Médecin-conseil de l’employeur en suisse : droits et règles
Médecin mandaté par l'employeur pour vérifier l'incapacité de travail d'un employé et confirmer ou infirmer un certificat médical initial.
Définition et explication
En droit du travail suisse, la présentation d’un certificat médical par le travailleur n’est pas une preuve absolue d’incapacité. Si l’employeur nourrit des doutes fondés sur la réalité de la maladie ou de l’accident, il a le droit d’exiger une contre-expertise. Il mandate alors un médecin-conseil (souvent appelé médecin de confiance).
Cette prérogative découle du pouvoir de direction de l’employeur (Art. 321d du Code des obligations) ainsi que du devoir de fidélité du travailleur (Art. 321a CO). Vous êtes tenu de vous présenter à cette convocation. Un refus injustifié peut entraîner la suspension du paiement de votre salaire, voire des sanctions disciplinaires.
Toutefois, vos droits fondamentaux sont protégés. Le médecin-conseil reste strictement soumis au secret médical (Art. 321 du Code pénal). Il n’a pas le droit de communiquer votre diagnostic ou la nature de votre traitement à votre employeur. Son rapport se limite à confirmer, modifier ou annuler le taux et la durée de l’incapacité de travail.
Dans quels cas l'employeur peut-il exiger cette visite ?
- Absences répétées, particulièrement si elles surviennent toujours les mêmes jours (comme les lundis ou les vendredis).
- Présentation d’un certificat médical rétroactif ou rédigé de manière évasive.
- Annonce d’une maladie survenant immédiatement après la signification d’un licenciement (pour bloquer le délai de congé).
- Incapacité de travail de très longue durée nécessitant une évaluation de l’aptitude future au poste.
- Comportements observés contradictoires avec l’incapacité annoncée (par exemple, une activité physique intense pendant un arrêt maladie).
L'employé malade durant son délai de congé
Vous recevez votre lettre de licenciement un mardi. Le lendemain matin, vous envoyez un certificat médical attestant d’une incapacité de travail à 100% pour cause d’épuisement, ce qui suspend légalement votre délai de congé. L’entreprise, doutant de la véracité de cette soudaine inaptitude, vous somme de prendre rendez-vous avec un médecin indépendant qu’elle a sélectionné pour vérifier votre état.
À retenir
Vous vous rendez à la consultation. Le médecin-conseil procède à un examen et conclut que vous êtes parfaitement apte à travailler, contredisant ainsi votre médecin traitant. Face à ces deux avis médicaux contradictoires, l’employeur décide de cesser le paiement de votre salaire et de faire courir le délai de congé. Si vous contestez cette décision devant le Tribunal des prud’hommes, le juge appréciera librement les deux rapports médicaux. Si les doutes persistent, le Tribunal pourra ordonner une troisième expertise judiciaire pour trancher le litige.
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Questions fréquentes
Sources
- Code des obligations (CO) art. 321a, CO art. 321d, Code pénal (CP) art. 321.