Arnaque à l’investissement dans les places de parc et bornes de recharge en Suisse
Des escrocs proposent d'investir dans des places de stationnement d'aéroport ou des bornes de recharge électrique avec des promesses de rendements élevés. Il s'agit en réalité de sociétés fictives qui disparaissent une fois les fonds transférés.
Comment ça marche
Cette fraude s’appuie sur des brochures d’investissement très professionnelles, souvent faussement affiliées à de grands groupes européens de la mobilité (comme Vinci Airports ou des opérateurs d’infrastructures énergétiques). Les escrocs contactent les victimes par téléphone, suite à une publicité trompeuse sur les réseaux sociaux. Ils proposent d’acheter une ou plusieurs places de stationnement ou des bornes de recharge en garantissant un rendement locatif mensuel allant de 6 % à 12 % par an.
Pour rassurer l’investisseur, un faux espace client est créé en ligne, montrant les prétendus loyers versés le premier mois. Une fois la victime mise en confiance, elle est incitée à investir des sommes beaucoup plus importantes, parfois l’épargne d’une vie entière. Rapidement, les versements cessent, le conseiller financier devient injoignable et le site web disparaît. L’argent a été transféré sur des comptes à l’étranger et les infrastructures promises n’ont jamais existé.
Le déroulé de l’arnaque
- Vous cliquez sur une publicité en ligne promettant un investissement sûr, écologique et très rentable dans des parkings ou des bornes électriques.
- Un prétendu conseiller financier de l'agence vous appelle pour vous présenter une brochure attrayante et vous convaincre d'investir un montant de départ.
- Vous signez un faux contrat de location-gérance et transférez les fonds sur un compte bancaire souvent situé dans un autre pays européen.
- Les premiers mois, vous recevez effectivement un petit versement correspondant au rendement promis, ce qui vous rassure et vous incite à réinvestir massivement.
- La plateforme ferme subitement, les paiements s'arrêtent et votre interlocuteur bloque votre numéro. Vous réalisez que l'opportunité était fictive.
Exemples concrets
La fausse opportunité d'aéroport
EmailCe message usurpe l'identité d'un véritable gestionnaire d'infrastructures. Les promesses de rendements garantis élevés sans aucun risque sont la signature typique d'une arnaque financière. De plus, ces grandes sociétés ne vendent pas de places de parking à l'unité aux particuliers.
L'investissement dans la transition écologique
Message privéL'escroc utilise l'argument très actuel de la transition énergétique pour masquer son stratagème. En répondant, la victime sera rapidement contactée par un faux expert utilisant des techniques de vente agressives et manipulatrices pour obtenir un versement rapide.
L'appel de relance pour réinvestir
AppelCe stratagème vise à créer un sentiment d'urgence et d'exclusivité. Les premiers paiements reçus (financés par les dépôts d'autres victimes selon un système pyramidal) servent uniquement à endormir la méfiance de la cible pour lui soutirer un montant beaucoup plus grand.
Signaux d’alerte
- Promesse d'un rendement très élevé (souvent supérieur à 6 %) et présenté comme totalement garanti sans aucun risque de perte en capital.
- L'interlocuteur insiste pour que vous preniez une décision rapide et crée un sentiment constant d'urgence ou d'exclusivité.
- Le compte bancaire vers lequel vous devez virer les fonds est situé à l'étranger, souvent dans un pays différent de celui du prétendu projet.
- La société prétendument partenaire (par exemple l'aéroport ou le fournisseur d'énergie) dément publiquement vendre des infrastructures aux particuliers sur son vrai site web.
Vous avez été victime de cette arnaque ?
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Comment se protéger
- Ne croyez jamais aux offres d'investissement miracle ; si le rendement est élevé, le risque l'est obligatoirement tout autant.
- Vérifiez toujours sur la liste noire de la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) si la société est signalée comme illégale ou douteuse.
- Cherchez sur internet le nom de la société de courtage suivi du mot « arnaque » ou « fraude » avant de signer le moindre document.
- Contactez directement l'entreprise mère (par exemple l'aéroport concerné) via les coordonnées officielles de son site pour vérifier l'existence de cette offre.
- N'agissez jamais sous la pression d'un courtier téléphonique, prenez le temps d'en parler à un proche ou à un conseiller bancaire de confiance.
Que faire si vous êtes victime
- Cessez immédiatement tout versement et coupez tout contact avec la société, la plateforme en ligne ou le faux courtier.
- Contactez rapidement votre banque pour tenter d'annuler ou de bloquer le virement (demande de rappel de fonds), bien que les chances de succès soient minces.
- Signalez l'escroquerie au Centre national pour la cybersécurité (OFCS) via leur formulaire de signalement en ligne.
- Rassemblez rigoureusement toutes les preuves (brochures, e-mails, historiques d'appels, contrats, preuves de virement) et déposez une plainte pénale auprès de la police cantonale.
- Méfiez-vous des faux avocats ou agences de recouvrement qui vous contacteront ensuite pour récupérer vos fonds contre le paiement d'une avance (Recovery Scam).
Questions fréquentes
Il s'agit d'une technique de manipulation classique, inspirée du système de Ponzi. Les escrocs utilisent une infime partie de votre capital initial (ou de l'argent volé à d'autres victimes) pour vous verser ces premiers rendements. Cela installe une fausse confiance, prouvant à vos yeux que le système est bien réel, dans l'unique but de vous convaincre d'investir des montants nettement supérieurs par la suite.
Absolument pas. Les fraudeurs copient illégalement les logos, l'identité visuelle et même le nom des dirigeants de sociétés réelles et réputées. Ils usurpent cette identité pour crédibiliser leur escroquerie. Il faut toujours recouper l'information par vous-même en contactant la véritable entreprise via son site web officiel, sans utiliser les liens ou numéros fournis par le courtier.
La récupération des fonds est malheureusement extrêmement rare et très difficile. Les montants sont généralement transférés très rapidement vers des comptes de transit à l'étranger, puis retirés en espèces ou convertis en cryptomonnaies pour effacer toute trace. Informer immédiatement votre banque est le seul moyen de tenter un retour de fonds si l'ordre de virement est encore très récent.
Ne payez surtout rien de plus. Il s'agit d'une double escroquerie, souvent appelée fraude à l'avance de frais. Les escrocs prétextent de fausses taxes douanières, des frais de dossier bancaire ou des impôts européens fictifs pour soutirer vos derniers francs. Cet argent réclamé ira directement dans leurs poches et ne vous permettra jamais de récupérer vos fonds initiaux.
En principe, vous êtes considéré par les autorités comme la victime d'une escroquerie (définie par l'art. 146 du Code pénal suisse). Cependant, si vous avez activement recruté d'autres victimes, comme des membres de votre famille, en échange de commissions avant de découvrir la fraude, la situation pourrait devenir plus complexe juridiquement. L'action recommandée est de coopérer pleinement et de manière transparente avec la police lors de votre dépôt de plainte.
Ignorez ce message, c'est une escroquerie de type « Recovery Scam » (arnaque à la récupération de fonds). Les criminels revendent souvent les listes de victimes à d'autres réseaux, ou se font eux-mêmes passer pour des avocats internationaux, des agences de recouvrement ou des fonctionnaires de police. Ils vous demanderont des frais de dossier préalables pour engager la prétendue procédure de remboursement, qui n'aboutira jamais.
Sources
- FINMA - Alertes et liste d'alerte
- FINMA - Se protéger des prestataires illégaux
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
Dernière mise à jour : 15 août 2026
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