Infraction poursuivie d'office

Porter plainte pour délit de chauffard en Suisse

Face à un conducteur au comportement extrêmement dangereux sur la route, il est légitime de vouloir agir pour protéger la sécurité de tous. Le délit de chauffard constitue une infraction grave poursuivie par l'Etat. Ce guide vous explique comment signaler ces faits aux forces de l'ordre dans le respect des règles légales.

En résumé

Le délit de chauffard est poursuivi d'office par les autorités pénales. Il n'y a donc aucun délai de plainte, mais une réaction rapide, comme un appel au 117, et le recueil de preuves restent nécessaires. Vous pouvez dénoncer les faits à la police ou au Ministère public en tout temps. Cette démarche est gratuite.

§Art. 90 LCRDélit de chauffard et violation grave§Art. 301 CPPDroit de dénonciation§Art. 90a LCRSéquestre et confiscation du véhicule

01Comprendre l'infraction

Le droit suisse réprime sévèrement les comportements routiers irresponsables avec le programme Via sicura. Le Délit de chauffard (Via Sicura) se distingue d'une simple infraction par l'intensité de la mise en danger et l'absence totale d'égards du conducteur envers la vie d'autrui.

Il s'agit d'une infraction pénale poursuivie d'office, ce qui signifie que l'Etat a l'obligation d'instruire dès qu'il a connaissance des faits. L'objectif est d'écarter de la circulation routière les individus qui acceptent le risque de provoquer des blessés graves ou des morts, que ce soit par un excès de vitesse massif ou des manœuvres totalement inadaptées.

Si vous êtes impliqué dans la situation à titre de victime, il convient de savoir Que faire si j'ai un accident de la route ?. Une Défense en cas d'infraction routière peut également s'imposer de votre côté si le conducteur fautif tente de rejeter la faute sur les autres usagers de manière abusive.

Violation simple (LCR)Art. 90 al. 1 LCR

Infraction mineure entraînant une amende d'ordre ou une contravention.

Violation grave (LCR)Art. 90 al. 2 LCR

Mise en danger sérieuse sans remplir les critères du délit de chauffard.

Délit de chauffardArt. 90 al. 3 LCR

Prise de risque énorme, excès de vitesse massif ou dépassement téméraire.

Ce qui doit être réuni

  • Une violation intentionnelle et grave des règles de la circulation
  • La création d'un risque important d'accident avec des blessés graves ou des morts
  • Un excès de vitesse particulièrement important selon les seuils légaux
  • Un comportement sans scrupules, téméraire ou participant à une course illicite

Exemples concrets

  • Un conducteur roule à plus de 100 km/h dans une localité où la limite est fixée à 50 km/h
  • Une course-poursuite illégale organisée entre deux véhicules sur l'autoroute
  • Des dépassements successifs sans aucune visibilité obligeant les autres conducteurs à freiner d'urgence
  • Un véhicule de gros gabarit qui colle le vôtre à haute vitesse et effectue des queues de poisson

02La procédure, pas à pas

  1. 1

    Se mettre en sécurité

    Ne tentez pas d'arrêter le chauffard vous-même, ralentissez et garez-vous dans un lieu sûr.

  2. 2

    Appeler la police (117)

    Signalez immédiatement le comportement dangereux, la direction de fuite et le numéro de plaque d'immatriculation.

  3. 3

    Rassembler les preuves

    Notez la marque, le modèle, la couleur du véhicule, l'heure exacte et la position géographique de l'incident.

  4. 4

    Recueillir des témoignages

    Si d'autres usagers ou passants ont assisté à la scène, demandez leurs coordonnées complètes.

  5. 5

    Déposer une dénonciation formelle

    Rendez-vous au poste de police le plus proche pour formaliser vos déclarations au moyen d'un procès-verbal.

03Le délai à respecter

Le délit de chauffard étant poursuivi d'office, il n'existe aucun délai de plainte de 3 mois applicable à cette situation. Vous pouvez déposer une dénonciation pénale à tout moment jusqu'à l'échéance du délai de prescription, qui s'élève à 15 ans pour cette infraction. Cependant, une intervention immédiate de la police reste déterminante pour intercepter le conducteur sur le fait et prouver son identité.

À faire

  • Le numéro de plaque d'immatriculation complet du véhicule fautif
  • La description détaillée du véhicule (marque, modèle, couleur, dommages préexistants, autocollants)
  • La description du conducteur et du nombre de passagers (si cela est visible)
  • Les témoignages directs (coordonnées de vos passagers ou des autres automobilistes)
  • Les traces matérielles éventuelles (traces de freinage ou débris, à faire constater par la police)

À éviter

  • Poursuivre le chauffard et commettre soi-même des infractions à la loi sur la circulation routière
  • Diffuser la vidéo d'une altercation ou du véhicule sur les réseaux sociaux au mépris de la sphère privée
  • Attendre plusieurs jours avant de signaler les faits à la police, rendant l'identification impossible
  • Exagérer délibérément les faits lors de l'audition, sous peine de commettre une dénonciation calomnieuse

04Où déposer, selon votre canton

  • GenèveLa Brigade de sécurité routière (BSR) est active sur tout le réseau cantonal pour traiter ces signalements.
  • VaudUne dénonciation est possible dans tous les postes de la Police cantonale vaudoise ou par appel d'urgence au 117.
  • ValaisL'intervention de la police cantonale est prioritaire sur les axes de montagne et l'autoroute A9.
  • FribourgLa Police de la circulation prend le relais pour instruire les infractions graves au code de la route.
  • Neuchâtel et JuraLe signalement immédiat au 117 est traité et coordonné par les centrales d'engagement cantonales.

05Qui peut porter plainte, et le retrait

Qui a le droit de dénoncer un chauffard

Toute personne ayant été témoin ou victime d'un délit de chauffard a le droit de dénoncer les faits à la police ou au Ministère public, conformément à l'article 301 du Code de procédure pénale. Le Ministère public ouvrira une instruction d'office s'il estime que les éléments rapportés sont suffisants. Si vous avez subi un dommage direct (blessure, choc matériel lourd), vous pourrez vous constituer partie plaignante dans la procédure pénale pour faire valoir vos droits.

Peut-on retirer sa plainte ?

Non, le délit de chauffard est poursuivi d'office par les autorités judiciaires de l'Etat. Une fois la dénonciation enregistrée ou l'instruction ouverte, la procédure pénal suivra son cours légal même si vous souhaitez vous retirer du processus. Le Ministère public est en effet tenu d'établir les faits et de sanctionner les comportements dangereux, indépendamment de la volonté ou du pardon du dénonciateur.

06Après la plainte

Une fois les forces de l'ordre alertées, la machine judiciaire se met en marche sans que vous ayez à la diriger. Si vous avez été lésé personnellement, vous obtiendrez le statut de partie plaignante. - Audition du prévenu et retrait préventif de son permis de conduire par le Service des automobiles. - Séquestre éventuel du véhicule fautif en vue d'une confiscation. - Ouverture d'une instruction formelle par le Ministère public. - Renvoi devant un tribunal pénal pour le prononcé du jugement. En tant que partie plaignante, la justice vous tiendra informé des grandes étapes de la procédure et de son issue.

L'avis de JuriUp

En Suisse, l'usage des caméras embarquées, souvent appelées dashcams, pour dénoncer un comportement routier dangereux fait régulièrement débat. Les tribunaux se montrent très stricts quant à la protection des données personnelles. Ils considèrent très souvent ces enregistrements comme des preuves illicites, car elles filment le domaine public de manière continue. L'équipe juridique vous déconseille de compter exclusivement sur ce type de dispositif et vous invite à vérifier Ai-je le droit d'installer une dashcam dans ma voiture ?. Privilégiez l'appel immédiat au 117 et la recherche de témoins directs. Ces éléments de preuve restent robustes et incontestables devant l'autorité de jugement. Agissez toujours de concert avec la police, sans jamais tenter de faire justice vous-même sur la route.

07Questions fréquentes

Le délit de chauffard est sanctionné par une peine privative de liberté d'un à quatre ans (art. 90 al. 3 LCR). Le permis de conduire est obligatoirement retiré pour une durée d'au moins deux ans, et le véhicule peut être confisqué par le juge pénal.

Une dénonciation pénale peut être faite de manière anonyme à la police, mais elle aura généralement beaucoup moins de poids juridique. Pour que le Ministère public puisse instruire efficacement et vous entendre légalement comme témoin, il est préférable de décliner votre identité complète.

Filmer un autre usager de la route soulève des questions de protection de la sphère privée. La police peut exceptionnellement exploiter ces images dans le cadre d'un délit très grave, mais la jurisprudence reste très restrictive quant à l'admissibilité de ces enregistrements privés comme moyens de preuve.

Non, signaler une infraction poursuivie d'office à la police est une démarche totalement gratuite. L'Etat prendra à sa charge les frais de l'instruction pénale nécessaire pour élucider les faits et condamner le coupable.

Si le chauffard n'est pas identifié et que vous ne possédez pas d'assurance casco complète, le Fonds National de Garantie (FNG) suisse peut intervenir sous des conditions très strictes pour couvrir les dommages corporels et, dans une moindre mesure, matériels.

Oui, les forces de l'ordre, sur ordre du Ministère public, peuvent procéder au séquestre immédiat du véhicule s'il a servi à commettre un délit de chauffard. L'objectif est d'empêcher la poursuite des infractions ou de préparer une confiscation définitive par le tribunal.

Contenu vérifié par l'équipe juridique JuriUp

Contenu rédigé et vérifié par l'équipe juridique JuriUp sur la base du Code pénal, de la Loi fédérale sur la circulation routière (LCR), du Code de procédure pénale (CPP) et des sources officielles de la Confédération.

Le rôle d'un professionnel du droit

Le recours à un professionnel du droit n'est pas obligatoire pour signaler un conducteur dangereux à la police, car une simple dénonciation verbale ou écrite suffit pour déclencher l'action de l'Etat. Toutefois, l'intervention d'un juriste ou d'un avocat devient opportune si vous avez subi un préjudice corporel ou un dommage matériel grave et que vous souhaitez agir de manière proactive pour défendre vos intérêts financiers.

Un juriste ou un avocat pourra vous représenter formellement en tant que partie plaignante tout au long de l'instruction pénale. Il vous aidera à chiffrer vos prétentions civiles, comme les dommages-intérêts ou le versement d'un tort moral, et s'assurera que vos droits de victime soient strictement respectés face au conducteur fautif et à ses compagnies d'assurance.

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Cette page est fournie à titre d'information générale sur le droit suisse et ne constitue pas un conseil juridique ; elle ne saurait engager la responsabilité de JuriUp. Chaque situation est particulière : pour agir, faites analyser la vôtre par un juriste ou un avocat. En cas d'urgence ou de danger, contactez la police (117).

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