Arnaque au faux recruteur sur LinkedIn : l’hameçonnage ciblant les professionnels
Des escrocs se font passer pour des chasseurs de têtes sur LinkedIn. Ils promettent un poste attractif pour soutirer vos données ou infecter votre ordinateur.
Comment ça marche
L’escroquerie repose sur l’ingénierie sociale. Les cybercriminels créent de faux profils de recruteurs en usurpant l’identité de véritables cabinets de placement ou d’entreprises suisses réputées. Ils ciblent ensuite les professionnels sur LinkedIn dont le parcours correspond à l’emploi fictif qu’ils ont imaginé.
Une fois le contact établi par message privé, le faux recruteur vous invite rapidement à quitter la plateforme pour échanger par e-mail ou via une messagerie instantanée comme WhatsApp ou Telegram. Sous couvert d’un processus d’embauche accéléré et confidentiel, il vous demande de fournir une copie de votre pièce d’identité et votre numéro AVS, de payer des frais administratifs anticipés, ou de télécharger un document infecté (malware) présenté comme un test d’évaluation.
Le déroulé de l’arnaque
- Le cybercriminel crée un profil LinkedIn soigné, copiant souvent les informations et la photo d'un véritable recruteur existant.
- Vous recevez un message très flatteur vous proposant un poste taillé sur mesure, avec des conditions salariales nettement supérieures au marché suisse.
- L'escroc vous demande de poursuivre la conversation en dehors de LinkedIn (par e-mail ou sur WhatsApp) pour des raisons de confidentialité.
- Vous recevez un faux formulaire de candidature ou une promesse d'embauche immédiate, sans aucun entretien vidéo ou présentiel préalable.
- Sous prétexte de formalités d'embauche, on exige l'envoi de documents sensibles, le paiement d'un équipement de télétravail, ou le téléchargement d'un fichier piégé.
Exemples concrets
Le message d'approche trompeur sur LinkedIn
Message privéCe message utilise une rémunération attractive pour aveugler la victime. L'utilisation d'un numéro de téléphone étranger et d'une adresse e-mail générique (Gmail) au lieu du domaine officiel de l'entreprise constitue un signe flagrant d'escroquerie.
La demande d'informations confidentielles
EmailEn Suisse, un employeur ne vous demandera jamais toutes ces données personnelles avant d'avoir mené un véritable entretien d'embauche. Ces informations permettent aux escrocs d'usurper votre identité pour ouvrir des comptes bancaires à votre nom ou contracter des crédits.
Le faux test de compétences piégé
EmailCe fichier compressé ne contient pas de véritable test, mais un logiciel malveillant (souvent un cheval de Troie). Son but est d'infiltrer votre ordinateur pour voler vos mots de passe personnels ou infecter le réseau informatique de votre employeur actuel.
Signaux d’alerte
- Une offre d'emploi très bien rémunérée nécessitant peu ou pas d'entretien formel.
- Une communication qui bascule rapidement de LinkedIn vers WhatsApp ou Telegram.
- L'utilisation d'adresses e-mail gratuites (Gmail, Hotmail) ou de noms de domaine très récents.
- Des fautes d'orthographe ou des tournures de phrases inhabituelles pour un cabinet de recrutement suisse.
- Une demande anticipée de documents d'identité, de coordonnées bancaires ou de numéro AVS.
- Une demande de paiement pour du matériel informatique ou des frais de dossier de visa.
- L'envoi de fichiers exécutables ou compressés (ZIP, EXE) à télécharger et à installer.
Vous avez été victime de cette arnaque ?
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Comment se protéger
- Vérifiez toujours l'existence et l'identité du recruteur sur le site officiel de l'entreprise.
- Recherchez l'offre d'emploi sur le portail carrière de la société mentionnée pour confirmer sa réalité.
- Ne quittez jamais la messagerie LinkedIn avec un inconnu lors des premiers échanges.
- Refusez de payer quoi que ce soit : aucun employeur sérieux en Suisse ne demande de l'argent pour un poste.
- Ne fournissez jamais votre pièce d'identité ou votre numéro AVS sans certitude absolue sur l'employeur.
- Analysez l'adresse e-mail de l'expéditeur et assurez-vous qu'elle correspond exactement au nom de domaine officiel du cabinet.
Que faire si vous êtes victime
- Cessez tout contact et bloquez immédiatement le profil du faux recruteur sur tous les canaux de communication.
- Si vous avez transmis une copie de votre pièce d'identité, signalez d'urgence le risque d'usurpation à la police cantonale.
- Si vous avez payé une somme, contactez sans délai votre banque pour tenter de bloquer ou de contester la transaction.
- Si vous avez téléchargé un fichier suspect, déconnectez votre appareil d'Internet et lancez une analyse antivirus complète.
- Modifiez les mots de passe de vos comptes personnels et professionnels si vous craignez une intrusion informatique.
- Signalez le profil frauduleux directement sur LinkedIn et annoncez l'incident à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS).
Questions fréquentes
La plateforme concentre de nombreuses données publiques sur l'expérience et les compétences. En flattant le parcours d'un professionnel, l'escroc abaisse sa vigilance, espérant lui soutirer des informations de valeur ou infiltrer le réseau informatique de son entreprise actuelle.
C'est légal, mais uniquement à un stade très avancé du processus de recrutement (lors de la rédaction du contrat) et après vous avoir rencontré formellement. Toute demande de pièce d'identité dès la première prise de contact est extrêmement suspecte et vise souvent l'usurpation d'identité.
Non, c'est une technique courante d'escroquerie. L'employeur prend en charge le matériel nécessaire ou vous verse une indemnité une fois en poste. Le faux recruteur prétend souvent qu'il vous enverra un chèque pour couvrir les frais de l'équipement que vous devez commander sur un portail spécifique (qui lui appartient).
Si vous remarquez qu'un cybercriminel utilise votre photo et votre nom pour arnaquer des candidats, signalez immédiatement le profil usurpateur au support de LinkedIn. Pensez également à publier un message de mise en garde pour alerter votre réseau professionnel.
Cherchez le nom du recruteur sur un moteur de recherche, appelez le standard téléphonique officiel de l'entreprise (trouvé par vous-même, et non le numéro indiqué dans l'e-mail) et demandez à parler à cette personne pour confirmer que c'est bien elle qui vous a contacté.
Vous devez signaler le profil frauduleux au réseau social, avertir l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) via leur formulaire en ligne, et déposer une plainte pénale auprès de votre police cantonale si vous avez subi un préjudice (usurpation d'identité ou perte financière).
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Hameçonnage, vishing, smishing
- Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) - Escroquerie
Dernière mise à jour : 17 septembre 2026
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