Escroquerie et abus de confiance : informations générales
Comprendre ces notions de manière générale, identifier les situations trompeuses et découvrir les démarches de base pour protéger vos droits.

Équipe JuriUp
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Être victime d'une perte financière engendre souvent un sentiment d'injustice profond. En Suisse romande, de nombreux justiciables confondent les différentes infractions liées au patrimoine. Pourtant, la loi suisse opère une distinction très nette entre une personne qui vous trompe pour obtenir votre argent et une personne qui détourne des fonds que vous lui aviez légitimement confiés. Comprendre ces nuances est essentiel pour qualifier correctement les faits lors d'une démarche officielle.
Dans le domaine du droit pénal, la précision des termes revêt une importance capitale. Le Code pénal suisse (CP) encadre les atteintes au patrimoine selon différentes conditions d'application. Une plainte mal formulée ou s'appuyant sur des éléments juridiquement inexacts risque de mener à une ordonnance de non-entrée en matière rendue par le Ministère public.
Objectif principal
Qualifier l'infraction
Démarche clé
Dépôt de plainte
Action JuriUp
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Bon à savoir
Face à une situation complexe, il est vivement recommandé de faire appel à un avocat spécialisé pour rédiger votre plainte. JuriUp vous connecte avec l'expert juridique idéal dans votre canton pour analyser vos preuves et maximiser vos chances de succès.
1. L'escroquerie selon le Code pénal suisse (art. 146 CP)
L'escroquerie est définie à l'article 146 du Code pénal suisse. Elle implique qu'un individu, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime, induise astucieusement une personne en erreur. Cette tromperie doit amener la victime à des actes préjudiciables à ses propres intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers. Le critère central de cette infraction réside dans la notion de tromperie astucieuse.
La jurisprudence du Tribunal fédéral est stricte concernant l'astuce. Un simple mensonge ne suffit généralement pas à caractériser l'escroquerie. Il faut que l'auteur échafaude un édifice de mensonges, qu'il utilise des manœuvres frauduleuses ou une mise en scène complexe. L'astuce est également retenue si l'auteur dissuade la victime de vérifier ses dires ou s'il prévoit que la victime ne procédera à aucune vérification en raison d'un rapport de confiance particulier. Si la tromperie se déroule sur internet, ce qui relève souvent du droit du numérique et protection des données, les mécanismes d'astuce s'apprécient au regard des outils technologiques employés.
Les éléments constitutifs
- Une tromperie qualifiée d'astucieuse au sens de la loi.
- Une erreur chez la victime provoquée par cette tromperie.
- Un acte de disposition patrimoniale de la victime (elle remet des fonds).
- Un dommage financier direct.
Sanctions prévues par la loi
Le Code pénal prévoit des sanctions pour punir l'escroquerie, dont la sévérité dépend de la gravité des faits. En cas de circonstances aggravantes (par exemple, si l'auteur agit par métier), les peines encourues sont plus lourdes.
L'importance de l'analyse juridique
Si la victime a fait preuve d'une légèreté coupable (co-responsabilité), le Tribunal fédéral considère souvent que l'astuce fait défaut. Confier votre dossier à un avocat spécialisé via JuriUp permet de démontrer en quoi la tromperie était indécelable.
2. L'abus de confiance (art. 138 CP) : quand la confiance est trahie
L'abus de confiance (article 138 du Code pénal suisse) se distingue de l'escroquerie par des éléments constitutifs différents. La remise du bien ou de l'argent s'est faite de manière parfaitement licite et volontaire, par exemple dans le cadre d'un contrat ou d'un mandat. L'infraction naît au moment où l'auteur, qui a reçu ces valeurs, décide de se les approprier ou de les utiliser à son propre profit contrairement aux instructions reçues.
Cette situation se rencontre fréquemment dans le droit des contrats et des affaires, lorsqu'un partenaire commercial, un gérant de fortune ou un employé détourne des fonds qui lui ont été confiés pour une tâche précise. La loi distingue l'appropriation d'une chose mobilière (un objet matériel) et le détournement de valeurs patrimoniales (comme de l'argent viré sur un compte bancaire). Dans les deux cas, l'auteur agit pour se procurer un enrichissement illégitime.
Conditions de l'abus de confiance
- Un rapport de confiance préexistant, souvent contractuel.
- La remise d'une chose ou de valeurs patrimoniales.
- L'obligation d'en faire un usage déterminé ou de les restituer.
- La violation de cette obligation pour un enrichissement personnel.
Sanctions applicables
- La loi prévoit des sanctions pénales qui varient selon les circonstances spécifiques de l'infraction.
- Si l'auteur agit en qualité de membre d'une autorité, de fonctionnaire, de tuteur ou d'administrateur, la peine est aggravée.
Erreur fréquente de qualification
Si vous prêtez votre voiture à une connaissance et qu'elle refuse de vous la rendre, il ne s'agit pas d'un vol ni d'une escroquerie, mais typiquement d'un abus de confiance. La distinction est cruciale pour la validité de vos démarches pénales.
3. Procédure pas à pas pour déposer plainte en Suisse
Réagir face à une infraction financière requiert de la méthode. En droit suisse, bien que l'escroquerie et l'abus de confiance soient généralement poursuivis d'office (sauf s'ils sont commis au préjudice de proches ou de familiers, auquel cas ils sont poursuivis sur plainte), le dépôt formel d'une plainte pénale constitue souvent le point de départ incontournable de l'enquête. Cette démarche permet au Ministère public d'être informé des faits et d'ouvrir une instruction.
Avant de vous rendre au poste de police ou de rédiger un courrier au Ministère public, il convient de rassembler méticuleusement vos moyens de preuve. Les autorités ont besoin d'éléments tangibles pour ordonner des mesures de contrainte telles que la levée du secret bancaire ou des perquisitions.
Les étapes à suivre scrupuleusement
- Rassemblez l'intégralité de vos preuves (échanges d'emails, contrats, relevés bancaires, quittances, captures d'écran).
- Rédigez une chronologie factuelle précise, dénuée de jugements de valeur, expliquant le déroulement de l'affaire.
- Déposez la plainte auprès de la police cantonale ou adressez un courrier recommandé directement au Ministère public compétent.
- Constituez-vous partie plaignante pour avoir accès au dossier et pouvoir faire valoir vos conclusions civiles.
Une plainte bien préparée et juridiquement argumentée accélère considérablement le travail du Ministère public. Faire relire et structurer vos faits par un avocat spécialisé avant le dépôt augmente significativement vos chances de voir l'instruction aboutir.
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4. Que se passe-t-il après le dépôt de la plainte ?
Une fois la plainte déposée, la procédure pénale suisse s'enclenche. Le Ministère public cantonal, parfois assisté par la police judiciaire, va mener des investigations pour vérifier si les éléments constitutifs de l'escroquerie ou de l'abus de confiance sont réunis. C'est à ce stade que l'évaluation de l'astuce (pour l'article 146 CP) ou de l'obligation de restitution (pour l'article 138 CP) sera réalisée de manière approfondie par le procureur.
En parallèle de la voie pénale, il est souvent nécessaire d'envisager la récupération des fonds. Vous pouvez faire valoir vos dommages financiers (conclusions civiles) directement dans le cadre de la procédure pénale. Si l'auteur est introuvable ou insolvable, des démarches en lien avec les poursuites et faillites peuvent s'avérer nécessaires pour garantir vos droits sur le plan civil.
Étape 1 : Instruction et enquête
Le procureur rassemble les preuves, auditionne les parties et les témoins. Il peut requérir des documents bancaires ou ordonner des séquestres pour bloquer les fonds restants.
Étape 2 : Décision du Ministère public
S'il n'y a pas d'infraction, le procureur rend une ordonnance de classement. Si les faits sont avérés, il peut rendre une ordonnance pénale ou renvoyer l'auteur devant le tribunal compétent.
Étape 3 : Jugement et indemnisation
Le juge pénal prononce la peine et statue généralement sur vos conclusions civiles, vous octroyant ainsi un titre exécutoire pour récupérer votre argent.
Résumé rapide à retenir
L'escroquerie (art. 146 CP) repose sur des critères juridiques spécifiques liés à la tromperie.
L'abus de confiance (art. 138 CP) concerne le détournement de biens ou d'argent qui avaient été légitimement confiés.
Les sanctions pénales s'adaptent à la gravité de l'infraction et aux circonstances du cas d'espèce.
Un dossier solide et préparé avec un expert juridique via JuriUp est essentiel pour éviter un classement de la plainte.
Besoin d'un avocat pour analyser votre situation ?
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Questions fréquentes
Quel est le délai pour porter plainte en Suisse ?
Si l'infraction est poursuivie sur plainte (par exemple si elle concerne un proche), un délai légal s'applique dès la connaissance de l'auteur. Pour les infractions poursuivies d'office, l'action pénale est soumise à des délais de prescription spécifiques. Un avocat pourra vérifier précisément les délais applicables à votre cas.
Puis-je récupérer mon argent avec une plainte pénale ?
Oui, il est possible de faire valoir vos conclusions civiles (demande de dédommagement) au sein même de la procédure pénale. Le juge pénal se prononcera sur ce point, vous évitant de devoir intenter un procès civil séparé.
Pourquoi le procureur parle-t-il de litige purement civil ?
Le Ministère public classe souvent les affaires en estimant qu'il n'y a pas d'astuce (pour l'escroquerie) ou pas d'intention de détournement (pour l'abus de confiance). C'est pourquoi l'intervention d'un expert juridique de JuriUp est décisive pour démontrer le caractère pénal des agissements.