Arnaque au faux compte salaire : la fraude au changement d’IBAN en Suisse
Des escrocs se font passer pour un employé auprès des ressources humaines pour annoncer un changement de compte bancaire. Le salaire du mois est alors versé aux fraudeurs.
Comment ça marche
L’escroc contacte le département RH ou la comptabilité de votre entreprise, généralement par e-mail, en se faisant passer pour vous ou l’un de vos collègues. Il prétexte un changement de banque récent et demande que le prochain salaire soit versé sur un nouveau compte (le plus souvent une banque en ligne ou une néobanque). Pour être crédible, le fraudeur utilise une adresse e-mail très similaire à la vôtre ou pirate directement votre messagerie. Si le service RH ne vérifie pas cette demande de vive voix, le système de paie est mis à jour et la rémunération est irrémédiablement transférée aux escrocs.
Le déroulé de l’arnaque
- L'escroc cible votre entreprise et identifie les membres du personnel ainsi que les contacts des ressources humaines.
- Il envoie un e-mail à la comptabilité en usurpant votre identité, annonçant un prétendu changement de banque.
- Le message insiste parfois sur l'urgence du traitement avant la prochaine clôture des salaires.
- Sans contre-vérification par téléphone, le service RH modifie votre IBAN dans le système de paie.
- Votre salaire est versé aux fraudeurs. Vous ne vous en rendez compte qu'à la fin du mois, lorsque l'argent n'arrive pas sur votre compte.
Exemples concrets
L'e-mail classique de changement d'IBAN
EmailCe message est court, poli et semble inoffensif. L'escroc utilise souvent le prénom de la personne des ressources humaines pour instaurer un climat de confiance. L'absence de pièce jointe ou de lien malveillant permet à ce message de contourner les filtres antispam classiques.
L'e-mail avec une fausse urgence
EmailIci, le fraudeur ajoute une notion d'urgence. Le but est de pousser le service de paie à agir dans la précipitation, sans prendre le temps d'appeler l'employé pour valider cette modification sensible.
Le compte piraté
EmailDans ce scénario, l'e-mail provient de votre véritable adresse professionnelle, qui a été piratée au préalable. L'escroc peut même joindre un document PDF falsifié ressemblant à un relevé d'identité bancaire pour endormir toute méfiance.
Signaux d’alerte
- Demande de changement de coordonnées bancaires reçue uniquement par e-mail.
- Adresse de l'expéditeur légèrement modifiée (lettre inversée ou domaine différent).
- Utilisation d'un IBAN étranger ou lié à une néobanque pour un compte salaire.
- Insistance pour que la modification soit traitée en urgence avant la fin du mois.
- Refus de l'interlocuteur de répondre au téléphone pour confirmer la demande.
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Comment se protéger
- Pour les RH : confirmez systématiquement tout changement d'IBAN de vive voix avec l'employé concerné.
- Utilisez le numéro de téléphone déjà enregistré dans le dossier de l'employé, pas celui indiqué dans l'e-mail suspect.
- Instaurez un processus de double validation pour les modifications de données maîtres.
- Sensibilisez régulièrement le personnel des ressources humaines à ce type de fraude.
- Pour les employés : protégez vos accès professionnels avec des mots de passe robustes et l'authentification à double facteur.
Que faire si vous êtes victime
- Alertez immédiatement votre banque pour tenter de bloquer ou de récupérer les fonds transférés.
- Signalez l'incident à la direction de l'entreprise et au service informatique.
- Modifiez immédiatement les mots de passe de votre messagerie professionnelle si celle-ci a été compromise.
- Déposez une plainte pénale auprès de la police cantonale.
- Conservez précieusement tous les e-mails frauduleux et les preuves de virement pour l'enquête.
Questions fréquentes
En principe, oui. Si l'employeur effectue le versement sur un compte frauduleux sans avoir procédé aux vérifications d'usage (comme un appel téléphonique), il ne s'est pas acquitté de son obligation de payer le salaire. L'entreprise devra donc généralement vous verser votre rémunération.
Non, cette arnaque touche des organisations de toutes tailles. Les PME, les associations et même les administrations publiques sont régulièrement ciblées, car leurs processus de vérification interne sont parfois moins stricts que ceux des grandes multinationales.
Les fraudeurs utilisent des techniques d'ingénierie sociale. Ils récoltent des informations publiques sur des réseaux professionnels comme LinkedIn pour identifier précisément les personnes en charge de la paie et rendre leur demande très convaincante.
C'est possible mais difficile. Si l'alerte est donnée dans les heures qui suivent, la banque peut parfois bloquer la transaction. Cependant, les escrocs transfèrent généralement l'argent vers d'autres comptes presque instantanément. La rapidité d'action reste primordiale.
Non, de nombreux employés utilisent légitimement des néobanques. Toutefois, un changement vers ce type d'établissement financier doit inciter le service de paie à une vigilance accrue et déclencher une vérification systématique par téléphone.
Ne tardez pas : changez immédiatement votre mot de passe et activez l'authentification à deux facteurs. Avertissez votre service informatique pour qu'il puisse vérifier si des règles de redirection (qui transfèrent discrètement vos e-mails aux fraudeurs) ont été mises en place à votre insu.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Incidents actuels
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Hameçonnage, vishing, smishing
- Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) - Escroquerie
Dernière mise à jour : 16 août 2026
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