Harcèlement au travail: la Suisse adopte la convention OIT 190

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Un tournant pour la protection des employés romands

Le harcèlement au travail Suisse constitue une problématique juridique majeure qui touche quotidiennement de nombreux employés à travers les différents cantons. Le 5 juin 2026, le Conseil fédéral a franchi une étape décisive en adoptant officiellement le message proposant la ratification des conventions numéro 190 et 191 de l’Organisation internationale du travail. Cette décision marque une volonté claire des autorités de renforcer la protection de la personnalité sur le lieu de travail et d’imposer des normes internationales strictes. Jusqu’à présent, bien que la législation helvétique offre des garanties, l’absence d’une définition internationale claire laissait parfois une marge d’interprétation trop large aux entreprises. Avec cette démarche, les employeurs devront repenser leurs politiques internes de prévention des conflits. La ratification de ces textes vise non seulement à punir les abus, mais surtout à instaurer un milieu professionnel véritablement sûr et salubre pour chaque travailleur.

Comprendre les nouvelles normes contre le harcèlement au travail Suisse

La convention numéro 190 de l’Organisation internationale du travail représente le premier traité international qui reconnaît le droit de toute personne à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement. Son adoption par le gouvernement vise à combler les lacunes préventives observées dans de nombreuses entreprises romandes. Le texte introduit une définition universelle englobant toutes les formes de violences, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles. Parallèlement, la convention numéro 191 élève le droit à un environnement de travail sûr au rang de principe directeur. Si les autorités fédérales estiment que le droit helvétique répond déjà largement à ces exigences, cette ratification oblige les tribunaux et les entreprises à considérer ces actes sous un prisme de tolérance zéro. L’objectif consiste à responsabiliser davantage les organes dirigeants, qui ne pourront plus plaider l’ignorance ou minimiser des agissements hostiles répétés au sein de leurs équipes.

Décision du Conseil fédéral
Le 5 juin 2026, le gouvernement a adopté le message pour la ratification des conventions OIT 190 et 191, consolidant ainsi l’interdiction de toute violence ou pression psychologique dans le monde professionnel helvétique.

Cette impulsion politique confirme que la santé psychique des collaborateurs revêt la même importance que leur intégrité physique. Les juges cantonaux, notamment aux prud’hommes, s’appuieront sur cet engagement international pour évaluer la diligence des employeurs dans la gestion des conflits internes.

Le contexte juridique encadrant la protection des travailleurs

Le contexte juridique encadrant le harcèlement au travail Suisse s’appuie sur plusieurs dispositions légales qui imposent des devoirs stricts aux entreprises. La base principale réside dans l’article 328 du Code des obligations, qui contraint l’employeur à protéger et respecter la personnalité de ses employés. Cette norme exige de manifester les égards voulus pour la santé des travailleurs et de veiller au maintien de la moralité. En complément, l’article 6 de la loi sur le travail oblige les sociétés à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver la santé physique et psychique de leur personnel. L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail précise même que l’aménagement des conditions de travail doit prévenir toute atteinte à l’intégrité personnelle. Enfin, la loi fédérale sur l’égalité encadre spécifiquement les discriminations liées au sexe et le harcèlement sexuel. Malgré ce cadre robuste, la pratique montre que de nombreuses victimes peinent à prouver les agissements hostiles qu’elles subissent en raison de la difficulté à réunir des preuves tangibles.

Article 328 alinéa 1 du Code des obligations (CO)
L’employeur protège et respecte, dans les rapports de travail, la personnalité du travailleur. Il doit prendre toutes les mesures commandées par l’expérience pour protéger la santé psychique de son personnel.

L’intégration des principes de l’OIT vient renforcer ces normes. Les directives du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) rappellent d’ailleurs qu’une entreprise doit impérativement désigner une personne de confiance, interne ou externe, pour recueillir les plaintes en toute confidentialité. L’inaction face à une dénonciation engage la responsabilité financière et civile de la direction.

Impacts concrets: ce que ça change sur le terrain

L’évolution des normes permet de mieux identifier le harcèlement au travail Suisse dans des situations quotidiennes. Les tribunaux romands exigent désormais une grande proactivité de la part des employeurs. Voici plusieurs exemples illustrant l’application de ces protections dans différents cantons de la région.

Isolement dans une PME vaudoise
Un employé de commerce à Lausanne est systématiquement exclu des réunions d’équipe et privé d’accès aux dossiers importants. L’employeur, informé de la situation, ne prend aucune mesure d’enquête. Cette inaction constitue une violation directe de l’article 328 CO, ouvrant la voie à une demande d’indemnité pour licenciement abusif si le collaborateur finit par être renvoyé.
Absence de personne de confiance à Genève
Une employée d’un grand restaurant genevois subit des remarques déplacées répétées. L’établissement ne dispose d’aucune directive interne ni de personne de confiance désignée pour signaler ces abus. En cas de litige, les prud’hommes retiendront une négligence coupable de la direction, qui a failli à son devoir de prévention exigé par l’ordonnance 3 sur le travail.
Burn-out lié aux pressions en Valais
Une cadre d’une entreprise valaisanne subit un contrôle excessif de ses horaires, des critiques publiques injustifiées et des objectifs inatteignables. Elle tombe en incapacité de travail. Si l’employeur la licencie durant sa maladie après la période de protection, le congé peut être qualifié d’abusif si le juge estime que la maladie a été causée par la violation des devoirs de l’entreprise.
Harcèlement sexuel dans une administration fribourgeoise
Une fonctionnaire fribourgeoise reçoit des messages à caractère sexuel de son supérieur. Selon l’article 4 de la loi sur l’égalité, elle peut exiger la fin immédiate des agissements et réclamer une indemnité pouvant aller jusqu’à six mois de salaire moyen suisse, même si elle décide de conserver son poste.

Vos droits et démarches face au harcèlement au travail Suisse

Si vous êtes confronté à des agissements hostiles, il est nécessaire d’agir avec méthode pour protéger votre santé et vos droits. La première étape consiste à documenter rigoureusement les faits. Notez les dates, les heures, les lieux, les propos exacts et le nom des témoins présents. Ne gardez pas le silence: signalez la situation par écrit aux ressources humaines, à la direction ou à la personne de confiance de l’entreprise. Cette démarche formelle oblige l’employeur à déclencher une enquête interne et à prendre des mesures conservatoires pour vous protéger. Si l’entreprise ne réagit pas, vous pouvez faire appel à l’inspection cantonale du travail, qui a le pouvoir de contrôler le respect des règles de protection de la santé. Vous avez également la possibilité de consulter un avocat spécialisé pour vous accompagner dans vos démarches juridiques et vous aider à constituer un dossier solide afin de faire valoir vos droits devant le Tribunal des prud’hommes.

En cas de licenciement que vous estimez lié au mobbing, la loi prévoit des règles strictes. Un congé motivé par une baisse de rendement due à des pressions psychologiques tolérées par l’entreprise est abusif selon l’article 336 du Code des obligations.

Alerte délai légal
Pour contester un licenciement abusif (art. 336b CO), vous devez impérativement formuler une opposition écrite auprès de votre employeur avant la fin de votre délai de congé. Ensuite, vous disposez d’un délai de 180 jours à compter de la fin des rapports de travail pour saisir le tribunal, sous peine de perdre vos droits à une indemnité.

Il est également possible de demander une réparation pour tort moral, bien que les tribunaux soient particulièrement exigeants sur l’intensité de la souffrance subie. Les prétentions fondées sur le droit du travail se prescrivent généralement par cinq ans (art. 128 CO), mais il est recommandé d’agir rapidement pour éviter la disparition des preuves.

L’avis de la rédaction JuriUp

La ratification de ces conventions internationales ne bouleverse pas le corpus légal helvétique, qui dispose déjà d’outils performants avec le Code des obligations et la loi sur le travail. Toutefois, elle adresse un signal politique fort qui obligera les employeurs à passer d’une approche réactive à une prévention active. Nous anticipons une sévérisation de la jurisprudence cantonale à l’encontre des entreprises dépourvues de protocoles clairs pour la gestion des conflits.

Ce que retient la rédaction : La tolérance face aux brimades diminue drastiquement. L’employeur qui ferme les yeux s’expose désormais à des condamnations coûteuses pour licenciement abusif et violation de ses devoirs de protection.

La jurisprudence du Tribunal fédéral

Pour définir le harcèlement au travail Suisse, la jurisprudence exige l’examen d’un faisceau d’indices. L’arrêt de principe rendu par le Tribunal fédéral (ATF 125 III 70) définit le mobbing comme un enchaînement de propos et d’agissements hostiles, répétés fréquemment pendant une période assez longue, par lesquels un ou plusieurs individus cherchent à isoler, à marginaliser, voire à exclure une personne sur son lieu de travail. La Haute Cour précise qu’un acte isolé, même inapproprié, ne suffit pas à constituer un harcèlement. Cependant, les juges rappellent régulièrement que l’employeur commet une faute s’il laisse une situation conflictuelle s’envenimer sans intervenir. Dans un arrêt plus récent (ATF 132 III 257), les magistrats ont souligné l’obligation positive de la direction de prendre des mesures concrètes d’organisation pour assainir le climat de travail. Licencier la victime au lieu de sanctionner les auteurs ou de réorganiser les équipes constitue une exploitation abusive par l’employeur de sa propre violation du devoir de protection, rendant le congé sanctionnable.

Questions fréquentes sur le harcèlement au travail Suisse

Mon patron crie souvent sur toute l’équipe, est-ce du mobbing ?
Le fait de lever la voix de manière générale, si cela touche tous les employés de la même façon, relève souvent d’un mauvais style de management plutôt que d’un mobbing ciblé. Toutefois, selon l’article 328 CO, l’employeur doit protéger la santé psychique de son personnel. Si ces cris engendrent un stress insoutenable, l’entreprise viole ses devoirs. Vous pouvez exiger l’intervention des ressources humaines ou de l’inspection du travail.
Quels sont mes droits si je suis licencié suite à un burn-out lié au harcèlement ?
Si votre incapacité de travail est la conséquence directe d’une situation de violences psychologiques que l’employeur a tolérée, votre licenciement peut être considéré comme abusif (art. 336 CO). Vous devez envoyer une lettre d’opposition avant la fin du délai de congé. Vous pourrez ensuite réclamer devant le juge une indemnité pouvant atteindre l’équivalent de six mois de salaire, en plus de votre rémunération ordinaire.
L’entreprise est-elle obligée d’avoir une personne de confiance ?
Oui. Conformément à l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail et aux directives du SECO, chaque employeur doit désigner une personne de confiance (interne ou externe) que les collaborateurs peuvent contacter de manière confidentielle. L’absence de ce dispositif constitue une infraction aux normes de protection de la santé et peut peser lourdement en votre faveur lors d’un litige aux prud’hommes.
La Suisse applique-t-elle déjà la convention OIT 190 ?
Le 5 juin 2026, le Conseil fédéral a adopté le message pour ratifier cette convention. Même si la ratification formelle complète le processus, le gouvernement rappelle que les lois helvétiques actuelles respectent déjà les exigences du texte international. L’adoption vise surtout à renforcer l’application stricte des règles existantes par les entreprises et les tribunaux de la région.
Comment prouver des agissements hostiles répétés ?
La preuve est souvent le point le plus difficile. Le Tribunal fédéral admet qu’un faisceau d’indices concordants peut suffire. Vous devez conserver tous les emails, messages et documents démontrant l’isolement ou les critiques. Tenez un journal précis des événements avec les dates. Les certificats médicaux attestant de la dégradation de votre santé et les témoignages d’anciens collègues constituent également des preuves déterminantes.

Vous êtes concerné par le harcèlement au travail Suisse ?

Si vous êtes victime de harcèlement au travail Suisse, vous n’avez pas à subir cette situation en silence. Les nouvelles orientations légales confirment que votre employeur a le devoir strict d’intervenir pour protéger votre santé. Que vous souhaitiez exiger la mise en place de mesures de protection internes, contester un licenciement abusif prononcé pendant votre maladie ou réclamer une indemnité financière, un accompagnement juridique adapté s’avère nécessaire pour faire respecter vos droits.

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