Arnaque au faux tueur à gages : le chantage à la menace de mort en Suisse
Vous recevez un message terrifiant d'un prétendu assassin affirmant avoir été engagé pour vous tuer. Il s'agit d'une extorsion purement fictive visant à vous soutirer une rançon.
Comment ça marche
Les cybercriminels exploitent des bases de données piratées contenant des adresses e-mail, des numéros de téléphone et parfois d’anciens mots de passe. Ils utilisent ces données pour envoyer des messages de menaces de mort en masse. Le scénario est toujours identique : un prétendu tueur à gages affirme avoir été engagé par une de vos connaissances ou un concurrent pour vous assassiner.
Pour rendre la menace crédible et instaurer la panique, le message inclut vos informations personnelles réelles issues des fuites de données. L’escroc vous propose alors un marché diabolique : si vous payez une rançon importante, généralement en cryptomonnaie comme le Bitcoin, il annulera le contrat et vous révélera l’identité du commanditaire.
Il s’agit d’une supercherie psychologique redoutable. Le tueur n’existe pas et votre vie n’est pas en danger. Céder au chantage ne fera que vous inscrire sur la liste des victimes rentables, ce qui entraînera inévitablement de nouvelles tentatives d’extorsion.
Le déroulé de l’arnaque
- Vous recevez un e-mail ou un SMS contenant des menaces de mort explicites d'un prétendu tueur à gages professionnel.
- L'escroc mentionne des détails personnels (nom, adresse postale, ancien mot de passe) pour prouver qu'il vous surveille.
- Il vous propose d'annuler le contrat sur votre vie et de dénoncer son client en échange d'une forte somme d'argent.
- L'escroc exige un paiement totalement intraçable, presque toujours sous forme de Bitcoin ou de cartes prépayées.
- Il menace de s'en prendre à vous et à votre famille si vous contactez la police ou si vous ne payez pas dans les 48 heures.
Exemples concrets
L'e-mail classique du faux assassin
EmailCet e-mail est un modèle classique envoyé de manière automatisée à des milliers de personnes simultanément. L'urgence du délai imposé, la demande expresse en cryptomonnaie et l'interdiction de contacter les autorités sont les preuves absolues d'une arnaque. Aucun criminel professionnel ne procède de cette façon.
Le SMS de menace avec informations personnelles
SMSLes escrocs utilisent des données achetées sur le dark web. L'ancien mot de passe et l'adresse proviennent de vieilles fuites de données de sites légitimes. Ces éléments ne signifient aucunement que quelqu'un vous surveille physiquement, ils servent uniquement à vous effrayer.
Le prétendu tueur repenti
Message privéIl s'agit d'une variante où le criminel se fait passer pour un professionnel pris de remords. Le paiement exigé sous forme de coupons prépayés est le signe définitif d'une fraude. Aucune organisation criminelle ne se fait payer en cartes cadeaux.
Signaux d’alerte
- Réception soudaine de menaces de mort par un inconnu ou une adresse e-mail suspecte.
- Demande de rançon urgente pour annuler un prétendu contrat d'assassinat.
- Exigence absolue de paiement en cryptomonnaies ou en cartes prépayées (Paysafecard).
- Injonction stricte de ne pas contacter la police ou d'en parler à ses proches.
- Présence d'un de vos anciens mots de passe dans le message pour simuler un piratage profond.
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Comment se protéger
- Ne répondez jamais à ce type de message, même pour vous justifier ou négocier.
- Ne payez absolument aucune rançon, sous aucun prétexte.
- Vérifiez si vos données ont fuité en ligne (sur des sites spécialisés) et changez vos mots de passe.
- Bloquez immédiatement l'adresse e-mail ou le numéro de téléphone de l'expéditeur.
- Marquez le message comme courrier indésirable pour aider les filtres à protéger d'autres utilisateurs.
Que faire si vous êtes victime
- Cessez immédiatement toute communication avec le maître chanteur.
- Conservez soigneusement toutes les preuves (e-mails, captures d'écran, numéros de téléphone, adresses Bitcoin).
- Ne cédez pas à la panique et gardez à l'esprit qu'aucune menace physique n'est réellement mise à exécution.
- Si vous avez payé, avertissez votre banque, même si les paiements en cryptomonnaies sont quasi impossibles à annuler.
- Déposez une plainte pénale auprès de votre police cantonale pour extorsion et chantage (art. 156 du Code pénal suisse).
Questions fréquentes
Non, votre adresse provient très probablement d'un annuaire public ou d'une ancienne fuite de données sur Internet. Les escrocs opèrent depuis l'étranger et n'ont aucune intention ni les moyens de s'en prendre à vous physiquement.
Les cybercriminels achètent d'immenses bases de données contenant des identifiants piratés lors de vols de données sur des sites connus. Ils intègrent ces mots de passe automatiquement dans leurs messages pour vous effrayer et vous faire croire qu'ils ont piraté vos appareils.
Vous confirmez aux escrocs que votre adresse e-mail est active et que vous êtes réceptif à la peur. Le harcèlement deviendra alors encore plus intense et vos coordonnées seront revendues à d'autres réseaux criminels.
Malheureusement, les transactions en cryptomonnaies sont conçues pour être irréversibles et anonymes. Une fois les fonds envoyés, il est quasiment impossible de les récupérer. Signalez tout de même l'adresse du portefeuille à la police lors de votre plainte.
Oui, il s'agit juridiquement d'une tentative d'extorsion et de chantage, des délits sévèrement réprimés par le Code pénal suisse. Même si les auteurs opèrent souvent depuis l'étranger, le dépôt d'une plainte permet aux autorités de documenter le phénomène.
Non, il est préférable de conserver le message intact comme preuve ou d'en faire une capture d'écran. Vous pouvez ensuite le signaler à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) avant de le supprimer ou de le déplacer dans vos courriers indésirables.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Incidents actuels
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Hameçonnage (Phishing) et extorsion
- Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) - Escroquerie
Dernière mise à jour : 14 août 2026
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