Mon ex-conjoint a-t-il le droit de garder mon nom de famille après le divorce ?
Réponse vérifiée par des juristes et avocats Mis à jour le 17 août 2026 Droit suisse
Oui. L'article 119 du Code civil prévoit que l'époux qui a changé de nom lors du mariage conserve ce nom après le divorce. Il s'agit d'un droit strictement personnel. Vous ne pouvez donc pas obliger votre ex-conjoint à reprendre son nom de célibataire, même en cas de conflit.
- Conservation automatique du nom acquis par le mariage après le divorce.
- Décision strictement personnelle de garder ou de changer de nom.
- Possibilité pour l'ex-conjoint de reprendre son nom de célibataire en tout temps.
- Impossibilité légale pour vous de l'y contraindre, même par convention.
Ce que dit la loi
Ce que dit le droit suisse
La question du nom de famille après un divorce est souvent source de vives tensions. En Suisse, la règle est claire et fixée par l’article 119 du Code civil (CC) : l’époux qui a modifié son nom de famille lors du mariage pour prendre celui de son partenaire conserve ce nom après la dissolution de l’union.
Cette conservation est le principe légal par défaut. Le législateur considère que le nom acquis au moment du mariage devient un élément indissociable de l’identité de la personne, d’autant plus s’il est partagé avec les enfants du couple. Par conséquent, en tant qu’ex-conjoint, vous n’avez aucun droit d’exiger qu’il ou elle renonce à votre patronyme dans le cadre de votre procédure de divorce.
La reprise du nom de célibataire : un choix personnel
Si la conservation du nom est la norme, la personne divorcée dispose du droit absolu et inaliénable de reprendre son nom de célibataire. Cette démarche relève d’une décision strictement personnelle. Elle peut être entreprise en tout temps, soit immédiatement lors du prononcé du divorce, soit des années plus tard.
Pour ce faire, il n’est pas nécessaire de passer par un tribunal ou de justifier de motifs particuliers. Il suffit à la personne concernée de déposer une simple déclaration à l’officier de l’état civil de son lieu de domicile ou d’origine. Vous ne pouvez, en aucune façon, la forcer à effectuer cette démarche, ni même inclure une clause contraignante à ce sujet dans une convention de divorce régie par le droit de la famille.
En pratique
Si votre ex-conjoint décide de conserver votre nom de famille, cela ne crée aucun lien juridique supplémentaire entre vous après l’entrée en force du jugement. Chacun reprend son indépendance totale. Même si cette situation vous dérange personnellement ou contrarie votre nouvelle famille, les tribunaux suisses n’entreront pas en matière sur une demande visant à forcer votre ex-époux ou ex-épouse à changer de nom.
Les exceptions et les pièges
Cas particulier 1 : l’usurpation d’identité ou l’abus de droit. Si votre ex-conjoint utilise la conservation de votre nom de famille dans le but unique de vous nuire de manière avérée (par exemple en se faisant passer pour vous dans des transactions professionnelles pour salir votre réputation), il s’agit d’une atteinte à la personnalité. Toutefois, ce n’est pas le port du nom en lui-même qui est sanctionné, mais l’usage abusif et préjudiciable qui en est fait.
Cas particulier 2 : le changement de nom pour justes motifs. Si vous souhaitez vous-même vous défaire de votre propre patronyme en raison du lourd passif lié au mariage, cela ne relève plus du divorce, mais de la procédure administrative ordinaire. Il vous faudra alors prouver au gouvernement cantonal l’existence de motifs légitimes importants, ce qui reste exceptionnel en Suisse.
Un cas concret
Exemple vécu
Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse
Marc et Sophie ont divorcé dans le canton de Fribourg. Lors de leur mariage, Sophie avait pris le nom de famille de Marc (Dupont). Après la séparation, Marc refait sa vie et exige formellement que Sophie reprenne son nom de jeune fille (Martin) pour éviter toute confusion avec sa nouvelle compagne. Sophie refuse, car elle souhaite garder le même nom que leurs enfants communs. Juridiquement, Marc ne peut rien faire : Sophie a le droit absolu de conserver le nom Dupont sa vie durant, et l'état civil n'enregistrera aucune modification sans le consentement direct de cette dernière.
Les bases légales
- Art. 119 CCfedlex Nom après le divorce
Valable dans quel canton ?
Cette réponse repose sur le droit fédéral : la règle est la même dans toute la Suisse, quel que soit votre canton.
- Genève
- Vaud
- Valais
- Fribourg
- Neuchâtel
- Jura
- Berne
- et tous les cantons suisses
Que faire concrètement
-
Aborder la question à l'amiable
Lors des discussions préparatoires au divorce, vous pouvez exprimer votre souhait que votre ex-conjoint reprenne son nom de célibataire. L'accord doit se faire sans aucune pression.
-
Rédiger la convention de divorce
Si votre ex-conjoint accepte de reprendre son nom de célibataire, vous pouvez l'acter dans la convention de divorce. Toutefois, la démarche effective relèvera toujours de sa seule volonté auprès de l'état civil.
-
Accepter la décision finale
Si votre ex-conjoint refuse catégoriquement, vous devez accepter que le droit suisse lui permet de conserver votre nom définitivement. Aucune action en justice ne pourra l'y contraindre.
-
Signaler tout abus manifeste
Si, après le divorce, votre ex-conjoint se sert de votre nom commun pour commettre des fraudes ou nuire à votre réputation professionnelle, documentez ces faits en vue d'une plainte pour atteinte à la personnalité.
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Questions fréquentes
Oui. L'article 119 du Code civil autorise la reprise du nom de célibataire en tout temps, même des dizaines d'années après le prononcé du divorce, par une simple déclaration à l'état civil.
Non. En principe, le nom des enfants mineurs reste celui qui leur a été attribué à la naissance. Un changement de nom pour l'enfant ne peut intervenir que dans des cas exceptionnels et requiert l'accord de l'autorité.
Ça dépend. S'il utilise légitimement son nom de famille officiel, vous ne pouvez pas vous y opposer. S'il y a un risque de confusion délibéré pour détourner votre clientèle, la loi sur la concurrence déloyale peut s'appliquer.
Non. Lors d'un remariage, le principe est que chaque époux conserve son nom. Ainsi, votre ex-conjoint conserverait par défaut le nom issu de votre mariage, à moins de déclarer expressément vouloir prendre le nom de son nouveau partenaire.
Oui. La déclaration de reprise du nom de célibataire à l'état civil est soumise à un émolument cantonal, généralement compris entre 75 et 100 francs, auxquels s'ajoutent les frais de renouvellement des papiers d'identité.
Non. Si vous choisissez de reprendre votre nom de célibataire après le divorce, les frais administratifs liés à la modification de vos pièces d'identité et de vos contrats sont entièrement à votre charge.
L’avis de l’équipe JuriUp
Equipe JuriUp
Juristes & avocats partenaires - droit suisse
Dans notre pratique, la question du maintien du nom après le divorce suscite énormément de ressentiment. La croyance populaire voudrait que le nom soit un « bien » prêté par l’un des conjoints et qu’il doive être rendu à la fin de l’union. C’est une erreur. Depuis la révision du droit en 2013, le principe de l’unité du nom de la famille a cédé sa place à la protection de l’identité personnelle de chaque époux.
Le réflexe à adopter est de séparer l’aspect émotionnel de l’aspect juridique. Un juge refusera toujours de valider une clause vous permettant d’obliger votre ex-conjoint à changer de nom. Si cette question est un point de blocage majeur, privilégiez le dialogue ou la médiation familiale pour comprendre les raisons de l’autre, qui sont souvent liées au désir de porter le même nom de famille que les enfants communs.
Sources officielles
- Autorité fédérale : Article 119 du Code civil (Nom après le divorce)
- Ch.ch : Les conséquences d'un divorce
- Office fédéral de la justice : Droit du nom
Informations vérifiées le 17 août 2026
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La règle exposée ici découle directement de la loi et s’applique dans toute la Suisse. Cette page fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : faites valider votre situation par un professionnel via JuriUp.