Arnaque au clonage d’entreprise financière : la fraude au faux gestionnaire de fortune en Suisse
L'arnaque au clonage d'entreprise financière consiste à usurper l'identité d'une société de gestion de fortune légalement enregistrée en Suisse. Les escrocs créent de faux sites web pour voler l'argent des investisseurs trompés par cette apparence de légitimité.
Comment ça marche
Les fraudeurs repèrent le nom, l’adresse et le numéro d’enregistrement d’une véritable entreprise financière suisse réglementée par la FINMA.
Ils créent ensuite un site web presque identique (site clone), en enregistrant un nom de domaine très similaire. En contactant des victimes potentielles via des publicités en ligne ou des appels à froid, ils se font passer pour des conseillers officiels. Rassurée par les informations véridiques qu’elle trouve sur les registres publics concernant le nom de la société, la victime signe un faux contrat et transfère ses fonds sur un compte bancaire contrôlé par les escrocs, pensant investir de manière sécurisée.
Le déroulé de l’arnaque
- Vous êtes contacté par téléphone ou par e-mail suite à une publicité en ligne vantant des placements attractifs.
- Le conseiller se présente au nom d'une véritable société financière suisse enregistrée auprès de la FINMA pour vous rassurer.
- Il vous dirige vers un site web professionnel qui est en réalité un clone frauduleux avec un nom de domaine légèrement modifié.
- Vous signez un faux contrat d'investissement et effectuez un virement bancaire sur un compte contrôlé par les escrocs.
- Lorsque vous demandez un retrait de vos bénéfices, le conseiller disparaît et le site web est désactivé.
Exemples concrets
Fausse proposition d'investissement initiale
EmailL'escroc usurpe l'identité d'un employé réel et fournit un lien vers un site web cloné. L'adresse officielle de l'entreprise ne comporte pas le suffixe ajouté par les fraudeurs.
L'envoi du faux contrat et de l'IBAN
EmailLe contrat est falsifié. De plus, une véritable société suisse n'utiliserait pas un compte étranger (ici en Grande-Bretagne) ni un compte au nom d'une société tierce obscure pour collecter vos fonds.
La pression pour réinvestir
Message privéLes escrocs créent un sentiment d'urgence et utilisent des faux bénéfices virtuels pour inciter la victime à injecter toujours plus d'argent avant de rompre tout contact.
Signaux d’alerte
- Le site web de la société a été créé très récemment alors qu'elle prétend exister depuis des années.
- L'adresse e-mail de contact utilise un domaine légèrement différent de l'officiel (ex: .com au lieu de .ch).
- Les documents contractuels contiennent des fautes d'orthographe ou des logos de mauvaise qualité.
- L'IBAN de destination pour vos fonds ne correspond pas au nom exact de l'entreprise ou se trouve à l'étranger.
- Le conseiller promet des rendements élevés et garantis, sans aucun risque de perte.
Vous avez été victime de cette arnaque ?
Nos juristes vous aident à porter plainte et à faire valoir vos droits. Réponse sous 24h, en toute confidentialité.
Comment se protéger
- Vérifiez systématiquement le registre officiel des prestataires autorisés sur le site de la FINMA.
- Tapez le nom de l'entreprise sur Google pour identifier le véritable site web et le comparer avec celui qu'on vous propose.
- Appelez le numéro de téléphone officiel de l'entreprise trouvé dans l'annuaire local (local.ch) pour confirmer l'offre.
- Méfiez-vous des rendements garantis ou inhabituellement élevés proposés lors d'un premier contact non sollicité.
- Ne transmettez jamais de copie de votre pièce d'identité sans avoir certifié l'authenticité de votre interlocuteur.
Que faire si vous êtes victime
- Cessez immédiatement tout versement et coupez le contact avec le faux conseiller.
- Avertissez votre banque pour tenter de bloquer ou de récupérer les fonds transférés (demande de rappel de fonds).
- Signalez le faux site à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) et à la FINMA.
- Déposez une plainte auprès de la police cantonale avec toutes vos preuves et captures d'écran.
Questions fréquentes
Ne vous fiez jamais au numéro de téléphone fourni dans l'e-mail ou sur le site web douteux. Cherchez l'entreprise sur l'annuaire officiel suisse (local.ch) ou sur le registre du commerce (zefix.ch), et appelez le standard de la société pour demander à parler à cette personne spécifique.
Non, la FINMA n'a pas la compétence de restituer des fonds aux investisseurs lésés et n'intervient pas dans les litiges privés. Son rôle est de surveiller les marchés, d'imposer le respect des lois financières et de publier des avertissements contre ces acteurs illégaux.
Les fraudeurs utilisent souvent les documents d'identité pour ouvrir des comptes bancaires à votre nom de manière frauduleuse ou pour commettre d'autres délits. Signalez immédiatement la compromission de votre document à la police cantonale lors de votre dépôt de plainte.
L'entreprise légitime est elle-même victime d'usurpation d'identité. Bien qu'elle puisse déposer plainte et tenter de faire fermer le faux site web, les escrocs opèrent généralement depuis l'étranger et rouvrent très rapidement de nouveaux sites clones sous un autre nom de domaine.
Non, ces contrats sont purement factices et n'engagent en rien la véritable société dont le nom a été usurpé de manière criminelle.
Absolument pas. Les victimes d'escroqueries à l'investissement sont souvent recontactées par de prétendus avocats, détectives ou agences promettant de récupérer l'argent perdu contre le paiement de frais à l'avance. Il s'agit systématiquement d'une seconde arnaque visant à vous soutirer encore plus d'argent.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
- FINMA - Se protéger des prestataires illégaux
- FINMA - Alertes et liste d'alerte
Dernière mise à jour : 11 septembre 2026
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