La situation
Contexte initial
Julien M., horloger dans une manufacture neuchâteloise depuis cinq ans, est en arrêt maladie pour une durée indéterminée suite à des problèmes de dos sévères.
L'élément déclencheur
Après 45 jours d’absence, il reçoit une lettre de licenciement ordinaire avec un délai de congé de deux mois, alors que son médecin vient de prolonger son arrêt de travail.
Les enjeux
Perte de salaire pendant la période de protection et indemnité potentielle pour licenciement abusif
Stress lié à la perte d'emploi en période de vulnérabilité médicale
Opposition écrite au licenciement avant la fin du délai de congé (art. 336b CO) et action en justice dans les 180 jours suivant la fin des rapports de travail.
Analyse juridique
Bases légales applicables
- CO art. 336c – Résiliation en temps inopportun
- CO art. 336 – Résiliation abusive
- CO art. 336a – Indemnité en cas de résiliation abusive
Droits du client
Julien bénéficie d’une période de protection contre le licenciement de 90 jours (pour 5 ans de service) en vertu de l’art. 336c CO. Un licenciement prononcé pendant cette période est nul.
Obligations de la partie adverse
L’employeur doit respecter les périodes de protection légales liées à la maladie avant de pouvoir valablement résilier le contrat de travail.
Délais légaux à respecter
- Période de protection : 90 jours (2e à 5e année de service)
- Opposition écrite : avant la fin du délai de congé
- Action en justice : 180 jours après la fin du contrat
Stratégie déployée
Options envisagées
Deux options principales :
- Faire valoir la nullité du congé (licenciement prononcé pendant la période de protection).
- Contester le caractère abusif si le licenciement est prononcé juste après la période de protection en raison de la maladie.
Faire valoir la nullité du congé prononcé pendant la période de protection
Justification du choix
Le licenciement ayant été notifié au 45e jour d’absence, il tombe en plein dans la période de protection de 90 jours applicable à Julien. Le congé est donc nul de plein droit.
Intervenants externes
Étapes de la procédure
- Envoi d’une lettre recommandée à l’employeur signalant la nullité du congé.
- Maintien de l’offre de prestation de travail (si la santé le permet ultérieurement).
- Saisine du Tribunal des prud’hommes si l’employeur maintient le licenciement.
Résultat obtenu
Décision favorable
Dans le cas de Julien M., l'employeur a dû reconnaître la nullité du congé. Le contrat a été maintenu et le salaire (ou les indemnités journalières) a continué d'être versé. Les résultats varient selon la durée de l'ancienneté et le moment exact de la notification.
Durée totale : 2 à 6 mois selon l'attitude de l'employeur
Témoignage du client
Citation illustrative non attribuée à une personne réelle
Enseignements clés
Un licenciement prononcé pendant une période de protection liée à la maladie est nul. Il est essentiel de connaître la durée exacte de cette protection, qui dépend des années de service.
Comment éviter cette situation
Signaux d'alerte
- Licenciement reçu peu après l’envoi d’un certificat médical
Bonnes pratiques
- Toujours envoyer les certificats médicaux rapidement et par écrit
- Contester immédiatement par écrit un licenciement reçu pendant un arrêt maladie
Erreurs courantes à éviter
- Penser que le licenciement est valable mais simplement suspendu (il est nul s’il est prononcé pendant la protection)
- Ne pas faire opposition par écrit
Points clés à retenir
- Nullité du congé pendant la protection (art. 336c CO)
- Protection de 30 à 180 jours selon l’ancienneté
- Nécessité de contester par écrit
Une situation similaire ? Faites analyser votre dossier.
Décrivez votre cas en 2 minutes. Un expert juridique suisse vous répond sous 24h - 100% confidentiel.
Questions fréquentes
30 jours la 1ère année, 90 jours de la 2e à la 5e année, 180 jours dès la 6e année (art. 336c CO).
Le licenciement est nul. L’employeur devra le notifier à nouveau une fois la période de protection écoulée.
Le délai de congé est suspendu pendant la durée de la maladie (dans les limites de la période de protection) et reprend ensuite.
Oui, mais le licenciement pourrait être considéré comme abusif s’il est prononcé exclusivement en raison de la maladie, sans lien avec les capacités de travail futures.
Oui, c’est indispensable pour prouver votre incapacité de travail et faire valoir vos droits.
La procédure est généralement gratuite pour les litiges dont la valeur litigieuse ne dépasse pas CHF 30’000 (art. 114 CPC).
Sources et références
- CO art. 336, 336a, 336b, 336c ; CPC art. 114