Infraction poursuivie d'office

Porter plainte pour mariage forcé en Suisse

Le mariage forcé est une atteinte grave à votre liberté et une infraction pénale sévèrement punie en Suisse. Si vous subissez des pressions ou des menaces pour vous marier contre votre gré, la loi vous protège. Découvrez les démarches pour dénoncer cette situation et vous mettre en sécurité.

Vous n'êtes pas seul.e, des solutions existent

Le mariage forcé est une violence inacceptable. L'aide aux victimes d'infractions (LAVI) vous offre un soutien immédiat, confidentiel et entièrement gratuit pour vous aider à retrouver votre liberté, sans aucun jugement moral.

  • Mettez-vous en lieu sûr ou contactez la police au 117 en cas de danger imminent.
  • Ne voyagez pas à l'étranger si vous avez un doute sur les intentions de votre famille concernant le but du voyage.
  • Confiez-vous rapidement à une personne de confiance (ami, enseignant, médecin, travailleur social).
  • Contactez immédiatement le centre LAVI de votre canton, même de manière anonyme, pour être conseillé.
Police secours (urgence absolue)117Aide aux victimes en Suisse (LAVI)aide-aux-victimes.chLigne nationale d'aide aux enfants et aux jeunes147

Ces échanges sont gratuits et confidentiels. Prendre soin de vous passe avant toute démarche.

En résumé

Le mariage forcé est poursuivi d'office par les autorités suisses (art. 181a CP). Il n'y a donc aucun délai de plainte restreint à trois mois, et une dénonciation peut être déposée à tout moment. Vous pouvez signaler les faits gratuitement auprès de la police cantonale ou du Ministère public. Une assistance immédiate et confidentielle est disponible.

§Art. 181a CPMariage forcé§Art. 30 CPDroit de plainte

01Comprendre l'infraction

Le mariage forcé en Suisse (Art. 181a CP) est un délit grave qui bafoue le libre consentement, principe fondamental pour toute union. Selon le Code pénal, cette infraction est constituée lorsqu'une personne est contrainte de conclure un mariage ou un partenariat enregistré contre sa volonté.

Les moyens de contrainte

La loi sanctionne le recours à divers moyens pour imposer l'union : - La violence physique ou la séquestration. - Les menaces d'un dommage grave (menace de mort, exclusion de la famille, représailles sur des proches). - L'entrave à la liberté d'action (chantage affectif lourd, pressions psychologiques insoutenables, confiscation des papiers d'identité).

Sachez que le consentement au mariage ne doit souffrir d'aucune pression. Si l'union a déjà été célébrée sous la contrainte, il est possible d'en demander l'annulation civile (voir la nullité du mariage en Suisse). Parallèlement, le droit pénal punit l'auteur des faits d'une peine privative de liberté pouvant aller jusqu'à cinq ans. Cette protection stricte s'applique même si le mariage a été célébré à l'étranger, pour autant que la victime ou l'auteur ait un lien avec la Suisse.

Contrainteart. 181 CP

Obliger quelqu'un à un acte contre son gré, sans viser spécifiquement le mariage.

Mariage forcéart. 181a CP

Contrainte exercée dans le but précis d'imposer un mariage ou un partenariat.

Ce qui doit être réuni

  • La volonté de l'auteur d'imposer un mariage ou un partenariat enregistré à la victime.
  • L'usage de la violence, de menaces graves ou d'une forte pression psychologique.
  • Le lien de causalité entre la contrainte subie et la conclusion (ou la tentative) du mariage.
  • L'intention délibérée de forcer la victime à agir contre son libre arbitre.

Exemples concrets

  • Une jeune femme est menacée d'être reniée et expulsée du domicile familial si elle refuse d'épouser un homme choisi par ses parents.
  • Un individu confisque le passeport de sa partenaire et exerce un chantage affectif extrême pour la forcer à se marier à l'étranger.
  • Des parents utilisent la violence physique pour contraindre leur enfant à signer des documents de mariage civil à la commune.

02La procédure, pas à pas

  1. 1

    Se mettre en sécurité

    Contactez la police ou un centre d'aide aux victimes (LAVI) pour être mis à l'abri immédiatement.

  2. 2

    Rassembler les preuves

    Conservez les messages, e-mails ou correspondances prouvant les menaces et les pressions.

  3. 3

    Déposer la dénonciation

    Rendez-vous dans un poste de police pour expliquer la situation et dénoncer les auteurs.

  4. 4

    Se constituer partie plaignante

    Déclarez vouloir participer à la procédure pénale pour avoir accès au dossier et faire valoir vos droits.

03Le délai à respecter

Le mariage forcé est un délit poursuivi d'office par l'Etat. Cela signifie qu'il n'y a aucun délai de plainte de trois mois à respecter, contrairement aux infractions mineures. Vous pouvez dénoncer les faits à la police à tout moment pour déclencher une enquête, tant que le délai de prescription de l'action pénale (qui s'élève à 15 ans pour ce type d'infraction) n'est pas échu.

À faire

  • Captures d'écran de messages (SMS, WhatsApp) contenant des menaces ou du chantage affectif.
  • Témoignages d'amis, de professeurs ou de collègues informés de la situation.
  • Certificats médicaux en cas de violences physiques ou de détresse psychologique avérée.
  • Documents de voyage ou billets d'avion achetés sans votre accord pour un départ à l'étranger.

À éviter

  • Céder à la pression familiale en pensant qu'il s'agit d'une simple tradition inévitable.
  • Effacer les messages de menaces par peur des représailles.
  • Accepter de se rendre à l'étranger sans alerter au préalable une personne de confiance en Suisse.
  • Hésiter à demander de l'aide par peur de nuire pénalement à sa propre famille.

04Où déposer, selon votre canton

  • Canton de GenèveDénonciation possible auprès de la Brigade de protection de la famille.
  • Canton de VaudLa police cantonale et les centres LAVI travaillent en réseau pour sécuriser rapidement la victime.
  • Canton du ValaisLes postes de la police cantonale sont formés pour orienter vers des structures d'hébergement d'urgence discrètes.
  • Canton de FribourgLes signalements peuvent être faits en toute confidentialité auprès des agents de proximité.

05Qui peut porter plainte, et le retrait

Qui a le droit de dénoncer les faits

Toute personne ayant connaissance d'un mariage forcé peut le dénoncer aux autorités. Il peut s'agir de la victime elle-même, mais aussi d'un proche, d'un enseignant, d'un travailleur social ou d'un médecin inquiet. La victime devra ensuite se constituer partie plaignante si elle souhaite avoir accès au dossier pénal et participer activement à la procédure contre les auteurs.

Peut-on retirer sa plainte ?

S'agissant d'une infraction poursuivie d'office, le simple fait de retirer votre dénonciation ou de déclarer ne plus vouloir agir pénalement ne mettra pas fin à l'enquête. Le Ministère public a l'obligation légale de poursuivre l'instruction dès lors qu'il a connaissance des faits, ceci afin de protéger les victimes qui subiraient de nouvelles pressions pour les forcer à reculer.

06Après la plainte

Une fois la dénonciation enregistrée, les autorités pénales prennent la situation très au sérieux afin d'assurer avant tout la sécurité de la personne menacée. - Auditions séparées et discrètes menées par la police. - Mise en place éventuelle de mesures de protection d'urgence (éloignement, hébergement secret). - Instruction par le Ministère public avec recherche active de preuves. - Renvoi devant le tribunal pour un jugement pénal des auteurs de la contrainte. En vous constituant partie plaignante, vous serez tenu informé des avancées de l'enquête et pourrez faire valoir vos droits avec l'appui d'un avocat.

L'avis de JuriUp

Dans les affaires de mariage forcé, le danger le plus grand réside souvent dans l'isolement progressif de la victime et dans l'organisation d'un départ soudain vers l'étranger. L'erreur fréquente est d'espérer que la situation s'apaisera d'elle-même en acceptant des compromis pour préserver la paix familiale.

Notre recommandation est de réagir avant tout voyage suspect ou démarche administrative. Sécurisez discrètement vos papiers d'identité et alertez un professionnel de la santé ou les autorités judiciaires. La loi suisse vous protège fermement contre toute forme de contrainte matrimoniale, et des structures étatiques sont prêtes à vous héberger en urgence dans un lieu tenu secret.

07Questions fréquentes

Un mariage forcé survient lorsqu'une personne utilise la violence, de graves menaces ou une forte pression psychologique pour obliger une autre personne à se marier ou à conclure un partenariat enregistré. Cette contrainte annule le libre choix du conjoint et constitue un délit pénal sévèrement puni (art. 181a CP).

L'auteur encourt une peine privative de liberté pouvant aller jusqu'à cinq ans ou une peine pécuniaire. Fait important, la sanction s'applique même si le mariage a été célébré à l'étranger, pour autant que la contrainte ait un lien avec la Suisse ou qu'elle y ait produit ses effets.

Oui, un mariage conclu sous la contrainte est considéré comme foncièrement vicié. Il est tout à fait possible de saisir le juge civil pour demander la nullité absolue du mariage (art. 105 et 107 CC), en parallèle de la procédure pénale engagée contre les auteurs de la pression.

Les autorités policières et judiciaires agissent avec la plus grande prudence pour garantir votre sécurité. Les auditions et les démarches se font dans le but de vous protéger en priorité. Vous pouvez par ailleurs consulter un centre LAVI en toute confidentialité avant même de faire appel à la police.

Le mariage arrangé, situation dans laquelle les familles proposent une union mais où les futurs époux restent totalement libres de refuser sans subir de pressions ni de représailles, est autorisé. L'infraction pénale n'existe que si le consentement libre est entravé par la violence ou la contrainte.

Agissez impérativement avant de quitter le territoire suisse. Cachez votre passeport ou votre carte d'identité si nécessaire et alertez immédiatement la police (117) ou un centre d'aide aux victimes. Une fois à l'étranger, la protection consulaire suisse peut s'avérer beaucoup plus complexe à mettre en œuvre.

Contenu vérifié par l'équipe juridique JuriUp

Contenu rédigé et vérifié par l'équipe juridique JuriUp sur la base du Code pénal suisse, du Code de procédure pénale et des informations du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM).

Le rôle d'un professionnel du droit

L'intervention d'un professionnel du droit permet d'agir avec tact et fermeté dans des situations souvent complexes qui relèvent à la fois du droit pénal et du droit de la famille. Un juriste ou un avocat vous aide à qualifier pénalement les pressions subies et s'assure que votre sécurité soit garantie lors des démarches auprès des autorités cantonales.

En vous représentant en tant que partie plaignante, il devient votre relais face à la justice. Il veille à ce que vos droits procéduraux soient respectés tout au long de l'instruction, vous évitant de faire face seul aux auteurs de la contrainte. Il peut également vous accompagner de manière coordonnée dans la procédure civile d'annulation si l'union a déjà été prononcée.

Pour aller plus loin

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Être accompagné et protégé dans vos démarches

Si vous subissez des pressions ou des menaces, la priorité est de vous mettre en sécurité. Un juriste ou un avocat en Suisse vous conseille en toute confidentialité sur les moyens d'agir dans les règles et de vous protéger efficacement.

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Cette page est fournie à titre d'information générale sur le droit suisse et ne constitue pas un conseil juridique ; elle ne saurait engager la responsabilité de JuriUp. Chaque situation est particulière : pour agir, faites analyser la vôtre par un juriste ou un avocat. En cas d'urgence ou de danger, contactez la police (117).

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