Temps de trajet et temps de travail : le nouvel arrêt du TF

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Votre temps de trajet professionnel mérite-t-il un salaire ?

Le temps de trajet temps de travail suisse soulève de très fréquentes interrogations au sein des entreprises, particulièrement si vous vous déplacez régulièrement hors de vos murs. Ce nouveau jugement modifie la donne pour de très nombreux salariés romands. En effet, de plus en plus de collaborateurs n’ont pas de bureau fixe et jonglent continuellement entre différents sites. Vous vous demandez si ces heures passées sur la route ou dans le train doivent apparaître sur votre fiche de paie à la fin du mois ? Si vous exercez dans le secteur de la construction, le service externe ou les soins à domicile, le calcul précis de ce temps impacte directement vos revenus annuels. Le Tribunal fédéral vient de trancher une affaire typique, mettant en lumière vos droits inaliénables, mais aussi vos obligations strictes en matière de preuves. Ne laissez pas des centaines de francs s’évaporer chaque mois par simple méconnaissance de la loi en vigueur.

La mobilité accrue des professionnels exige aujourd’hui une connaissance affûtée de vos protections légales et réglementaires. Que vous rouliez chaque matin entre Genève et Lausanne ou que vous preniez les transports publics pour traverser tout le canton du Valais, les minutes s’additionnent rapidement au compteur. L’employeur a souvent tendance à considérer ces déplacements comme normaux et inhérents à votre fonction, négligeant de les indemniser à leur juste valeur. Or, la législation suisse prévoit des garde-fous très stricts pour éviter les abus de la part des directions. Cet article complet vous offre des réponses claires, appuyées sur la toute dernière jurisprudence, pour faire valoir vos droits salariaux sans risquer de commettre des faux pas.

L’arrêt 4A_424/2023 : une clarification très attendue

Arrêt 4A_424/2023 du 27 mars 2024
Le Tribunal fédéral confirme que le temps de trajet rallongé pour se rendre sur un lieu de travail inhabituel est du temps de travail effectif. Toutefois, le salarié doit alléguer et prouver ces durées exactes pour exiger une rémunération devant un juge.

Le Tribunal fédéral a récemment statué sur le cas très représentatif d’un employé romand engagé sur un site principal, mais très régulièrement envoyé sur d’autres sites annexes par sa direction. La justice a pris le soin de rappeler un principe de base clair : votre trajet habituel vers votre poste habituel n’est pas payé. En revanche, si votre employeur vous envoie accomplir une tâche ailleurs et que ce voyage dure plus longtemps, ce dépassement devient obligatoirement du temps de travail effectif. Cependant, la plus haute instance judiciaire du pays a mis un sérieux coup de frein aux requêtes salariales approximatives.

Les juges soulignent fermement qu’un simple tableau récapitulatif mensuel, rempli de mémoire ou de manière floue, ne suffit pas devant une cour. Vous portez l’entier du fardeau de la preuve. Vous devez démontrer très précisément combien de minutes supplémentaires vous avez passées en déplacement pour chaque mission spécifique. Si vous ne documentez pas méticuleusement ces trajets au jour le jour, vos revendications salariales seront sans l’ombre d’un doute rejetées par les tribunaux, même si vous avez effectivement voyagé pour servir les intérêts de votre patron. L’entreprise ne comblera pas vos éventuelles lacunes administratives lors du procès. Le verdict des juges fédéraux envoie donc un message fort à l’attention de tous les collaborateurs : le droit du travail vous protège, mais la rigueur administrative quotidienne est votre seule véritable arme pour gagner devant le juge.

Le contexte juridique : que dit la loi sur le travail en Suisse ?

Bases légales applicables
L’article 13 de l’Ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1) définit les règles de rémunération. L’article 8 du Code civil suisse (CC) impose au salarié de prouver les faits qu’il allègue.

Pour bien appréhender les répercussions de cette récente jurisprudence, nous devons analyser les textes de loi applicables. L’article 13 de l’Ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1) indique clairement que le temps que vous consacrez pour vous rendre sur votre lieu de travail fixe et en revenir n’est pas réputé comme une durée du travail. Ce laps de temps appartient à votre domaine privé. Toutefois, l’alinéa 2 de ce même article protège spécifiquement les travailleurs nomades ou affectés à des tâches temporaires. Lorsque vous devez exercer votre activité ailleurs que sur votre lieu habituel et que la durée ordinaire de votre trajet s’en trouve ainsi rallongée, le surplus de temps occasionné est légalement réputé comme du temps de travail. Par exemple, si votre trajet classique prend exactement 30 minutes, mais qu’une mission temporaire à Neuchâtel exige 50 minutes de route, les 20 minutes supplémentaires doivent obligatoirement vous être payées par l’entreprise.

En outre, l’article 73 de la même ordonnance oblige l’employeur à enregistrer rigoureusement la durée du travail de son personnel, y compris ces fameux dépassements de trajet. Pourtant, selon l’article 8 du Code civil suisse (CC), chaque partie doit prouver les faits qu’elle allègue pour en déduire son droit. En l’absence de preuves tangibles fournies par le collaborateur lésé, comme des relevés GPS, des factures d’essence horodatées ou des timbrages validés par le système interne, le juge ne peut aucunement deviner l’ampleur de vos déplacements professionnels. Cette grande rigueur juridique protège certes les entreprises contre les réclamations fantaisistes, mais elle requiert en contrepartie une organisation méthodique sans faille de la part des collaborateurs.

Ce que ça change pour vous : 5 situations concrètes romandes

Le lien direct entre temps de trajet temps de travail suisse prend des formes très variées selon votre canton de résidence et les spécificités propres à votre métier. Voici cinq cas pratiques régionaux pour bien illustrer l’application de ces règles.

L’informaticien vaudois en mission à Genève
Marc travaille habituellement dans un grand bureau à Lausanne. Son trajet prend 20 minutes. Son chef l’envoie trois jours par semaine dépanner des clients à Genève, avec un trajet de 55 minutes. Les 35 minutes de différence par trajet, soit 70 minutes par jour, constituent du temps de travail effectif, qui doit être rémunéré ou compensé en congé.
L’ouvrier du bâtiment dans le canton de Fribourg
Dans le domaine du second oeuvre, les conventions collectives précisent souvent ces règles. Si l’employé passe obligatoirement au dépôt à Bulle pour prendre le véhicule de l’entreprise avant d’aller travailler sur un chantier à Romont, le temps de trajet depuis le dépôt jusqu’au chantier est toujours comptabilisé comme du temps de travail.
L’infirmière à domicile dans le Valais
Sophie commence sa tournée de soins directement depuis sa maison située à Sion. Le premier trajet matinal vers son premier patient n’est pas payé si la durée de ce trajet ne dépasse pas le temps habituel vers le centre de soins principal. Tous les trajets ultérieurs entre les différents patients sont strictement considérés comme du temps de travail.
Le représentant de commerce neuchâtelois
Paul n’a pas de bureau fixe défini. Il part tous les matins de La Chaux-de-Fonds pour visiter une multitude de clients. Son employeur doit définir un trajet usuel de référence dans son contrat de travail. Tout dépassement journalier devra être noté consciencieusement par Paul s’il souhaite être payé pour ces kilomètres professionnels excédentaires.
L’employé de nettoyage à Genève
Fatima gère l’entretien régulier de plusieurs bureaux situés à Genève et Carouge. Le trajet entre son appartement et le tout premier client n’est pas rémunéré s’il correspond à son temps de trajet habituel. Cependant, ses trajets de bus entre les locaux genevois et carougeois en plein milieu de la journée tombent obligatoirement sous le coup du temps de travail effectif.

Vos droits et démarches pour obtenir votre juste rémunération

Si vous constatez avec amertume que votre entreprise refuse catégoriquement de payer vos heures de déplacement prolongées, vous devez réagir rapidement. La toute première étape consiste à documenter chaque minute passée sur la route pour le compte de l’entreprise. Tenez un registre quotidien détaillé incluant la date du jour, l’adresse exacte de départ, l’adresse précise d’arrivée, l’heure exacte de départ et l’heure d’arrivée. Validez impérativement ce fichier à la fin de chaque mois par la signature physique ou électronique de votre supérieur hiérarchique. Sans cette approbation écrite, le récent jugement du Tribunal fédéral rappelle que vous perdrez très probablement face à votre direction.

Si le dialogue en interne n’aboutit pas à une solution amiable, vous pouvez saisir formellement le Tribunal des prud’hommes de votre région de domicile. En Suisse romande, que ce soit à Lausanne, Genève ou Sion, la procédure juridique est totalement gratuite pour les litiges dont la valeur totale ne dépasse pas la somme de 30 000 CHF. Ce montant correspond la grande majorité du temps aux arriérés de salaire liés aux trajets impayés sur quelques mois d’activité.

Délai de prescription de 5 ans
Selon l’article 128 du Code des obligations (CO), vos créances salariales se prescrivent par cinq ans. Vous avez donc 60 mois en arrière pour réclamer vos indemnités de trajet non payées. Passé ce délai légal, cet argent est définitivement perdu pour vous.

Pour initier une démarche officielle, rassemblez scrupuleusement l’ensemble de vos contrats, vos directives internes, et surtout vos tableaux de bord de suivi signés. Vous pouvez solliciter l’aide d’un expert pour analyser la solidité juridique de votre demande. Rendez-vous sur notre page dédiée à la création de dossier via le lien juriup.ch/creer-un-dossier/ pour être mis en relation directe avec un avocat romand expérimenté. N’attendez surtout pas de quitter définitivement l’entreprise pour aborder ce sujet épineux, car la récolte des preuves devient pratiquement impossible après une procédure de licenciement. Par ailleurs, si vous êtes un professionnel du droit et souhaitez aider des employés romands, vous pouvez consulter la page devenir partenaire JuriUp.

L’avis de la rédaction JuriUp

Ce jugement du Tribunal fédéral vient rappeler la dure réalité du droit du travail : avoir raison ne suffit pas, il faut pouvoir le prouver. Bien que la loi protège clairement les employés contre les longs temps de trajet non rémunérés, l’exigence imposée sur la tenue des registres de déplacement risque de décourager de nombreux travailleurs. Les entreprises pourraient y voir une faille pour ne pas payer les heures mal documentées, transférant ainsi la pression administrative sur leurs subordonnés.

Ce que retient la rédaction :
Tracez chaque déplacement inhabituel au jour le jour avec des preuves incontestables (photos, géolocalisation, emails) au lieu de vous fier à des estimations mensuelles. Sans cette rigueur, vos heures supplémentaires seront perdues devant un tribunal.

Les erreurs fréquentes pénalisées par la jurisprudence

Les tribunaux suisses traitent chaque année de très nombreuses affaires où les employés se trompent lourdement sur l’interprétation légale du trajet. L’erreur la plus commune et la plus pénalisante consiste à considérer le trajet depuis un établissement hôtelier lors d’un déplacement d’affaires de plusieurs jours comme un temps rémunéré. Si votre entreprise vous loge à l’hôtel lors d’une mission à l’étranger ou dans un autre canton romand, le trajet matinal entre cet hôtel et le lieu d’intervention temporaire est strictement assimilé au classique trajet domicile-travail. Il n’est donc pas du tout rémunéré, sauf si ce trajet précis excède largement la durée de votre trajet habituel de votre vrai domicile à votre bureau fixe.

Une autre erreur très répandue concerne directement les travailleurs sans bureau défini. Le Tribunal fédéral a déjà stipulé à maintes reprises que si un ouvrier se rend directement de son logement privé au chantier avec sa voiture personnelle, seul le temps qui dépasse un éventuel trajet vers un dépôt fictif peut être exigé comme salaire. En l’absence de conventions collectives de travail spécifiques au secteur, les magistrats s’appuient sur le contrat de base. Si ce document reste muet, les tribunaux cantonaux demandent souvent de calculer la différence à la minute près entre le trajet hypothétique vers le siège de la société et le trajet réellement effectué sur la route. Ne présumez jamais de vous-même que l’intégralité de votre déplacement vous sera offerte sans la moindre contestation. En cas de doute persistant, n’hésitez pas à nous solliciter via notre page contact pour éclaircir rapidement votre situation personnelle.

Questions fréquentes sur la rémunération des temps de parcours

Mon employeur peut-il imposer un forfait pour mes trajets ?
Oui, un employeur peut tout à fait proposer une indemnité forfaitaire mensuelle pour le temps de trajet rallongé, à la stricte condition que celle-ci couvre au minimum la rémunération de base de vos heures effectives. Selon l’article 13 OLT 1, le dépassement reste légalement du temps de travail. Si le forfait s’avère inférieur au salaire que vous auriez touché pour ces heures, vous pouvez réclamer la différence sur la base de l’article 128 CO pendant cinq longues années.
Que se passe-t-il si je réponds à des emails dans le train ?
Si vous travaillez de manière avérée durant votre trajet ordinaire (répondre aux emails urgents, passer des appels professionnels à vos collègues) avec l’accord explicite ou implicite de votre hiérarchie, ce laps de temps bascule immédiatement en temps de travail effectif. La loi sur le travail protège systématiquement le temps où vous êtes à la disposition de l’employeur. Vous devrez toutefois prouver ces tâches par des traces de connexion internet ou des courriels dûment horodatés.
Le trajet vers une formation compte-t-il comme du temps de travail ?
Absolument. L’article 13 de l’ordonnance 1 relative à la loi sur le travail stipule très clairement que le temps consacré à une formation continue sur ordre direct de l’employeur est du temps de travail. Par extension logique, si la formation a lieu loin de vos locaux habituels, le temps de trajet excédentaire vous est obligatoirement dû, à l’identique d’un déplacement vers un client situé dans un autre canton.
Quels documents utiliser pour prouver mes déplacements devant un juge ?
Le Tribunal fédéral exige des preuves tangibles et précises. Vous devez fournir un journal de bord méticuleusement détaillé : adresses exactes, heures de départ et d’arrivée à la minute, kilométrage précis. Mieux encore, complétez systématiquement ce tableau par des reçus de péage, des tickets d’horodateur, l’historique de géolocalisation Google Maps ou des signatures de clients. Une simple feuille Excel non signée par votre supérieur hiérarchique a très peu de poids juridique devant un magistrat.
Puis-je réclamer ces heures impayées après un licenciement ?
Oui, votre droit salarial subsiste entièrement même après votre départ définitif de l’entreprise. L’article 128 CO vous accorde un délai de prescription de cinq ans. Cependant, récolter les preuves documentaires devient souvent très complexe une fois vos accès informatiques coupés par le service des ressources humaines. Il est par conséquent vivement conseillé de télécharger vos registres personnels de temps de trajet temps de travail suisse de manière régulière pour ne pas vous retrouver démuni.

Vous rencontrez un problème similaire avec votre employeur ?

Si vous réalisez avec stupeur que vos récents déplacements professionnels n’ont pas été indemnisés selon la loi en vigueur, ne laissez pas la situation s’enliser dans le silence. La constitution d’un dossier prud’homal solide réclame une grande attention aux détails, et la récupération des preuves s’avère vite insurmontable sans une méthode éprouvée. Sollicitez sans tarder l’appui d’un professionnel du droit romand pour faire valoir vos heures.

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