Injure en suisse : loi et sanctions (art. 177 cp)
L'injure est une infraction pénale consistant à attaquer l'honneur d'une personne par des paroles, des écrits, des gestes ou des voies de fait.
Définition et explication
L’injure, prévue par l’article 177 du Code pénal suisse (CP), réprime le fait d’attaquer l’honneur d’une personne autrement que par des allégations de faits précis. Cette infraction vise à protéger le sentiment personnel d’honorabilité et la dignité de l’individu.
Contrairement à la diffamation ou la calomnie, l’injure ne porte pas sur un fait vérifiable, mais constitue un jugement de valeur blessant (une insulte directe) ou un comportement méprisant. Elle englobe les paroles dégradantes, les écrits offensants, les gestes obscènes (comme un doigt d’honneur) ou les voies de fait sans lésion corporelle (comme cracher sur quelqu’un).
Pour que l’infraction soit punissable, l’auteur doit agir de manière intentionnelle, avec la conscience de rabaisser sa victime. La sanction maximale prévue par la loi est une peine pécuniaire pouvant atteindre 90 jours-amende. L’injure est une infraction poursuivie uniquement sur plainte, ce qui implique que la victime doit s’adresser aux autorités de poursuite pénale dans un délai strict.
Quand parle-t-on d'injure au sens pénal en Suisse ?
- Insulte verbale ou écrite : Utilisation de termes méprisants et dégradants par oral, e-mail, SMS ou sur les réseaux sociaux.
- Geste outrageant : Un comportement physique expriment le mépris, comme un doigt d’honneur dans la circulation routière.
- Voies de fait injurieuses : Une action physique humiliante qui ne cause pas de douleur prolongée, comme jeter un verre d’eau au visage ou gifler légèrement quelqu’un pour le rabaisser.
- Absence de fait vérifiable : L’injure repose sur un jugement de valeur global (« tu es un idiot ») et non sur une accusation concrète et vérifiable (« tu as volé la caisse hier »).
Conflit sur le lieu de travail et insulte directe
Marc travaille dans un bureau partagé. Lors d’une réunion tendue, il perd patience et lance à sa collègue Sophie : « Tu es vraiment une incapable, une idiote finie ! » Il prononce ces paroles avec colère devant plusieurs autres employés. Choquée par cette humiliation publique, Sophie décide de faire valoir ses droits.
À retenir
Sophie dispose de trois mois pour déposer une plainte pénale à la police ou au Ministère public. Comme Marc a utilisé des termes rabaissants ne constituant pas un fait précis et démontrable, l’infraction retenue est l’injure (Art. 177 CP). S’il est condamné par ordonnance pénale ou par un Tribunal de première instance, Marc recevra une peine pécuniaire avec sursis. Il devra également s’acquitter des frais de procédure et, le cas échéant, verser une indemnité pour tort moral à Sophie.
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Questions fréquentes
Sources
- Code pénal suisse (CP) art. 177, 173, 31 ; Code des obligations (CO) art. 328