Arnaque au faux paiement TWINT en Suisse : comment la reconnaître, que faire et comment porter plainte

Arnaque au faux paiement TWINT en Suisse : comment la reconnaître, que faire et comment porter plainte

Rédaction juridique JuriUp Contenu vérifié · droit suisse
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Arnaque au faux paiement TWINT en Suisse : comment la reconnaître, que faire et comment porter plainte
Droit pénal Lecture : 8 min À titre informatif

Arnaque au faux paiement TWINT en Suisse : comment la reconnaître, que faire et comment porter plainte

Fausse preuve de paiement sur une petite annonce, faux proche qui demande de l’argent : JuriUp vous explique comment repérer ces arnaques, quelles démarches engager tout de suite, comment porter plainte et ce que vous pouvez raisonnablement espérer récupérer.

Escroquerie TWINT Plainte pénale

Équipe JuriUp

Contenu publié par JuriUp.

Information juridique générale Ne constitue pas un conseil juridique

Le paiement mobile est entré dans les habitudes : on règle un article d’occasion, on rembourse un repas, on dépanne un proche en quelques secondes. Les escrocs l’ont compris. Ils jouent sur la rapidité et la confiance pour vous faire envoyer de l’argent, ou pour vous convaincre qu’un paiement a été reçu alors qu’il n’en est rien. Cette page offre une vue d’ensemble de deux scénarios, le faux paiement et le faux proche, puis un parcours d’urgence.

Les règles pénales présentées ici sont du droit fédéral : elles valent dans toute la Suisse romande. Ce qui varie d’un canton à l’autre, c’est l’autorité auprès de laquelle vous déposez votre plainte, qui est la police cantonale ou le ministère public compétent.

Infraction centrale

Escroquerie (art. 146 CP)

Premier réflexe

Appeler votre banque

Remboursement

Non garanti

Bon à savoir

Selon les pages des autorités et de TWINT, un paiement envoyé à un utilisateur déjà enregistré est immédiat et irrévocable dans l’application. Chaque minute compte, mais il faut aussi savoir que la prévention reste bien plus efficace que la réparation.

1. Les deux scénarios les plus fréquents

Scénario 1 : la fausse preuve de paiement sur les petites annonces. Vous vendez un objet sur une plateforme d’annonces (Anibis, Tutti, Ricardo, Facebook Marketplace). L’acheteur propose de payer par TWINT, puis vous envoie une capture d’écran retouchée, un faux SMS ou un faux courriel imitant TWINT ou une banque. Vous pensez que l’argent est arrivé, vous expédiez ou remettez l’objet, et rien n’est jamais crédité.

Selon les pages des autorités et de TWINT, plusieurs variantes circulent : l’argent serait « en attente » tant que l’article n’est pas expédié avec un numéro de suivi ; on vous demande de cliquer sur un lien de phishing, ou de payer une taxe ou une caution pour un prétendu compte professionnel TWINT ; ou encore on vous invite à valider une notification sur votre téléphone, qui est en réalité une demande d’argent, donc un débit à votre encontre.

Scénario 2 : le faux proche. Vous recevez un SMS ou un message WhatsApp du type « Nouveau numéro ». L’escroc se fait passer pour votre enfant ou un proche, invoque une urgence et demande un paiement TWINT ou un virement. Une variante consiste à envoyer une demande d’argent TWINT avec un prétexte anodin (« je te rembourse le resto ») : en la validant, vous faites débiter votre compte au lieu de le créditer.

Exemple : la vendeuse

Thi Lan G. vend un manteau sur une plateforme d’annonces. L’acheteur lui montre une capture d’écran indiquant un paiement TWINT « en attente de validation » et la presse d’envoyer le colis. Elle n’a rien reçu sur sa propre application : le paiement n’a jamais existé.

Exemple : le faux enfant

Chiara K. reçoit un message d’un numéro inconnu : « Maman, j’ai cassé mon téléphone, peux-tu payer une facture urgente par TWINT ? ». Avant de payer, elle appelle sa fille sur son ancien numéro habituel. Le doute est levé en trente secondes.

2. Les signaux d’alerte

D’après les recommandations rapportées pour l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) et les polices cantonales, quelques réflexes suffisent à déjouer la plupart de ces arnaques.

Côté vendeur

  • Une capture d’écran, un SMS ou un courriel de l’acheteur ne prouve rien : seule la réception effective des fonds, visible sur votre propre application TWINT ou votre compte bancaire, fait foi ;
  • recevoir de l’argent ne demande jamais de saisir un code SMS ou un code de sécurité, ni de valider un débit ;
  • un acheteur qui vous presse d’expédier avant que vous ayez vu l’argent est suspect ;
  • une demande de taxe, de caution ou de « compte professionnel » pour être payé est un signal d’alerte.

Côté proche ou particulier

  • Ne saisissez jamais vos accès e-banking, numéros de carte ou mots de passe via un lien reçu par message ;
  • un message qui presse de payer immédiatement est suspect ;
  • pour un faux proche, joignez la personne de vive voix sur son ancien numéro habituel avant tout paiement ;
  • une demande d’argent que vous n’avez pas sollicitée ne se valide pas à la légère.

Une règle simple

Tant que vous n’avez pas vu l’argent sur votre propre application ou votre propre compte, considérez que vous n’avez pas été payé. Ne remettez jamais l’objet avant ce contrôle.

Pour les plateformes elles-mêmes, la page de l’OFCS consacrée à la fraude aux petites annonces détaille les mécanismes courants. Si vous avez aussi un doute sur un billet reçu en espèces, notre page sur le faux billet de banque reçu de bonne foi traite ce cas voisin.

3. Les démarches immédiates

Si vous avez donné des identifiants, un code ou validé un paiement, agissez dans l’heure. Le parcours suivant reprend les recommandations rapportées pour les autorités et TWINT.

Étape 1, Contacter la banque

Appelez sans délai l’assistance de la banque qui émet votre TWINT pour bloquer l’application, les accès e-banking et les cartes liées. À défaut, selon TWINT, on peut verrouiller l’application en saisissant plusieurs fois un mauvais code PIN, ou désactiver la liaison depuis l’e-banking.

Étape 2, Conserver les preuves

Gardez les captures d’écran des échanges, le numéro de l’escroc, les liens reçus et le reçu de la transaction. Ne supprimez rien, même si le message vous gêne.

Étape 3, Signaler le cas

Vous pouvez signaler l’arnaque à l’OFCS via report.ncsc.admin.ch et à Cybercrimepolice via cybercrimepolice.ch. Ce signalement n’a pas valeur de plainte : l’OFCS n’est pas une autorité judiciaire et ne peut pas recevoir de plainte pénale.

Étape 4, Porter plainte

Déposez plainte auprès de la police ou du ministère public (voir section suivante). C’est cette démarche qui ouvre la voie à l’identification de l’auteur.

Si vous avez envoyé de l’argent à un mauvais numéro par simple erreur, la situation est différente : selon TWINT, il faut utiliser la fonction « Demander de l’argent » en expliquant l’erreur au bénéficiaire, puis contacter votre banque si celui-ci refuse.

4. Porter plainte et récupérer son argent

Quelle infraction ? L’escroquerie est l’infraction centrale. L’art. 146 al. 1 CP punit quiconque, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime, induit astucieusement en erreur une personne par des affirmations fallacieuses ou par la dissimulation de faits vrais, et la détermine ainsi à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires. La peine est une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou une peine pécuniaire : il s’agit d’une alternative, non d’un cumul. Selon l’art. 146 al. 2 CP, si l’auteur fait métier de l’escroquerie, la peine est une peine privative de liberté de six mois à dix ans.

D’autres qualifications peuvent entrer en considération, et il revient aux autorités pénales de trancher. La fraude informatique (art. 147 CP) vise celui qui influe sur un processus électronique de traitement de données et provoque un transfert d’actifs, avec la même peine de cinq ans au plus ou une peine pécuniaire. Une capture d’écran de paiement falsifiée peut aussi être examinée sous l’angle du faux dans les titres (art. 251 ch. 1 CP) : c’est une qualification possible, pas une certitude.

Faut-il une plainte ? En règle générale, l’escroquerie est poursuivie sans qu’une plainte soit nécessaire, puisque l’art. 146 al. 3 CP en fait l’exception pour les infractions commises au préjudice des proches ou des familiers. Dans ce cas, la plainte est requise et le droit de porter plainte se prescrit par trois mois dès que vous connaissez l’auteur (art. 31 CP). Même hors de ce cas, ne tardez pas : chaque jour réduit les chances de retrouver les fonds.

Où et comment ? Selon l’art. 304 al. 1 CPP, la plainte pénale se dépose auprès de la police, du ministère public ou de l’autorité pénale compétente en matière de contraventions, par écrit ou oralement ; dans ce dernier cas, elle est consignée au procès-verbal. En pratique, vous pouvez vous adresser à la police cantonale de votre domicile. Selon les pages des autorités, certains cantons permettent aussi un dépôt en ligne via Suisse ePolice ; les modalités générales figurent sur ch.ch. Vous pouvez aussi, selon l’art. 301 al. 1 CPP, dénoncer des infractions à une autorité de poursuite pénale, par écrit ou oralement, et demander à être informé de la suite donnée (art. 301 al. 2 CPP).

Réclamer son argent dans la procédure. Selon l’art. 118 al. 1 à 3 CPP, une plainte pénale équivaut à la déclaration de vouloir participer à la procédure comme partie plaignante, au pénal comme au civil. Vous pouvez ainsi vous constituer demandeur au civil, c’est-à-dire réclamer vos dommages-intérêts dans la procédure pénale. Sur le plan civil, l’art. 62 al. 1 CO oblige celui qui s’est enrichi sans cause légitime aux dépens d’autrui à restitution. Cela ne garantit pas le paiement : il faut encore identifier le bénéficiaire et obtenir qu’il paie. Le coût d’un avocat, lui, dépend de l’étendue de son intervention.

Quelles chances de remboursement ? Elles sont réelles mais incertaines. Selon les pages de TWINT, si vous avez vous-même confirmé le paiement, même trompé, TWINT ne rembourse pas, car il se présente comme plateforme technique. La banque peut tenter une demande de rappel si les fonds n’ont pas encore été retirés, mais dans la grande majorité des cas, les fonds sont déplacés aussitôt. Le remboursement n’est donc pas garanti : il dépend de la rapidité de votre réaction et de l’identification de l’auteur. Aucun taux de remboursement fiable n’est publié, et une plainte déposée vite reste le meilleur moyen de préserver vos droits.

Un avocat spécialisé en droit pénal peut structurer votre plainte, vous aider à vous constituer partie plaignante et évaluer avec vous les chances de récupérer les fonds. Si l’arnaque a pris la forme d’un hameçonnage ou d’un vol de données, le domaine du droit du numérique et de la protection des données est également concerné.

Astuce JuriUp

Avant d’aller à la police, rassemblez dans un seul dossier numérique : captures d’écran, numéro de téléphone de l’escroc, pseudo et lien de l’annonce, date et heure du paiement, et coordonnées de votre banque. Un récit chronologique de dix lignes accélère l’enregistrement de votre plainte.

Résumé rapide à retenir

Une capture d’écran ne prouve pas un paiement : seule la réception effective des fonds sur votre application ou votre compte fait foi.

En cas de doute ou de code transmis, appelez votre banque immédiatement, puis conservez toutes les preuves.

L’escroquerie (art. 146 CP) est punie d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

La plainte se dépose auprès de la police ou du ministère public (art. 304 CPP) ; le remboursement n’est pas garanti.

Victime d’une arnaque TWINT : besoin d’un avocat spécialisé ?

Décrivez votre situation en quelques lignes et JuriUp vous met en relation avec un avocat spécialisé en droit pénal dans votre canton, pour déposer plainte, vous constituer partie plaignante et évaluer vos chances de récupérer votre argent.

Questions fréquentes

  • Puis-je annuler un paiement TWINT que j’ai envoyé à un escroc ?

    En principe non. Selon TWINT, un paiement envoyé à un utilisateur déjà enregistré est immédiat et irrévocable dans l’application ; l’annulation n’est possible que si le destinataire n’a pas encore activé TWINT. Contactez néanmoins votre banque sans attendre : elle peut tenter une demande de rappel si les fonds n’ont pas été retirés.

  • Dois-je déposer plainte dans un délai précis ?

    En règle générale, l’escroquerie est poursuivie sans plainte. Mais si elle vise un proche ou un familier, la plainte est requise et le droit de porter plainte se prescrit par trois mois dès la connaissance de l’auteur (art. 146 al. 3 et art. 31 CP). Dans tous les cas, agissez vite.

  • Un signalement à l’OFCS remplace-t-il une plainte ?

    Non. L’OFCS n’est pas une autorité judiciaire et ne peut pas recevoir de plainte pénale. Le signalement aide à la prévention, mais la plainte se dépose auprès de la police ou du ministère public (art. 304 al. 1 CPP).

  • La banque ou TWINT me rembourseront-ils ?

    Rien ne l’assure. Si vous avez confirmé vous-même le paiement, TWINT, qui se présente comme plateforme technique, ne rembourse pas. Le droit à un éventuel geste de la banque dépend de votre situation et de ses conditions : un avocat l’évaluera sur votre dossier.

  • Que risque l’escroc ?

    Selon l’art. 146 al. 1 CP, une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou une peine pécuniaire ; s’il fait métier de l’escroquerie, une peine privative de liberté de six mois à dix ans (art. 146 al. 2 CP). La qualification retenue dans votre cas relève des autorités pénales.

Textes officiels et ressources utiles

Cet article est fourni à titre informatif par l’équipe JuriUp et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation étant unique, vérifiez les textes officiels et consultez un avocat spécialisé via JuriUp.

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À propos de cet article

Rédigé par la Rédaction juridique JuriUp

Équipe de rédaction et de contenu juridique de JuriUp, plateforme de mise en relation avec des experts juridiques en Suisse romande.

Dernière vérification 28 octobre 2026
Sources Confédération suisse, Fedlex
Portée Information générale en droit suisse, ne remplace pas un avis personnalisé

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Dernière mise à jour de cette page : 28 octobre 2026.

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