Successions

Impôt de succession : barèmes cantonaux Suisse romande

Estimez les droits de succession ou de donation dus selon le canton du défunt et le degré de parenté avec l'héritier romand.

Barèmes cantonaux Lien de parenté Pas d'impôt fédéral
Durée ~ 3 minutes
Base légale Droit cantonal (LHID art. 5)
Niveau Estimation indicative
À jour Janvier 2026
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Impôt estimé
Détail

Planification successorale

Un notaire ou fiscaliste peut optimiser la transmission. Orientation sous 48 h.

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Réponse en 48 h Données protégées (nLPD / RGPD) Suisse romande Sans engagement
Estimation indicative - Les barèmes cantonaux sont complexes (progressifs par palier, abattements variables). Cette estimation utilise le taux moyen de la fourchette. Un notaire ou fiscaliste peut optimiser votre situation (donations échelonnées, clause de bénéficiaire, usufruit, assurance-vie).
01 - Comprendre

Comprendre l'impôt de succession en Suisse romande

Il n'existe aucun impôt fédéral sur les successions et donations : la matière est entièrement cantonale. Les barèmes varient drastiquement selon le canton du dernier domicile du défunt et selon le lien de parenté avec l'héritier - du gratuit (descendants) au confiscatoire (sans lien). Comprendre la mécanique cantonale et les abattements applicables permet d'anticiper la facture, de calibrer les donations entre vifs, et d'éviter qu'un héritage attendu se transforme en charge fiscale insoutenable.

Les conjoints et descendants directs (enfants, petits-enfants) sont exonérés d'impôt de succession dans presque tous les cantons romands : Vaud, Genève, Fribourg, Valais et Neuchâtel ne taxent pas les héritiers en ligne directe. Le Jura conserve une imposition symbolique. Les frères et sœurs paient des taux modérés (5 à 15 %), les neveux/nièces plus élevés (15 à 25 %), et les héritiers sans lien de parenté peuvent être taxés jusqu'à 40 à 55 % selon le canton. La progression est en général calculée sur la part nette de chaque héritier, et non sur la masse globale.

L'assiette imposable est la part nette de chaque héritier (actifs successoraux moins dettes du défunt et frais funéraires). Les abattements personnels existent dans la plupart des cantons : CHF 50'000 à 250'000 pour conjoint et descendants (quand l'imposition existe), CHF 5'000 à 50'000 pour les autres héritiers. Les donations sont taxées selon les mêmes barèmes : un cumul sur 5 à 10 ans est appliqué pour empêcher le morcellement. La déclaration successorale doit être déposée dans les six mois suivant le décès dans la plupart des cantons romands.

Descendants VD/GE/FR 0 % Exonération totale
Sans lien GE max 54 % Taux confiscatoire
Délai déclaration 6 mois Après le décès
Rappel donations 5-10 ans Selon canton

Taux indicatifs selon canton et lien de parenté

CantonLien de parentéTaux applicable
VaudDescendants directs0 %
VaudFrères et sœursEnviron 6-10 %
VaudNeveux/niècesEnviron 13-20 %
VaudSans lienJusqu'à 25 %
GenèveDescendants0 %
GenèveSans lienJusqu'à 54 %
02 - Cadre

Particularités cantonales et planification successorale

La compétence cantonale est fixée par le dernier domicile du défunt (art. 538 CC) : un Vaudois qui décède à Genève tombe sous la juridiction genevoise. Pour l'immobilier, c'est en revanche le canton de situation qui prélève l'impôt sur l'immeuble (art. 5 LHID). Les conventions intercantonales évitent la double imposition. Pour les successions internationales, la Suisse applique en principe le domicile à la mort, sauf élection de droit national valide (art. 87 LDIP). Cette articulation peut donner lieu à des conflits délicats lorsque le défunt avait des résidences ou des actifs dans plusieurs juridictions différentes.

La planification successorale permet d'optimiser : donations échelonnées entre vifs (avec abattement renouvelable selon canton), constitution d'usufruits, contrats de mariage (régime matrimonial) impactant la liquidation, fondations familiales (taxation favorable dans certains cantons). Attention au rappel des donations dans les 5 ou 10 ans précédant le décès : la plupart des cantons cumulent les libéralités pour calculer la progression. La désignation testamentaire d'un exécuteur testamentaire peut accélérer le règlement, éviter les frais de partage et sécuriser la transmission de biens complexes comme une entreprise familiale ou un portefeuille immobilier.

Les cantons peuvent prévoir des impôts sur les successions et les donations. La compétence pour prélever l'impôt appartient au canton du dernier domicile du défunt, sous réserve des immeubles imposés au lieu de leur situation.

Art. 5 LHID / Art. 538 CC - Droit fédéral suisse
03 - Pratique

Anticiper concrètement la transmission

Trois actions à mener avant 65 ans permettent de réduire drastiquement la facture successorale pour les héritiers non directs.

Action 1 - donations échelonnées : la plupart des cantons prévoient un abattement personnel renouvelable tous les 5 ou 10 ans. Pour un concubin à Vaud, des donations annuelles de CHF 30'000 sur 10 ans transfèrent CHF 300'000 avec un coût fiscal réduit, là où une transmission unique au décès subirait jusqu'à 25 %. Documentez chaque donation par acte écrit daté et conservez les justificatifs bancaires. Attention : le rappel fiscal cumule toutes les donations sur la fenêtre cantonale (5 ans GE, 10 ans VD) pour fixer la progression - l'échelonnement réduit, ne supprime pas, l'imposition.

Action 2 - contrat de mariage et testament croisé : un régime de communauté de biens augmente la part transmise sans impôt au conjoint survivant. Un testament en faveur du conjoint, au-delà de la part légale, sécurise la transmission. Action 3 - assurance-vie avec clause bénéficiaire : versée hors masse mais imposée au lien de parenté ; pour un concubin, l'économie peut être nulle (taux identique). Pour un conjoint, l'avantage est patrimonial (liquidité immédiate). Consultez un notaire ou un fiscaliste : un audit successoral coûte CHF 1'500 à 4'000 et peut faire économiser plusieurs centaines de milliers de francs aux héritiers.

04 - FAQ

Questions fréquentes

Dans la majorité des cantons romands, non. Vaud, Genève, Fribourg, Valais et Neuchâtel exonèrent intégralement les descendants directs (enfants, petits-enfants). Le Jura applique une taxation marginale symbolique. Pour les conjoints, l'exonération est généralisée. Cette politique reflète le principe que la transmission familiale directe ne doit pas être taxée.

Le dernier domicile du défunt détermine la compétence générale (art. 538 CC). Pour les biens immobiliers, c'est le canton de situation qui prélève l'impôt sur cet immeuble (art. 5 LHID). Si le défunt a déménagé peu avant son décès, l'administration peut requalifier le domicile fiscal selon le centre des intérêts vitaux. La notion est plus exigeante que la simple inscription au contrôle des habitants.

Oui. La plupart des cantons appliquent un rappel fiscal des donations faites dans les 5 ou 10 ans précédant le décès. Les donations sont cumulées au reste de la succession pour calculer la progression du taux d'imposition. Civilement, la quotité disponible et la réserve héréditaire restent calculées sur la base du droit fédéral (art. 470-480 CC), indépendamment du régime fiscal cantonal.

Le concubin n'est pas un parent au sens du droit civil : il est traité comme un héritier sans lien de parenté, avec les taux les plus élevés (jusqu'à 25-54 % selon canton). Certains cantons (Genève, Vaud) accordent des taux réduits ou des abattements après un concubinage prouvé de plusieurs années. Un testament précis et une déclaration commune sont indispensables, à défaut la loi successorale civile n'attribue rien au concubin.

Cela dépend du type de contrat et de la clause bénéficiaire. Une assurance-vie avec clause bénéficiaire désignée nominativement (hors masse) verse directement au bénéficiaire, mais reste soumise à l'impôt de succession dans la plupart des cantons romands selon le lien de parenté. Une assurance épargne sans bénéficiaire désigné tombe dans la masse successorale et suit le partage civil.

Demandez un plan de paiement échelonné auprès de l'administration fiscale (en général jusqu'à 12-24 mois). Une dation en paiement (cession d'un autre actif) est parfois possible. Une vente partielle de la succession ou un crédit hypothécaire de relais peut financer l'impôt. Le notaire chargé du règlement peut négocier les délais. À défaut, des intérêts moratoires courent dès l'échéance.

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