Arnaque au faux nom de domaine : la fraude ciblant les PME en Suisse
Des escrocs contactent les propriétaires de sites web suisses pour leur faire payer une fausse facture de renouvellement ou leur vendre à prix d'or une extension de domaine prétendument menacée.
Comment ça marche
Cette fraude repose sur la peur de perdre sa visibilité en ligne ou de subir une usurpation de marque. Les escrocs ciblent systématiquement les entreprises inscrites au registre du commerce ou possédant un site web actif, souvent avec une extension en .ch.
Ils envoient un e-mail qui imite les communications officielles d’un registraire, d’un hébergeur connu ou d’une agence de protection intellectuelle. Le message affirme qu’une autre entreprise tente de déposer votre nom de domaine avec une extension différente (comme .com, .info ou .net), ou que votre domaine actuel est sur le point d’expirer. Pour conserver l’exclusivité ou maintenir le site en ligne, la victime est pressée de régler une facture immédiate.
En réalité, aucune entreprise concurrente n’existe et le domaine n’est pas en péril. Si la PME paie, elle perd la somme envoyée et risque d’exposer ses coordonnées bancaires pour de futurs prélèvements non autorisés.
Le déroulé de l’arnaque
- Les fraudeurs repèrent le nom de domaine de la PME et ses coordonnées de contact via des annuaires publics ou le site web de l'entreprise.
- Ils envoient un e-mail alarmiste se faisant passer pour un bureau d'enregistrement ou une agence de protection de marques.
- Le message avertit qu'un tiers veut enregistrer le même nom de domaine avec une autre extension, ou que le domaine actuel est expiré.
- L'escroc propose d'utiliser un prétendu droit de priorité pour bloquer ce tiers, moyennant le paiement d'une facture urgente.
- Si l'entreprise paie, l'argent est perdu et le fraudeur disparaît, laissant la victime sans aucun nouveau service réel.
Exemples concrets
La fausse alerte de dépôt concurrent
EmailCe message crée une fausse urgence. Aucun bureau d'enregistrement sérieux ne contacte les propriétaires de manière proactive pour leur proposer un droit de priorité face à un tiers.
La fausse facture de renouvellement
EmailL'escroc espère que le service comptable paiera la facture par réflexe. Le montant demandé est souvent bien supérieur au coût réel d'un renouvellement annuel, qui se situe généralement autour de 15 CHF.
L'offre trompeuse de référencement
EmailCe message tente de brouiller les pistes en mélangeant nom de domaine et référencement. Le service proposé est vide de sens et la facture est une simple sollicitation trompeuse.
Signaux d’alerte
- L'e-mail provient d'un expéditeur inconnu ou utilise une adresse générique au lieu du domaine officiel de votre hébergeur.
- Le message exige un paiement immédiat sous peine de suspendre votre site ou vos adresses e-mail.
- On vous informe qu'une entreprise basée en Asie ou ailleurs veut déposer votre marque avec une autre extension.
- La facture demande un virement sur un compte bancaire étranger ou via un lien de paiement douteux.
- Le montant facturé est anormalement élevé pour un simple renouvellement de domaine.
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Comment se protéger
- Vérifiez toujours le nom de votre véritable hébergeur ou registraire avant de payer une facture liée à votre site web.
- Ignorez et supprimez les offres non sollicitées vous proposant un prétendu droit de priorité sur un nom de domaine.
- Ne cliquez pas sur les liens de paiement inclus dans des e-mails suspects, connectez-vous plutôt directement à votre espace client habituel.
- Sensibilisez votre service administratif et vos collaborateurs à cette fraude pour éviter qu'une fausse facture ne soit payée machinalement.
- Enregistrez vous-même les extensions principales de votre marque (.ch, .com) chez votre hébergeur habituel si vous souhaitez les protéger.
Que faire si vous êtes victime
- Ne payez aucune autre facture et cessez toute communication avec les expéditeurs du message.
- Si vous avez saisi les données de votre carte de crédit sur un faux site, faites-la bloquer immédiatement par votre banque.
- Signalez l'incident à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) via leur formulaire en ligne.
- Déposez une plainte pénale auprès de la police de votre canton si l'entreprise a subi un préjudice financier.
Questions fréquentes
Oui, n'importe qui peut enregistrer un domaine disponible. Toutefois, les bureaux d'enregistrement ne vous contacteront jamais pour vous avertir d'une telle démarche ou vous offrir un droit de priorité payant. Si quelqu'un veut une extension libre, il l'achète directement.
Non. Votre site web et vos e-mails ne sont gérés que par votre hébergeur officiel. Les messages provenant de tiers n'ont aucun pouvoir sur vos services en ligne actuels.
Les informations liées aux propriétaires de noms de domaine ou d'entreprises sont souvent publiques. Les fraudeurs utilisent les registres du commerce, les annuaires ou les mentions légales de votre propre site web pour trouver votre adresse e-mail.
Contactez immédiatement votre banque pour tenter de bloquer ou d'annuler le virement. Les chances de récupération dépendent de la rapidité de votre réaction et du mode de paiement utilisé.
Il n'est pas nécessaire de tout acheter. Pour une PME suisse, posséder le .ch et éventuellement le .com est généralement suffisant. Laissez les autres extensions libres plutôt que de céder à la pression de ces faux messages.
Absolument pas. Les escrocs usurpent couramment l'identité visuelle, les logos et les signatures de prestataires informatiques connus ou d'autorités pour rendre leur tentative de hameçonnage plus crédible.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Incidents actuels
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
- Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) - Escroquerie
Dernière mise à jour : 21 juillet 2026
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