Cas pratique · Droit du travail · Résiliation · Vaud

Délai de congé suspendu par la maladie dans le canton de Vaud : quand le congé est reçu avant l'arrêt de travail

Dans le canton de Vaud, un congé reçu avant la maladie reste valable, mais son délai est suspendu pendant l'incapacité de travail et ne reprend qu'après la période de protection : 30, 90 ou 180 jours selon les années de service (art. 336c al. 1 let. b et al. 2 CO). La fin du contrat est ensuite prolongée jusqu'au prochain terme (art. 336c al. 3 CO). En cas de désaccord, le tribunal compétent est saisi après une tentative de conciliation (art. 197 CPC), sans frais judiciaires jusqu'à 30 000 francs de valeur litigieuse (art. 113 al. 2 let. d et 114 let. c CPC).

Lecture 9 min
Urgence Forte
Durée totale durée variable selon la réaction de l'employeur et, le cas échéant, l'autorité saisie
Issue Résolution amiable

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Profil client Employé
Secteur Commerce de détail
Contexte Salariée de 38 ans, seule, quatre ans d'ancienneté
Région Vaud

La situation

Contexte initial

Delphine G., employée dans un commerce de détail à Lausanne depuis quatre ans, perçoit un salaire mensuel brut de CHF 5’400. Son contrat ne déroge pas aux délais légaux de congé.

Cette page traite le congé donné avant la maladie. Le congé donné pendant la maladie est nul et fait l’objet d’une page distincte sur le site.

L'élément déclencheur

Delphine G. reçoit un congé ordinaire à la fin d’un mois. Son employeur indique une fin de contrat deux mois plus tard, à la fin du mois. Environ deux semaines après, elle tombe malade et son médecin l’arrête à 100% pendant cinq semaines. L’employeur maintient pourtant la date initiale, sans tenir compte de l’arrêt.

Les enjeux

Financiers

Deux mois de salaire supplémentaires, soit CHF 10'800 brut dans l'illustration, si la fin du contrat est repoussée de deux mois par rapport à la date initiale

Humains

Crainte de perdre son emploi et sa couverture de salaire en pleine maladie, incertitude sur la date réelle de fin du contrat

Délai critique

Le délai de congé est suspendu pendant l'incapacité de travail, dans la limite de 30 jours la première année de service, 90 jours de la deuxième à la cinquième année et 180 jours dès la sixième (art. 336c al. 1 let. b et al. 2 CO). En cas d'action, le délai pour porter l'affaire au tribunal est de trois mois dès la délivrance de l'autorisation de procéder (art. 209 al. 3 CPC).

Analyse juridique

Bases légales applicables

  • CO art. 335c al. 1 – Délais de congé : un mois la première année de service, deux mois de la deuxième à la neuvième, trois mois ensuite
  • CO art. 336c al. 1 let. b – Périodes de protection en cas de maladie ou d’accident non imputables à la faute du travailleur
  • CO art. 336c al. 2 – Congé donné avant la période : le délai est suspendu et ne reprend qu’après la fin de la période
  • CO art. 336c al. 3 – Fin du contrat prolongée jusqu’au prochain terme
  • CO art. 335b – Temps d’essai, sans cette protection
  • CO art. 324a – Salaire maintenu pour un temps limité en cas de maladie

Droits du client

Le congé reçu avant la maladie reste valable. Toutefois, si le délai de congé n’avait pas expiré avant le début de l’incapacité, il est suspendu et ne continue à courir qu’après la fin de la période de protection (art. 336c al. 2 CO). Les durées de protection sont de 30 jours la première année de service, 90 jours de la deuxième à la cinquième année et 180 jours dès la sixième (art. 336c al. 1 let. b CO).

Si le terme de fin de contrat (par exemple la fin du mois) ne coïncide pas avec la fin du délai qui a repris, le délai est prolongé jusqu’au prochain terme (art. 336c al. 3 CO). Le contrat ne s’arrête donc pas en milieu de mois.

Cette protection court après le temps d’essai et vaut pour une incapacité totale ou partielle. Elle ne s’applique pas si la maladie ou l’accident est imputable à la faute du travailleur.

Obligations de la partie adverse

L’employeur ne peut pas considérer que le contrat prend fin à la date initialement indiquée si le délai a été suspendu par une incapacité de travail couverte par l’art. 336c CO. Il reste lié par le contrat jusqu’à la nouvelle date de fin.

Pendant la maladie, il verse le salaire pour un temps limité, dans la mesure où les rapports de travail ont duré plus de trois mois (art. 324a CO). Pendant la première année de service, il paie le salaire de trois semaines. Ensuite, il paie le salaire pour une période plus longue fixée équitablement, compte tenu de la durée des rapports de travail et des circonstances particulières. Un accord écrit, un contrat-type ou une convention collective peut y déroger, à condition d’accorder au travailleur des prestations au moins équivalentes.

Délais légaux à respecter

  • Délai de congé de deux mois de la deuxième à la neuvième année de service (art. 335c al. 1 CO)
  • Protection de 90 jours de la deuxième à la cinquième année de service (art. 336c al. 1 let. b CO)
  • Prolongation jusqu’au prochain terme, par exemple la fin du mois (art. 336c al. 3 CO)
  • Trois mois pour porter l’action devant le tribunal dès la délivrance de l’autorisation de procéder (art. 209 al. 3 CPC)

Stratégie déployée

Options envisagées

Delphine G. envisage trois pistes :

  • Ne rien faire et considérer que le contrat s’achève à la date initiale, au risque de perdre deux mois de salaire et de couverture.
  • Écrire à l’employeur pour lui rappeler la suspension du délai et lui proposer une nouvelle date de fin de contrat.
  • Saisir le tribunal de prud’hommes compétent si l’employeur refuse toute correction.
Option retenue

Courrier écrit à l'employeur avec calcul de la nouvelle date de fin de contrat

Justification du choix

Un écrit daté fixe sa position et ouvre la discussion à moindre coût. Il laisse aussi une preuve si la situation doit ensuite être portée devant le tribunal compétent. Il s’agit d’une démarche prudente, qu’aucun article ne rend obligatoire pour invoquer la suspension du délai.

Intervenants externes

Tribunal compétent selon le lieu de travail ou le siège de l'employeur Médecin traitant Avocat

Étapes de la procédure

  1. Réunir le courrier de congé avec sa date de réception, le contrat de travail et le certificat d’arrêt.
  2. Calculer le nombre de jours de délai restant au moment du début de l’incapacité. Dans l’illustration, il reste environ 46 jours de délai à ce moment-là.
  3. Ajouter la durée de l’arrêt au calcul. Dans l’illustration, l’arrêt dure cinq semaines : le délai reprend à la fin de l’arrêt et arriverait à échéance environ cinq semaines après la date initiale.
  4. Reporter la fin du contrat au prochain terme, soit la fin du mois où le délai arrive à échéance (art. 336c al. 3 CO).
  5. Écrire à l’employeur, par pli recommandé, en exposant ce calcul et en demandant confirmation de la nouvelle date.
  6. En cas de refus, déposer une requête de conciliation auprès de l’autorité de conciliation compétente selon le lieu de travail ou le siège de l’employeur (art. 197 CPC).
  7. Si la conciliation échoue, l’autorité délivre l’autorisation de procéder. Vous pouvez alors porter l’action devant le tribunal dans un délai de trois mois (art. 209 al. 3 CPC).

Ce calcul est une illustration. Le compte exact des jours dépend des dates précises, de la durée de l’incapacité et du contrat. Un avocat l’évaluera sur votre dossier.

Résultat obtenu

Résolution amiable

Dans le cas de Delphine G., l'employeur reconnaît la suspension du délai après réception du courrier. Le contrat prend fin deux mois après la date initiale, soit deux mois de salaire brut supplémentaires (CHF 10'800). Les résultats varient selon les dates, la durée de l'incapacité et les termes du contrat.

Durée totale : durée variable selon la réaction de l'employeur et, le cas échéant, l'autorité saisie

Enseignements clés

Un congé reçu avant la maladie reste valable, mais son délai s’arrête pendant l’incapacité couverte par l’art. 336c CO. Le contrat se prolonge ensuite jusqu’au prochain terme. Le montant en jeu dépend du salaire, de la date du congé et de la durée de l’arrêt.

La prochaine étape consiste à rassembler vos dates et à calculer la nouvelle fin de contrat avant d’écrire à l’employeur. Les résultats varient selon les circonstances.

Comment éviter cette situation

Signaux d'alerte

  • L’employeur maintient la date de fin initiale malgré le certificat d’arrêt
  • Le congé a été donné pendant le temps d’essai, période sans cette protection (art. 335b CO)
  • Le contrat prévoit des délais différents de ceux de la loi
  • L’employeur conteste que la maladie soit non imputable à votre faute

Bonnes pratiques

  • Conserver la lettre de congé et noter la date exacte de réception
  • Faire parvenir le certificat d’arrêt à l’employeur sans attendre
  • Écrire à l’employeur par pli recommandé en exposant votre calcul
  • Vérifier dans le contrat les clauses sur les délais de congé et le salaire en cas de maladie

Erreurs courantes à éviter

  • Confondre congé donné avant la maladie (délai suspendu) et congé donné pendant la maladie (congé nul)
  • Croire que la protection s’applique pendant le temps d’essai
  • Oublier que la protection est limitée à 30, 90 ou 180 jours selon les années de service
  • Penser que le salaire est dû sans limite pendant toute la prolongation du contrat

Points clés à retenir

  • Congé reçu avant la maladie : valable, mais délai suspendu (art. 336c al. 2 CO)
  • Protection de 30, 90 ou 180 jours selon les années de service (art. 336c al. 1 let. b CO)
  • Fin du contrat prolongée jusqu’au prochain terme (art. 336c al. 3 CO)
  • Pas de protection pendant le temps d’essai (art. 335b CO)
  • Conciliation obligatoire avant le procès (art. 197 CPC), puis trois mois pour agir (art. 209 al. 3 CPC)

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Questions fréquentes

Oui, si le délai de congé n’avait pas encore expiré, il est suspendu pendant l’incapacité de travail et ne reprend qu’à la fin de la période de protection (art. 336c al. 2 CO). Cette période est de 30 jours la première année de service, 90 jours de la deuxième à la cinquième année et 180 jours dès la sixième (art. 336c al. 1 let. b CO).

Non, la fin du contrat est prolongée jusqu’au prochain terme, par exemple la fin du mois, lorsque ce terme ne coïncide pas avec la fin du délai qui a repris (art. 336c al. 3 CO).

Non, la protection de l’art. 336c CO court après le temps d’essai. Pendant celui-ci, chaque partie peut résilier à tout moment moyennant un délai de sept jours, et le premier mois de travail est considéré comme temps d’essai (art. 335b CO).

L’employeur verse le salaire pour un temps limité, si les rapports de travail ont duré plus de trois mois (art. 324a CO). Pendant la première année de service, il paie le salaire de trois semaines. Ensuite, la durée est fixée équitablement. Un accord écrit, un contrat-type ou une convention collective peut y déroger, à condition d’accorder des prestations au moins équivalentes.

Aucun frais judiciaire n’est perçu pour un litige portant sur un contrat de travail lorsque la valeur litigieuse n’excède pas 30 000 francs (art. 113 al. 2 let. d et 114 let. c CPC). Il n’est pas alloué de dépens en procédure de conciliation (art. 113 al. 1 CPC). Les honoraires d’un avocat restent à la charge de la partie qui en engage un, et leur montant dépend de l’avocat choisi.

Vous pouvez saisir le tribunal compétent, car la procédure au fond est précédée d’une tentative de conciliation (art. 197 CPC). Si elle échoue, l’autorité délivre l’autorisation de procéder, et vous pouvez porter l’action devant le tribunal dans un délai de trois mois (art. 209 al. 3 CPC).

Sources et références

  • CO art. 324a, 335b, 335c, 336c (https://juriup.ch/lois/co/art-336c/) ; CPC art. 113, 197, 209 (https://juriup.ch/lois/cpc/art-209/)

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Cas pratique fictif. Ce dossier est présenté à titre purement illustratif pour exemplifier ce type de scénario juridique. Les noms, situations, montants et détails ont été inventés. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite. Pour un avis juridique adapté à votre situation, consultez un juriste ou un avocat.

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  • Art. 335b et 335c CO
  • Périodes de protection
  • Ancienneté au jour près
Base légale
Art. 335-336d CO
Durée
~ 1 minute
À jour
Septembre 2026

Chaque situation est différente. Le résultat est une estimation fondée sur les règles générales : il dépend des circonstances de votre dossier et ne remplace pas l’avis personnalisé d’un avocat ou d’un juriste.

Votre situation
Art. 336c CO : après le temps d'essai, le congé donné par l'employeur pendant une période de protection est nul.
Détail
Réponse en 48 h ouvrées Données protégées (nLPD / RGPD) Suisse romande
Estimation indicative - Les délais légaux (art. 335c CO) sont des minimums. Votre contrat ou CCT peut prévoir des délais plus longs. La résiliation doit être reçue avant le début du délai (en général, avant la fin du mois précédent). Un congé donné par l'employeur en temps inopportun (art. 336c CO) est nul ; une incapacité survenant pendant le délai de congé le suspend et reporte la fin au prochain terme (art. 336c al. 2 et 3 CO), ce que ce calcul n'intègre pas.
01 - Comprendre

Comment se calcule le délai de congé d’un contrat de travail

Un contrat de travail de durée indéterminée peut être résilié par chacune des parties (art. 335 al. 1 CO). Il faut respecter un délai de congé, qui dépend de l’année de service, et un terme, en principe la fin d’un mois.

Les délais légaux. Le contrat peut être résilié pour la fin d’un mois moyennant un délai d’un mois pendant la première année de service, de deux mois de la deuxième à la neuvième année et de trois mois ultérieurement (art. 335c al. 1 CO). La première année de service se termine la veille de la date anniversaire de l’engagement : une personne engagée le 1er mars 2017 est entrée dans sa 10e année de service le 1er mars 2026, et bénéficie dès ce jour d’un délai de trois mois.

La réception du congé. Le congé est une déclaration qui prend effet lorsqu’elle parvient à son destinataire. Il doit être reçu au plus tard le dernier jour du mois qui précède le début du délai. Avec un délai de deux mois, un congé reçu le 30 avril met fin au contrat le 30 juin ; reçu le 1er mai, il ne produit effet que pour le 31 juillet. Pour un pli recommandé non retiré, la jurisprudence retient en principe le jour où il pouvait être retiré au guichet, en général le lendemain du dépôt de l’avis (théorie de la réception absolue, ATF 137 III 208, rendu en matière de bail). Remettre le congé en mains propres contre signature évite toute discussion.

Le temps d’essai. Le premier mois de travail est considéré comme temps d’essai. Un accord écrit, un contrat-type ou une convention collective peuvent prévoir une autre durée, mais jamais plus de trois mois. Pendant l’essai, chacune des parties peut résilier à tout moment moyennant sept jours (art. 335b al. 1 et 2 CO). Si le travail est interrompu par une maladie, un accident ou une obligation légale non volontaire, l’essai est prolongé d’autant (art. 335b al. 3 CO).

Ce que le contrat peut modifier. Les délais peuvent être modifiés par accord écrit, contrat-type ou convention collective. Des délais inférieurs à un mois ne peuvent être fixés que par convention collective et pour la première année de service (art. 335c al. 2 CO). Les délais doivent rester identiques pour les deux parties ; en cas de licenciement pour motifs économiques, des délais plus courts peuvent toutefois être prévus en faveur du travailleur (art. 335a CO). Si l’employeur résilie alors que le travailleur bénéficie du congé de l’autre parent, le délai est prolongé du nombre de jours de congé non pris (art. 335c al. 3 CO).

Contrat de durée déterminée. Il prend fin sans congé à son échéance ; s’il est reconduit tacitement, il devient un contrat de durée indéterminée (art. 334 al. 1 et 2 CO). Pour les montants dus à la fin du contrat, consultez aussi nos calculateurs de solde de vacances et de 13e salaire au prorata.

1re année de service 1 mois Pour la fin d’un mois (art. 335c CO)
2e à 9e année 2 mois Pour la fin d’un mois (art. 335c CO)
Dès la 10e année 3 mois Pour la fin d’un mois (art. 335c CO)
Temps d’essai 7 jours 1 mois par défaut, 3 mois au plus (art. 335b CO)

Délai de congé et protection selon l’année de service

Année de serviceDélai de congé légalProtection maladie ou accident
Temps d’essai (1 à 3 mois)7 jours, à tout moment (art. 335b CO)Aucune protection (art. 336c al. 1 CO)
1re année1 mois pour la fin d’un mois30 jours
2e à 5e année2 mois pour la fin d’un mois90 jours
6e à 9e année2 mois pour la fin d’un mois180 jours
Dès la 10e année3 mois pour la fin d’un mois180 jours
02 - Cadre

Maladie, grossesse, service : le congé en temps inopportun

Les périodes de protection. Après le temps d’essai, l’employeur ne peut pas résilier le contrat pendant une incapacité de travail totale ou partielle due à une maladie ou un accident non fautif, durant 30 jours la première année de service, 90 jours de la deuxième à la cinquième et 180 jours dès la sixième. La protection couvre aussi la grossesse et les seize semaines qui suivent l’accouchement, le service militaire, de protection civile ou civil (et, si le service dure plus de onze jours, les quatre semaines qui le précèdent et le suivent), ainsi que certains congés prévus par la loi, comme le congé de prise en charge d’un enfant gravement atteint (art. 336c al. 1 CO).

Congé donné pendant la protection : nul. Le congé donné pendant l’une de ces périodes est nul (art. 336c al. 2 CO) : il ne produit aucun effet et l’employeur doit le renouveler après la fin de la protection. La nullité ne dépend pas d’une contestation, mais il est prudent de la signaler par écrit à l’employeur.

Incapacité pendant le délai : suspension. Si le congé a été donné avant la période de protection et que le délai n’a pas expiré, le délai est suspendu et ne reprend qu’à la fin de la période (art. 336c al. 2 CO). Lorsque le contrat doit cesser à un terme, comme la fin d’un mois, et que la fin du délai prolongé ne coïncide pas avec ce terme, le délai est prolongé jusqu’au prochain terme (art. 336c al. 3 CO). Exemple : congé reçu fin janvier pour le 31 mars, incapacité de 10 jours en mars : le délai court jusqu’au 10 avril, puis la fin du contrat est reportée au 30 avril. Le calculateur n’intègre pas cette suspension : ajoutez les jours d’incapacité et reportez à la fin du mois.

La protection vaut contre l’employeur. Le travailleur malade peut lui-même donner son congé. Il ne peut en revanche pas résilier pendant le service obligatoire d’un supérieur ou de l’employeur lorsqu’il doit le remplacer (art. 336d CO).

Licenciement avec effet immédiat. Sans justes motifs, le travailleur a droit à ce qu’il aurait gagné jusqu’à la fin du délai de congé, et le juge peut ajouter une indemnité allant jusqu’à six mois de salaire (art. 337c al. 1 et 3 CO). Faites évaluer votre situation avec notre diagnostic licenciement abusif.

Le contrat peut être résilié pour la fin d’un mois moyennant un délai de congé d’un mois pendant la première année de service, de deux mois de la deuxième à la neuvième année de service, de trois mois ultérieurement.

Art. 335c al. 1 du Code des obligations
03 - Pratique

Vous avez reçu votre congé : les démarches

Le congé ne doit pas être motivé pour être valable, mais plusieurs droits se perdent si vous n’agissez pas avant la fin du délai de congé.

Vérifiez la date de fin. Contrôlez la date de réception, votre année de service, le délai prévu par votre contrat ou votre CCT et une éventuelle période de protection. Si le délai ou le terme n’est pas respecté, le congé reste valable mais produit effet pour le prochain terme possible.

Demandez les motifs par écrit. La partie qui donne le congé doit le motiver par écrit si l’autre le demande (art. 335 al. 2 CO). La motivation est utile pour apprécier un éventuel congé abusif, par exemple un congé donné parce que vous avez fait valoir de bonne foi des prétentions résultant du contrat (art. 336 CO).

Faites opposition avant la fin du délai. Pour réclamer une indemnité pour congé abusif, il faut s’opposer au congé par écrit auprès de l’employeur au plus tard jusqu’à la fin du délai de congé, puis, faute d’accord, agir en justice dans les 180 jours qui suivent la fin du contrat, sous peine de péremption (art. 336b CO). L’indemnité est fixée par le juge et ne peut pas dépasser six mois de salaire (art. 336a al. 2 CO). Estimez-la avec notre calculateur d’indemnité pour licenciement abusif.

Coûts de la procédure. Pour un litige de travail jusqu’à 30 000 francs, il n’est pas perçu de frais judiciaires, ni en conciliation ni au fond (art. 113 al. 2 let. d et 114 let. c CPC) ; des dépens peuvent toutefois être mis à la charge de la partie qui perd au fond. Pensez aussi à vous inscrire rapidement au chômage : notre calculateur d’indemnités de chômage vous donne une estimation. Un avocat de la plateforme JuriUp peut vérifier votre congé ; réponse sous 48 h ouvrées.

04 - FAQ

Questions fréquentes

Un mois pendant la première année de service, deux mois de la deuxième à la neuvième année et trois mois dès la dixième, chaque fois pour la fin d’un mois (art. 335c al. 1 CO). Pendant le temps d’essai, le délai est de sept jours (art. 335b al. 1 CO). Votre contrat ou votre CCT peut prévoir d’autres délais.

Au plus tard le dernier jour du mois qui précède le début du délai. Avec un délai d’un mois, un congé reçu le 31 mars met fin au contrat le 30 avril ; reçu le 1er avril, il ne vaut que pour le 31 mai. C’est la date de réception qui compte, pas celle de l’envoi.

Oui. Les délais doivent être identiques pour les deux parties ; si un accord prévoit des délais différents, le plus long s’applique aux deux (art. 335a al. 1 CO). Exception : en cas de licenciement pour motifs économiques, des délais plus courts peuvent être prévus en faveur du travailleur (art. 335a al. 2 CO).

Sept jours, et le congé peut être donné à tout moment, pas seulement pour la fin d’un mois (art. 335b al. 1 CO). Le temps d’essai est d’un mois, sauf accord écrit, contrat-type ou CCT, sans pouvoir dépasser trois mois. Il est prolongé en cas de maladie, d’accident ou d’obligation légale (art. 335b al. 3 CO).

Si l’employeur vous a licencié et que vous tombez malade sans faute pendant le délai, celui-ci est suspendu pendant la période de protection : 30 jours la 1re année de service, 90 jours de la 2e à la 5e, 180 jours dès la 6e (art. 336c al. 1 let. b et al. 2 CO). Le délai reprend ensuite pour les jours restants, et la fin du contrat est reportée au prochain terme, en principe la fin du mois au cours duquel le délai prolongé expire (art. 336c al. 3 CO).

Pas pendant les périodes de protection : un congé donné par l’employeur pendant une incapacité non fautive (dans les limites de 30, 90 ou 180 jours), pendant la grossesse ou dans les seize semaines qui suivent l’accouchement est nul (art. 336c CO). Au-delà de la période de protection liée à la maladie, un licenciement redevient possible. Pendant le temps d’essai, cette protection ne s’applique pas.

La loi n’impose pas la forme écrite, sauf si votre contrat ou votre CCT l’exige. La partie qui donne le congé doit toutefois le motiver par écrit si l’autre le demande (art. 335 al. 2 CO). En pratique, un écrit remis contre signature ou envoyé en recommandé permet de prouver la date de réception.

Faites opposition par écrit auprès de l’employeur au plus tard jusqu’à la fin du délai de congé. Si aucun accord n’est trouvé, vous devez agir en justice dans les 180 jours à compter de la fin du contrat (art. 336b CO). Le congé abusif reste valable ; le juge peut allouer une indemnité de six mois de salaire au maximum (art. 336a CO).

Oui, par accord écrit, contrat-type ou CCT (art. 335c al. 2 CO). Mais un délai inférieur à un mois n’est possible que par convention collective et seulement pour la première année de service. Un délai plus court fixé dans un simple contrat individuel ne peut pas descendre sous un mois.

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    Dernière mise à jour de cette page : 25 octobre 2026.

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