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Cas pratique · Droit du travail · Résiliation · Genève
Contester un licenciement pour justes motifs dans le canton de Genève : procédure et indemnités
Dans le canton de Genève, un licenciement avec effet immédiat pour justes motifs peut être contesté devant le Tribunal des prud'hommes. Si les motifs sont jugés insuffisants, l'employé a droit à son salaire jusqu'à l'échéance ordinaire et à une indemnité (art. 337c CO).
Lecture2 min
UrgenceForte
Durée totalegénéralement de 6 à 12 mois
IssueAccord transactionnel
Profil clientEmployé
SecteurRestauration
ContexteCélibataire, 35 ans
RégionGenève
La situation
Contexte initial
Marc D., cuisinier dans un restaurant genevois depuis quatre ans, perçoit un salaire mensuel brut de CHF 4’500.
L'élément déclencheur
En novembre, Marc D. reçoit une lettre de licenciement avec effet immédiat pour justes motifs, suite à une altercation verbale avec le gérant de l’établissement.
Les enjeux
Financiers
Perte immédiate de salaire et risque de pénalités sur les indemnités chômage
Humains
Choc émotionnel et difficulté à retrouver un emploi avec un tel motif
Délai critique
Agir rapidement pour contester, bien que la prescription soit de plusieurs années pour les créances salariales.
Analyse juridique
Bases légales applicables
CO art. 337 – Résiliation immédiate pour justes motifs
CO art. 337c – Conséquences d’une résiliation injustifiée
Droits du client
Le travailleur peut contester la validité des justes motifs et réclamer son salaire jusqu’à l’échéance ordinaire du contrat, ainsi qu’une indemnité pouvant aller jusqu’à six mois de salaire.
Obligations de la partie adverse
L’employeur doit prouver l’existence de justes motifs rendant la continuation des rapports de travail intolérable.
Délais légaux à respecter
Prescription de 5 ans pour les créances salariales (art. 128 CO)
Stratégie déployée
Options envisagées
Deux pistes :
Négociation d’un accord transactionnel
Saisine du Tribunal des prud’hommes
Option retenue
Saisine du Tribunal des prud'hommes
Justification du choix
L’altercation verbale, bien que regrettable, ne constitue généralement pas un juste motif de licenciement immédiat sans avertissement préalable.
Intervenants externes
Tribunal des prud'hommes du canton de Genève
Étapes de la procédure
Envoi d’une lettre de contestation à l’employeur
Dépôt de la demande en conciliation
Audience de conciliation
Procédure au fond si échec de la conciliation
Résultat obtenu
Accord transactionnel
Dans le cas de Marc D., une transaction a été trouvée en conciliation pour le paiement du salaire durant le délai de congé ordinaire et une indemnité de deux mois de salaire. Les résultats varient selon les circonstances.
Durée totale : généralement de 6 à 12 mois
Témoignage du client
La procédure m'a permis de faire valoir mes droits et d'obtenir une compensation équitable.
E
Employé · GenèveTémoignage anonymisé · Accompagné par JuriUp
Enseignements clés
Un licenciement immédiat exige des motifs particulièrement graves. Dans le cas contraire, l’employé a droit à des indemnités.
Comment éviter cette situation
Signaux d'alerte
Absence d’avertissement préalable écrit
Bonnes pratiques
Contester immédiatement par écrit le licenciement
S’inscrire sans délai au chômage
Erreurs courantes à éviter
Attendre avant de réagir, ce qui peut être interprété comme une acceptation tacite
Points clés à retenir
Contestation écrite immédiate recommandée
Indemnité jusqu’à 6 mois de salaire possible (art. 337c CO)
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Cas pratique fictif. Ce dossier est présenté à titre purement illustratif pour exemplifier ce type de scénario juridique. Les noms, situations, montants et détails ont été inventés. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite. Pour un avis juridique adapté à votre situation, consultez un professionnel du droit.
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Diagnostic
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Quiz expertArt. 336 COIndemnité jusqu'à 6 mois
Durée~ 2 minutes
Base légaleArt. 336 CO
NiveauDiagnostic
À jourJanvier 2026
Question 1 sur 7
Avez-vous été licencié à un moment inopportun (maladie, grossesse, service militaire/civil) ?
Question 2 sur 7
Avez-vous plus de 5 ans d'ancienneté dans l'entreprise ?
Question 3 sur 7
Votre employeur vous a-t-il communiqué le motif du licenciement ?
Question 4 sur 7
Avez-vous fait opposition écrite au licenciement avant la fin du délai de congé ?
Question 5 sur 7
Êtes-vous encore dans le délai de 180 jours après la fin des rapports de travail pour agir ?
Question 6 sur 7
Le motif apparent est-il lié à une discrimination, une vengeance ou l'exercice d'un droit ?
Question 7 sur 7
La manière dont vous avez été licencié était-elle brutale ou humiliante ?
Récapitulatif de vos réponses
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Réponse en 48 hDonnées protégées (nLPD / RGPD)Suisse romandeSans engagement
Avertissement - Ce diagnostic est purement indicatif et ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation est unique. L'opposition écrite et le respect du délai de 180 jours sont des conditions préalables essentielles à toute action en justice (art. 336b CO). Consultez un professionnel pour une analyse personnalisée.
01 - Comprendre
Reconnaître un licenciement abusif
Un licenciement n'est pas abusif parce qu'il est injuste : la loi suisse pose des motifs limitatifs (art. 336 CO) qui rendent un congé contraire au droit. Hors de ces motifs, l'employeur reste libre de mettre fin à un contrat. Diagnostiquer un licenciement abusif, c'est confronter votre situation aux catégories légales et aux signaux pratiques (timing, contexte, écrits) que les tribunaux retiennent.
Le caractère abusif est défini limitativement à l'art. 336 CO : licenciement en raison d'une qualité personnelle (sexe, religion, orientation, race, état civil, grossesse), pour avoir exercé un droit constitutionnel ou légal (faire valoir une créance, témoigner, voter à un syndicat), pendant ou immédiatement après un service militaire, ou en cas de représailles à une plainte de bonne foi (mobbing, harcèlement, violation de sécurité). La Cour fédérale étend aussi cette protection aux licenciements gravement attentatoires aux droits de la personnalité (art. 328 CO).
Les signaux pratiques qui orientent vers l'abus : licenciement après une réclamation de salaire, un certificat médical, une grossesse annoncée, une plainte au harcèlement ; absence d'évaluation négative préalable ; motivation contradictoire ("restructuration" alors qu'on recrute simultanément) ; décision prise en réunion ou en réaction immédiate à un événement personnel. Conservez tous les écrits (emails, certificats, témoignages) - ils constituent les pièces du dossier en cas de procédure prud'homale.
Signaux d'alerte d'un licenciement potentiellement abusif
Timing suspectCongé survenant peu après une demande de salaire, un certificat médical, l'annonce d'une grossesse, le refus d'heures supplémentaires ou une plainte interne.
Aucune évaluation préalable négativeAucun avertissement écrit, aucun entretien d'évaluation alarmant, parfois même une augmentation récente - l'employeur ne peut pas justifier un motif valable.
Motif personnel ou discriminatoireÉvocation directe ou indirecte du sexe, de l'âge, de l'origine, de la religion, de l'orientation sexuelle, de l'état civil ou de la santé.
Représailles à un droit exercéVous avez témoigné, déposé plainte, refusé un acte illégal, exigé le respect des règles de sécurité - et le congé suit.
Période de protection violéeCongé donné pendant maladie, accident, grossesse (16 semaines après accouchement), service militaire - ce congé est nul (art. 336c CO), pas seulement abusif.
Forme abusive du congéAnnonce humiliante, en public, en présence de tiers, avec retrait immédiat des accès - violation grave de la personnalité (art. 328 CO).
02 - Cadre
Procédure et indemnité
L'employé qui s'estime victime doit contester le congé par écrit auprès de l'employeur avant la fin du délai de congé (art. 336b al. 1 CO). Cette opposition formelle est une condition de recevabilité de l'action. La procédure judiciaire doit ensuite être ouverte dans les 180 jours suivant la fin des rapports de travail (art. 336b al. 2 CO). La juridiction compétente est le Tribunal des prud'hommes pour les litiges jusqu'à CHF 30'000 (procédure simplifiée, gratuite jusqu'à CHF 30'000) ou la chambre civile.
L'indemnité maximale est de 6 mois de salaire (art. 336a CO), à la discrétion du juge selon la gravité de l'abus, l'ancienneté, l'âge et la situation économique. La pratique romande retient en général 2-4 mois pour un abus standard, 5-6 mois pour un abus aggravé (discrimination, harcèlement). Cette indemnité ne remplace pas le salaire pendant le délai de congé, qui reste dû normalement. Un certificat de travail favorable peut aussi être négocié dans le cadre d'un accord transactionnel.
Le congé est abusif lorsqu'il est donné par une partie pour une raison inhérente à la personnalité de l'autre partie, à moins que cette raison n'ait un lien avec le rapport de travail ou ne porte sur un point essentiel un préjudice grave au travail dans l'entreprise.
Art. 336 al. 1 let. a CO - Code des obligations03 - Pratique
Au-delà du diagnostic : agir avant les délais
Première action urgente : envoyer une opposition écrite par lettre recommandée avant la fin du délai de congé, en mentionnant expressément l'art. 336 CO et les motifs abusifs identifiés (discrimination, représailles, période de protection violée). Cette lettre n'est pas une argumentation détaillée mais une réserve formelle de droits. Conserver l'avis de réception. Sans cette opposition, l'action judiciaire est irrecevable, même si l'abus est manifeste.
Consulter un avocat en droit du travail dans les 30 jours suivant le congé : il prépare le dossier (témoignages, emails, certificats médicaux, évaluations), évalue le montant probable de l'indemnité, et engage la procédure prud'homale dans les 180 jours fatidiques. La procédure est gratuite jusqu'à CHF 30'000 et ne nécessite pas avocat obligatoire, mais un dossier mal monté divise par 2 le montant final. Frais d'avocat souvent couverts par la protection juridique. JuriUp oriente vers un avocat spécialisé sous 48 h ouvrées.
04 - FAQ
Questions fréquentes
Deux délais à respecter impérativement. D'abord, l'opposition écrite à l'employeur doit parvenir avant la fin du délai de congé (art. 336b al. 1 CO) - recommandée par lettre signature. Ensuite, l'action judiciaire doit être déposée dans les 180 jours suivant la fin des rapports de travail (art. 336b al. 2 CO). Manquer l'un ou l'autre fait perdre tout droit à indemnité, même si l'abus est manifeste. Conservez la preuve de l'envoi de l'opposition (avis de réception).
Le maximum légal est 6 mois de salaire brut (art. 336a CO), à la discrétion du juge. La pratique romande retient en général 2-4 mois pour un abus standard, 4-6 mois pour un abus aggravé (discrimination, mobbing, atteinte grave à la personnalité). Cette indemnité s'ajoute au salaire dû pendant le délai de congé. Elle est imposable comme revenu ordinaire pour le mois où elle est versée, sans abattement particulier.
Non, il est nul - c'est encore plus grave (art. 336c CO). Pendant les périodes de protection (maladie, accident, grossesse, service militaire), le congé est sans effet. La protection dure 30 jours la 1ère année de service, 90 jours de la 2e à la 5e, 180 jours dès la 6e. Si le congé est donné avant le début de la protection, le délai est suspendu pendant la protection puis reprend ensuite. Cette nullité opère même sans contestation formelle.
Oui en droit suisse, le contrat de travail est librement résiliable de part et d'autre avec un délai de congé. L'absence de motif n'est pas en soi abusive. Mais l'employeur doit, sur demande, motiver son congé par écrit (art. 335 al. 2 CO). Si la motivation est contradictoire, mensongère ou révèle un motif abusif (santé, grossesse, syndicalisme), le caractère abusif est établi. Demandez toujours la motivation par écrit dans les jours qui suivent.
Oui, deux cas de figure. Si vous êtes la victime du harcèlement et licencié(e) après avoir dénoncé les faits : représailles classiques, abusives au sens de l'art. 336 al. 1 let. d CO. Si l'employeur ne protège pas l'employé harcelé et le pousse à démissionner : congé-modification abusif (art. 328 CO). Conservez tous les emails, certificats médicaux liés au stress et témoignages - le harcèlement se prouve par un faisceau d'indices, rarement par une preuve unique.
Oui, l'opposition à un licenciement abusif ne suspend pas l'obligation de travailler. L'employé doit continuer à se présenter et à fournir sa prestation pendant le délai de congé, sauf libération expresse (souvent négociée). Refuser de travailler vous expose à un licenciement immédiat pour justes motifs (art. 337 CO), qui ferait disparaître votre droit à l'indemnité. Une libération de l'obligation de travailler avec maintien du salaire est la solution la plus fréquente.