Raison individuelle
Forme juridique sans personnalité morale constituée par une seule personne physique, engageant sa responsabilité personnelle illimitée.
Définition et explication
La raison individuelle est la structure juridique la plus répandue en Suisse pour les entrepreneurs qui débutent seuls. Elle ne nécessite aucun capital minimum de départ, contrairement à la SA ou la SARL. Juridiquement, l’entreprise et l’entrepreneur ne font qu’un : il n’y a pas de distinction de personnalité morale.
Cette simplicité a une contrepartie majeure : la responsabilité illimitée. L’entrepreneur répond des dettes de son activité sur l’ensemble de sa fortune, tant commerciale que privée (art. 945 et suivants CO). Le nom de l’entreprise doit obligatoirement contenir le nom de famille du fondateur.
L’inscription au Registre du commerce devient obligatoire dès lors que le chiffre d’affaires annuel brut atteint CHF 100’000. En dessous de ce seuil, l’inscription reste facultative mais souvent utile pour les relations bancaires.
Quand choisir ce statut ?
- Lorsque vous lancez une activité seul (freelance, artisan, consultant).
- Si vous ne disposez pas du capital initial pour une SARL (20’000 CHF) ou une SA (100’000 CHF).
- Quand le risque financier de l’activité est faible ou modéré.
- Pour éviter les frais administratifs lourds (pas d’organe de révision, pas d’acte notarié de fondation).
Exemple de responsabilité personnelle
Sophie lance son activité de graphiste à Lausanne sous la forme d’une raison individuelle nommée « Sophie Durand Design ». Elle contracte un emprunt commercial de CHF 30’000 pour du matériel informatique. Malheureusement, son activité baisse et elle ne peut plus honorer les échéances de son crédit professionnel.
À retenir
La banque engage des poursuites contre Sophie. Comme la raison individuelle ne protège pas le patrimoine privé, l’Office des poursuites peut saisir non seulement les ordinateurs de l’entreprise, mais également les avoirs personnels de Sophie (comptes épargne privés, véhicule personnel) pour rembourser la dette. C’est la conséquence directe de l’absence de séparation des patrimoines.
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Questions fréquentes
Sources
- Code des Obligations (CO) art. 945 ss ; Ordonnance sur le registre du commerce (ORC) art. 36.