Acte de complaisance
Un acte de complaisance est un service rendu gratuitement et sans intention de s'engager juridiquement, qui échappe aux règles strictes des contrats.
Définition et explication
En droit suisse, la frontière entre un contrat juridiquement contraignant et un simple acte de complaisance réside dans l’intention des parties. L’acte de complaisance se définit comme un service rendu à titre amical, de voisinage ou familial, sans la volonté de s’engager sur le plan juridique (absence d’animus obligandi).
Contrairement au contrat de mandat (Art. 394 CO), l’acte de complaisance est par nature gratuit. Le fait de recevoir un remboursement pour des frais minimes, comme l’essence pour un trajet ou un repas offert, ne suffit pas à requalifier cette aide en contrat formel. Si un dommage survient pendant l’exécution de ce service, la personne qui aide n’est pas soumise à la stricte responsabilité contractuelle.
La responsabilité relèvera alors de la responsabilité civile délictuelle (Art. 41 CO). De plus, les tribunaux suisses appliquent un principe d’atténuation de la responsabilité lorsque le service est rendu gratuitement et dans le seul intérêt de la personne aidée. Sauf en cas de négligence grave ou d’intention de nuire, la personne qui rend un acte de complaisance bénéficie d’une large protection juridique.
Quand cela s'applique-t-il ?
- Vous aidez un ami ou un membre de votre famille à déménager ses meubles.
- Vous gardez bénévolement le chien ou le chat de votre voisin pendant ses vacances.
- Vous prenez le volant pour raccompagner un collègue chez lui après une soirée.
- Vous effectuez une petite réparation chez une connaissance sans exiger de rémunération.
Exemple concret : Dommage lors d'un déménagement entre amis
Luc aide son ami Marc à déménager un canapé très lourd dans son nouvel appartement. En montant les escaliers, Luc glisse, lâche le canapé et endommage gravement le mur de la cage d’escalier ainsi que le meuble lui-même. Marc, mécontent des dégâts, exige que Luc paie intégralement toutes les réparations, comme s’il avait engagé une entreprise de déménagement professionnelle.
À retenir
S’agissant d’un acte de complaisance, Marc ne peut pas exiger de Luc la même diligence qu’un professionnel rémunéré. La responsabilité de Luc sera examinée sous l’angle exclusif de l’article 41 du Code des obligations. Étant donné que Luc rendait service gratuitement, le juge considérera qu’il ne doit répondre que d’une faute grave. Une simple maladresse ou une glissade dans les escaliers ne constitue généralement pas une faute grave. Par conséquent, Luc ne sera pas tenu de rembourser le dommage, et Marc devra assumer les frais ou faire appel à ses propres assurances.
Besoin d'aide sur ce sujet ?
Décrivez votre situation en 2 minutes et recevez une réponse personnalisée d'un expert juridique suisse.
Questions fréquentes
Sources
- CO art. 1 (Formation du contrat), CO art. 41 (Responsabilité civile), CO art. 43 et 44 (Réduction de la réparation), CO art. 394 (Mandat)