Gestation pour autrui (gpa) en suisse
La gestation pour autrui (GPA), qui consiste à recourir à une mère porteuse, est une pratique strictement interdite par la loi en Suisse.
Définition et explication
En Suisse, la gestation pour autrui (GPA) désigne le fait pour une femme de porter un enfant pour le compte d’un tiers ou d’un couple, avec l’intention de le leur remettre à la naissance. Cette pratique est formellement interdite par l’article 119 alinéa 2 de la Constitution fédérale et par l’article 4 de la Loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA).
- Interdiction absolue sur le territoire : Vous ne pouvez pas faire appel à une mère porteuse en Suisse. Les médecins et les cliniques n’ont pas le droit de pratiquer des interventions liées à la GPA.
- Filiation de la mère : En droit suisse, l’article 252 du Code civil (CC) pose un principe clair : la mère de l’enfant est toujours la femme qui lui a donné naissance. Les contrats de maternité de substitution sont considérés comme nuls et contraires aux mœurs.
- Sanctions pour les intermédiaires : Si vous tentez d’organiser une GPA depuis la Suisse en tant qu’intermédiaire, vous vous exposez à des sanctions pénales. Toutefois, les parents d’intention qui partent à l’étranger ne sont en principe pas poursuivis pénalement.
Face à cette interdiction, de nombreux couples résidant en Suisse se rendent à l’étranger. Cependant, le retour en Suisse pose de lourds défis juridiques. Les autorités suisses refuseront d’inscrire la mère d’intention sur le registre de l’état civil, même si un acte de naissance étranger la désigne comme telle. Une procédure d’adoption de l’enfant du conjoint reste la seule voie légale pour établir ce lien de filiation.
Quand cela s'applique-t-il ?
- Lorsque vous souffrez d’infertilité médicale et envisagez des alternatives pour fonder une famille.
- Si vous prévoyez de signer un contrat avec une mère porteuse dans un pays étranger autorisant la GPA.
- Au moment de demander la transcription d’un acte de naissance étranger (issu d’une GPA) auprès des autorités de l’état civil suisse.
- Lorsque la mère d’intention dépose une demande d’adoption pour obtenir des droits parentaux sur l’enfant.
Exemple de retour en Suisse après une GPA à l'étranger
Un couple marié résidant à Genève se rend aux États-Unis pour recourir à une mère porteuse. Le père fournit son matériel génétique. À la naissance de l’enfant, un juge américain délivre un certificat de naissance désignant les deux membres du couple genevois comme les parents légaux exclusifs de l’enfant, sans faire mention de la mère porteuse.
À retenir
De retour en Suisse, le couple demande l’inscription de cet acte à l’état civil genevois. L’autorité refusera de transcrire le nom de la mère d’intention. Conformément à l’article 252 CC, la mère légale reste la femme américaine qui a accouché. Le père génétique suisse pourra voir sa filiation reconnue, ce qui donnera la nationalité suisse à l’enfant. Pour que l’épouse du père devienne légalement la mère de l’enfant en Suisse, elle devra entamer une procédure d’adoption de l’enfant du conjoint (Art. 264c CC), possible uniquement après avoir fait ménage commun avec l’enfant pendant au moins un an.
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Questions fréquentes
Sources
- Constitution fédérale (Cst.) art. 119 ; Code civil (CC) art. 252, 264c ; Loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA) art. 4.