Clause IP sur vos projets perso : comment la limiter avant de signer votre contrat de travail en Suisse
Certaines clauses de propriété intellectuelle tentent d’englober tout ce que vous créez, même le soir ou le week-end. Voici comment repérer ce que la clause vise vraiment, quels risques concrets elle crée pour vos side projects, puis comment demander des exceptions réalistes, notamment si vous êtes dans le canton de Genève ou dans le canton de Vaud.
Objectif
Protéger vos projets personnels, sans braquer votre futur employeur.
Temps
30 à 60 min pour analyser la clause et préparer vos demandes.
Résultat
Un avenant ou des exceptions écrites, claires et applicables.
Cet article donne des repères généraux selon la législation suisse. Une clause IP se négocie souvent au cas par cas, surtout si vous avez déjà un dépôt open source, un produit en cours ou une activité annexe. En cas de doute, un avis d’avocat en droit du travail ou d’un juriste est la voie la plus sûre.
1 Ce que la clause IP sur les side projects cherche souvent à capter
Les formulations qui doivent vous faire lever un sourcil
Dans la pratique, une clause devient problématique quand elle ne se limite pas au travail effectué pour l’employeur, mais vise aussi vos créations privées. En Suisse, beaucoup de contrats utilisent une formulation très large, puis laissent au salarié la charge de prouver qu’un projet est réellement indépendant.
- Toute création réalisée pendant la durée du contrat, y compris hors horaires et hors locaux.
- Tout ce qui est en lien, même indirect, avec l’activité de l’entreprise ou ses projets futurs.
- Tout ce qui utilise des connaissances acquises au travail, ce qui peut devenir très extensif.
- Obligation de déclaration systématique et cession automatique sans validation écrite.
Une clause “fourre-tout” ne sert pas seulement à protéger un logiciel ou une invention. Elle peut aussi toucher le code, les textes, les designs, des modèles de données, des scripts, une documentation, ou même un contenu publié en ligne.
Risques concrets si vous laissez la clause telle quelle
Le risque principal n’est pas toujours un procès. C’est l’incertitude, qui bloque une levée de fonds, une mise en open source, ou la vente d’un produit. En 2026, cela se voit souvent dans les métiers tech et créatifs à Genève et à Lausanne.
- Un investisseur ou un client vous demande une garantie de titularité IP, et vous ne pouvez pas la donner sereinement.
- Votre dépôt open source est considéré comme “déclarable”, ce qui met en péril vos contributions futures.
- Vous changez d’employeur, et l’ancien conteste la propriété d’un projet lancé pendant le contrat.
- L’entreprise invoque un conflit d’intérêts, même si vous travaillez le soir, sur votre matériel.
Point de repère utile en droit suisse : la question n’est pas seulement “hors horaires ou pas”, mais aussi le lien avec la mission, les moyens de l’employeur, et ce que le contrat prévoit. Pour les inventions, la logique générale est résumée dans la notion d’inventions du travailleur.
2 Check-list avant de signer (et avant d’en parler à RH)
Une bonne négociation commence par un diagnostic clair et des demandes simples à valider par écrit.
Isolez la clause IP et les renvois
Cherchez aussi les renvois dans le règlement interne, une charte IT, une politique de confidentialité, ou un document annexe. Ce sont parfois ces documents qui étendent la clause aux projets personnels.
- “Créations”, “œuvres”, “inventions”, “améliorations” : quelles définitions sont données.
- Cession automatique ou simple obligation d’informer.
- Ce qui est dit sur l’utilisation d’outils ou de matériel de l’employeur.
- Ce qui est dit sur l’activité accessoire et le conflit d’intérêts.
Documentez vos side projects avant l’entrée en fonction
Si vous avez déjà un projet, le but est simple : pouvoir démontrer qu’il existait avant la relation de travail, et qu’il est développé sur votre temps et vos moyens. Cela aide énormément si un doute surgit plus tard.
- Lien vers le dépôt et historique des commits, si le projet est sur une plateforme publique ou privée.
- Captures d’écran datées, export d’historique, ou archive.
- Note courte décrivant le but du projet et ce qu’il ne fait pas, notamment ce qui le distingue du secteur de l’employeur.
- Liste du matériel utilisé, idéalement votre matériel personnel.
Identifiez ce qui est raisonnable pour l’employeur
Votre interlocuteur cherche généralement à éviter deux choses : la concurrence et l’appropriation d’un résultat produit grâce aux ressources de l’entreprise. Si vos propositions répondent à ces deux points, vos chances de succès montent.
Position qui passe souvent bien
- Exclusion des projets antérieurs listés en annexe.
- Exclusion des contributions open source non liées au secteur de l’employeur.
- Règle claire : pas de matériel, pas de code, pas de données de l’employeur.
- Notification seulement si le projet est proche du domaine d’activité.
Position risquée à accepter sans modification
- Cession de tout ce que vous créez “pendant la durée du contrat”.
- Cession de tout ce qui “pourrait être utile” à l’entreprise.
- Interdiction générale de side projects sans procédure d’autorisation.
- Obligation de céder même si le projet est sans lien avec votre travail.
Faites confirmer par un document signé, pas par une phrase orale
Dans la plupart des cas, le bon format est un avenant au contrat ou une annexe “side projects” signée par les deux parties. Un email de “non objection” peut aider, mais il vaut mieux un texte contractuel si votre projet a une valeur.
Si vous êtes dans le canton de Genève ou dans le canton de Vaud, le fond est le même, mais les pratiques RH varient selon les secteurs. Quand l’enjeu est important, un avocat en droit du travail peut vous aider à obtenir une rédaction équilibrée sans perdre l’offre.
3 Clauses et exceptions à proposer (texte à adapter)
Remplacez les éléments entre crochets. Gardez des phrases courtes et testables. L’objectif est d’obtenir une règle simple : ce qui est lié au travail appartient à l’employeur, le reste vous appartient.
Astuce qui change la discussion
Au lieu de parler “d’exception”, proposez une annexe “projets personnels” qui formalise les règles du jeu. C’est plus facile à valider pour une entreprise et plus solide pour vous.
Point à garder en tête
Une clause IP est souvent liée au devoir de fidélité. L’idée n’est pas de faire “tout ce que vous voulez”, mais de pouvoir créer sans zone grise dès que le projet est indépendant et non concurrent.
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4 Tableau de négociation (à remplir avant votre échange RH)
Ce tableau vous aide à rester concret. Une demande = une phrase de clause + une justification courte + une preuve à conserver.
| Point | Ce que vous demandez | Pourquoi c’est raisonnable | Preuve à garder | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Annexe projets antérieurs | Liste de projets existants + exclusion explicite | Clarifie la titularité, évite des litiges futurs | Captures datées, historique, lien dépôt | À discuter |
| Open source | Autorisation + notification seulement si lien direct | Protège l’entreprise et vous permet de contribuer | Email d’accord, annexe signée | En cours |
| Procédure de clarification | Réponse écrite en cas de doute | Réduit l’incertitude, évite l’escalade | Réponse signée ou email formel | Validé |
Conservez tout ce qui confirme les exceptions, idéalement dans un dossier dédié, avec la version signée du contrat et des annexes. La difficulté, en cas de litige, n’est pas d’avoir “raison”, c’est de pouvoir prouver ce qui a été convenu.
5 Quand demander un avis juridique (et éviter une mauvaise surprise)
Signaux d’alarme typiques
Si l’un de ces éléments est présent, le risque est moins “théorique” et plus “bloquant”, surtout si votre side project a une valeur ou un potentiel commercial.
- La clause IP vise explicitement les créations hors horaires, sans condition.
- La clause parle de “domaines futurs” de l’entreprise ou d’activités très larges.
- On vous demande de déclarer tout projet, puis l’employeur décide seul.
- Votre poste est R&D, produit, data, ou un rôle qui touche à des algorithmes ou à des designs clés.
Une reformulation courte, validée par écrit, coûte souvent moins d’efforts que de “gérer au feeling” pendant des mois. Si vous sentez une résistance, un avocat spécialisé peut proposer une rédaction acceptable pour les deux parties.
Ce qu’un expert juridique peut faire rapidement
Un avis personnalisé sert à sécuriser les mots, pas à “faire du conflit”. Le but est d’obtenir une clause qui colle à votre réalité et au modèle de l’entreprise.
- Identifier les points juridiquement ambigus et les reformuler.
- Préparer une annexe “projets antérieurs” qui se tient.
- Proposer un mécanisme simple de notification ou d’autorisation.
- Vérifier l’impact d’une activité accessoire selon votre situation.
Si votre employeur est dans le canton de Genève ou dans le canton de Vaud, JuriUp peut vous orienter vers un avocat en droit du travail habitué à ces clauses. Vous gagnez du temps et vous évitez les formulations qui créent des effets non voulus.
6 Ce que dit le droit suisse : inventions, logiciels, œuvres et devoir de fidélité
La loi répartit déjà la propriété de ce que vous créez. Une clause ne peut s’en écarter que dans certaines limites, et c’est là que se joue la négociation.
Inventions et designs : la règle en trois cercles (art. 332 CO)
Les inventions et les designs que vous réalisez dans l’exercice de votre activité au service de l’employeur et conformément à vos obligations contractuelles lui appartiennent de plein droit, sans indemnité (art. 332 al. 1 CO) : ce sont les inventions de service. Par accord écrit, l’employeur peut se réserver les inventions faites dans l’exercice de l’activité mais en dehors de vos obligations contractuelles, dites occasionnelles ; il doit alors vous dire par écrit, dans les six mois, s’il les acquiert, et vous verser une rétribution spéciale équitable (art. 332 al. 2 à 4 CO). Tout ce qui est créé hors de l’activité professionnelle, le soir, sans lien avec le poste, reste à vous : aucune clause ne peut l’attribuer d’avance à l’employeur.
- La rétribution équitable de l’art. 332 al. 4 CO ne peut pas être supprimée par contrat (art. 362 CO).
- Le critère n’est pas l’horaire mais le lien avec vos tâches et l’usage des moyens de l’entreprise.
Logiciels : l’employeur exerce les droits, mais seulement sur le travail commandé (art. 17 LDA)
Pour un programme d’ordinateur créé dans l’exercice de votre activité et conformément à vos obligations contractuelles, l’employeur est seul autorisé à exercer les droits exclusifs d’utilisation (art. 17 LDA). La règle vise le code que vous êtes payé pour écrire ; elle ne s’étend pas à un dépôt personnel développé sur votre matériel, hors mission. Un contrat peut aller plus loin par une cession expresse, mais celle-ci s’interprète restrictivement : en cas de doute, seuls les droits nécessaires au but du contrat sont considérés comme transférés.
- Vos contributions open source antérieures restent soumises à leur licence : l’employeur ne peut ni les retirer, ni les fermer.
- Séparez physiquement les environnements : compte, machine et dépôts personnels distincts.
Textes, designs, contenus : pas de transfert automatique (art. 16 LDA)
Contrairement au logiciel, les autres œuvres (textes, illustrations, maquettes, vidéos, cours) restent la propriété de leur auteur, même créées au travail, tant que le contrat ne prévoit pas de cession. Le transfert doit être convenu et ne porte que sur les droits expressément visés (art. 16 LDA). Une clause qui cède « toute création réalisée pendant la durée du contrat » est donc bien plus large que la loi ; elle vaut entre vous, mais vous pouvez en contester la portée si elle dépasse le but du contrat de travail.
- Le droit moral (paternité, intégrité de l’œuvre) n’est pas cessible : vous restez l’auteur nommé.
- Pour un side project créatif, listez les œuvres antérieures en annexe comme pour le code.
Devoir de fidélité et activité accessoire (art. 321a CO)
Pendant le contrat, vous devez sauvegarder fidèlement les intérêts légitimes de l’employeur et vous ne pouvez pas accomplir un travail rémunéré pour un tiers si cela viole ce devoir, en particulier si vous lui faites concurrence (art. 321a al. 3 CO). Un projet personnel non concurrent, réalisé hors temps de travail et sans nuire à vos prestations, n’est pas interdit par la loi ; c’est le contrat ou le règlement qui peut imposer une annonce. Un secret d’affaires appris au travail reste protégé même après la fin du contrat (art. 321a al. 4 CO).
- Une interdiction générale de tout side project, sans lien avec un intérêt légitime, peut être un engagement excessif (art. 27 al. 2 CC).
- Après le contrat, seule une clause de non-concurrence écrite et limitée (art. 340 à 340c CO) peut vous restreindre.
Les limites d’une clause « fourre-tout » : le droit du travail est en partie impératif (art. 361 et 362 CO) et une clause ne peut pas vous faire renoncer d’avance à des créances issues de ces règles (art. 341 CO). Une cession illimitée de vos créations futures, sans lien avec le poste, peut en outre être réduite par le juge comme atteinte excessive à votre liberté économique (art. 27 al. 2 CC). Ces arguments servent d’abord à négocier ; ils s’utilisent en justice seulement si l’annexe n’a pas été obtenue.
7 En cas de litige : preuve, prud’hommes, IPI
Si la clause est déjà signée ou si l’employeur revendique un projet, la question devient une affaire de preuve et de procédure.
Prouver l’antériorité et l’indépendance du projet
Ce qui convainc un juge : l’historique horodaté d’un dépôt de code (commits, releases), les archives datées d’un site ou d’une publication, les factures de vos outils et de votre matériel, les échanges montrant que le projet n’a jamais utilisé de données ni de ressources de l’entreprise. Un dépôt privé chez un tiers de confiance ou un constat notarié daté renforce la preuve pour un projet à forte valeur. En Suisse, il n’existe pas d’enregistrement officiel des droits d’auteur : la preuve est libre, d’où l’importance de la documenter tôt.
- Enregistrez une description non confidentielle du projet avant l’entrée en fonction et envoyez-la à RH si l’annexe tarde.
- Ne développez jamais depuis le réseau, le compte ou la machine de l’employeur, même « juste pour tester ».
Où et comment se règle le litige
Les litiges entre employeur et travailleur relèvent du tribunal des prud’hommes ou du tribunal du travail du canton (à Genève et dans le canton de Vaud, une juridiction spécialisée). La procédure est gratuite jusqu’à 30 000 francs de valeur litigieuse (art. 114 let. c CPC), précédée d’une conciliation, et le juge établit les faits d’office jusqu’à ce montant (art. 247 al. 2 CPC). La titularité d’un brevet ou d’un droit d’auteur peut aussi relever du tribunal civil ordinaire, voire du Tribunal fédéral des brevets pour les inventions ; l’action en constatation de propriété n’est pas soumise à un délai bref, mais l’attente affaiblit la preuve.
- Un avocat en droit du travail évalue en une consultation si la clause dépasse l’art. 332 CO et l’art. 17 LDA.
- La protection juridique de votre assurance ménage couvre souvent ce type de litige : vérifiez la police.
L’Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle (IPI)
L’IPI, à Berne, délivre les brevets, marques et designs suisses et publie des guides gratuits sur les inventions des travailleurs, les licences open source et la protection des logiciels. Il ne tranche pas les litiges de titularité, mais ses informations aident à qualifier votre projet : simple idée non protégeable, logiciel protégé par le droit d’auteur dès sa création, invention brevetable, design enregistrable. Cette qualification détermine quel article de loi s’applique et donc qui est propriétaire.
- Une invention brevetable réalisée hors du poste reste à vous, mais l’art. 332 al. 2 CO peut la rendre « occasionnelle » si votre contrat le prévoit : lisez cette clause en priorité.
- Le dépôt d’un brevet ou d’un design à votre nom, avant tout conflit, fixe la date et le titulaire.
Si vous avez déjà signé une clause large
Rien n’est perdu : demandez un avenant en présentant votre projet comme non concurrent et réalisé sans moyens de l’entreprise ; beaucoup d’employeurs signent une lettre de non-revendication pour un projet précis. À défaut, gardez la preuve de l’indépendance du projet et, au moment de le commercialiser ou de le publier en open source, faites analyser la clause : ce qui est hors de l’activité professionnelle vous appartient de par la loi, quelle que soit la formulation. En cas de changement d’employeur, réglez la question par écrit avant le départ.
- Une lettre de non-revendication signée par une personne habilitée à engager la société suffit.
- Refuser de céder un projet indépendant n’est pas un motif de licenciement valable ; un congé donné pour ce motif peut être abusif (art. 336 CO).
Mots clés à connaître : invention de service (appartient à l’employeur), invention occasionnelle (l’employeur peut se la réserver par écrit contre rétribution), invention libre (vous appartient) ; logiciel de service (art. 17 LDA) ; cession de droits d’auteur (art. 16 LDA, interprétation restrictive). Reprendre ces termes dans votre annexe montre à RH que vous connaissez le cadre et facilite l’accord.
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8 FAQ : clause IP side project en Suisse
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Mon employeur peut-il revendiquer un projet fait le week-end, sur mon ordinateur privé ?
Cela dépend beaucoup de la clause contractuelle et du lien avec votre travail. Même si vous développez sur votre temps privé, une clause très large peut créer une zone grise. Pour limiter le risque, négociez une annexe qui exclut explicitement les projets personnels indépendants, et gardez des preuves sur la date de création et les moyens utilisés.
Est-ce que contribuer à un projet open source peut poser problème ?
Oui, surtout si votre contrat inclut une cession large des créations ou si l’open source touche au même domaine que l’entreprise. La solution la plus simple est une autorisation contractuelle, avec une règle claire sur l’absence d’outils, de code, de données et d’informations non publiques de l’employeur.
On me dit “ne vous inquiétez pas, on ne revendiquera jamais”, est-ce suffisant ?
Une phrase orale rassure, mais ne protège pas suffisamment si un conflit surgit plus tard ou si l’interlocuteur change. Le plus sûr est d’obtenir un texte écrit, idéalement une annexe signée qui liste vos projets antérieurs et précise le traitement des projets personnels futurs.
Est-ce que je dois déclarer tous mes projets personnels à l’employeur ?
Pas forcément. Une obligation de déclaration très large peut être lourde et anxiogène, et elle peut aussi vous exposer à des discussions inutiles. Dans beaucoup de situations, une meilleure option est une notification uniquement en cas de proximité réelle avec les missions du poste ou le domaine d’activité, avec une procédure simple de confirmation écrite.
Mon contrat dit que toutes mes inventions appartiennent à l’employeur, même celles faites hors travail : est-ce valable ?
Non pour la partie qui dépasse la loi. L’art. 332 CO distingue trois situations : les inventions de service, faites dans l’exercice de votre activité et conformément à vos obligations, appartiennent à l’employeur ; les inventions occasionnelles, faites dans l’exercice de l’activité mais hors de vos obligations, peuvent lui être réservées par une clause écrite, avec une décision dans les six mois et une rétribution spéciale équitable que le contrat ne peut pas exclure (art. 362 CO) ; les inventions libres, sans lien avec votre activité professionnelle, restent à vous et aucune clause ne peut vous les prendre d’avance. Une formule « toutes les inventions pendant la durée du contrat » s’interprète donc comme visant au plus les deux premières catégories. Pour un logiciel, l’art. 17 LDA suit la même logique ; pour les autres œuvres, l’art. 16 LDA exige une cession expresse, lue de manière restrictive. La clause reste un signal de conflit potentiel : négociez l’annexe plutôt que de compter sur la nullité partielle.
Mon employeur peut-il m’interdire de publier mon projet en open source pendant le contrat ?
Il peut l’interdire seulement si la publication viole votre devoir de fidélité (art. 321a CO) : projet concurrent, réutilisation de code, de données ou de secrets d’affaires de l’entreprise, ou atteinte à vos prestations. Un projet sans lien avec le domaine de l’employeur, développé sur vos moyens et votre temps, peut être publié librement, et une interdiction générale de toute contribution open source va au-delà de ce que la loi permet d’exiger. Deux précautions : si votre contrat prévoit une obligation d’annonce, respectez-la par écrit avec une description non confidentielle ; et si le projet touche de près à vos missions, obtenez une lettre de non-revendication avant la publication, car une fois le code sous licence libre, un litige de titularité devient inextricable pour tout le monde.
Rédigé par la Rédaction juridique JuriUp
Équipe de rédaction et de contenu juridique de JuriUp, plateforme de mise en relation avec des experts juridiques en Suisse romande.


