Extorsion et chantage en suisse : loi et peines (cp 156)
L'extorsion consiste à contraindre une personne, par la violence ou la menace, à un acte dommageable pour son patrimoine afin de s'enrichir.
Définition et explication
L’extorsion, couramment appelée chantage ou racket, est une infraction pénale réprimée par l’article 156 du Code pénal suisse (CP). Cette infraction se produit lorsqu’une personne utilise la violence ou la menace d’un dommage sérieux pour vous contraindre à un acte préjudiciable à vos intérêts financiers ou à ceux d’un tiers.
- L’objectif de l’auteur : S’enrichir de manière illégitime ou enrichir un tiers.
- Le moyen de pression : L’auteur restreint votre liberté d’action par la peur.
- Le résultat : Une perte patrimoniale (remise d’argent, signature d’un contrat désavantageux).
Contrairement au vol où l’auteur s’empare de l’objet, l’extorsion implique que vous cédiez vous-même le bien sous l’effet de la contrainte. Si vous êtes victime de chantage, la justice pénale vous protège. Les peines prévues peuvent aller jusqu’à cinq ans de peine privative de liberté, voire dix ans si l’auteur agit en bande ou fait de l’extorsion son métier de base.
Quand l'infraction d'extorsion est-elle constituée ?
- Utilisation de la contrainte : L’auteur fait usage de la force physique ou de menaces graves (par exemple, révéler un secret intime).
- Atteinte au patrimoine : La victime subit une perte financière directe à cause de cette pression psychologique ou physique.
- Dessein d’enrichissement illégitime : L’auteur agit dans le but d’obtenir un avantage économique auquel il n’a aucun droit.
- Lien de causalité direct : C’est bel et bien la menace qui force la victime à s’appauvrir.
Exemple concret de sextorsion en Suisse
Un internaute fait la connaissance d’une personne sur un réseau social. Après quelques échanges, la personne lui envoie un message menaçant : elle détient des photos privées et affirme qu’elle les enverra à son employeur et à sa famille s’il ne verse pas immédiatement la somme de 5000 francs suisses sur un compte bancaire.
À retenir
Dans ce scénario, tous les éléments de l’extorsion (Art. 156 CP) sont réunis. L’auteur exerce une menace de dommage sérieux (la destruction de la réputation de la cible) pour contraindre la victime à s’appauvrir financièrement dans un but d’enrichissement illégitime. La victime ne doit en aucun cas payer. Elle doit rassembler toutes les preuves (captures d’écran, messages) et déposer une plainte pénale auprès de la police. Le Ministère public ouvrira alors une instruction pour identifier et sanctionner le maître chanteur.
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Questions fréquentes
Sources
- CP art. 156, CP art. 181