Délai de prescription d’une dette : le nouvel arrêt du TF

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Délai de prescription d’une dette suisse : êtes-vous concerné ?

Vous faites l’objet d’une réclamation bancaire inattendue et vous cherchez à calculer le délai de prescription d’une dette suisse ? Cette question juridique soulève de très nombreuses interrogations, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un financement complexe comme le crédit en compte courant. Une récente décision rendue par le Tribunal fédéral apporte une réponse définitive concernant le moment exact où le délai légal de dix ans commence véritablement à courir. Si vous pensiez être à l’abri des réclamations dix ans après avoir signé un simple relevé de compte bancaire, cette nouvelle jurisprudence va sérieusement modifier votre stratégie. Les créanciers, et plus particulièrement les établissements financiers romands, disposent désormais d’un cadre très précis qui sécurise leurs anciennes créances. Ce jugement impacte directement les particuliers de Genève, Lausanne ou Fribourg ayant par le passé souscrit ou garanti des emprunts. Comprendre le point de départ exact de la prescription devient un atout majeur pour contester efficacement un commandement de payer de l’office des poursuites ou pour négocier la liquidation de vos passifs sans subir les pressions d’une agence de recouvrement.

Le délai de prescription d’une dette suisse selon l’arrêt du TF

Dans son arrêt 4A_85/2025 du 9 février 2026, la plus haute instance judiciaire du pays s’est penchée sur un litige opposant un ancien administrateur d’entreprise vaudoise à sa banque. L’enjeu financier portait sur un contrat de crédit en compte courant dont la limite atteignait 200’000 CHF, garanti par le nantissement d’actions. L’emprunteur avait formellement signé des reconnaissances de dette en juin 2010 et janvier 2011, attestant d’un solde débiteur de plus de 167’000 CHF. Face aux retards de paiement, l’établissement a résilié le contrat en date du 10 janvier 2012. L’affaire rebondit soudainement lorsque la banque décide d’introduire une poursuite en juin 2021, soit plus de dix ans après les signatures des documents comptables. Le client débiteur s’oppose à la réclamation en soutenant que le délai de prescription d’une dette suisse était échu. Les juges fédéraux ont fermement rejeté cet argument. Ils expliquent que dans la mécanique particulière d’un compte courant, chaque arrêté intermédiaire reporte simplement le solde sur la période suivante, produisant une novation mais sans rendre le montant global exigible. Ainsi, la créance ne se fige pas. Les juges concluent que c’est uniquement l’acte de résiliation formelle du contrat par le banquier qui clôture la relation d’affaires, rend le solde exigible et déclenche le compte à rebours de dix ans. Par conséquent, la poursuite lancée en 2021, neuf ans après la résiliation de 2012, s’inscrit parfaitement dans le cadre légal.

ARRÊT CLÉ 4A_85/2025

Pour un crédit en compte courant, la prescription de 10 ans commence à courir uniquement lors de la résiliation du contrat par la banque, et non lors de la signature d’un relevé de compte intermédiaire.

Le cadre légal du Code des obligations

Le droit suisse organise de manière stricte la durée de vie des obligations financières pour garantir la sécurité des transactions. La règle de base, fixée par l’article 127 du Code des obligations (CO), prévoit que toute action se prescrit par dix ans, à moins que le législateur n’en dispose autrement. Ce grand principe s’applique à la majorité des contrats, des prêts personnels et des créances bancaires. La question épineuse réside dans le point de départ de ce compte à rebours. L’article 130 CO stipule clairement que la prescription court dès que la dette devient exigible, c’est-à-dire dès que le créancier obtient le droit d’exiger son paiement immédiat. Avant cette clarification de la justice fédérale, une grande confusion subsistait chez les emprunteurs. Beaucoup s’imaginaient qu’un arrêté de compte validé annuellement créait une créance indépendante qui s’éteignait dix ans plus tard. Or, l’article 117 CO, qui traite spécifiquement du compte courant, indique que l’approbation du solde entraîne une novation, soit le remplacement d’une ancienne dette par une nouvelle. Tant que la relation de crédit perdure, le montant passe d’une année à l’autre sans jamais atteindre le stade de l’exigibilité finale. Ce mécanisme comptable empêche donc la prescription de s’écouler pendant toute la durée du contrat. En liant le début du délai de prescription d’une dette suisse à la résiliation formelle, la justice rappelle que la nature du compte courant repose sur un équilibre continu entre les retraits et les versements.

Bases légales : Art. 127 CO (délai ordinaire de 10 ans), Art. 130 CO (début du délai à l’exigibilité) et Art. 117 CO (novation du compte courant). La loi fédérale exige une exigibilité claire pour lancer le compte à rebours de la prescription.

Les conséquences pratiques pour les débiteurs romands

Cette confirmation jurisprudentielle modifie considérablement la donne pour toute personne confrontée à une ancienne créance bancaire dans les cantons de Neuchâtel, du Valais ou de Genève. Les règles du jeu sont reprécisées pour éviter les malentendus avec les agences de recouvrement. Voici les principales situations directement touchées par ce changement juridique :

Les relevés annuels

Signer votre relevé bancaire de fin d’année pour votre ligne de crédit ne fait absolument pas démarrer le délai de dix ans pour ce solde spécifique.

La lettre de résiliation

Seule la lettre officielle de votre banque annonçant la fin de la relation d’affaires déclenche le compte à rebours du délai de prescription d’une dette suisse.

Les anciens crédits PME

Un administrateur vaudois ayant garanti le prêt de sa société reste pleinement exposé tant que la banque ne clôture pas formellement le compte courant.

La protection du créancier

Les banques disposent d’un temps beaucoup plus long qu’imaginé pour réclamer leurs fonds, renforçant leur position lors des négociations de remboursement.

Comment agir face à l’Office des poursuites ?

Si vous découvrez un matin un commandement de payer dans votre boîte aux lettres pour un prêt que vous pensez totalement échu, la réactivité est votre meilleure arme de défense. Selon l’article 74 de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP), vous bénéficiez d’un délai très court de dix jours à compter de la notification de l’acte pour former opposition. Cette démarche simple fige provisoirement la procédure de l’Office des poursuites. Vous n’avez pas besoin d’argumenter ni de fournir des preuves à ce stade précoce ; une simple déclaration verbale au facteur ou une courte lettre recommandée suffit pour bloquer la réclamation de votre créancier. Toutefois, la véritable bataille juridique commence lorsque la banque demande la mainlevée de votre opposition devant un tribunal cantonal, par exemple devant le Tribunal de première instance à Genève. Pour invoquer avec succès le délai de prescription d’une dette suisse, la charge de la preuve repose souvent sur vos épaules concernant la chronologie des faits. Vous devez réclamer l’historique complet de votre dossier bancaire, et tout particulièrement la lettre de clôture ou de résiliation de votre compte courant. Sans ce précieux document, le juge se basera uniquement sur les éléments fournis par l’établissement financier. Si la résiliation date de moins de dix ans, ou si un acte interruptif comme un précédent commandement de payer a été notifié entre-temps, le tribunal rejettera votre exception de prescription et autorisera la saisie de votre salaire. Face à ces subtilités de la loi fédérale, une simple erreur d’interprétation peut coûter cher. Nous recommandons vivement de faire analyser vos documents par un professionnel du droit. N’hésitez pas à solliciter un partenaire de confiance ou à utiliser les services de notre plateforme pour créer votre dossier sans engagement.

Attention au délai d’opposition : Vous ne disposez que de 10 jours dès la réception du commandement de payer pour faire opposition (Art. 74 LP). Une fois ce délai dépassé, la procédure de recouvrement se poursuit inévitablement, même si la créance est en réalité prescrite.

L’avis de la rédaction

Cette décision du Tribunal fédéral met un terme à une ambiguïté dangereuse pour les emprunteurs romands. En liant le point de départ de la prescription à la résiliation formelle du contrat de crédit, la justice protège fermement les banques contre l’extinction silencieuse de leurs créances. Les particuliers et les administrateurs de sociétés doivent désormais archiver précieusement toute lettre de clôture de compte, car c’est le seul document capable de prouver avec certitude le début du compte à rebours de dix ans.

Ce que retient la rédaction : Ne vous fiez jamais à la date d’un simple relevé de compte pour calculer la prescription d’un crédit ; seule la lettre de résiliation compte pour démarrer le délai légal.

Jurisprudence sur le délai de prescription d’une dette suisse

En dehors de l’arrêt 4A_85/2025, les tribunaux cantonaux font très régulièrement face à des erreurs d’interprétation sur le délai de prescription d’une dette suisse. L’erreur la plus commune consiste à confondre le point de départ de la prescription avec l’interruption de celle-ci. Si le délai décennal pour un compte courant démarre à la résiliation, il peut par la suite être interrompu. Selon l’article 135 CO, si vous versez un simple acompte de 100 CHF pour tenter de calmer le créancier, ou si vous signez un accord de remboursement échelonné avec une société de recouvrement, vous remettez le compteur à zéro pour une nouvelle période de dix ans. Beaucoup de citoyens romands, effrayés par l’arrivée d’une poursuite, font la grave erreur de payer un petit montant symbolique. Par ce geste, ils ressuscitent une dette qui était peut-être sur le point de s’éteindre légalement. Une autre confusion répandue concerne le délai applicable. Les particuliers tentent parfois d’appliquer le délai raccourci de cinq ans prévu par l’article 128 CO pour les factures du quotidien (honoraires d’avocat, loyers, frais de médecin) à leurs dettes bancaires. Les juges sanctionnent systématiquement ces maladresses procédurales, rappelant que les prêts, les crédits en banque et les actes de défaut de biens tombent toujours sous le coup du délai général de dix ans.

Questions fréquentes sur vos poursuites

Comment savoir si une dette est prescrite en Suisse ?

En Suisse, la règle générale prévoit un délai de dix ans (Art. 127 CO) pour les prêts et les contrats. Certaines factures spécifiques, comme les honoraires de médecins ou les loyers, se prescrivent par cinq ans (Art. 128 CO). Le délai commence toujours à partir du moment où la créance est exigible, c’est-à-dire quand le créancier a le droit légal d’en exiger le paiement.

Quel est le délai de prescription pour un crédit personnel ?

Pour un crédit personnel ou une dette bancaire en compte courant, le délai de prescription d’une dette suisse est fixé à 10 ans. Le récent arrêt fédéral 4A_85/2025 confirme avec force que ce délai ne débute qu’à la réception de la résiliation formelle du contrat. Les simples relevés intermédiaires ne font pas débuter ce compte à rebours décennal.

Est-ce qu’un commandement de payer interrompt la prescription ?

Oui, selon l’article 135 du Code des obligations, un acte de poursuite comme l’envoi d’un commandement de payer par l’Office des poursuites interrompt immédiatement la prescription. Un nouveau délai identique au précédent commence alors à courir dès la notification de cet acte officiel au débiteur.

Que faire si la banque réclame un emprunt vieux de douze ans ?

Si vous recevez une poursuite pour un emprunt de plus de 10 ans après la résiliation du compte, vous devez faire opposition dans les 10 jours (Art. 74 LP). Vous devrez ensuite invoquer l’exception de prescription devant le juge de la mainlevée en présentant les preuves matérielles de la clôture du compte.

Puis-je contester une poursuite financière même sans avocat ?

Vous avez parfaitement le droit de faire opposition seul au commandement de payer en le déclarant verbalement ou par écrit à l’Office des poursuites. Toutefois, si le créancier demande la mainlevée de votre opposition au tribunal, l’assistance d’un expert juridique devient fortement recommandée pour présenter correctement vos arguments basés sur la loi fédérale.

Besoin d’aide pour évaluer la prescription de votre créance ?

Vous faites face à une réclamation financière très ancienne et vous craignez que l’office des poursuites ne procède à une saisie sur votre salaire ? Les règles complexes entourant le délai de prescription d’une dette suisse nécessitent une évaluation rigoureuse de la chronologie de votre contrat bancaire. Nos avocats partenaires, actifs dans tous les cantons de Suisse romande, sont à votre entière disposition pour analyser vos relevés de compte et vous représenter devant le juge de la mainlevée afin de protéger votre patrimoine familial. Rejoignez les nombreux particuliers qui utilisent notre plateforme pour faire valoir leurs droits et bénéficiez d’un accompagnement personnalisé tout au long de vos démarches de contestation.

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