Exequatur en suisse : reconnaissance des jugements étrangers
Procédure judiciaire permettant d'accorder la force exécutoire en Suisse à une décision rendue par un tribunal étranger.
Définition et explication
L’exequatur est une décision par laquelle un juge suisse reconnaît officiellement un jugement rendu par une juridiction étrangère et l’autorise à être exécuté sur le territoire national. Sans cette validation formelle, une condamnation ou une décision de droit de la famille prononcée hors des frontières n’a aucune valeur contraignante en Suisse.
Cette procédure est principalement régie par deux bases légales. Pour les pays membres de l’Union européenne et de l’AELE, c’est la Convention de Lugano qui s’applique, offrant un processus de reconnaissance simplifié. Pour les autres États, la démarche est soumise à la Loi fédérale sur le droit international privé (LDIP).
Le rôle du juge suisse ne consiste pas à rejuger l’affaire sur le fond. Il s’assure uniquement que les conditions formelles sont remplies : le tribunal étranger était compétent, les droits de la défense ont été respectés et la décision ne viole pas l’ordre public suisse.
Quand la procédure d'exequatur s'applique-t-elle ?
- Recouvrement de créance : Vous souhaitez faire exécuter une condamnation financière étrangère contre un débiteur installé en Suisse.
- Droit de la famille : Vous devez faire valider un jugement de divorce prononcé à l’étranger pour mettre à jour les registres de l’état civil suisse.
- Pensions alimentaires : Vous exigez le paiement d’une contribution d’entretien fixée par un juge étranger.
- Garde d’enfants : Vous demandez l’application d’une décision internationale concernant l’autorité parentale ou le droit de visite en Suisse.
Recouvrement d'une dette transfrontalière
Vous dirigez une société basée à Lyon. Un tribunal français vient de condamner l’un de vos clients, qui a récemment déménagé dans le canton de Vaud, à vous verser la somme de 30 000 francs pour des marchandises impayées. Le client refuse de régler sa dette, persuadé que le jugement français ne l’atteindra pas dans son nouveau pays de résidence.
À retenir
Pour faire valoir vos droits, vous déposez une requête en exequatur auprès du Tribunal de première instance du canton de Vaud, en vous basant sur la Convention de Lugano. Le juge suisse vérifie les éléments formels et déclare le jugement français exécutoire. Muni de cette décision suisse, vous pouvez formellement requérir l’intervention de l’Office des poursuites vaudois pour saisir les biens ou le salaire de votre débiteur.
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Questions fréquentes
Sources
- Loi fédérale sur le droit international privé (LDIP, art. 25 et suivants), Convention de Lugano (RS 0.275.12)