Partage du régime matrimonial : participation aux acquêts
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Comprendre la participation aux acquêts
À défaut de contrat de mariage, les époux suisses sont automatiquement soumis au régime ordinaire de la participation aux acquêts. Au divorce, chacun garde ses biens propres (apportés au mariage, héritages, donations) et reçoit en plus la moitié du bénéfice net réalisé pendant le mariage par l'autre conjoint. Cette mécanique simple en apparence cache des règles complexes de récompenses entre masses, de plus-values et de preuve de l'origine privée des fonds qui justifient souvent l'intervention d'un notaire.
Le régime de la participation aux acquêts (art. 196 et ss CC) distingue deux masses pour chaque époux : les biens propres (apportés avant le mariage, reçus par succession ou donation pendant le mariage, biens d'usage personnel, indemnités pour tort moral) et les acquêts (revenus du travail, gains LPP, rendements des biens propres pendant le mariage, biens acquis en remplacement d'acquêts). Au divorce, on calcule le bénéfice de chaque masse : actif net des acquêts à la dissolution. Chaque conjoint reçoit la moitié du bénéfice net de l'autre, par simple créance compensatoire.
Concrètement, si le bénéfice de Monsieur est de 200'000 CHF et celui de Madame de 80'000 CHF, on calcule deux créances : Madame reçoit 100'000 CHF (½ du bénéfice de Monsieur), Monsieur reçoit 40'000 CHF (½ du bénéfice de Madame). Solde net : Monsieur doit verser 60'000 CHF à Madame. Les biens propres ne sont jamais partagés : ils restent à leur titulaire, avec leur plus-value. Seuls les acquêts génèrent un partage. Les dettes sont imputées d'abord sur la masse à laquelle elles se rapportent (acquêts ou propres).
Distinction biens propres / acquêts (art. 197-198 CC)
| Catégorie | Biens propres | Acquêts |
|---|---|---|
| Avant mariage | Tous les biens apportés | - |
| Pendant mariage : revenus | - | Salaires, gains, rentes |
| Pendant mariage : héritage/donation | Biens reçus par succession ou donation | - |
| Pendant mariage : biens d'usage personnel | Effets personnels, outils de travail | - |
| Pendant mariage : rendements | - | Loyers, intérêts, dividendes des propres |
Cadre légal et liquidation pratique
La liquidation du régime intervient avant le partage successoral en cas de décès et avant le règlement des effets accessoires en cas de divorce (art. 204 CC). La date de référence est le dépôt de la requête en divorce. À cette date, on dresse l'inventaire des biens propres et des acquêts de chacun, en valeur actuelle. Les récompenses entre masses (art. 209 CC) corrigent les transferts effectués pendant le mariage : si des acquêts ont financé un bien propre, la masse des acquêts a droit à une récompense. Les plus-values suivent le bien financé.
Le contrat de mariage permet de modifier ce régime ordinaire. Les époux peuvent opter pour le régime de la séparation de biens (art. 247 et ss CC) - chacun garde tout, sans partage à la dissolution - ou la communauté de biens (art. 221 et ss CC), plus rare. La liquidation pratique exige souvent l'intervention d'un notaire ou d'un avocat spécialisé, notamment pour les couples avec entreprise familiale, immeubles, ou patrimoine transfrontalier. En cas de désaccord, le juge tranche dans le cadre de la procédure de divorce.
Le régime de la participation aux acquêts comprend les biens acquis par chaque époux à titre onéreux pendant le régime, ainsi que ses biens propres. À la dissolution, chacun a droit à la moitié du bénéfice de l'autre.
Liquidation pratique en cas de séparation
La liquidation matrimoniale exige une traçabilité rigoureuse des biens depuis le mariage - les preuves manquantes coûtent cher.
Reconstituer l'inventaire d'origine : relevés bancaires au jour du mariage, déclaration fiscale de l'année du mariage, attestation des héritages reçus, contrats de donation. Sans ces documents, les biens sont présumés acquêts et donc partageables (art. 200 al. 3 CC) - règle qui pénalise lourdement l'époux propriétaire de biens propres non documentés. Pour un patrimoine de 500'000 CHF, l'absence de preuve d'un héritage de 100'000 CHF peut coûter 50'000 CHF au partage.
Liquider de façon ordonnée : convention amiable ratifiée par le juge (rapide, 3-6 mois, coût 1-3 % du patrimoine) ou jugement contentieux (12-24 mois, coût 5-15 %). L'expert immobilier (CHF 1'500-3'500) est souvent indispensable pour les biens immobiliers en plus-value. Pour les couples patrimoniaux complexes (entreprise familiale, immeubles, titres), un contrat de séparation de biens notarié pendant le mariage anticipe et simplifie radicalement la liquidation future - un investissement de CHF 1'500-3'000 qui évite des conflits à 6 chiffres.
Questions fréquentes
Sous le régime ordinaire de la participation aux acquêts (art. 196 CC), chacun garde ses biens propres (apportés au mariage, reçus par succession). Les acquêts (revenus, économies pendant le mariage) sont calculés par tête, puis chacun reçoit la moitié du bénéfice net de l'autre. Avec un contrat de séparation de biens, aucun partage n'a lieu : chacun garde tout.
Selon l'art. 198 CC, sont biens propres : les biens apportés au mariage, les biens reçus par succession ou donation pendant le mariage, les effets personnels (vêtements, outils), les indemnités pour tort moral. Les biens propres ne sont pas partagés au divorce. Le titulaire les conserve, avec leur plus-value. La preuve de l'origine propre incombe à celui qui s'en prévaut.
Oui, indirectement. Les revenus du travail accumulés pendant le mariage sont des acquêts (art. 197 CC). À la dissolution, le bénéfice net des acquêts de chaque conjoint est calculé, puis chacun reçoit la moitié du bénéfice de l'autre par créance compensatoire. Les dépenses courantes ne sont pas reprises ; seuls les acquêts existant à la date de la requête en divorce comptent.
Si un bien propre a été financé en partie par des acquêts (rachat hypothécaire avec salaires, par exemple), une récompense est due à la masse des acquêts (art. 209 CC). La plus-value du bien suit la même proportion : si les acquêts ont financé 30 % du bien, ils reçoivent 30 % de la plus-value. Cette règle évite qu'un époux ne s'enrichisse aux dépens de l'autre via la masse propre.
Oui, par contrat de mariage notarié (art. 182 CC), en tout temps avant ou pendant le mariage. Les options classiques sont la séparation de biens (art. 247 CC) ou la communauté de biens (art. 221 CC). Un changement modifie la liquidation future. Il peut aussi être conseillé pour protéger le patrimoine familial, l'entreprise d'un conjoint, ou en cas de famille recomposée.
La preuve incombe à celui qui s'en prévaut (art. 200 al. 3 CC). Documents utiles : acte de donation, jugement successoral, justificatif d'achat antérieur au mariage, relevé bancaire. À défaut de preuve, le bien est présumé acquêt et donc partageable. C'est pourquoi il est recommandé de tenir une comptabilité claire des biens propres dès le mariage et de conserver les justificatifs originaux.