Ordonnance pénale en suisse : définition et opposition
Décision de condamnation rendue par le Ministère public sans procès, qui devient un jugement définitif si aucune opposition n'est formée dans les 10 jours.
Définition et explication
L’ordonnance pénale est une procédure simplifiée très courante en Suisse qui permet au Ministère public (le procureur) de sanctionner un prévenu sans passer par un procès devant un tribunal. Cette méthode est régie par les articles 352 et suivants du Code de procédure pénale (CPP).
Dans ce système, le procureur agit à la fois comme enquêteur et comme juge. Il estime que les faits sont établis et que la culpabilité de l’auteur est suffisante pour prononcer une peine. L’ordonnance pénale tient lieu d’acte d’accusation si vous la contestez, ou de jugement définitif si vous l’acceptez.
Le point central de cette procédure est le consentement tacite : si vous ne réagissez pas dans le délai légal, l’ordonnance est assimilée à un jugement entré en force. Elle sera alors inscrite à votre casier judiciaire (sauf pour les contraventions mineures) et la peine devra être exécutée.
Quand une ordonnance pénale est-elle rendue ?
- Aveu ou situation claire : Lorsque le prévenu a admis les faits ou que ceux-ci sont suffisamment établis par le dossier de police.
- Nature de la peine : Le Ministère public peut prononcer une amende (sans limite de montant), une peine pécuniaire ou une peine privative de liberté n’excédant pas 6 mois.
- Infractions concernées : Elle s’applique aux contraventions et aux délits (ex: vol simple, infractions à la circulation routière, lésions corporelles simples).
Cas pratique : L'excès de vitesse de Jean
Jean est contrôlé par un radar sur l’autoroute entre Lausanne et Genève avec un excès de vitesse net de 25 km/h. La police transmet le dossier au Ministère public. Quelques semaines plus tard, Jean reçoit un courrier recommandé : c’est une ordonnance pénale.
Le document indique qu’il est condamné à une peine pécuniaire avec sursis et à une amende ferme de 600 francs, plus les frais de procédure de 200 francs. Jean estime que la sanction est trop lourde car il pense que le radar était mal calibré, mais il hésite à contester de peur d’aggraver la situation.
À retenir
Scénario A (Acceptation) : Jean ne fait rien. Après 10 jours, l’ordonnance devient définitive. Il doit payer les 800 francs et la condamnation est inscrite. Il ne pourra plus revenir dessus.
Scénario B (Opposition) : Jean écrit une déclaration d’opposition simple (« Je fais opposition à l’ordonnance du [date] ») et l’envoie en recommandé au Ministère public dans les 10 jours. Le procureur peut alors soit maintenir l’ordonnance et transmettre le dossier au Tribunal de police pour un vrai procès, soit classer la procédure, soit rendre une nouvelle ordonnance. En cas de procès, le juge n’est pas lié par l’ordonnance et peut prononcer une peine différente.
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Questions fréquentes
Sources
- Code de procédure pénale (CPP) art. 352 à 356