Arnaque à la récupération de fonds (Recovery Scam)
Les escrocs recontactent les victimes d'une fraude précédente en se faisant passer pour une autorité ou un cabinet d'avocats. Ils promettent de récupérer l'argent perdu en échange du paiement de taxes ou de frais d'avances.
Comment ça marche
L’arnaque à la récupération de fonds, souvent appelée Recovery Scam, cible spécifiquement les personnes ayant déjà perdu de l’argent suite à une première escroquerie (faux investissement, arnaque aux sentiments, etc.). Les mêmes réseaux criminels utilisent les listes de victimes existantes pour tenter une seconde extorsion, misant sur votre désespoir et votre envie de retrouver vos fonds.
Les fraudeurs se font passer pour une autorité officielle suisse ou internationale (FINMA, OFCS, Interpol, police fédérale) ou pour un cabinet d’avocats spécialisé. Ils vous annoncent la bonne nouvelle : votre argent volé a été retrouvé et bloqué sur un compte sécurisé. Toutefois, pour vous restituer cet argent, ils exigent le paiement immédiat d’une taxe, de frais administratifs ou de frais de justice. L’argent retrouvé n’existe pas et les frais que vous avancez sont définitivement perdus.
Le déroulé de l’arnaque
- La victime, ayant déjà perdu de l'argent dans une arnaque, est contactée de manière inattendue par courriel ou par téléphone.
- L'escroc se présente comme un représentant d'une autorité officielle ou un avocat et affirme que les fonds volés ont été localisés et saisis.
- Pour débloquer les fonds et procéder au remboursement, la fausse agence exige le paiement de frais administratifs, de taxes locales ou d'honoraires.
- La victime, rassurée par des documents qui semblent officiels (faux logos, faux tampons), effectue le virement demandé.
- De nouveaux frais sont sans cesse inventés jusqu'à ce que la victime réalise la supercherie, moment où les escrocs disparaissent avec le nouvel argent volé.
Exemples concrets
Le faux courriel de la FINMA
EmailLa FINMA ou la police suisse ne demandent absolument jamais d'argent à l'avance pour restituer des fonds saisis. De plus, les autorités ne contactent presque jamais les victimes de manière proactive par courriel pour leur annoncer une telle saisie sans une procédure pénale formelle au préalable.
Le faux cabinet d'avocats londonien
AppelLes escrocs utilisent de vrais noms d'avocats ou créent des sites internet très convaincants pour des cabinets fictifs. Le but est de créer un faux sentiment de sécurité et de justice pour vous soutirer des frais de dossier de manière prétendument légale.
Le faux hacker éthique sur les forums
Message privéIl s'agit d'une technique très courante où les escrocs se font passer pour d'anciennes victimes satisfaites. C'est un mensonge technique : il est impossible pour un hacker d'annuler une transaction sur la blockchain ou de récupérer des fonds volés sans posséder les clés privées du voleur.
Signaux d’alerte
- On vous contacte de manière inattendue pour vous annoncer que vos fonds volés ont été retrouvés.
- L'interlocuteur prétend travailler pour la FINMA, la police fédérale, Interpol ou un cabinet d'avocats réputé.
- Vous devez payer des frais à l'avance (taxes, impôts, frais de dossier) pour recevoir votre propre argent.
- Les documents envoyés comportent des logos officiels mais proviennent d'adresses de messagerie génériques ou étrangères.
- L'interlocuteur vous met une forte pression pour payer rapidement avant que les fonds ne soient confisqués.
Vous avez été victime de cette arnaque ?
Nos juristes vous aident à porter plainte et à faire valoir vos droits. Réponse sous 24h, en toute confidentialité.
Comment se protéger
- Ne payez jamais d'avance pour récupérer des fonds, aucune autorité officielle n'exige de telles taxes de restitution.
- Méfiez-vous des cabinets d'avocats ou des hackers éthiques qui vous démarchent spontanément en ligne.
- Vérifiez toujours l'adresse de l'expéditeur, car les autorités suisses utilisent exclusivement le domaine admin.ch ou police.ch.
- Ignorez les témoignages sur les forums ou les réseaux sociaux qui recommandent des services miracles de récupération de cryptomonnaies.
- Coupez immédiatement tout contact avec une personne exigeant des frais de dossier et signalez le cas aux autorités compétentes.
Que faire si vous êtes victime
- Cessez immédiatement tout paiement et bloquez tous les contacts avec les prétendus avocats ou agents de récupération.
- Conservez soigneusement toutes les preuves, comme les courriels, les captures d'écran, les faux contrats et les reçus de paiement.
- Signalez l'incident à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) via leur formulaire de signalement en ligne.
- Déposez une plainte pénale auprès de votre poste de police cantonal pour escroquerie (art. 146 du Code pénal).
- Avertissez sans délai votre banque si vous avez effectué un virement récent, afin de tenter une procédure de rappel de fonds.
Questions fréquentes
Dans de rares cas de démantèlement de réseau criminel, la justice peut saisir des biens. Cependant, la police ou la FINMA ne vous demanderont absolument jamais de payer une taxe ou des frais de dossier pour vous restituer votre argent. Toute demande de paiement anticipé est une arnaque.
Les cybercriminels tiennent des registres de leurs victimes (souvent appelées listes de pigeons). Si vous avez été escroqué, vos coordonnées sont revendues sur le marché noir ou directement réutilisées par le même réseau criminel pour cette seconde attaque ciblée.
Un cabinet d'avocats légitime ne vous contactera jamais spontanément si vous ne l'avez pas sollicité en premier lieu. Vérifiez toujours son inscription au registre des avocats de son pays et fuyez s'il vous garantit une récupération totale et certaine de vos fonds.
Non, c'est un mythe dangereux entretenu par les escrocs eux-mêmes. Personne ne peut pirater un portefeuille de cryptomonnaies tiers pour reprendre vos fonds ou annuler un virement bancaire finalisé par la force. Fuyez systématiquement ces propositions sur les réseaux sociaux.
Ce sont des faux documents générés par ordinateur. Ne leur accordez aucun crédit, même s'ils comportent des sceaux de la Confédération suisse ou la signature d'un ministre. Conservez-les uniquement pour les remettre à la vraie police lors du dépôt de votre plainte.
Malheureusement, il est extrêmement difficile de récupérer les fonds virés lors de cette seconde arnaque, surtout s'ils ont été envoyés vers des comptes à l'étranger ou convertis en cryptomonnaies. Contactez tout de même votre banque immédiatement pour évaluer les options de blocage et de rappel de fonds.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
- FINMA - Se protéger des prestataires illégaux
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Incidents actuels
Dernière mise à jour : 21 juin 2026
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