Travail du dimanche
Interdit par principe selon la Loi sur le travail (LTr), le travail dominical en Suisse nécessite une autorisation officielle et l'accord de l'employé, tout en donnant droit à un repos compensatoire et parfois à un supplément salarial.
Définition et explication
En droit suisse, le dimanche est considéré comme un jour de repos général et sacré. L’article 18 de la Loi sur le travail (LTr) pose le principe strict de l’interdiction de faire travailler des employés le dimanche, soit du samedi à 23h00 au dimanche à 23h00.
Toutefois, la législation prévoit des exceptions. Pour qu’une entreprise puisse exiger une activité dominicale de son personnel, elle doit obtenir une autorisation officielle. Celle-ci est délivrée par l’autorité cantonale pour un besoin temporaire (inventaire, événements spéciaux, foires) ou par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) pour un besoin régulier ou permanent (raisons techniques ou économiques incontournables).
De plus, l’article 19 LTr protège fermement le travailleur: son consentement exprès est absolument exigé. Un employé peut refuser de travailler le dimanche sans risquer un licenciement abusif. S’il accepte, ses droits financiers et temporels dépendent de la fréquence de cette activité. Le travail dominical temporaire (jusqu’à 6 dimanches par an) garantit une majoration de salaire de 50 %. Dans tous les cas, des règles de repos compensatoire s’appliquent pour préserver la santé du travailleur.
Quand le travail du dimanche est-il autorisé ?
- L’entreprise fait face à un besoin urgent et exceptionnel justifiant une autorisation cantonale (ex: inventaire, pic d’activité).
- L’établissement est exempté de l’interdiction de par sa nature (hôpitaux, boulangeries, hôtels, gares).
- L’employé a donné son accord libre et explicite pour effectuer des heures dominicales.
- L’entreprise justifie de raisons techniques ou économiques indispensables validées par le SECO pour un travail dominical régulier.
Exemple d'une vendeuse durant les fêtes en Suisse
Sophie travaille comme vendeuse dans une boutique de vêtements à Lausanne. Pour préparer la période intense des fêtes de fin d’année, son employeur lui demande de travailler deux dimanches consécutifs en décembre. La direction de la boutique a préalablement obtenu une autorisation exceptionnelle du canton de Vaud pour ouvrir ces jours-là.
À retenir
S’agissant d’un travail dominical temporaire (moins de 6 dimanches par an), Sophie doit obligatoirement recevoir une majoration de salaire de 50 % pour les heures effectuées (soit un salaire payé à 150 %). De plus, comme elle travaillera plus de 5 heures chaque dimanche, l’employeur doit lui accorder un jour de repos compensatoire complet (au moins 24 heures consécutives) durant la semaine qui précède ou qui suit. Enfin, la direction ne peut pas la forcer: si Sophie refuse de sacrifier ses dimanches, son employeur ne peut pas la sanctionner.
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Questions fréquentes
Non. Selon l’article 19 al. 5 LTr, le travail du dimanche ne peut être exigé qu’avec l’accord du travailleur. Un refus ne constitue pas un motif de licenciement valable et l’employeur ne peut exercer aucune contrainte.
Si le travail est temporaire (maximum 6 dimanches par année civile), la loi impose un supplément de salaire de 50 %. S’il s’agit d’un travail dominical régulier, la LTr n’impose pas de majoration financière, mais uniquement un repos compensatoire. Néanmoins, une Convention collective de travail (CCT) peut prévoir un supplément même pour le travail régulier.
Si vous travaillez jusqu’à 5 heures un dimanche, le repos compensatoire (temps libre équivalent) doit vous être accordé dans un délai de quatre semaines. Si le travail dépasse 5 heures, l’employeur doit vous octroyer un jour de repos complet (minimum 24 heures consécutives) dans la semaine précédente ou suivante (Art. 20 LTr).
Pour un besoin temporaire (inventaire, foire), la demande doit être adressée à l’autorité cantonale compétente (souvent l’Inspection du travail). Pour un besoin régulier ou permanent, c’est le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) qui examine la demande et délivre l’autorisation.
Oui. Le droit suisse assimile les jours fériés légaux au dimanche. Le 1er août (fête nationale) est protégé au niveau fédéral. Les cantons peuvent également assimiler jusqu’à huit autres jours fériés (comme Noël ou l’Ascension) au dimanche (Art. 20a LTr), appliquant ainsi les mêmes règles de majoration et de repos.
Non. Les personnes exerçant une fonction dirigeante élevée (selon l’Art. 3 LTr) ne sont pas soumises aux dispositions de la Loi sur le travail concernant la durée du travail et le repos. Ils peuvent travailler le dimanche sans autorisation et sans droit légal au supplément de 50 %.
L’employeur s’expose à de sévères sanctions administratives et pénales de la part de l’Inspection du travail. Cependant, l’employé ne perd pas ses droits: il conserve l’entier de son droit au paiement des heures travaillées, y compris la majoration légale de 50 %, même si l’activité était illégale du point de vue de l’autorisation.
La Loi sur le travail prévoit des protections renforcées pour la maternité. L’employeur ne peut occuper une femme enceinte le dimanche que si elle y consent expressément. Des limites strictes existent pour protéger la santé de la mère, et le travail dominical peut être totalement proscrit selon avis médical.
Sources
- Loi sur le travail (LTr) art. 18, 19, 20 et 20a