Congé-rénovation et loi énergie vaudoise : quels droits pour le locataire en 2026 ?

Congé-rénovation et loi énergie vaudoise : quels droits pour le locataire en 2026 ?

Rédaction juridique JuriUp Contenu vérifié · droit suisse
  • Publié le
  • 11 min de lecture
Congé-rénovation et loi énergie vaudoise : quels droits pour le locataire en 2026 ?
Conseils juridiques Lecture : 9 min À titre informatif

Congé-rénovation et loi énergie vaudoise : quels droits pour le locataire en 2026 ?

Votre bailleur vaudois vous résilie le bail pour remplacer le chauffage ou rénover l'immeuble ? JuriUp vous explique ce que prévoit réellement la loi vaudoise sur l'énergie, comment contester le congé, demander une prolongation et ce qu'il en sera du loyer après les travaux.

Canton de Vaud Droit du bail Rénovation

Équipe JuriUp

Contenu publié par JuriUp.

Information juridique générale Ne constitue pas un conseil juridique

Dans le canton de Vaud, la transition énergétique pousse les propriétaires à remplacer leurs chauffages au mazout ou au gaz. Certains en font la raison d'un congé donné à leurs locataires. Or, un point doit être posé d'emblée : en 2026, la loi vaudoise actuelle sur l'énergie s'applique encore. La nouvelle loi (LVLEne) et son règlement d'application entrent en vigueur le 1er janvier 2027, la loi actuelle restant applicable jusqu'au 31 décembre 2026, selon les pages de l'État de Vaud. L'obligation de remplacer un chauffage fossile en fin de vie est donc à venir, pas encore en vigueur.

Surtout, cette obligation s'adresse au propriétaire. Le droit du bail relève du droit fédéral (Code des obligations, CO) et la loi énergie ne crée pas de nouveau motif de résiliation. Un congé donné « pour mise en conformité » reste donc examiné selon les règles ordinaires, en particulier celle de la bonne foi (art. 271 CO).

Nouvelle loi vaudoise

1er janvier 2027

Délai pour contester le congé

30 jours

Prolongation d'un bail d'habitation

4 ans au maximum

Bon à savoir

Le délai de 30 jours court dès la réception du congé. Contester le congé et demander une prolongation se font dans ce même délai. Ne le laissez pas passer : faites évaluer votre situation par un avocat spécialisé via JuriUp dès que le courrier arrive.

1. La loi énergie vaudoise et le chauffage fossile : ce que prévoit l'État de Vaud

Selon les pages de l'État de Vaud, dès l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, une chaudière à mazout ou à gaz arrivée en fin de vie ne peut plus être remplacée par une nouvelle chaudière fossile. Elle doit l'être par un système exploitant une énergie renouvelable : pompe à chaleur, réseau thermique, bois ou solaire. Cette règle est locale : elle vaut dans le canton de Vaud seulement.

Des échéances butoirs sont prévues : jusqu'en 2041 pour les installations posées avant 2020, jusqu'en 2046 pour celles posées dès 2020, d'après les pages de l'État de Vaud. Les propriétaires ne sont par ailleurs pas tenus de changer une installation encore fonctionnelle avant son terme ni avant ces échéances maximales. Des dérogations existent en cas d'impossibilité technique disproportionnée, de contraintes patrimoniales majeures ou de difficultés financières avérées du propriétaire. Les conditions précises relèvent du texte de la loi : consultez les pages officielles pour les vérifier.

Ce que la loi énergie fait

  • Elle impose au propriétaire un type de remplacement en fin de vie ;
  • Elle fixe des échéances maximales pour les anciennes installations ;
  • Elle prévoit des dérogations dans des cas limités.

Ce qu'elle ne fait pas

  • Elle ne crée pas de motif de résiliation du bail ;
  • Elle ne supprime pas la protection du locataire contre les congés abusifs ;
  • Elle ne règle pas le loyer après travaux, qui relève du droit fédéral.

Astuce JuriUp

Si votre bailleur invoque la loi énergie dans son congé, demandez-lui par écrit de préciser l'état de l'installation, le projet retenu et la raison pour laquelle les travaux exigent que le logement soit vide. Cette précision est la clé de la contestation.

2. Contester un congé donné pour travaux

Selon l'art. 271 al. 1 CO, le congé est annulable lorsqu'il contrevient aux règles de la bonne foi. Selon l'al. 2, il doit être motivé si l'autre partie le demande. Ces règles valent dans toute la Suisse romande, donc dans le canton de Vaud. Si le congé ne vous indique pas de motif, demandez-le par écrit.

Le bailleur n'a le droit de rénover ou de modifier la chose que si les travaux peuvent raisonnablement être imposés au locataire et que le bail n'a pas été résilié (art. 260 al. 1 CO). Lorsque des travaux sont réalisés avec le locataire sur place, le bailleur doit tenir compte de ses intérêts, et les prétentions du locataire en réduction du loyer (art. 259d CO) et en dommages-intérêts (art. 259e CO) sont réservées (art. 260 al. 2 CO).

Le Tribunal fédéral s'est penché à plusieurs reprises sur le congé pour rénovation (notamment ATF 140 III 496 et ATF 142 III 91, ainsi que les arrêts 4A_435/2021 et 4A_247/2021, consultables sur bger.ch). En substance, il examine si le projet de travaux était suffisamment précis au moment du congé, s'il était manifestement impossible à autoriser et si le départ du locataire était nécessaire. Un congé peut ainsi être annulé en l'absence de projet tangible, si le projet viole manifestement le droit public ou si les travaux n'exigent pas que le logement soit vide. Chaque cas dépend de ses circonstances : un avocat l'évaluera sur votre dossier.

Dans le canton de Vaud, la loi sur la préservation et la promotion du parc locatif (LPPPL) soumet, selon les informations de l'État, certains travaux lourds à autorisation préalable dans les districts touchés par la pénurie de logements, et contrôle les loyers après travaux. Elle peut donc intervenir dans l'appréciation d'un projet.

Indices d'un congé contestable

  • Aucun devis, plan ou calendrier de travaux ;
  • Travaux réalisables avec le locataire sur place ;
  • Autorisation nécessaire manifestement impossible à obtenir ;
  • Congé tombant juste après une réclamation du locataire.

Autres cas d'annulabilité (art. 271a CO)

  • Congé donné parce que le locataire fait valoir de bonne foi des prétentions découlant du bail ;
  • Congé visant à imposer une modification unilatérale du bail défavorable au locataire ou une adaptation de loyer ;
  • Congé donné pendant une procédure de conciliation ou une procédure judiciaire en rapport avec le bail.

Le délai de 30 jours est impératif

Selon l'art. 273 al. 1 CO, vous devez saisir l'autorité de conciliation dans les 30 jours qui suivent la réception du congé. La procédure devant cette autorité est régie par le CPC (art. 273 al. 4 CO). Adressez-vous à l'autorité de conciliation compétente en matière de baux dans votre district.

3. Demander une prolongation du bail

Même si le congé est valable, vous pouvez demander une prolongation lorsque la fin du contrat aurait pour vous ou votre famille des conséquences pénibles sans que les intérêts du bailleur le justifient (art. 272 al. 1 CO). L'autorité pèse les intérêts en présence, notamment la durée du bail, la situation personnelle, familiale et financière des parties ainsi que leur comportement, le besoin du bailleur et l'urgence de ce besoin, et la situation sur le marché local du logement (art. 272 al. 2 CO).

Un bail d'habitation peut être prolongé de quatre ans au maximum, celui de locaux commerciaux de six ans, une ou deux prolongations pouvant être accordées dans ces limites (art. 272b al. 1 CO). Si les parties conviennent elles-mêmes d'une prolongation, elles ne sont liées à aucune durée maximale (art. 272b al. 2 CO).

Étape 1, Réception du congé

Un bail de durée indéterminée se résilie en observant les délais de congé et les termes légaux, sauf délai plus long ou autre terme convenus (art. 266a al. 1 CO). Notez la date de réception : elle déclenche le délai.

Étape 2, Saisine de l'autorité de conciliation

Pour un bail de durée indéterminée, la prolongation se demande dans les 30 jours qui suivent la réception du congé. Pour un bail de durée déterminée, au plus tard 60 jours avant l'expiration du contrat (art. 273 al. 2 CO).

Étape 3, Décision et éventuelle seconde prolongation

Si l'autorité rejette votre requête en annulation du congé, elle examine d'office si le bail peut être prolongé (art. 273 al. 5 CO). Pour une deuxième prolongation, vous devez saisir l'autorité au plus tard 60 jours avant l'expiration de la première (art. 273 al. 3 CO), et elle vérifie que vous avez entrepris toutes les démarches raisonnablement exigibles pour remédier aux conséquences pénibles du congé (art. 272 al. 3 CO).

En pratique, documentez vos recherches de logement : candidatures, réponses, visites. Ces preuves pèseront dans l'appréciation, surtout pour une seconde prolongation. Si vous cherchez une solution de sortie anticipée, la page sur le locataire de remplacement explique le mécanisme de l'art. 264 CO.

4. Le loyer après rénovation : ce que le bailleur peut répercuter

Les loyers justifiés par des hausses de coûts ou par des prestations supplémentaires du bailleur ne sont en règle générale pas abusifs (art. 269a let. b CO). Pour la rénovation, l'art. 14 de l'ordonnance sur le bail à loyer et le bail à ferme d'habitations et de locaux commerciaux (OBLF) précise que les frais d'importantes réparations sont en règle générale considérés, à raison de 50 à 70 %, comme des investissements créant des plus-values (al. 1).

Les mesures visant à utiliser les énergies renouvelables et celles destinées à réduire les émissions des installations techniques comptent parmi les prestations supplémentaires (art. 14 al. 2 OBLF). Remplacer un chauffage fossile par une pompe à chaleur peut donc justifier une hausse. Mais seule la part des coûts d'investissement qui excède les coûts de rétablissement ou de maintien de l'état initial est une prestation supplémentaire (al. 3), et les aides octroyées doivent être déduites (al. 3bis). Un simple entretien ou une remise en état à l'identique ne peut pas être répercuté.

La hausse n'est non abusive que si elle ne sert qu'à couvrir équitablement les frais d'intérêts, d'amortissement et d'entretien résultant de l'investissement (al. 4). Elle ne peut être notifiée qu'une fois les travaux achevés et si le bailleur détient les pièces justificatives ; lors de travaux d'envergure, des hausses échelonnées sont autorisées en proportion des paiements déjà effectués (al. 5). Le montant exact dépend du coût réel des travaux et des subventions obtenues.

Côté forme, l'avis de majoration, avec indication des motifs, doit parvenir au locataire dix jours au moins avant le début du délai de résiliation, au moyen d'une formule agréée par le canton (art. 269d al. 1 CO). La majoration est nulle si elle n'est pas notifiée sur la formule officielle, si les motifs ne sont pas indiqués ou si elle est assortie d'une résiliation ou d'une menace de résiliation (art. 269d al. 2 CO). Vous pouvez contester une hausse jugée abusive devant l'autorité de conciliation dans les 30 jours qui suivent l'avis de majoration (art. 270b al. 1 CO). Pour le détail, voyez notre page sur la hausse de loyer en Suisse.

Points à vérifier sur l'avis de hausse

  • Formule officielle agréée par le canton utilisée ;
  • Motifs indiqués précisément ;
  • Part de plus-value distinguée de l'entretien ;
  • Subventions déduites du montant répercuté ;
  • Pièces justificatives disponibles sur demande.

Exemple : Samuel J., locataire dans le canton de Vaud, reçoit un congé pour remplacer la chaudière à mazout de son immeuble. Il saisit l'autorité de conciliation dans les 30 jours, demande le projet détaillé et, à titre subsidiaire, une prolongation. Un avocat spécialisé examine ensuite si les travaux imposent réellement que le logement soit vide.

Équipe JuriUp

Résumé rapide à retenir

En 2026, la loi vaudoise actuelle s'applique encore ; la nouvelle loi entre en vigueur le 1er janvier 2027.

La loi énergie impose une obligation au propriétaire mais ne crée aucun motif de congé ; l'art. 271 CO reste le critère.

Congé et prolongation se demandent dans les 30 jours devant l'autorité de conciliation (art. 273 CO).

Après travaux, seule la part de plus-value, subventions déduites, peut être répercutée (art. 14 OBLF).

Un congé pour travaux vous inquiète ?

Décrivez votre situation en quelques lignes et JuriUp vous met en relation avec un avocat spécialisé en droit du bail dans le canton de Vaud, qui évaluera vos chances de contestation, de prolongation et vos droits sur le loyer.

Questions fréquentes

  • Mon bailleur peut-il me résilier le bail pour remplacer un chauffage fossile ?

    La loi énergie vaudoise ne crée pas de motif de congé. Le congé est jugé selon la bonne foi (art. 271 CO) : il est annulable s'il la viole, par exemple en l'absence de projet tangible ou si les travaux n'exigent pas que le logement soit vide.

  • Combien de temps ai-je pour réagir ?

    Vous devez saisir l'autorité de conciliation dans les 30 jours qui suivent la réception du congé (art. 273 al. 1 CO). La prolongation d'un bail de durée indéterminée se demande dans le même délai (art. 273 al. 2 let. a CO).

  • Combien de temps peut-on obtenir en prolongation ?

    Pour un logement, quatre ans au maximum, en une ou deux prolongations (art. 272b al. 1 CO). L'autorité pèse les intérêts des deux parties selon l'art. 272 CO.

  • Mon loyer augmentera-t-il après la pose d'une pompe à chaleur ?

    Il peut augmenter, mais seulement pour la part de plus-value, subventions déduites, et sur la formule officielle (art. 14 OBLF et art. 269d CO). Vous avez 30 jours pour contester la hausse (art. 270b CO).

Textes officiels et ressources utiles

Ne constitue pas un conseil juridique. Cet article est publié par JuriUp à titre d'information générale. Chaque situation étant unique, consultez un avocat spécialisé via JuriUp et vérifiez le texte officiel en vigueur.

Partager
À propos de cet article

Rédigé par la Rédaction juridique JuriUp

Équipe de rédaction et de contenu juridique de JuriUp, plateforme de mise en relation avec des experts juridiques en Suisse romande.

Dernière vérification 6 novembre 2026
Sources Fedlex, Canton de Vaud
Portée Information générale en droit suisse, ne remplace pas un avis personnalisé

Avertissement

Le droit, la jurisprudence, les tarifs et la pratique des autorités évoluent : cette page peut ne pas être à jour et contenir des erreurs, des imprécisions ou des omissions. JuriUp n'assume aucune responsabilité pour les décisions prises sur la seule base de ces informations. Vérifiez toujours les textes officiels (fedlex.admin.ch) et les délais qui s'appliquent à votre cas.

Dernière mise à jour de cette page : 6 novembre 2026.

Besoin d’un accompagnement juridique ?

Avec JuriUp, gagnez du temps et faites des économies : nous vous aidons à créer un dossier complet et clair, pour que l’expert juridique qui vous accompagne puisse se concentrer sur l’essentiel : votre situation.