Convocation au poste de police en Suisse romande : témoin ou prévenu, quoi préparer et quoi éviter
Une convocation de police peut faire paniquer, surtout quand on ne sait pas si l’on est entendu comme témoin ou comme prévenu. Voici des réflexes concrets, adaptés à la pratique en Suisse romande, pour protéger votre position dès le premier contact et éviter les erreurs difficiles à rattraper.
La question posée
« J’ai reçu une convocation au poste de police dans le canton de Genève. Le papier ne dit pas clairement si je suis témoin ou suspect. Est-ce que je dois y aller, quoi emmener, et qu’est-ce que je risque si je parle trop ? »
Équipe JuriUp
Équipe de rédaction et de contenu juridique JuriUp, en collaboration avec des avocats partenaires en procédure pénale.
La réponse de l’équipe JuriUp
En Suisse, une convocation au poste de police ne signifie pas automatiquement que vous êtes accusé. Vous pouvez être entendu comme témoin, comme personne appelée à donner des renseignements, ou comme prévenu. Le point critique, en 2026 comme avant, c’est que la toute première audition peut orienter la suite du dossier. Le bon réflexe est donc de clarifier votre statut et de préparer votre audition de manière calme et structurée.
1. Comprendre ce que signifie une convocation
Une convocation sert en général à organiser une audition, à vérifier des faits, ou à recueillir une version des événements. Selon la législation suisse, l’autorité peut vous entendre parce que vous avez assisté à une scène, parce que votre nom apparaît dans un dossier, ou parce qu’une plainte a été déposée et que la police doit établir la situation. Il faut distinguer le ressenti et le cadre. Recevoir une convocation peut être stressant, mais ce document n’est pas une condamnation. En revanche, une audition mal gérée, avec des explications improvisées ou des messages effacés, peut vous compliquer la vie ensuite.Réflexe sécurité : Ne partez pas du principe que « si je suis innocent, je n’ai rien à craindre ». Même une situation banale peut devenir délicate si vos propos sont incomplets, contradictoires, ou sortis de leur contexte.
2. Témoin ou prévenu : différences pratiques
La différence n’est pas seulement un mot sur une convocation. Elle change votre position et la manière dont vous devez répondre.Si vous êtes entendu comme témoin
En règle générale, un témoin est entendu pour raconter ce qu’il a vu, entendu ou fait, sans être ciblé par une accusation. Concrètement, vous devez surtout éviter les suppositions. Restez factuel et dites clairement ce que vous savez et ce que vous ne savez pas.Si vous êtes entendu comme prévenu
Un prévenu est entendu parce que l’autorité envisage que vous ayez pu commettre une infraction, ou participer d’une manière ou d’une autre. Dans la pratique, cela veut dire que votre audition a un enjeu direct. Vous aurez généralement le droit de ne pas vous auto-incriminer, et vous pouvez demander à être assisté par un avocat spécialisé.3. Demander des clarifications avant l’audition
Avant de vous présenter, vous pouvez contacter le poste ou le service indiqué sur la convocation pour demander, de manière simple et polie, des informations pratiques. Par exemple, si vous êtes entendu comme témoin ou comme prévenu, quel est l’objet général de l’audition, et si vous pouvez venir accompagné d’un avocat spécialisé. Dans la plupart des cas, la police ne vous donnera pas tous les détails à l’avance. C’est normal. L’objectif n’est pas d’obtenir le dossier complet, mais de réduire l’incertitude sur votre statut et le cadre.Astuce simple
Notez le nom et la fonction de la personne qui vous répond, puis résumez par écrit ce qui vous a été dit, pour vous. Cela vous aide à garder une trace et à éviter les malentendus.
4. Quoi préparer concrètement
Une bonne préparation ne consiste pas à « apprendre un discours ». Elle consiste à arriver avec des éléments fiables, et à éviter les improvisations qui créent des contradictions.- Votre convocation et une pièce d’identité valide
- Une chronologie simple des faits, avec dates approximatives si vous n’êtes pas sûr
- Les documents utiles liés à l’affaire, par exemple contrats, échanges écrits, quittances, photos
- Les coordonnées de personnes pouvant confirmer un élément factuel, si c’est pertinent
- Vos questions préparées sur le déroulement, la suite, et votre statut
Attention : Si l’audition concerne des échanges en ligne, des messages, ou des publications, évitez toute réaction à chaud. Cela peut aussi recouper des situations proches de la diffamation ou d’atteinte à la personnalité. Si votre cas touche à des avis et commentaires en ligne, vous pouvez aussi consulter notre contenu sur la suppression d’avis et commentaires diffamatoires.
5. Ce qu’il vaut mieux éviter le jour J
Beaucoup d’erreurs viennent du stress et de la volonté de « bien faire ». Voici ce qui crée le plus souvent des problèmes.- Arriver sans avoir relu la convocation et sans avoir noté vos points importants
- Parler trop vite, puis corriger plusieurs fois votre version
- Deviner des dates, des heures, ou des intentions d’autres personnes
- Minimiser ou dramatiser, au lieu de rester factuel
- Signer sans relire le procès-verbal, surtout si une formulation vous dérange
- Contacter des tiers à chaud pour « arranger » la situation, ce qui peut empirer un conflit
6. Variations de pratique en Suisse romande
Le cadre général est fédéral, mais l’organisation concrète dépend des autorités et des usages. Dans le canton de Genève, dans le canton de Vaud, dans le canton du Valais, dans le canton de Fribourg, dans le canton de Neuchâtel et dans le canton du Jura, vous pouvez observer des différences de rythme, de disponibilité des créneaux d’audition, ou de manière de communiquer avant le rendez-vous. Dans certains endroits, vous obtenez facilement une information pratique par téléphone. Dans d’autres, on vous renvoie à l’audition elle-même. De plus, selon les cantons, les locaux, les services, ou la charge de travail, une convocation peut se traduire par une audition courte ou au contraire par un entretien plus long. Le bon réflexe reste le même partout, clarifier votre statut autant que possible, garder une approche factuelle, et demander une assistance si l’enjeu est pénal.Si vous hésitez sur l’opportunité d’être assisté
Si vous êtes visé directement, si les faits sont sensibles, ou si vous craignez de vous contredire, l’assistance d’un avocat spécialisé peut faire une vraie différence. Avec JuriUp, vous pouvez décrire votre situation en quelques minutes et être orienté vers un expert juridique adapté à votre canton.
Les points clés à retenir
Démarches recommandées
- Relisez la convocation et notez la date, le service, et les coordonnées de contact.
- Demandez une clarification sur votre statut et l’objet général de l’audition, sans entrer dans le fond au téléphone.
- Préparez une chronologie courte et factuelle, avec ce que vous savez réellement.
- Rassemblez vos pièces pertinentes, sans modification ni suppression de contenu numérique.
- Décidez de l’assistance d’un avocat spécialisé si vous êtes visé, si l’affaire est sensible, ou si vous craignez des conséquences.
- Le jour J, restez factuel, relisez ce que vous signez, et demandez des corrections si nécessaire.
Vous avez reçu une convocation et vous voulez sécuriser votre position ?
Décrivez votre situation et le contexte de la convocation. JuriUp vous met gratuitement en relation avec un avocat spécialisé ou un juriste adapté à votre dossier et à votre canton, avant que vous ne commettiez une erreur difficile à rattraper.
Questions fréquentes
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Comment savoir si je suis convoqué comme témoin ou comme prévenu ?
Parfois c’est écrit sur la convocation, parfois non. Vous pouvez appeler le service indiqué pour demander votre statut et l’objet général de l’audition. Si la réponse reste vague, préparez-vous avec prudence, et envisagez un avis d’avocat spécialisé si l’affaire peut vous exposer.
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Est-ce que je peux venir avec un avocat à une audition de police ?
Dans de nombreuses situations, surtout si vous êtes entendu comme prévenu, l’assistance d’un avocat spécialisé est possible et utile. Les modalités pratiques peuvent varier selon le dossier et le canton. Si vous voulez agir vite, JuriUp vous aide à identifier l’expert juridique adapté à votre situation.
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Que faire si je ne me souviens plus précisément des dates ou des détails ?
Dites ce dont vous êtes sûr, et distinguez clairement ce qui est certain de ce qui est approximatif. Évitez de deviner. Une chronologie préparée à l’avance, basée sur des éléments vérifiables comme des messages ou des documents, réduit le risque de contradiction.
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Puis-je demander à relire ou corriger le procès-verbal avant de signer ?
En pratique, vous pouvez généralement demander à relire ce qui est noté et signaler une formulation inexacte ou incomplète. Prenez votre temps, restez calme, et demandez que votre correction soit intégrée si elle reflète mieux vos propos.
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Pourquoi est-ce risqué de supprimer des messages après une convocation ?
Supprimer par panique peut être interprété comme une volonté de cacher ou d’altérer des éléments. Même si ce n’était pas votre intention, cela peut vous nuire. Conservez vos données, et demandez conseil avant toute action, surtout si l’audition concerne des échanges numériques.
Sources juridiques
- fedlex.admin.ch, Recueil systématique du droit fédéral (références au cadre de procédure pénale suisse)
- Administration fédérale, informations officielles et accès aux autorités
- Tribunal fédéral, jurisprudence (bger.ch)
- République et canton de Genève, informations officielles et services de l’État
- Canton de Vaud, informations officielles et services de l’État
- Canton du Valais, informations officielles et services de l’État
- État de Fribourg, informations officielles et services de l’État
- République et canton de Neuchâtel, informations officielles et services de l’État
- République et canton du Jura, informations officielles et services de l’État



