police cantonale, surtout si vous avez payé ou transmis des données sensibles.
- Faites valider votre stratégie par un avocat spécialisé via JuriUp si vous avez signé, travaillé, payé, ou si votre identité est exposée.
Vous pensez avoir été ciblé par une arnaque emploi en Suisse ?
Décrivez votre situation et vos pièces. JuriUp vous met gratuitement en relation avec un expert juridique adapté, par exemple un avocat spécialisé en droit pénal ou en droit du travail, selon votre cas. Vous avancez plus vite, avec une stratégie claire, et sans exposer inutilement vos données.
Questions fréquentes
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Est-ce légal qu’un recruteur me demande une copie de ma carte d’identité dès le premier échange ?
Dans certains processus, un employeur peut demander des informations, mais une copie de pièce d’identité très tôt, surtout via messagerie, doit vous rendre prudent. En pratique, ce type de demande est souvent utilisé pour l’usurpation d’identité. Si vous avez un doute, bloquez l’envoi et faites valider la demande par un expert juridique via JuriUp.
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J’ai payé un acompte pour du matériel et on ne répond plus. Dois-je porter plainte ?
Une plainte peut être pertinente, surtout si vous avez des preuves et des éléments d’identification. En parallèle, contactez votre banque au plus vite pour vérifier les options de récupération. Comme les démarches varient selon votre canton et les éléments du dossier, un avocat spécialisé peut vous aider à présenter les faits et les pièces de manière efficace via JuriUp.
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J’ai “travaillé” sur une mission test et je n’ai jamais été payé. Est-ce un litige de travail ou une fraude ?
Cela dépend du contexte, de l’identité de l’interlocuteur, et des preuves d’un accord et d’une prestation. Parfois, il s’agit d’un litige civil, parfois d’un comportement frauduleux, et les deux peuvent se recouper. Un avis personnalisé est souvent nécessaire pour choisir la bonne stratégie. JuriUp peut vous orienter vers un avocat spécialisé adapté.
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On m’a demandé d’encaisser de l’argent puis de le renvoyer. Je ne l’ai pas fait, mais j’ai discuté. Suis-je en danger ?
Le fait d’avoir discuté ne signifie pas automatiquement un problème. En revanche, ce type de demande est typique des circuits frauduleux. Coupez le contact, conservez les preuves, et si vous craignez d’être impliqué ou si vous êtes convoqué par la police, demandez rapidement un avis via JuriUp.
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Le service JuriUp est-il payant pour les particuliers ?
La mise en relation via JuriUp est gratuite. Si vous décidez ensuite de confier votre dossier à un avocat spécialisé, les honoraires relèvent de la relation directe avec cet avocat, sur la base d’une discussion claire.



