Dashcam en Suisse romande : la vidéo peut-elle servir à contester une amende ou prouver un accident ?
Beaucoup d’automobilistes installent une dashcam en espérant disposer d’une preuve simple en cas d’accident ou d’amende contestée. En pratique, une vidéo n’est pas automatiquement admise ni décisive. En 2026, la question se joue souvent sur deux plans : la valeur probante devant une autorité et le respect de la protection des données.
La question posée
« J’ai une dashcam dans ma voiture. Je viens de recevoir une amende et je pense que la situation a été mal interprétée. Dans un autre cas, j’ai eu un accrochage et l’autre conducteur conteste. Est-ce que je peux utiliser la vidéo de ma dashcam pour contester une amende ou prouver ce qui s’est passé ? Est-ce que je risque quelque chose si j’envoie l’enregistrement à la police ou à mon assurance ? »
Équipe JuriUp
Équipe de rédaction et de contenu juridique JuriUp, en collaboration avec des avocats partenaires et des juristes en Suisse romande.
La réponse de l’équipe JuriUp
Oui, une vidéo de dashcam peut parfois aider à clarifier une situation en Suisse romande, que ce soit pour un accident ou pour une amende. Mais elle n’est pas une preuve automatique et son utilisation peut soulever des questions de protection des données. Avant de transmettre une vidéo, l’enjeu est de vérifier si elle est utile, si elle est exploitable et si sa collecte et sa diffusion ne vous exposent pas à un risque.
1. Ce que la dashcam peut réellement prouver
Une dashcam peut être utile lorsque les faits sont contestés et que l’enregistrement montre clairement la scène. Dans la pratique, ce type de vidéo peut surtout contribuer à :- Reconstituer la dynamique d’un accident, par exemple une priorité, une distance de sécurité ou un changement de voie.
- Documenter un contexte, comme la signalisation visible, l’état de la chaussée, la météo ou un obstacle.
- Identifier un véhicule ou une plaque dans certains cas, si l’image est nette et si l’angle le permet.
2. Pourquoi une vidéo n’est pas toujours acceptée
Beaucoup de conducteurs pensent qu’une vidéo suffit à « gagner » un dossier. En réalité, la valeur d’une dashcam se discute au cas par cas. Selon la législation suisse, une autorité peut apprécier librement les preuves, et elle peut aussi écarter un moyen de preuve si les conditions de son exploitation ne sont pas réunies. Les points qui posent souvent problème sont les suivants :- L’authenticité et l’intégrité : si le fichier a été coupé, compressé, filtré ou si la chronologie est incertaine, la discussion commence tout de suite.
- La qualité technique : image floue, plaque illisible, nuit, reflets, ou audio inutilisable.
- Le contexte incomplet : l’enregistrement démarre trop tard, ou ne montre pas la situation avant la manoeuvre.
- La manière de filmer : un enregistrement permanent et non ciblé peut être perçu comme disproportionné du point de vue de la protection des données.
Attention :
Contester une amende ou un constat uniquement avec une dashcam peut être risqué si la vidéo est ambiguë, partielle ou contestable. Dans certains cas, vous pouvez aussi attirer l’attention sur d’autres aspects de votre conduite visibles sur la vidéo.3. Protection des données : les risques à anticiper
Une dashcam filme des personnes, des plaques et parfois des situations sensibles. En Suisse, la protection des données et le respect de la personnalité peuvent entrer en jeu. Le risque n’est pas seulement lié au fait de filmer, mais aussi à la manière de filmer et à la diffusion. À titre général, les situations qui créent le plus de risques sont :- L’enregistrement continu de l’espace public sans nécessité claire, surtout si cela devient une forme de surveillance.
- La publication sur les réseaux sociaux ou l’envoi à des tiers non concernés, même si l’intention est de « montrer ce qui s’est passé ».
- L’absence de minimisation, par exemple ne pas flouter des plaques ou des visages lorsque ce n’est pas nécessaire à votre objectif.
Repère utile en 2026
Avant d’envoyer une vidéo à la police, au ministère public, à l’autorité administrative ou à une assurance, faites-vous confirmer la stratégie. Avec JuriUp, vous pouvez décrire votre situation et obtenir l’avis d’un expert juridique sur l’opportunité de produire la vidéo, les risques liés à la protection des données, et la meilleure façon de présenter les faits.
4. Bonne pratique : conserver et contextualiser la preuve
Une dashcam est surtout utile si vous gérez la preuve proprement. Voici une approche pragmatique, applicable dans la plupart des cas en Suisse romande, sous réserve des particularités du dossier et des pratiques cantonales :- Sauvegardez le fichier original dès que possible et évitez de le réencoder. Conservez aussi la carte mémoire, si possible.
- Notez le contexte immédiatement après l’événement, lieu, heure approximative, conditions météo, direction, trafic, et ce que vous avez constaté.
- Rassemblez des éléments complémentaires : photos des dommages, croquis, coordonnées des témoins, échanges avec l’autre partie.
- Évitez la diffusion : ne publiez pas l’extrait en ligne et ne l’envoyez pas « pour avis » à des personnes non impliquées.
- Demandez un avis avant transmission si la vidéo montre aussi vos propres manoeuvres contestables, même si vous êtes convaincu d’avoir raison.
Les points clés à retenir
Démarches recommandées
- Sauvegardez immédiatement la vidéo originale et conservez le support de stockage.
- Rédigez un mémo factuel avec les éléments de contexte dont vous vous souvenez.
- Réunissez les preuves complémentaires : photos, constat, échanges, témoins, dommages.
- Ne publiez pas la vidéo et limitez strictement les destinataires.
- Demandez une analyse de votre dossier avant toute transmission sensible, surtout si vous contestez une amende.
- Créez votre dossier et faites-vous orienter vers un avocat spécialisé ou un juriste selon votre situation.
Vous hésitez à transmettre votre vidéo de dashcam ?
Décrivez votre situation sur JuriUp et recevez rapidement un retour sur la stratégie la plus sûre, que ce soit pour un accident, un litige avec une assurance ou une amende en Suisse romande. La mise en relation est gratuite, et vos informations sont traitées de manière confidentielle.
Vous pouvez aussi parcourir nos autres contenus sur le blog JuriUp. Selon votre situation, ces ressources peuvent vous intéresser : salaire non versé, que faire, litige locataire propriétaire, médiation familiale et comment faire une demande de divorce.
Questions fréquentes
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Puis-je contester une amende uniquement avec une vidéo de dashcam ?
Parfois, mais ce n’est pas automatique. Selon les cas, l’autorité peut considérer que la vidéo est insuffisante, partielle ou contestable, ou qu’elle doit être recoupée avec d’autres preuves. Avant d’agir, un avis d’un avocat spécialisé via JuriUp peut vous aider à éviter une démarche contre-productive.
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Est-ce que la police ou une assurance est obligée d’accepter ma vidéo ?
En règle générale, non. Les autorités et les assurances apprécient la pertinence et la fiabilité des éléments transmis. Une vidéo peut aider, mais elle n’impose pas à elle seule une version des faits, surtout si le contexte manque ou si des questions de protection des données se posent.
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Ai-je le droit de filmer en permanence avec une dashcam en Suisse ?
Le sujet est sensible. En Suisse, filmer des tiers et des plaques peut toucher à la protection des données et au respect de la personnalité, en particulier si l’enregistrement est continu et ressemble à une surveillance. Pour une analyse concrète de votre dispositif et de votre usage, il est préférable de demander un avis personnalisé via JuriUp.
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Puis-je publier l’accident sur internet pour retrouver l’autre conducteur ?
C’est généralement une mauvaise idée. Diffuser une vidéo avec des personnes identifiables, des plaques et un contexte potentiellement sensible peut vous exposer à des problèmes juridiques. Il vaut mieux passer par les canaux utiles au dossier, comme l’assurance, l’autorité concernée ou votre avocat spécialisé.
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Que dois-je transmettre si on me demande la vidéo complète ?
Cela dépend du dossier et de la demande. Dans certains cas, un extrait suffit, dans d’autres il faut conserver la séquence avant et après pour éviter toute contestation. Si vous n’êtes pas sûr, faites analyser la demande et la stratégie de transmission par un expert juridique sur JuriUp.
Sources juridiques