Arnaque à la fausse violation de droits d’auteur : le phishing aux images
Vous recevez un e-mail alarmiste d'un prétendu photographe vous accusant d'utiliser une image protégée par le droit d'auteur. Le lien fourni pour voir la preuve installe un logiciel malveillant sur votre appareil.
Comment ça marche
L’arnaque à la fausse violation de droits d’auteur cible massivement les entreprises, les indépendants et les créateurs de contenu disposant d’un site web. Les escrocs envoient un e-mail menaçant en se faisant passer pour un photographe, un illustrateur ou un cabinet juridique.
Le message prétend que vous avez utilisé l’une de leurs images protégées sans autorisation et exige un retrait immédiat, sous peine de poursuites pénales et d’une lourde amende. Pour appuyer leur accusation, ils incluent un lien censé pointer vers l’image incriminée ou un dossier de preuves.
En réalité, ce lien dirige la victime vers un service de téléchargement contenant un fichier compressé. L’ouverture de ce fichier déclenche l’installation d’un logiciel malveillant, souvent un rançongiciel (ransomware) ou un programme conçu pour voler vos mots de passe. Cette attaque relève pénalement de l’utilisation frauduleuse d’un ordinateur (art. 147 CP).
Le déroulé de l’arnaque
- Les cybercriminels repèrent votre adresse e-mail sur votre site web ou vos réseaux sociaux.
- Vous recevez un courriel au ton très ferme vous accusant de violation de droits d'auteur concernant une image.
- Le message contient un lien cliquable censé vous montrer l'image volée ou le constat juridique.
- En cliquant, vous êtes invité à télécharger un fichier compressé (.zip, .rar) ou un faux document PDF.
- L'ouverture de ce fichier déclenche l'installation discrète d'un malware qui pirate vos données.
Exemples concrets
Le faux message du photographe indépendant
EmailCe message utilise un ton juridique pour intimider la victime et créer un sentiment d'urgence. Un vrai photographe préciserait l'URL exacte de l'image directement dans le texte, plutôt que de vous forcer à cliquer sur un lien raccourci cachant un fichier malveillant.
La fausse agence de protection de l'image
EmailLes escrocs inventent des noms d'agences ou usurpent l'identité de vrais cabinets d'avocats. L'indice principal de la fraude est la présence du fichier compressé à télécharger. Un véritable document juridique serait envoyé par courrier postal ou au format PDF non interactif.
Le contact direct via le formulaire du site
Message privéLes fraudeurs utilisent souvent les formulaires de contact des sites web pour contourner les filtres anti-spam des messageries. L'utilisation d'une archive rar hébergée sur un site tiers est la preuve typique d'une tentative de diffusion de virus.
Signaux d’alerte
- L'e-mail provient d'une adresse générique au lieu du domaine officiel d'un cabinet.
- Le message contient un lien menant vers un fichier hébergé sur le cloud.
- Le fichier à télécharger est une archive (ZIP, RAR, 7Z) ou un exécutable.
- Le ton du message est extrêmement agressif et exige une action immédiate.
- L'image prétendument volée n'est pas directement visible dans le corps du texte.
Vous avez été victime de cette arnaque ?
Nos juristes vous aident à porter plainte et à faire valoir vos droits. Réponse sous 24h, en toute confidentialité.
Comment se protéger
- Ne cliquez jamais sur un lien suspect provenant d'un expéditeur inconnu.
- Analysez la véritable adresse e-mail de l'expéditeur en survolant son nom.
- Vérifiez vos images par vous-même sans utiliser les liens fournis dans l'e-mail.
- Maintenez votre logiciel antivirus à jour pour bloquer les fichiers malveillants.
- Faites des sauvegardes régulières de vos données sur un disque dur externe déconnecté.
Que faire si vous êtes victime
- Déconnectez immédiatement l'appareil infecté d'Internet pour bloquer la propagation.
- Ne payez aucune rançon si vos données sont prises en otage par un rançongiciel.
- Lancez une analyse complète de votre système informatique avec un antivirus réputé.
- Modifiez immédiatement tous vos mots de passe depuis un autre appareil sécurisé.
- Signalez l'incident à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) et déposez plainte.
Questions fréquentes
Oui, un avocat peut envoyer une mise en demeure par e-mail. Cependant, il identifiera clairement l'image en question dans le texte et ne vous forcera jamais à télécharger une archive compressée douteuse pour accéder aux preuves.
Le risque est plus faible si vous n'avez pas ouvert l'archive ni exécuté de fichier. Néanmoins, certains liens exploitent des failles de votre navigateur. Il est vivement conseillé de lancer une analyse antivirus par précaution.
Les escrocs utilisent régulièrement des termes juridiques ou des numéros d'articles du Code pénal pour crédibiliser leur menace. Une simple vérification de l'adresse de l'expéditeur permet souvent de démasquer la supercherie.
Même si vous avez commis une imprudence, vous ne devez jamais télécharger de preuves suspectes. Remplacez l'image par une ressource libre de droits et ignorez purement et simplement l'e-mail d'hameçonnage.
Utilisez systématiquement des banques d'images officielles, privilégiez vos propres photos et conservez les licences de vos achats. Ne copiez jamais d'images trouvées aléatoirement sur un moteur de recherche.
Vous pouvez transmettre l'e-mail frauduleux à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) via leur formulaire de signalement en ligne. Cela permet aux autorités de réagir et de bloquer les domaines malveillants.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Hameçonnage, vishing, smishing
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
- Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) - Escroquerie
Dernière mise à jour : 3 août 2026
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