Fausse convocation de police par e-mail
Des cybercriminels envoient de faux courriels judiciaires sous le logo de fedpol ou d'Europol en vous accusant d'infractions graves sur internet. Ils exigent une réponse immédiate et le versement d'une fausse amende pour échapper à une arrestation.
Comment ça marche
L’escroquerie à la fausse convocation judiciaire repose sur l’intimidation et la manipulation psychologique. Des réseaux de fraudeurs envoient en masse des courriels usurpant l’identité visuelle de l’Office fédéral de la police (fedpol), de la police cantonale ou d’organisations internationales comme Europol et Interpol. Le message comporte un document en pièce jointe, souvent sous forme de mandat de comparution ou de convocation pénale fictive, signé frauduleusement par un magistrat ou un cadre de la police suisse.
Le destinataire est accusé de faits particulièrement infamants, tels que la consultation de sites pédopornographiques, l’exhibitionnisme numérique ou le trafic de contenus illicites. Les criminels imposent un ultimatum de 48 à 72 heures pour répondre par écrit à une adresse électronique souvent hébergée sur des messageries grand public. Ils menacent la victime d’une arrestation provisoire à son domicile et d’une diffusion de son nom dans les médias.
Dès que la personne apeurée répond pour contester les faits, l’escroc se fait passer pour un officier de justice et propose un arrangement amiable. Il fait miroiter le classement sans suite du dossier contre le paiement immédiat d’une amende administrative ou de prétendus frais de procédure, réclamés par virement sur un compte étranger, par cartes prépayées ou par cryptomonnaies. Sur le plan pénal suisse, ces agissements tombent sous le coup de l’escroquerie au sens de l’article 146 du Code pénal suisse, de l’extorsion et chantage au sens de l’article 156 du Code pénal, ainsi que de l’usurpation de fonctions selon l’article 287 du Code pénal.
Le déroulé de l’arnaque
- Vous recevez un courriel officiel accusateur avec en pièce jointe une convocation judiciaire portant les logos de fedpol, d'Europol ou d'un tribunal cantonal.
- Le document vous accuse d'infractions graves sur internet et exige des explications écrites dans un délai très strict de 48 ou 72 heures.
- Les escrocs menacent d'ordonner votre arrestation provisoire par la police locale et d'inscrire votre nom dans un registre public en cas de silence.
- Si vous répondez pour clamer votre innocence, un prétendu commissaire vous contacte et vous propose d'éviter le procès en payant une amende à l'amiable.
- Les fraudeurs exigent un virement bancaire urgent ou des coupons rechargeables, puis coupent tout contact dès la réception de vos fonds.
Exemples concrets
Fausse convocation pour pédopornographie au nom de fedpol
EmailCe courriel exploite la sidération face à une accusation déshonorante. Les autorités fédérales suisses n'utilisent jamais d'adresses génériques comme Gmail pour instruire des affaires pénales, et aucune notification d'infraction ne se fait par simple message électronique non sécurisé.
Menace de diffusion publique et chantage à l'amiable
EmailL'escroc fait monter la pression en simulant un risque d'atteinte irrémédiable à la réputation de Sarah S. La justice pénale suisse ne propose jamais de racheter l'extinction d'une action publique par un paiement d'argent dissimulé.
Faux mandat Europol demandant des coupons rechargeables
EmailL'exigence de coupons prépayés ou de cartes cadeaux est une signature indiscutable de fraude. Aucun service de police ni tribunal ne perçoit de garanties financières ou d'émoluments sous forme de coupons anonymes.
Signaux d’alerte
- L'adresse e-mail de l'expéditeur utilise un nom de domaine gratuit comme gmail.com, proton.me ou hotmail.com au lieu d'un domaine officiel admin.ch ou police.ch
- Le message exige une réponse obligatoire sous 24, 48 ou 72 heures sous menace d'un mandat d'arrêt immédiat
- La lettre juxtapose maladroitement des en-têtes multiples tels que fedpol, Europol, Interpol et la gendarmerie
- Les criminels vous accusent de délits graves sans préciser votre identité complète ni le détail des faits réels
- L'interlocuteur vous propose d'abandonner les poursuites pénales contre le paiement d'une amende ou d'une transaction financière
- Le paiement de la pénalité est réclamé par des coupons rechargeables, des cryptomonnaies ou un virement sur un compte bancaire étranger
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Comment se protéger
- Supprimer sans hésiter le message reçu sans répondre à l'expéditeur
- Ne jamais ouvrir les pièces jointes au format PDF ou Word envoyées avec ces courriels menaçants
- Se rappeler que la police suisse et le Ministère public ne notifient jamais de convocations ou d'actes d'accusation par e-mail
- Vérifier calmement la situation en contactant directement le poste de police de votre canton par ses coordonnées publiques officielles
- Ne procéder à aucun versement d'argent sous le coup de l'inquiétude ou de la précipitation
- Paramétrer un filtre anti-pourriel rigoureux sur votre boîte aux lettres électronique
Que faire si vous êtes victime
- Cesser tout échange immédiat avec les maîtres-chanteurs sans effectuer le moindre versement complémentaire
- Conserver toutes les preuves de la tentative d'escroquerie, dont les e-mails, les en-têtes techniques et les pièces jointes
- Contacter sans délai votre institut financier si un ordre de virement bancaire a été exécuté afin de tenter un rappel de fonds
- Déposer une plainte pénale auprès de la police cantonale de votre lieu de domicile pour escroquerie et tentative d'extorsion
- Signaler l'incident à l'Office fédéral de la cybersécurité via son formulaire de déclaration en ligne
- Faire contrôler votre ordinateur par un outil antivirus à jour au cas où la pièce jointe aurait exécuté un script malveillant
Questions fréquentes
Non. Les polices cantonales, fedpol et les autorités judiciaires suisses ne transmettent jamais de convocation pénale, de mandat d'arrêt ou d'acte d'accusation par courrier électronique. En droit de procédure pénale suisse, les notifications s'effectuent par pli recommandé de La Poste avec accusé de réception ou par remise directe en mains propres par des agents de la force publique.
Les personnes responsables de ces stratagèmes s'exposent à des poursuites pour escroquerie selon l'article 146 du Code pénal suisse, passible d'une peine privative de liberté pouvant aller jusqu'à cinq ans. Lorsqu'une contrainte morale est exercée pour extorquer des fonds, l'extorsion et chantage au sens de l'article 156 du Code pénal s'applique, en concours avec l'usurpation de fonctions visée à l'article 287 du Code pénal.
Ces accusations sont choisies pour provoquer un état de panique et de honte intense chez le destinataire. Les criminels savent que la peur du scandale public ou d'une atteinte irréversible à l'honneur pousse les victimes à s'isoler et à payer en secret, sans oser solliciter un avocat ou interroger la police cantonale.
La simple lecture de l'e-mail n'entraîne pas de conséquence financière immédiate. Toutefois, certaines pièces jointes peuvent renfermer des macros ou des liens piégés destinés à récupérer vos données de connexion. Il convient de ne pas cliquer sur les éléments internes du fichier, de supprimer le document et de procéder à un examen de sécurité avec votre logiciel antivirus.
Si le transfert a eu lieu par virement bancaire, un signalement immédiat à votre banque permet parfois de bloquer l'opération avant compensation finale. En revanche, pour les paiements exécutés par bons prépayés ou par devises cryptographiques, les fonds sont instantanément transférés vers des réseaux à l'étranger. Porter plainte à la police cantonale reste indispensable pour documenter les flux et contribuer aux enquêtes pénales.
Vous pouvez transmettre les détails et les captures d'écran de l'e-mail suspect à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) au moyen de son formulaire de déclaration officielle en ligne. Si vous avez subi une perte patrimoniale effective, vous devez vous présenter dans un poste de police cantonale pour déposer une plainte pénale formelle.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Hameçonnage, vishing, smishing
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
- Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) - Escroquerie
Dernière mise à jour : 19 juin 2026
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