Cas pratique · Poursuites et Faillites (LP) · Recouvrement de créance · Fribourg

Recouvrement de créance commerciale dans le canton de Fribourg : procédure, délais et mainlevée

Dans le canton de Fribourg, le recouvrement d'une créance commerciale s'initie par une réquisition de poursuite. Si le débiteur fait opposition dans les 10 jours (art. 74 LP), le créancier peut demander la mainlevée provisoire (art. 82 LP) s'il dispose d'un contrat signé valant reconnaissance de dette.

Lecture 4 min
Urgence Modérée
Durée totale 3 à 6 mois selon les oppositions
Issue Décision favorable
Profil client Entrepreneur
Secteur Construction
Contexte PME locale, 15 employés
Région Fribourg

La situation

Contexte initial

Marc D., directeur d’une entreprise de menuiserie à Bulle, a réalisé des travaux d’aménagement pour une société locale. La facture finale de CHF 12’500, émise avec un délai de paiement de 30 jours, reste impayée malgré deux rappels écrits.

L'élément déclencheur

Après 90 jours de retard et l’échec des tentatives de contact téléphonique, Marc D. décide d’engager une procédure de recouvrement formelle pour récupérer le montant dû.

Les enjeux

Financiers

Récupération de la créance de CHF 12'500 plus les intérêts moratoires de 5% et les frais de poursuite.

Humains

Impact sur la trésorerie de la PME et gestion du temps administratif.

Délai critique

Aucun délai légal strict pour initier la poursuite, mais le risque d'insolvabilité du débiteur augmente avec le temps (prescription de 5 ans pour les travaux d'artisans, art. 128 CO).

Analyse juridique

Bases légales applicables

  • LP art. 38 – Introduction de la poursuite
  • LP art. 67 – Réquisition de poursuite
  • LP art. 82 – Mainlevée provisoire
  • CO art. 104 – Intérêts moratoires

Droits du client

Le créancier a le droit d’exiger le paiement de sa créance, majorée d’un intérêt moratoire de 5% l’an dès la mise en demeure, et d’initier une poursuite via l’Office des poursuites compétent.

Obligations de la partie adverse

Le débiteur doit s’acquitter de la facture et, en cas de poursuite, supporter les frais d’intervention de l’Office des poursuites s’il ne fait pas opposition ou si celle-ci est levée.

Délais légaux à respecter

  • 10 jours pour le débiteur pour faire opposition au commandement de payer (art. 74 LP)
  • 20 jours pour payer après réception du commandement (art. 69 LP)

Stratégie déployée

Options envisagées

Trois options principales :

  • Mise en demeure par avocat
  • Réquisition de poursuite immédiate
  • Cession de créance à une agence de recouvrement
Option retenue

Réquisition de poursuite immédiate

Justification du choix

La créance étant documentée par un contrat signé et une facture claire, la voie de la poursuite permet d’obtenir rapidement un commandement de payer, ouvrant la voie à une mainlevée provisoire en cas d’opposition.

Intervenants externes

Office des poursuites de la Gruyère Justice de paix de l'arrondissement de la Gruyère

Étapes de la procédure

  1. Dépôt de la réquisition de poursuite à l’Office des poursuites de la Gruyère
  2. Notification du commandement de payer au débiteur
  3. En cas d’opposition, requête de mainlevée provisoire devant la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère
  4. Réquisition de continuer la poursuite (par voie de faillite pour une société)

Résultat obtenu

Décision favorable

Dans le cas de Marc D., le débiteur a fait opposition, mais celle-ci a été levée par le juge grâce au contrat signé (titre de mainlevée). La créance de CHF 12'500, les intérêts et les frais ont été recouvrés avant la réquisition de faillite. Les résultats varient selon la solvabilité du débiteur.

Durée totale : 3 à 6 mois selon les oppositions

Témoignage du client

La procédure de mainlevée a été rapide grâce à notre documentation contractuelle solide.

E
Entrepreneur · Fribourg Témoignage anonymisé · Accompagné par JuriUp

Enseignements clés

Un contrat signé ou une reconnaissance de dette écrite est essentiel pour obtenir rapidement la mainlevée provisoire d’une opposition. Sans cela, une procédure civile ordinaire, plus longue et coûteuse, est nécessaire.

Comment éviter cette situation

Signaux d'alerte

  • Débiteur injoignable ou multipliant les excuses dilatoires
  • Absence de contrat signé ou de confirmation de commande écrite

Bonnes pratiques

  • Faire signer des devis ou contrats clairs avant le début des travaux
  • Documenter chaque étape (bons de livraison, procès-verbaux de réception)

Erreurs courantes à éviter

  • Attendre trop longtemps avant d’agir, augmentant le risque de faillite du débiteur
  • Oublier de réclamer les intérêts moratoires dans la réquisition de poursuite

Points clés à retenir

  • Réquisition à l’Office des poursuites
  • Mainlevée provisoire avec contrat signé (art. 82 LP)
  • Intérêts moratoires de 5% (art. 104 CO)

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Questions fréquentes

À l’Office des poursuites du for du débiteur (siège social pour une entreprise).

Les frais dépendent du montant de la créance (barème OELP) et doivent être avancés par le créancier, mais sont mis à la charge du débiteur.

Il faut demander la mainlevée de l’opposition au juge, à condition de disposer d’une reconnaissance de dette écrite (art. 82 LP).

Oui, si cela est prévu dans les conditions générales acceptées par le client, sinon seuls les intérêts moratoires de 5% sont dus (art. 104 CO).

Le créancier dispose d’un an à compter de la notification du commandement de payer pour requérir la continuation de la poursuite, délai suspendu par la procédure de mainlevée (art. 88 LP).

Non, la démarche peut être effectuée seul, mais l’assistance d’un avocat est recommandée pour la procédure de mainlevée.

Sources et références

  • LP art. 38, 67, 69, 74, 82, 88 ; CO art. 104, 128

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Cas pratique fictif. Ce dossier est présenté à titre purement illustratif pour exemplifier ce type de scénario juridique. Les noms, situations, montants et détails ont été inventés. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite. Pour un avis juridique adapté à votre situation, consultez un professionnel du droit.

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Barème OELP 2026 Frais à charge du débiteur Suisse romande
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Base légale Ordonnance OELP (RS 281.35)
Niveau Calcul précis
À jour Janvier 2026
Votre créance
Frais de poursuite cumulés
Décomposition
Réponse en 48 h Données protégées (nLPD / RGPD) Suisse romande
Barème fédéral OELP 2026 - Les frais de poursuite sont à la charge du débiteur et s'ajoutent au montant de la créance. Le commandement de payer est la première étape. Le débiteur a 10 jours pour faire opposition. Sans opposition, le créancier peut réquisitionner la continuation. Les frais de saisie et réalisation dépendent des mesures effectuées.
01 - Comprendre

Comprendre les frais de poursuite

Engager une poursuite contre un débiteur génère des frais incompressibles fixés par l'Ordonnance OELP. Bonne nouvelle pour le créancier : les émoluments du commandement de payer sont entièrement à la charge du débiteur, en plus de la créance principale et des intérêts moratoires de 5 % (art. 68 LP). Il faut toutefois avancer ces sommes au dépôt de la réquisition, et si le débiteur s'oppose ou s'avère insolvable, l'avance peut rester perdue.

L'Ordonnance sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale sur la poursuite et la faillite (OELP, art. 16) fixe un barème dégressif selon le montant de la créance. Pour une créance jusqu'à CHF 100, l'émolument est de 7 CHF. Jusqu'à CHF 500, il monte à 20 CHF. Jusqu'à CHF 1'000, 40 CHF. Jusqu'à CHF 10'000, 70 CHF. Jusqu'à CHF 100'000, 200 CHF. Au-delà du million, 800 CHF. Ce tarif couvre la rédaction et la notification du commandement de payer.

Le créancier avance ces frais à l'office des poursuites au dépôt de la réquisition. Si le débiteur paie ou si la poursuite va à son terme, l'émolument est récupéré sur le débiteur (art. 68 LP). En cas d'opposition, le créancier doit obtenir la mainlevée provisoire ou définitive auprès du tribunal pour continuer - ce qui génère des émoluments judiciaires supplémentaires. Une réquisition de continuer la poursuite (saisie ou commination de faillite) déclenche encore d'autres émoluments OELP.

DETTE < 1'000 CHF CHF 40 Émolument OELP art. 16
DETTE 5'000 CHF CHF 70 Commandement de payer
DETTE 100'000 CHF CHF 200 Échelle progressive OELP
MAINLEVÉE CHF 200-1'500 Selon valeur litigieuse

Émoluments du commandement de payer (OELP art. 16)

Montant de la créanceÉmolument OELPCumul si saisie
Jusqu'à CHF 100CHF 7+ CHF 50 environ
Jusqu'à CHF 500CHF 20+ CHF 70 environ
Jusqu'à CHF 1'000CHF 40+ CHF 90 environ
Jusqu'à CHF 10'000CHF 70+ CHF 150 environ
Jusqu'à CHF 100'000CHF 200+ CHF 300 environ
Jusqu'à CHF 1'000'000CHF 400+ CHF 500 environ
02 - Cadre

Cadre légal et étapes de la procédure

La poursuite pour dettes commence par une réquisition de poursuite déposée à l'office du domicile du débiteur (art. 67 LP), accompagnée du paiement de l'avance OELP. L'office notifie au débiteur un commandement de payer ; celui-ci dispose de 10 jours pour faire opposition (art. 74 LP). En l'absence d'opposition, le créancier peut requérir la continuation après 20 jours. Si le débiteur fait opposition, le créancier doit la lever judiciairement par mainlevée (art. 80 et ss LP) ou agir au fond.

Une fois la mainlevée obtenue ou l'opposition non faite, la continuation de la poursuite entraîne soit une saisie (débiteur non commerçant) soit une commination de faillite (débiteur commerçant inscrit au Registre du commerce). Chaque acte de l'office déclenche un émolument OELP supplémentaire - en moyenne 50 à 200 CHF par étape. Les frais accumulés sont entièrement à la charge du débiteur, ajoutés au montant de la créance et aux intérêts moratoires de 5 % (art. 104 CO).

Les frais sont à la charge du débiteur. Ils doivent être avancés par le créancier. En cas de retrait ou d'annulation de la poursuite, ainsi qu'en cas d'octroi de l'assistance judiciaire, ils sont à la charge du créancier.

Art. 68 al. 1 et 2 LP
03 - Pratique

Stratégie pratique de recouvrement

La poursuite n'est rentable que si la créance est claire et le débiteur solvable - voici les étapes concrètes pour ne pas avancer pour rien.

Vérifier la solvabilité avant de réquisitionner : un extrait du registre des poursuites coûte CHF 17 à l'office des poursuites du domicile du débiteur. S'il révèle de nombreuses poursuites, des actes de défaut de biens, ou pas de saisie possible, l'avance de CHF 73 ou plus risque d'être perdue. Privilégier alors la mise en demeure formelle et les rappels - souvent suffisants pour les débiteurs corrects qui ont juste tardé. Pour les petites créances, la procédure de conciliation puis le tribunal des baux/prud'hommes est parfois plus efficace.

Suivre activement la poursuite après dépôt : si le débiteur fait opposition (cas dans environ 30 % des poursuites), le créancier doit engager une mainlevée (provisoire si simple reconnaissance écrite, définitive si jugement) ou agir au fond. Le droit de requérir la mainlevée se prescrit par un an dès la notification du commandement de payer (art. 88 al. 2 LP) ; au-delà, la poursuite tombe et l'avance est perdue. Le créancier peut récupérer ses frais et 5 % d'intérêt moratoire en cas de succès, mais doit assumer l'avance jusqu'au jugement final - souvent 3 à 6 mois.

04 - FAQ

Questions fréquentes

Selon l'art. 68 LP, les frais de poursuite sont à la charge du débiteur. Le créancier les avance à l'office, mais ils sont ajoutés à la créance et récupérés sur le débiteur. Si le débiteur paie ou si la poursuite aboutit, le créancier récupère son avance. En cas d'échec total (poursuite retirée, débiteur insolvable), l'avance reste perdue.

Selon l'OELP art. 16, l'émolument du commandement de payer est dégressif. Pour 1'000 CHF de créance, comptez 40 CHF. Pour 10'000 CHF, 70 CHF. Pour 100'000 CHF, 200 CHF. Pour un million, 400 CHF. Au-delà, 800 CHF. Ces émoluments couvrent la rédaction et la notification, mais pas les frais ultérieurs en cas de saisie ou de mainlevée.

Oui. Selon l'art. 74 LP, le débiteur dispose de 10 jours dès la notification du commandement de payer pour former opposition, oralement ou par écrit, à l'office. L'opposition suspend la poursuite. Le créancier doit alors obtenir la mainlevée provisoire (art. 82 LP) ou définitive (art. 80 LP) auprès du tribunal, ou agir au fond, pour pouvoir continuer.

L'émolument judiciaire de la mainlevée varie selon la valeur litigieuse et le canton, mais reste modéré : 200 à 1'500 CHF en moyenne. À cela peut s'ajouter une indemnité de dépens en faveur du créancier qui gagne. La mainlevée provisoire (titre privé) ouvre un délai de 20 jours au débiteur pour ouvrir action en libération de dette.

Sans opposition dans les 10 jours et après un délai d'attente de 20 jours, le créancier peut requérir la continuation de la poursuite (art. 88 LP). Cela déclenche soit une saisie de salaire, de fortune ou d'objets mobiliers, soit - pour un débiteur commerçant inscrit au registre du commerce - une commination de faillite. Chaque étape génère de nouveaux émoluments à la charge du débiteur.

Oui, par la voie de la plainte à l'autorité de surveillance dans les 10 jours (art. 17 LP) si l'émolument n'est pas conforme à l'OELP. La plainte est gratuite. En revanche, les émoluments correctement calculés selon le barème ne peuvent pas être réduits, même en cas de difficulté du débiteur. Le débiteur conserve toujours la possibilité de payer pour stopper la procédure.

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