Provision ad litem en suisse
La provision ad litem est une avance financière imposée par un juge qu'un époux doit verser à l'autre pour couvrir ses frais d'avocat lors d'un litige.
Définition et explication
En droit de la famille suisse, la provision ad litem est une institution légale directement issue du devoir d’assistance mutuelle entre époux (Art. 159 CC) et de l’obligation d’entretien de la famille (Art. 163 CC). Lorsqu’un couple se sépare ou entame une procédure de divorce, il arrive souvent que l’un des conjoints dispose de la majorité des revenus, tandis que l’autre se trouve dans une situation financière beaucoup plus précaire.
Pour garantir un procès équitable et permettre à chacun d’être défendu correctement, le droit suisse impose au conjoint le plus aisé de financer les frais d’avocat et les frais de justice de la partie adverse. Vous devez solliciter cette contribution devant le Juge compétent, généralement par le biais de mesures provisionnelles. Le Tribunal de première instance ordonnera alors le versement d’une somme précise, calculée sur la base d’un devis estimatif établi par votre avocat.
Sachez que la jurisprudence du Tribunal fédéral donne une priorité absolue à la solidarité familiale. Cela signifie que la provision ad litem prime sur l’assistance judiciaire de l’Etat. Vous ne pouvez demander une aide financière publique que si votre conjoint prouve qu’il ne dispose pas de moyens suffisants pour assumer la charge des deux avocats.
Quand la provision ad litem s'applique-t-elle ?
- Procédure de divorce : Dès l’introduction d’une demande unilatérale pour couvrir les frais de représentation légale.
- Mesures protectrices de l’union conjugale (MPUC) : Lors de la séparation de fait pour régler temporairement la résidence et les pensions alimentaires.
- Modification de jugement : Lorsque vous devez saisir la justice pour adapter une contribution d’entretien ou revoir l’attribution de la garde.
- Litiges liés aux enfants : Un parent peut être tenu d’avancer les frais liés à une procédure d’autorité parentale.
Séparation et demande d'avance d'honoraires à Lausanne
Monsieur Dubois est directeur d’entreprise et bénéficie d’un salaire élevé. Son épouse, Madame Dubois, a cessé toute activité professionnelle il y a dix ans pour se consacrer à l’éducation de leurs trois enfants. Le couple décide de se séparer. Madame Dubois consulte une avocate pour encadrer cette séparation, mais elle ne possède aucune économie personnelle pour s’acquitter de l’avance d’honoraires demandée (5000 francs).
À retenir
L’avocate de Madame Dubois rédige une requête urgente et demande au Juge de paix (ou au Tribunal d’arrondissement selon le canton) d’ordonner une provision ad litem. Se basant sur le devoir d’assistance de l’article 159 CC, le magistrat condamne Monsieur Dubois à verser 5000 francs directement sur le compte professionnel de l’avocate de son épouse. Monsieur doit assumer ce coût car sa capacité contributive le permet, assurant ainsi que Madame puisse faire valoir ses droits de manière équitable.
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Questions fréquentes
Sources
- Code civil (CC) art. 159, art. 163, art. 276