Partenariat enregistré en suisse (lpart) : droits et règles
Le partenariat enregistré est un statut juridique suisse pour les couples de même sexe dont la conclusion n'est plus possible depuis 2022, mais dont les effets perdurent pour les unions existantes.
Définition et explication
Introduit en 2007 par la Loi sur le partenariat (LPart), le partenariat enregistré offrait aux couples homosexuels une reconnaissance légale. Depuis le 1er juillet 2022, avec l’entrée en vigueur du mariage pour tous, il n’est plus possible de conclure de nouveaux partenariats enregistrés en Suisse. Toutefois, les unions existantes restent totalement valides et continuent de produire leurs effets juridiques.
Sur le plan fiscal, des assurances sociales et du droit des successions (Art. 462 CC), les partenaires enregistrés sont assimilés à des conjoints mariés. La différence majeure réside dans le régime des biens : à défaut de convention spécifique, les partenaires sont soumis au régime de la séparation de biens (Art. 18 LPart), et non à la participation aux acquêts comme pour le mariage.
Si vous êtes lié par un partenariat enregistré, vous avez le droit de le convertir en mariage par une simple déclaration conjointe auprès de l’officier de l’état civil. En cas de séparation, la dissolution nécessite une procédure devant le Tribunal de première instance, avec des règles d’entretien comparables à celles du divorce.
Quand les règles du partenariat enregistré s'appliquent-elles ?
- Fiscalité commune : Vous remplissez une seule déclaration d’impôt commune, comme les couples mariés.
- Succession légale : En cas de décès, vous êtes automatiquement l’héritier légal de votre partenaire.
- Prévoyance (2e pilier et AVS) : Vous bénéficiez des mêmes rentes de survivant qu’un veuf ou une veuve.
- Représentation médicale : Vous avez le droit de représenter votre partenaire incapable de discernement pour les décisions médicales.
- Dettes et solidarité : Vous êtes solidairement responsable des dettes contractées pour les besoins courants du couple (Art. 13 LPart).
Exemple de conversion en mariage et d'héritage en Suisse
Marc et Thomas ont conclu un partenariat enregistré à Genève en 2015. Ils n’ont signé aucun contrat spécifique, ce qui les soumet à la séparation de biens par défaut. En 2023, ils souhaitent adopter conjointement un enfant et harmoniser leur protection juridique avec celle des couples mariés. Plus tard, l’un d’eux décède des suites d’une longue maladie sans avoir rédigé de testament.
À retenir
Pour réaliser leur projet d’adoption conjointe, Marc et Thomas doivent d’abord se rendre à l’office de l’état civil pour convertir leur partenariat enregistré en mariage, une procédure purement administrative. S’ils ne l’avaient pas fait et que Thomas décédait, Marc aurait tout de même été protégé : selon l’article 462 CC, en tant que partenaire enregistré survivant, il aurait reçu la même part successorale légale qu’un époux marié, tout en étant exonéré de l’impôt sur les successions dans la majorité des cantons romands.
Besoin d'aide sur ce sujet ?
Décrivez votre situation en 2 minutes et recevez une réponse personnalisée d'un expert juridique suisse.
Questions fréquentes
Sources
- Loi sur le partenariat (LPart art. 13, 18, 29, 32), Code civil (CC art. 462)