Action partielle en suisse (cpc 86) : règles et stratégie
Procédure civile permettant au demandeur de ne réclamer en justice qu'une fraction de sa créance globale afin de limiter les frais judiciaires.
Définition et explication
En droit de procédure civile suisse, l’action partielle est régie par l’article 86 du Code de procédure civile (CPC). Ce mécanisme autorise un justiciable à diviser sa prétention et à ne porter devant le tribunal qu’une partie de la somme totale qu’il estime lui être due.
La procédure civile en Suisse implique de verser une avance de frais dont le montant dépend de la valeur litigieuse (la somme réclamée). Lorsque la créance est très élevée, les frais de justice et le risque lié aux dépens (frais d’avocat de la partie adverse en cas de défaite) peuvent dissuader d’agir. L’action partielle offre une stratégie juridique redoutable : tester les chances de succès de son dossier sur un petit montant, tout en limitant son risque financier.
En vertu de la maxime de disposition (art. 58 CPC), le tribunal est lié par les conclusions du demandeur et ne peut pas allouer plus que ce qui est réclamé. Vous devez formuler des réserves expresses dans votre demande, indiquant que vous vous réservez le droit de réclamer le solde ultérieurement. Attention, selon l’article 135 du Code des obligations (CO), l’ouverture d’une action partielle n’interrompt la prescription que pour le montant spécifiquement réclamé, et non pour la totalité de la dette.
Quand l'action partielle s'applique-t-il ?
- Créance divisible : Votre prétention porte sur une somme d’argent ou des objets fongibles qui peuvent être fractionnés.
- Réduction des coûts judiciaires : Vous souhaitez limiter l’avance de frais exigée par le tribunal de première instance.
- Stratégie procédurale : Vous réclamez un montant inférieur à 30’000 CHF pour bénéficier de la procédure simplifiée (art. 243 CPC), plus rapide et moins formaliste.
- Test juridique : Vous désirez obtenir un jugement de principe sur la responsabilité de la partie adverse avant de réclamer le solde.
Exemple concret d'une action partielle (Défaut de construction)
Vous mandatez une entreprise pour des travaux de maçonnerie. De graves défauts apparaissent, générant un dommage estimé à 150’000 CHF. Selon le tarif cantonal, agir pour ce montant exigerait une avance de frais d’environ 12’000 CHF. Face à ce risque financier, votre avocat vous conseille de déposer une action partielle devant le tribunal, en ne réclamant que 25’000 CHF pour la réfection du mur principal, tout en vous réservant expressément le droit de réclamer les 125’000 CHF restants plus tard.
À retenir
Grâce à cette stratégie, l’avance de frais demandée par le tribunal tombe à environ 2’500 CHF, et la cause est soumise à la procédure simplifiée. Si le juge vous donne raison et condamne l’entreprise à payer ces 25’000 CHF, la responsabilité de l’entrepreneur est juridiquement établie. Face à ce jugement de principe, l’entreprise adverse acceptera très probablement de négocier un accord à l’amiable pour les 125’000 CHF restants afin d’éviter un second procès perdu d’avance. Vous devez néanmoins veiller à ce que le solde de la créance ne soit pas frappé de prescription pendant cette première procédure.
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Questions fréquentes
Sources
- Art. 86 CPC (Action partielle), Art. 58 CPC (Maxime de disposition), Art. 91 CPC (Calcul de la valeur litigieuse), Art. 135 CO (Interruption de la prescription)