Révision loi cartels : 3 nouvelles ordonnances en consultation

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Une révision loi sur les cartels pour adapter notre marché

La révision loi sur les cartels marque une étape décisive pour toutes les entreprises suisses engagées dans des opérations de croissance ou de restructuration. Si vous dirigez une société en Suisse romande, comprendre ces changements devient une priorité stratégique pour éviter des sanctions financières sévères. Le Conseil fédéral a lancé le 27 mai 2026 une consultation majeure portant sur trois ordonnances d’exécution, visant à moderniser le contrôle des concentrations et à affiner le calcul des amendes. Ces nouvelles dispositions légales, publiées dans la Feuille fédérale (FF) le 1er juin 2026, obligeront les acteurs économiques à repenser leurs stratégies d’acquisition et leurs programmes de conformité interne. La compétitivité de la Suisse romande repose en grande partie sur un tissu économique dynamique et transparent. Cette vaste consultation fédérale s’adresse à tous les acteurs économiques, des grandes multinationales basées à Genève aux PME industrielles de l’Arc jurassien. En comprenant rapidement les enjeux de ces trois textes réglementaires, vous pourrez adapter vos stratégies de fusions et acquisitions, mais également revoir vos politiques de prix pour ne pas enfreindre la loi. Les avocats spécialisés recommandent vivement de réaliser un audit préventif avant la fin de l’année pour évaluer votre exposition aux risques de sanctions de la Commission de la concurrence (COMCO).

Les fondements de la révision loi sur les cartels

Les modifications proposées s’articulent autour de la loi fédérale sur les cartels et autres restrictions à la concurrence (LCart, RS 251). Historiquement, l’article 9 LCart définissait les seuils de notification pour les fusions d’entreprises. La révision totale des ordonnances d’application, notamment l’ordonnance sur le contrôle des concentrations d’entreprises (OCCE, RS 251.4), vise à aligner la pratique helvétique sur les standards internationaux, en particulier ceux de l’Union européenne. La logique juridique sous-jacente repose sur une approche économique plus fine : il ne s’agit plus seulement de sanctionner un comportement ou la taille d’une transaction, mais d’évaluer concrètement l’impact sur le marché et les consommateurs. Le second volet majeur concerne l’ordonnance sur les sanctions (OCS, RS 251.5). La nouvelle mouture précise avec exactitude comment les dommages-intérêts versés dans le cadre d’un règlement amiable ou d’un litige civil seront déduits ou pris en compte dans le calcul de l’amende administrative infligée par la COMCO. Cette approche pragmatique vise à encourager la réparation directe du préjudice subi par les victimes de pratiques anti-concurrentielles plutôt que de longues procédures contentieuses.

Ce que dit la loi

La consultation fédérale (FF 2026 1430) propose une déduction explicite des réparations civiles lors du calcul des sanctions pécuniaires (art. 49a LCart), incitant ainsi les entreprises fautives à indemniser rapidement les victimes avant le prononcé de la décision finale de la COMCO.

Contexte juridique de la révision loi sur les cartels

Avant cette révision, le système suisse du droit de la concurrence présentait certaines rigidités, particulièrement pénalisantes pour les PME. Les seuils de notification des fusions (chiffre d’affaires de 2 milliards de francs au niveau mondial et 500 millions en Suisse) laissaient parfois passer des acquisitions stratégiques d’entreprises innovantes ne générant pas encore de revenus massifs, souvent appelées acquisitions tueuses ou killer acquisitions. De plus, les entreprises sanctionnées par la COMCO faisaient face à une double peine très lourde : une amende administrative colossale et des actions en dommages-intérêts au civil. La refonte actuelle, actée fin 2025 au niveau législatif et désormais au stade des ordonnances d’exécution, corrige ce déséquilibre profond. Le législateur souhaite garantir une concurrence efficace tout en offrant une sécurité du droit accrue pour les acteurs économiques vaudois, genevois ou fribourgeois. Les autorités misent sur un système hybride où l’intervention étatique se concentre sur les cas les plus dommageables. L’absence de clarté entre l’action administrative et l’action civile décourageait fortement les arrangements à l’amiable. L’ordonnance sur les sanctions (OCS) actuelle est ainsi modifiée pour intégrer un article spécifique définissant le calcul exact de l’atténuation de peine. Ainsi, une entreprise lausannoise qui s’engage rapidement à réparer ses torts envers ses partenaires commerciaux locaux verra son amende drastiquement réduite par la Confédération.

Base légale : La révision repose sur la LCart modifiée fin 2025 et sur le projet de refonte de l’OCCE (RS 251.4) et de l’OCS (RS 251.5) mis en consultation le 27 mai 2026. L’objectif est de transposer au niveau réglementaire les principes d’allègement procédural.

L’impact direct de la révision loi sur les cartels

Les changements introduits par ces nouvelles ordonnances modifieront profondément le paysage économique romand. Voici plusieurs situations concrètes illustrant l’impact de ces nouvelles règles sur votre activité commerciale au quotidien et sur vos futures prises de décisions stratégiques.

Acquisition d’une start-up technologique à Lausanne

Si votre entreprise informatique acquiert une jeune pousse vaudoise générant peu de chiffre d’affaires mais détenant un monopole technologique, les nouveaux critères de l’OCCE pourraient rendre la notification obligatoire à la COMCO, contrairement à la situation antérieure.

Calcul des sanctions pour une PME genevoise

Une entreprise de construction à Genève accusée de fixation de prix pourra réduire le montant de son amende administrative si elle prouve avoir déjà indemnisé financièrement les maîtres d’ouvrage lésés, grâce aux nouvelles dispositions de l’OCS.

Simplification des fusions transfrontalières

Pour une société fribourgeoise fusionnant avec un partenaire français, l’alignement des formulaires de notification suisses sur le modèle européen réduira considérablement les coûts d’avocats et les délais de traitement administratif.

Renforcement des programmes de clémence

La troisième ordonnance révisée garantit un anonymat renforcé et des conditions plus claires pour le premier dénonciateur d’un cartel, incitant les directeurs commerciaux neuchâtelois ou jurassiens à collaborer activement avec les autorités.

Vos droits et démarches face à la révision loi sur les cartels

En tant qu’acteur économique, vous possédez des droits spécifiques pour anticiper et participer à cette réforme. La période de consultation fédérale vous permet de soumettre une prise de position formelle pour défendre les intérêts de votre secteur d’activité. Les fédérations patronales romandes et les chambres de commerce organisent actuellement des groupes de travail pour formuler des réponses coordonnées. Si vous planifiez une fusion à court terme, vous devez analyser scrupuleusement si l’opération tombera sous le coup de l’ancien ou du nouveau droit. La date déterminante correspond généralement à la signature de l’accord contraignant. En cas d’enquête de la COMCO ouverte avant l’entrée en vigueur des nouvelles ordonnances, le principe de la loi la plus douce (lex mitior) pourrait s’appliquer pour le calcul des amendes, particulièrement si vous avez déjà versé des réparations financières. Il est vivement recommandé de faire auditer vos contrats de distribution et vos pratiques tarifaires par un spécialiste de notre réseau. Pour vous faire accompagner efficacement, vous pouvez créer un dossier sur notre plateforme afin de trouver le professionnel adéquat. Les professionnels du droit intéressés par ces évolutions peuvent rejoindre notre réseau. Pour toute autre question, notre service de contact reste à votre écoute.

Alerte délai légal

La consultation relative aux ordonnances d’exécution de la LCart se clôturera le 15 septembre 2026. Passé ce délai légal imposé par le Département fédéral de l’économie (DEFR), vos remarques ne seront plus prises en compte dans le projet final. De plus, les recours contre une décision de la COMCO doivent toujours être déposés dans les 30 jours devant le Tribunal administratif fédéral (TAF).

L’avis de la rédaction JuriUp

Cette refonte réglementaire représente une avancée pragmatique pour notre économie, offrant enfin une prévisibilité bienvenue pour les PME face aux sanctions souvent disproportionnées du passé. Toutefois, le diable se cachera dans les détails de l’ordonnance sur les concentrations, car l’abaissement potentiel des seuils de contrôle risque de ralentir certaines opérations légitimes. Les entreprises romandes devront redoubler de prudence et s’appuyer sur des conseils juridiques pointus pour naviguer sereinement dans ce nouvel environnement hybride.

Ce que retient la rédaction :

La révision apporte un soulagement financier notable en reconnaissant les réparations civiles volontaires, mais complexifie simultanément le processus de vérification des fusions, exigeant une anticipation rigoureuse de la part des dirigeants.

Jurisprudence historique ayant conduit à la réforme

Le besoin d’une révision loi sur les cartels ne provient pas de nulle part. Les tribunaux suisses ont dû trancher des affaires très complexes qui ont mis en lumière les failles du système actuel. Dans un arrêt célèbre concernant le secteur de la construction dans le canton de Vaud (ATF 143 II 297), le Tribunal fédéral a confirmé des sanctions sévères contre plusieurs entreprises s’étant entendues sur les soumissions de marchés publics. Cet arrêt a démontré la rigidité du calcul des amendes, où les entreprises collaborant tardivement recevaient des réductions minimes. Par ailleurs, les litiges civils initiés par les communes vaudoises pour récupérer le surcoût payé ont pris des années, car l’amende fédérale ne tenait pas compte de ces dommages. Ce mécanisme, appelé l’action en dommages-intérêts réparatrice, est un pilier du droit de la concurrence moderne, mais il manquait d’incitation forte en droit suisse. Ces erreurs fréquentes d’appréciation entre le droit administratif punitif et le droit civil réparateur ont poussé les parlementaires à exiger cette révision. Désormais, la pratique des tribunaux devra s’adapter : le juge administratif prendra acte du travail du juge civil. Les entreprises ont donc un intérêt financier majeur à proposer rapidement des règlements extrajudiciaires à leurs victimes plutôt que de mener une bataille d’usure devant les instances cantonales et fédérales.

Questions fréquentes concernant la révision loi sur les cartels

Quand les nouvelles ordonnances entreront-elles en vigueur ?

La phase de consultation lancée le 27 mai 2026 s’étend sur une durée de trois mois environ. Une fois les avis récoltés et intégrés, le Conseil fédéral devrait adopter le texte définitif vers la fin de l’année 2026. L’entrée en vigueur est prévue simultanément avec la modification de la loi, vraisemblablement au 1er janvier 2027. Ce délai permet aux sociétés de s’y préparer adéquatement avec leurs conseillers juridiques.

Comment la prise en compte des dommages-intérêts fonctionnera-t-elle ?

Selon le projet d’ordonnance sur les sanctions (OCS), si une entreprise verse volontairement des indemnités aux victimes avant la décision finale, la COMCO pourra déduire ce montant de la sanction pécuniaire prévue. Le but est de privilégier la réparation du marché local plutôt que de simplement remplir les caisses de la Confédération. Il faut impérativement que l’accord civil soit prouvé de manière documentée pour être valable.

Dois-je notifier la fusion de ma petite entreprise à la COMCO ?

Pour la grande majorité des petites entreprises romandes, la réponse reste négative. L’obligation de notification concerne généralement les transactions impliquant des chiffres d’affaires importants ou des sociétés disposant déjà d’une position dominante. Cependant, la révision loi sur les cartels introduit de nouveaux critères liés à la valeur de la transaction, obligeant certaines acquisitions technologiques très spécifiques à être examinées de près.

Qui contrôle l’application de cette loi en Suisse ?

C’est le Secrétariat de la Commission de la concurrence (COMCO) qui mène les enquêtes et prépare les décisions finales. Cet organe administratif indépendant surveille l’ensemble du marché helvétique avec fermeté. Ses décisions peuvent ensuite faire l’objet d’un recours devant le Tribunal administratif fédéral (TAF) à Saint-Gall, puis en dernière instance devant le Tribunal fédéral (TF) à Lausanne.

Que risque un dirigeant d’entreprise en cas d’infraction avérée ?

En droit suisse de la concurrence, les sanctions financières visent directement la personne morale (l’entreprise), avec des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires cumulé des trois derniers exercices. Les personnes physiques dirigeantes ne subissent pas d’amende pénale directe au titre de la LCart pour une simple entente sur les prix. Toutefois, votre responsabilité civile ou pénale ordinaire peut être engagée si d’autres délits comme l’escroquerie sont constatés.

La révision loi sur les cartels affecte votre société ?

Si vous préparez une fusion ou si vous faites face à une enquête de la COMCO, ne prenez aucun risque avec l’interprétation des nouveaux textes légaux. L’intervention d’un expert en droit économique garantit la sécurisation de vos opérations et la protection de vos intérêts financiers sur le long terme. Agissez dès aujourd’hui pour mettre en conformité vos pratiques commerciales avec la législation révisée avant la fin de la période transitoire.

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