Contrat de création de contenu UGC et influence en Suisse romande : droits d’image, durée d’usage et whitelisting
En 2026, les marques à Genève et dans le canton de Vaud veulent réutiliser les vidéos UGC en publicités, sur plusieurs canaux, parfois longtemps, et parfois via du whitelisting. Un contrat clair évite les blocages, les retraits urgents et les discussions tendues sur les droits d’utilisation.

Équipe JuriUp
Contenu préparé par JuriUp, en collaboration avec des avocats partenaires actifs en Suisse romande sur les sujets de contrats, médias et publicité.
Sujet sensible
Droits d’image et utilisation
Point de friction courant
Durée et canaux
Sujet technique
Whitelisting
Bon à savoir
En Suisse, l’usage de l’image d’une personne touche souvent à la protection de la personnalité. Un contrat bien rédigé sert à documenter votre accord, ses limites, et ce qui est autorisé ou non dans la publicité.
1. Définir précisément les droits d’utilisation
Beaucoup de contrats se limitent à une phrase du type « la marque peut utiliser le contenu ». En pratique, cela ne répond pas aux questions qui bloquent une campagne. De quel contenu parle-t-on exactement. Est-ce que les rushs sont inclus. Est-ce que la marque peut modifier la vidéo. Est-ce que le contenu peut être intégré à une publicité, une landing page, un email, un store, ou une fiche produit.Ce que la clause devrait couvrir
- La liste des livrables et des variantes attendues (vidéos, photos, formats verticaux, sous-titres, miniatures).
- Le droit de reproduire, diffuser et adapter le contenu selon les besoins de la campagne.
- Les règles de modification (recadrage, ajout de texte, musique, logo, voice-over, montage, traduction).
- La possibilité ou non de créer des dérivés (extraits, best-of, versions courtes).
Éviter la zone grise sur la propriété
En Suisse, la logique contractuelle est déterminante. Au lieu de discuter de « propriété » en termes vagues, il est souvent plus utile de préciser ce qui est cédé comme droits d’utilisation, sur quels supports, pour quelle durée, et avec quelles limites. Si vous utilisez une clause de confidentialité pour protéger un produit non lancé, une stratégie d’acquisition ou des chiffres de performance, indiquez aussi ce qui est considéré comme confidentiel, et ce qui peut être publié sans risque.Astuce JuriUp
Pour limiter les allers-retours, annexez au contrat un tableau simple avec les livrables, les formats, le nombre de versions, les dates de remise et le ou les canaux prévus. Votre avocat spécialisé peut ensuite aligner ces éléments avec une clause de droits d’utilisation cohérente.
2. Droits d’image, personnes tierces et lieux
Le droit à l’image est souvent le point qui casse une réutilisation en ads. Ce n’est pas rare qu’une vidéo UGC contienne un ami, un enfant, un collègue, une plaque de voiture, ou un détail qui identifie un lieu privé. Pour éviter de devoir tout retirer, clarifiez qui apparaît, qui autorise quoi, et qui assume le risque si un tiers se plaint.Votre image et votre voix
- Précisez si l’autorisation couvre aussi la voix, le nom, le pseudo et l’identité visuelle.
- Encadrez les usages sensibles, par exemple si vous ne souhaitez pas d’association à certains thèmes ou messages.
- Définissez si la marque peut utiliser votre contenu sans mention, ou avec une mention spécifique.
Tiers et contenus inclus
- Fixez une règle simple: pas de personnes tierces reconnaissables sans accord écrit préalable.
- Clarifiez le traitement des lieux privés, logos visibles, œuvres, musiques ou extraits qui ne vous appartiennent pas.
- Décidez qui est responsable si un élément nécessite une autorisation supplémentaire.
Attention aux captures et aux messages
Même si ce n’est pas votre cas typique en UGC, certaines campagnes intègrent des captures d’écran de messages, d’avis, ou de conversations. Si ces éléments permettent d’identifier une personne, la question de la vie privée et des données personnelles peut se poser. En cas de doute, faites valider la mécanique par un avocat spécialisé avant diffusion.
3. Durée, territoires, canaux et formats
La durée d’usage est le nerf de la guerre. Du côté des marques, il y a un besoin de continuité pour rentabiliser une création. Du côté des créateurs, il y a un risque de voir un contenu ressortir dans six mois, alors que votre image a changé, que vous collaborez avec un autre acteur, ou que la campagne n’est plus alignée.Ce qui doit être écrit noir sur blanc
- La durée d’utilisation autorisée, avec une logique de renouvellement si c’est prévu.
- Le ou les territoires, par exemple Suisse uniquement ou international, selon la campagne.
- Les canaux: organique, site web, newsletters, marketplaces, affichage digital, plateformes sociales.
- Les formats: feed, stories, reels, shorts, bannières, pages produit et déclinaisons.
« Une clause utile répond à une question simple: où, combien de temps et dans quelle forme la marque peut utiliser le contenu, sans devoir vous recontacter en urgence. »
Équipe JuriUp
Astuce opérationnelle
Si vous gérez une agence à Genève ou dans le canton de Vaud, préparez un modèle de contrat avec options. Vous gardez la même base, puis vous activez les modules selon la campagne: durée longue, multi-plateformes, exclusivité, ou whitelisting. Un juriste peut vous aider à construire une version solide et réutilisable.
4. Whitelisting : encadrer l’accès au compte et la publicité
Le whitelisting, dans le langage marketing, désigne généralement le fait de diffuser des publicités depuis le compte social du créateur, tout en laissant la marque piloter la campagne via les outils publicitaires de la plateforme. C’est efficace pour la performance, mais juridiquement et opérationnellement, c’est un terrain sensible. Le point clé est de distinguer deux choses. D’un côté, la licence d’utilisation du contenu. De l’autre, les autorisations d’accès et de diffusion publicitaire depuis un compte, avec des limites, des validations et une possibilité de couper proprement si nécessaire.Points à cadrer avant d’activer le whitelisting
- Qui crée et gère la campagne, et qui valide les textes, visuels et audiences avant lancement.
- Quels contenus exacts peuvent être sponsorisés, et si des variantes sont autorisées.
- Quels pays, langues et segments sont autorisés, surtout si la marque vend aussi hors Suisse.
- Quel est le niveau d’accès requis, et comment il est donné sans partager des accès sensibles.
Retrait, pause et gestion des imprévus
- Un mécanisme clair de pause ou d’arrêt en cas de crise, de commentaires problématiques ou de changement de campagne.
- Une règle sur la suppression, l’archivage ou la fin de diffusion à l’issue de la durée convenue.
- Une clause de responsabilité sur les erreurs de paramétrage, de ciblage ou de conformité publicitaire.
- Un canal de communication rapide entre la marque, l’agence et le créateur pour les validations.
Ne mélangez pas whitelisting et “utilisation illimitée”
Une campagne en whitelisting ne signifie pas automatiquement une utilisation sans limite. Même si le contenu est sponsorisé, vous avez intérêt à définir une durée, des canaux et des conditions de retrait. Cela réduit le risque de conflit, et cela sécurise la marque si une preuve d’autorisation est demandée.
Résumé rapide à retenir
Besoin de sécuriser un contrat influenceur ou UGC en Suisse romande ?
Décrivez votre campagne, vos canaux et vos besoins (ads, durée d’usage, whitelisting, exclusivité). JuriUp vous met en relation avec un expert juridique adapté, avec une approche simple, confidentielle et gratuite.
Questions fréquentes
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Quel type de contrat utiliser pour une campagne UGC en Suisse ?
Cela dépend de la réalité de la relation et des livrables. Dans beaucoup de cas, on formalise une prestation de création de contenu avec une licence de droits d’utilisation, et des clauses sur validation, confidentialité et responsabilité. Si vous hésitez entre plusieurs structures, un juriste peut clarifier rapidement la forme la plus cohérente pour votre situation.
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La marque peut-elle réutiliser ma vidéo en publicité sans limite si je l’ai déjà publiée ?
Généralement non, sauf accord clair. Le fait qu’un contenu soit public ne signifie pas automatiquement qu’il peut être sponsorisé, modifié et diffusé sur d’autres canaux. Pour éviter les malentendus, le contrat doit préciser la durée, les canaux, les formats et les adaptations autorisées.
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Que doit contenir une clause de droits d’utilisation pour des ads multi-plateformes ?
Une clause efficace décrit au minimum les supports autorisés, les territoires, la durée d’usage, les formats et le droit ou non d’adapter le contenu. Elle précise aussi si la marque peut faire des versions courtes, ajouter du texte, traduire, ou intégrer votre contenu dans un montage plus large.
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Le whitelisting est-il risqué pour le créateur de contenu ?
Il peut l’être si le cadre est flou. Comme la publicité apparaît souvent depuis votre compte, vous avez intérêt à définir des règles de validation, des limites de ciblage, une durée et un mécanisme d’arrêt. Dans la plupart des cas, un bon contrat réduit fortement le risque, tout en gardant la performance marketing.
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Comment gérer un retrait de contenu si une collaboration se passe mal ?
Le plus simple est de prévoir dès le départ une clause sur le retrait, la fin de diffusion et l’archivage, avec des conditions claires. En cas de désaccord, évitez les échanges émotionnels et documentez les faits. Pour une analyse adaptée à votre dossier, vous pouvez passer par JuriUp afin de parler à un avocat spécialisé.
Textes officiels et ressources utiles