Locataire qui refuse les visites : que peut faire le bailleur en Suisse romande ?
Quand un locataire bloque les visites pour une relocation ou une vente, le bailleur perd souvent du temps, de l’argent et de la sérénité. Voici une approche claire et praticable, selon la législation suisse et les usages en Suisse romande, pour organiser des visites raisonnables, communiquer sans se mettre en tort et documenter la situation si le refus devient systématique.
La question posée
« Je suis bailleur et je dois organiser des visites parce que je reloue le logement, ou parce que je veux vendre. Mon locataire refuse, annule au dernier moment, ou pose des conditions impossibles. Comment puis-je gérer la situation en Suisse romande, notamment dans le canton de Genève, dans le canton de Vaud (Lausanne) ou dans le canton de Neuchâtel ? »
Équipe JuriUp
Équipe de rédaction et de contenu juridique JuriUp, en collaboration avec des avocats partenaires en droit du bail en Suisse romande.
La réponse de l’équipe JuriUp
En Suisse, un locataire n’a en principe pas le droit de bloquer indéfiniment l’accès au logement si des visites sont nécessaires pour relouer ou vendre. En même temps, le bailleur ne peut pas imposer n’importe quoi, ni entrer sans accord, ni organiser des visites intrusives. La bonne stratégie consiste à cadrer des visites raisonnables, à formaliser les échanges par écrit et, si le refus devient récurrent, à demander un avis juridique adapté à votre canton.
1. Ce que le bailleur peut demander, et ce que le locataire peut exiger
Selon la législation suisse, le bailleur peut généralement organiser des visites lorsque cela se justifie, par exemple pour relouer après un congé, pour vendre un bien, ou pour planifier des travaux. Le locataire, de son côté, conserve son droit à la tranquillité et au respect de sa sphère privée pendant toute la durée du bail.Point de vigilance : Entrer dans le logement sans accord, utiliser un double de clés, ou imposer des visites répétées à des horaires déraisonnables peut se retourner contre le bailleur. En cas de conflit, gardez une approche sobre, factuelle et documentée.
2. Organiser des visites raisonnables, sans escalade
Votre objectif est simple : obtenir des créneaux de visite qui respectent le locataire tout en permettant une vraie commercialisation du logement. Pour y arriver, essayez de proposer un cadre clair, prévisible et peu intrusif.- Annoncez les visites à l’avance : prévenez suffisamment tôt et évitez les demandes de dernière minute, sauf urgence réelle.
- Regroupez les visites : plutôt que des passages dispersés, proposez un ou deux créneaux fixes par semaine, avec plusieurs candidats.
- Proposez des horaires raisonnables : en journée ou en début de soirée selon la situation, et évitez d’imposer des week-ends complets.
- Limitez la durée : une visite courte et cadrée est plus facile à accepter qu’un défilé permanent.
- Clarifiez qui accompagne : vous, une régie, ou un courtier, avec une seule personne de référence pour éviter les malentendus.
Réflexe utile en Suisse romande
Dans beaucoup de situations, le conflit vient moins du principe des visites que de la forme. Un message clair, des créneaux précis, et une confirmation écrite avant chaque visite réduisent fortement les annulations. Si vous êtes dans le canton de Neuchâtel, dans le canton de Vaud (Lausanne) ou dans le canton de Genève, adaptez le ton à la réalité locale et évitez les échanges émotionnels.
3. Modèle de communication : messages utiles et erreurs à éviter
En cas de blocage, votre priorité est d’écrire de manière factuelle. Ne menacez pas trop vite, ne dramatisez pas, et évitez les échanges uniquement oraux. Un courriel ou une lettre permet de prouver votre démarche.Exemple de message simple et solide « Bonjour, dans le cadre de la relocation ou de la vente du logement, je souhaite organiser des visites. Je vous propose les créneaux suivants : [jour 1, horaire] ou [jour 2, horaire]. Merci de me confirmer celui qui vous convient, ou de proposer une alternative équivalente. Afin de limiter le dérangement, les visites seront regroupées et dureront environ [durée indicative]. Merci d’avance pour votre collaboration. »
- Multiplier les messages sans proposer de créneaux précis.
- Imposer des visites quotidiennes ou des horaires manifestement inadaptés.
- Faire venir trop de monde, ou changer d’interlocuteur à chaque fois.
- Utiliser des menaces vagues ou des formulations agressives qui braquent le locataire.
- Essayer d’entrer sans accord ou sans coordination, même avec une clé.
4. Si le refus est systématique : que documenter, et quand consulter
Lorsqu’un locataire refuse une fois, ce n’est pas forcément un abus. En revanche, un refus récurrent, sans alternatives réalistes, peut devenir un vrai problème. Plus vous documentez, plus vous sécurisez la suite. Voici ce qu’il est généralement utile de conserver, dès que vous sentez que le blocage s’installe.- Vos demandes de visites, avec dates et créneaux proposés.
- Les réponses du locataire, y compris les annulations et les conditions posées.
- Les preuves de vos efforts pour regrouper et limiter les visites.
- Un journal simple des événements, avec dates, heure et résultat.
- Si applicable, les impacts concrets comme des candidats qui se désistent, ou des visites impossibles à reprogrammer.
À éviter : Publier des informations sur le locataire ou sur l’intérieur du logement sans précautions peut poser des questions de protection des données. Pour les photos, les vidéos, la diffusion d’annonces et la manière de gérer les informations, un avis personnalisé est souvent judicieux.
5. Cas fréquents : vente du logement, relocation urgente, tensions personnelles
Les conflits de visites ne se ressemblent pas tous. Voici trois situations fréquentes en 2026 en Suisse romande, avec des réflexes utiles.- Vente du logement : la commercialisation peut durer, et le locataire craint souvent un dérangement permanent. Un planning fixe et regroupé, validé par écrit, réduit fortement les frictions.
- Relocation avec délai court : si le logement doit être reloué rapidement, expliquez le besoin de visites plus rapprochées, tout en limitant le nombre de créneaux. Le fait de proposer des plages régulières est souvent mieux accepté que des demandes au coup par coup.
- Conflit relationnel : quand la confiance est cassée, toute demande devient un bras de fer. Dans ce cas, passez par un interlocuteur unique, utilisez uniquement des écrits sobres, et envisagez rapidement un avis d’avocat spécialisé.
Les points clés à retenir
Démarches recommandées
- Proposez un planning de visites réaliste avec un ou deux créneaux fixes par semaine, et annoncez-le suffisamment à l’avance.
- Regroupez les candidats sur un même créneau pour limiter le dérangement.
- Confirmez tout par écrit et gardez une trace des échanges.
- Demandez au locataire des alternatives concrètes si vos créneaux ne conviennent pas, puis formalisez l’accord.
- Documentez les refus systématiques et leurs conséquences pratiques.
- Demandez une stratégie cantonale via JuriUp si la situation se durcit, surtout en contexte de vente ou de congé contesté.
Vous voulez débloquer les visites sans vous mettre en tort ?
Décrivez votre situation en quelques lignes et JuriUp vous met gratuitement en relation avec un avocat spécialisé en droit du bail dans votre canton, pour cadrer les visites, sécuriser vos courriers et choisir la bonne démarche si le refus persiste.
Questions fréquentes
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Le locataire peut-il refuser toutes les visites pour une vente du logement ?
En général, non, si les visites sont nécessaires et organisées de manière raisonnable. Le locataire peut toutefois demander un cadre respectueux, avec des horaires compatibles et un regroupement des visites. Si vous sentez un blocage durable, un avis d’avocat spécialisé en droit du bail via JuriUp vous aide à adapter l’approche à votre canton.
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Puis-je entrer dans le logement avec un double de clés si le locataire ne répond pas ?
En pratique, c’est une situation à haut risque. Sans accord clair, entrer dans un logement occupé peut créer un conflit sérieux et vous exposer à des reproches. Le plus prudent est de passer par des demandes écrites, de proposer des créneaux raisonnables, puis de demander un avis juridique si l’accès reste bloqué.
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Combien de visites par semaine sont considérées comme raisonnables en Suisse ?
Il n’y a pas de chiffre unique qui s’applique à tous les cas. La raisonnabilité dépend du contexte, notamment l’urgence de la relocation, l’état des relations, le type de commercialisation et la durée prévue. Un avocat spécialisé pourra vous aider à fixer un rythme défendable selon votre situation et les pratiques dans votre canton.
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Que dois-je conserver comme preuves si le locataire annule ou refuse régulièrement ?
Conservez vos propositions de créneaux, les confirmations, les refus, les annulations et un journal simple des faits. Gardez aussi la preuve de vos efforts pour regrouper les visites et limiter le dérangement. Ces éléments sont souvent décisifs si une démarche formelle devient nécessaire.
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Comment obtenir rapidement un avis d’avocat en droit du bail dans mon canton ?
Le moyen le plus simple est de passer par JuriUp. Vous décrivez votre situation et vous recevez une mise en relation gratuite avec un expert juridique adapté, notamment pour le canton de Genève, le canton de Vaud ou le canton de Neuchâtel. Vous pouvez commencer par créer un dossier gratuit ou directement trouver un expert juridique.



