Rétrogradation au travail
La rétrogradation est la réaffectation d'un employé à un poste de niveau inférieur, impliquant généralement une baisse de responsabilités ou de salaire.
Définition et explication
En droit suisse du travail, le contrat lie l’employeur et l’employé sur des éléments essentiels, tels que la fonction, le cahier des charges et le salaire. Une rétrogradation consiste à modifier ces éléments au détriment du travailleur. Selon le Code des obligations (CO), un employeur ne peut pas imposer unilatéralement un déclassement professionnel.
Pour être juridiquement valable, une rétrogradation doit faire l’objet d’un accord mutuel (avenant au contrat). Si vous refusez cette modification, l’employeur n’a d’autre choix que de recourir à un congé-modification (art. 335 CO). Il s’agit d’une résiliation du contrat actuel assortie d’une offre pour un nouveau contrat aux conditions inférieures. Le délai de congé légal ou contractuel doit impérativement être respecté avant que les nouvelles conditions n’entrent en vigueur.
Dans certains cas, la rétrogradation peut être utilisée comme mesure disciplinaire. Toutefois, cela exige que cette sanction soit formellement prévue dans un règlement d’entreprise ou une Convention Collective de Travail (CCT), et qu’elle respecte le principe de proportionnalité.
Quand une rétrogradation est-elle applicable ?
- Restructuration de l’entreprise : L’employeur supprime un niveau hiérarchique et propose un reclassement plutôt qu’un licenciement.
- Insuffisance de performance : L’employé ne parvient pas à assumer les responsabilités de son poste actuel.
- Mesure disciplinaire : Suite à une faute, prévue par le règlement interne, justifiant un retrait de responsabilités.
- Raison de santé : L’employé demande ou nécessite un poste moins exigeant suite à une incapacité partielle.
Exemple d'une rétrogradation forcée en Suisse
Monsieur Dubois est engagé comme chef de vente avec un salaire de 8’000 francs. Suite à de mauvais résultats trimestriels, son directeur l’informe un vendredi que, dès le lundi suivant, il perd son titre de chef et redevient simple vendeur, avec une baisse de salaire à 6’000 francs.
À retenir
Cette procédure est illégale. L’employeur ne peut pas imposer une rétrogradation et une baisse de salaire avec effet immédiat. Monsieur Dubois est en droit de refuser. Face à ce refus, l’employeur devra prononcer un congé-modification. Pendant tout le délai de congé (par exemple, 3 mois), Monsieur Dubois conserve son statut de chef de vente et son salaire de 8’000 francs. S’il refuse définitivement le nouveau contrat, les rapports de travail prendront fin au terme de ce délai.
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Questions fréquentes
Sources
- Code des obligations (CO) art. 328 (Protection de la personnalité), art. 335 (Résiliation du contrat), art. 336 (Résiliation abusive).