Arnaque au trop-perçu : la fraude au faux chèque sur les petites annonces
Les escrocs se font passer pour des acheteurs et envoient un chèque d'un montant supérieur au prix convenu. Ils demandent ensuite le remboursement de la différence avant que la banque ne rejette le faux chèque.
Comment ça marche
L’escroquerie au trop-perçu vise spécifiquement les particuliers qui vendent des biens sur Internet. Les criminels ciblent en général des annonces proposant des objets onéreux comme des véhicules d’occasion, du matériel professionnel ou des meubles de valeur. Le faux acheteur, prétendant souvent résider à l’étranger, se montre très intéressé et accepte le prix sans aucune discussion.
Pour payer son achat, il envoie un chèque bancaire dont le montant dépasse volontairement le prix fixé. Pour justifier cette différence, il prétexte une erreur comptable ou des frais de transport qu’il vous demande d’avancer pour lui.
L’escroc vous demande alors d’encaisser le chèque et de lui reverser la différence par virement bancaire ou via un service de transfert d’argent. Votre banque crédite d’abord votre compte, mais quelques semaines plus tard, elle s’aperçoit que le chèque est volé ou falsifié. Elle annule alors la transaction initiale, vous laissant assumer la perte totale des fonds que vous avez renvoyés.
Le déroulé de l’arnaque
- Le faux acheteur vous contacte suite à la publication de votre annonce et se montre immédiatement intéressé, sans chercher à négocier le prix.
- Il vous annonce qu'il paiera par chèque, souvent émis par une banque étrangère, et qu'une société de transport viendra récupérer l'objet.
- Vous recevez par courrier un chèque d'un montant largement supérieur au prix de vente que vous aviez fixé.
- L'escroc vous contacte, s'excuse pour l'erreur de montant et vous demande de lui virer la différence au plus vite sur son compte.
- Vous encaissez le chèque et effectuez le remboursement. Quelques jours plus tard, votre banque rejette le chèque frauduleux et débite votre compte du montant total.
Exemples concrets
Premier contact de l'escroc
Message privéL'escroc prétend être à l'étranger et propose un chèque certifié. Ce scénario lui permet de ne pas se présenter physiquement tout en vous mettant en confiance avec un moyen de paiement soi-disant garanti.
Demande de remboursement du trop-perçu
EmailLa technique de l'erreur comptable est utilisée pour justifier le montant excessif. L'urgence est créée délibérément pour vous forcer à virer l'argent avant que votre banque ne rejette le chèque.
Menaces en cas de refus
SMSLes criminels n'hésitent pas à utiliser des menaces et l'intimidation pour vous faire paniquer. Ils espèrent que la peur de poursuites vous poussera à payer sans réfléchir.
Signaux d’alerte
- L'acheteur refuse de voir l'objet et se dit souvent résider à l'étranger.
- Il propose spontanément de payer par chèque bancaire, une méthode rare en Suisse.
- Le montant du chèque que vous recevez est supérieur au prix convenu.
- L'acheteur demande de rembourser la différence par virement ou transfert d'argent.
- Il fait preuve d'insistance et menace de porter plainte si vous tardez à rembourser.
Vous avez été victime de cette arnaque ?
Nos juristes vous aident à porter plainte et à faire valoir vos droits. Réponse sous 24h, en toute confidentialité.
Comment se protéger
- Refusez tout paiement par chèque, d'autant plus s'il est émis par une banque étrangère.
- Exigez un paiement en espèces lors de la remise en main propre ou utilisez TWINT sur place.
- Ne remboursez jamais un prétendu trop-perçu avant l'encaissement définitif vérifié par votre banque.
- Stoppez immédiatement la transaction si l'acheteur invoque des frais de transport obscurs à régler en urgence.
- Signalez les profils suspects et les messages douteux directement à la plateforme de petites annonces.
Que faire si vous êtes victime
- Avertissez immédiatement votre banque pour tenter de bloquer le virement émis.
- Conservez toutes les traces de la transaction (chèque, enveloppe, messages, emails).
- Déposez une plainte pénale auprès de la police cantonale pour escroquerie (art. 146 CP).
- Signalez la fraude à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS).
- Coupez tout contact avec l'escroc et bloquez son numéro de téléphone ainsi que son adresse email.
Questions fréquentes
Les banques créditent souvent les chèques sous réserve d'encaissement. L'argent apparaît sur votre compte, mais la vérification auprès de la banque émettrice peut prendre plusieurs semaines. Si le chèque est sans provision, la banque annule le crédit.
Oui, il faut déposer plainte en Suisse. Même si l'auteur est à l'étranger, les éléments recueillis peuvent aider les enquêtes internationales et permettre aux autorités de démanteler des réseaux criminels.
Non. Les escrocs utilisent des chèques volés ou produisent de fausses traites bancaires de très bonne qualité, en usurpant les logos d'établissements légitimes.
Vous ne risquez rien. Il s'agit d'une technique d'intimidation classique. Les escrocs ne s'adresseront jamais à la justice puisqu'ils commettent eux-mêmes une infraction. Ignorez simplement ces messages.
La fraude au trop-perçu existe aussi avec des virements provenant de comptes piratés. Le titulaire légitime finira par contester l'opération et les fonds pourraient être rappelés par sa banque.
Gardez-le précieusement. Tant que vous n'avez pas reçu un paiement valide et définitif, l'objet reste votre propriété. Vous pourrez le remettre en vente en appliquant des règles de sécurité plus strictes.
Sources
- Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) - Escroquerie
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Incidents actuels
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
Dernière mise à jour : 9 juillet 2026
Autres arnaques à connaître
Vous avez été victime de cette arnaque ?
Nos juristes vous aident à porter plainte et à faire valoir vos droits. Réponse sous 24h, en toute confidentialité.