Cas pratique · Poursuites et Faillites (LP) · Recouvrement de créance · Genève

Recouvrement de créance dans le canton de Genève : procédure, délais et mainlevée

Dans le canton de Genève, le recouvrement d'une créance impayée débute par une réquisition de poursuite (art. 38 LP). En cas d'opposition du débiteur dans les 10 jours, le créancier doit obtenir la mainlevée devant le tribunal, facilitée par des preuves écrites (contrat, facture).

Lecture 3 min
Urgence Modérée
Durée totale De quelques semaines (si paiement immédiat) à plusieurs mois (si opposition et procédure de mainlevée).
Issue Décision favorable
Profil client Entrepreneur
Secteur Artisanat
Contexte PME locale
Région Genève

La situation

Contexte initial

Marc D., menuisier indépendant dans le canton de Genève, a réalisé des travaux d’aménagement intérieur pour un client privé. La facture finale de CHF 8’500, émise il y a quatre mois, reste impayée malgré plusieurs rappels amiables.

L'élément déclencheur

Face au silence du client après un dernier rappel envoyé en recommandé, Marc D. décide d’entamer une procédure de recouvrement forcé pour récupérer son dû.

Les enjeux

Financiers

Récupération de la créance de CHF 8'500, plus les intérêts moratoires et les frais de poursuite.

Humains

Impact sur la trésorerie de la petite entreprise de Marc D.

Délai critique

Aucun délai strict pour initier la poursuite, mais le délai de prescription de la créance (généralement 5 ou 10 ans selon l'art. 127 ou 128 CO) doit être respecté.

Analyse juridique

Bases légales applicables

  • LP art. 38 – Poursuite pour dettes
  • LP art. 67 – Réquisition de poursuite
  • LP art. 80 et 82 – Mainlevée d’opposition
  • CO art. 104 – Intérêts moratoires

Droits du client

Marc D. a le droit d’exiger le paiement de sa facture, majoré d’un intérêt moratoire de 5% l’an dès la mise en demeure, et de requérir une poursuite.

Obligations de la partie adverse

Le débiteur a l’obligation de régler la facture pour les travaux réalisés et acceptés.

Délais légaux à respecter

  • 10 jours pour le débiteur pour faire opposition au commandement de payer (art. 74 LP)

Stratégie déployée

Options envisagées

Deux options principales :

  • Poursuite par voie de saisie (débiteur non inscrit au registre du commerce)
  • Action en justice préalable (si la créance est contestée et sans reconnaissance de dette)
Option retenue

Réquisition de poursuite auprès de l'Office des poursuites

Justification du choix

La facture et les échanges écrits constituent un commencement de preuve. L’envoi d’un commandement de payer est l’étape initiale indispensable pour forcer le paiement ou clarifier la position du débiteur.

Intervenants externes

Office des poursuites de Genève Tribunal de première instance

Étapes de la procédure

  1. Dépôt de la réquisition de poursuite à l’Office des poursuites de Genève.
  2. Notification du commandement de payer au débiteur.
  3. En cas d’opposition (dans les 10 jours), requête de mainlevée devant le Tribunal de première instance.
  4. Si la mainlevée est accordée, réquisition de continuer la poursuite (saisie).

Résultat obtenu

Décision favorable

Dans le cas de Marc D., le débiteur a fait opposition, mais le Tribunal a prononcé la mainlevée provisoire sur la base des devis signés et factures. La créance de CHF 8'500 a été recouvrée par saisie sur salaire, avec les intérêts et frais.

Durée totale : De quelques semaines (si paiement immédiat) à plusieurs mois (si opposition et procédure de mainlevée).

Témoignage du client

La procédure de mainlevée a permis de débloquer la situation face à un client de mauvaise foi.

E
Entrepreneur · Genève Témoignage anonymisé · Accompagné par JuriUp

Enseignements clés

La possession de documents écrits (devis signé, échanges d’emails confirmant l’accord) est essentielle pour obtenir la mainlevée d’opposition rapidement et éviter une procédure civile longue et coûteuse.

Comment éviter cette situation

Signaux d'alerte

  • Débiteur qui multiplie les excuses vagues pour ne pas payer.
  • Absence de contestation écrite de la facture avant la poursuite.

Bonnes pratiques

  • Faire signer des devis ou des bons de commande clairs.
  • Conserver toute trace écrite des échanges avec le client.
  • Agir sans trop tarder pour éviter l’insolvabilité du débiteur.

Erreurs courantes à éviter

  • Attendre trop longtemps avant d’agir, risquant la prescription ou la faillite du débiteur.
  • Ne pas demander d’avances ou d’acomptes pour les travaux importants.

Points clés à retenir

  • Réquisition de poursuite à l’Office compétent
  • Délai d’opposition de 10 jours (art. 74 LP)
  • Mainlevée d’opposition sur pièces écrites

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Questions fréquentes

À l’Office des poursuites du for du débiteur (son domicile ou siège social).

Les frais dépendent du montant de la créance (barème OELP) et doivent être avancés par le créancier, mais sont mis à la charge du débiteur.

Il faut demander la mainlevée de l’opposition au juge, preuves écrits à l’appui.

Seulement s’ils sont prévus dans le contrat ou les conditions générales acceptées.

Le taux légal est de 5% l’an (art. 104 CO), sauf accord contraire.

Non, la procédure est conçue pour être accessible sans avocat, bien que cela soit recommandé pour la mainlevée si le cas est complexe.

Sources et références

  • LP art. 38, 67, 74, 80, 82 ; CO art. 104

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Cas pratique fictif. Ce dossier est présenté à titre purement illustratif pour exemplifier ce type de scénario juridique. Les noms, situations, montants et détails ont été inventés. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite. Pour un avis juridique adapté à votre situation, consultez un juriste ou un avocat.

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  • Barème OELP en vigueur
  • Avancés par le créancier
  • Mis à la charge du débiteur
Base légale
OELP (RS 281.35), art. 68 LP
Durée
~ 1 minute
À jour
Septembre 2026

Chaque situation est différente. Le résultat est une estimation fondée sur les règles générales : il dépend des circonstances de votre dossier et ne remplace pas l’avis personnalisé d’un avocat ou d’un juriste.

Votre créance
Frais de poursuite cumulés
Décomposition
Réponse en 48 h ouvrées Données protégées (nLPD / RGPD) Suisse romande
Barème fédéral OELP en vigueur - Les frais de poursuite sont à la charge du débiteur, mais le créancier en fait l'avance (art. 68 LP). Le débiteur a 10 jours dès la notification pour faire opposition (art. 74 LP) ; sans opposition, le créancier peut requérir la continuation 20 jours après la notification (art. 88 LP). S'y ajoutent les débours (taxes postales) et, en cas de mainlevée, l'émolument judiciaire (art. 48 OELP). Les frais de saisie et de réalisation dépendent des opérations effectuées.
01 - Comprendre

Combien coûte une poursuite en Suisse

Chaque opération de l’office des poursuites est tarifée par l’ordonnance sur les émoluments perçus en application de la LP (OELP, RS 281.35). Le montant dépend de la créance réclamée, et non du canton.

Le commandement de payer. L’émolument couvre sa rédaction, son établissement en double exemplaire, son enregistrement et sa notification (art. 16 al. 1 OELP) : CHF 7 jusqu’à CHF 100 de créance, CHF 20 jusqu’à 500, CHF 40 jusqu’à 1’000, CHF 60 jusqu’à 10’000, CHF 90 jusqu’à 100’000, CHF 190 jusqu’à un million et CHF 400 au-delà. Chaque tentative de notification coûte CHF 7 (art. 16 al. 3 OELP) et les taxes postales sont facturées comme débours (art. 13 OELP).

La saisie. Après la réquisition de continuer la poursuite, l’exécution de la saisie et la rédaction du procès-verbal sont facturées selon un barème proche : CHF 10 jusqu’à 100, CHF 25 jusqu’à 500, CHF 45 jusqu’à 1’000, CHF 65 jusqu’à 10’000, CHF 90 jusqu’à 100’000, CHF 190 jusqu’à un million et CHF 400 au-delà (art. 20 al. 1 OELP). Une saisie infructueuse coûte la moitié, mais au moins CHF 10, et chaque demi-heure au-delà d’une heure est facturée CHF 40 (art. 20 al. 2 et 3 OELP).

La réalisation. La vente aux enchères ou de gré à gré des biens saisis est facturée selon le prix obtenu : CHF 10 jusqu’à 500, CHF 50 jusqu’à 1’000, CHF 100 jusqu’à 10’000, CHF 200 jusqu’à 100’000, puis 2 pour mille (art. 30 OELP). S’y ajoutent notamment la garde des biens (art. 26 OELP), les publications et l’encaissement des montants reversés au créancier (art. 19 OELP).

Débiteur inscrit au registre du commerce. Au lieu d’une saisie, la poursuite se continue par voie de faillite. L’émolument de la commination de faillite est fixé selon le même barème que le commandement de payer (art. 39 OELP). La suite (réquisition de faillite, faillite) entraîne des frais nettement plus élevés, fixés par le juge et l’office des faillites.

Qui paie ? Les frais de la poursuite sont à la charge du débiteur ; le créancier en fait l’avance et l’office peut différer toute opération non financée (art. 68 al. 1 LP). En revanche, les frais de représentation devant l’office (avocat, société de recouvrement) ne peuvent pas être mis à la charge du débiteur (art. 27 al. 2 LP). Pour les frais ajoutés avant la poursuite, voyez notre outil frais de rappel.

Commandement de payer CHF 60 Créance de 1’001 à 10’000 (art. 16 OELP)
Exécution de la saisie CHF 65 Créance de 1’001 à 10’000 (art. 20 OELP)
Délai d’opposition 10 jours Dès la notification (art. 74 LP)
Extrait des poursuites CHF 17 Au guichet (art. 12a OELP)

Barème OELP en vigueur : commandement de payer et saisie

Montant de la créanceCommandement de payer (art. 16)Exécution de la saisie (art. 20)
Jusqu’à CHF 100CHF 7CHF 10
CHF 101 à 500CHF 20CHF 25
CHF 501 à 1’000CHF 40CHF 45
CHF 1’001 à 10’000CHF 60CHF 65
CHF 10’001 à 100’000CHF 90CHF 90
CHF 100’001 à 1’000’000CHF 190CHF 190
Plus de CHF 1’000’000CHF 400CHF 400
02 - Cadre

Opposition et mainlevée : délais et frais

Le commandement de payer. Il somme le débiteur de payer la dette et les frais dans les 20 jours, et l’avise qu’il doit former opposition dans les 10 jours s’il conteste (art. 69 LP). L’opposition peut être faite oralement ou par écrit, immédiatement à la personne qui remet le commandement ou à l’office dans les 10 jours (art. 74 al. 1 LP). Les opérations relatives à l’opposition sont gratuites (art. 18 OELP). Pour estimer ces délais, utilisez notre diagnostic poursuite.

Sans opposition. Le créancier peut requérir la continuation de la poursuite 20 jours après la notification ; ce droit se périme par un an dès la notification, délai qui ne court pas pendant la procédure judiciaire en cas d’opposition (art. 88 LP).

Avec opposition : la mainlevée. L’opposition suspend la poursuite (art. 78 LP). Le créancier au bénéfice d’un jugement exécutoire, d’une transaction judiciaire ou d’une décision administrative demande la mainlevée définitive (art. 80 LP) ; celui qui a une reconnaissance de dette signée demande la mainlevée provisoire (art. 82 LP). Le juge du for de la poursuite statue en procédure sommaire et notifie sa décision dans les cinq jours après la réponse du débiteur (art. 84 LP). Après une mainlevée provisoire, le débiteur a 20 jours pour intenter une action en libération de dette (art. 83 al. 2 LP). Sans titre, le créancier doit agir en procédure ordinaire ou simplifiée (art. 79 LP) : voyez notre calculateur de frais de justice.

Le prix de la mainlevée. L’émolument des décisions judiciaires en procédure sommaire de poursuite est fixé par l’OELP selon la valeur litigieuse : CHF 40 à 150 jusqu’à 1’000, CHF 50 à 300 jusqu’à 10’000, CHF 60 à 500 jusqu’à 100’000, CHF 70 à 2’000 jusqu’à un million et CHF 500 à 4’000 au-delà (art. 48 OELP). En deuxième instance, l’émolument peut atteindre une fois et demie celui de la première (art. 61 al. 1 OELP). Des dépens peuvent s’y ajouter pour la partie qui a un avocat.

Contester des frais. Un émolument qui ne respecte pas l’OELP peut être attaqué par une plainte à l’autorité de surveillance dans les 10 jours dès la connaissance de la mesure (art. 17 LP). La procédure de plainte est gratuite et aucun dépens n’y est alloué (art. 20a al. 2 ch. 5 LP, art. 61 al. 2 et 62 al. 2 OELP), sauf procédé téméraire ou de mauvaise foi.

Les frais de la poursuite sont à la charge du débiteur. Le créancier en fait l’avance. L’office peut différer toute opération dont les frais n’ont pas été avancés; mais il doit en aviser le créancier.

Art. 68 al. 1 de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP)
03 - Pratique

Engager une poursuite sans avancer pour rien

La poursuite est peu coûteuse au départ, mais les frais avancés ne sont récupérés que si le débiteur paie. Quelques vérifications préalables évitent de mauvaises surprises.

Vérifier la solvabilité. Un extrait du registre des poursuites du débiteur coûte CHF 17 au guichet, CHF 18 envoyé par poste ou par e-mail et CHF 22 en recommandé (art. 12a OELP). Il faut rendre vraisemblable un intérêt, par exemple un lien avec la conclusion ou l’exécution d’un contrat (art. 8a LP). De nombreuses poursuites ou des actes de défaut de biens signalent un risque élevé de ne rien récupérer.

Préparer la réquisition. Elle se dépose à l’office du domicile du débiteur, par écrit ou oralement, et indique le nom et le domicile des parties, le montant de la créance et, si elle porte intérêts, le taux et le jour dès lequel ils courent, ainsi que le titre ou la cause de l’obligation (art. 67 LP). Vous pouvez y ajouter les intérêts moratoires de 5 % l’an (art. 104 CO).

Récupérer l’avance. Le créancier peut prélever les frais sur les premiers versements du débiteur (art. 68 al. 2 LP). Si la saisie est infructueuse, l’office délivre un acte de défaut de biens : la créance et les frais restent dus, mais le recouvrement devient incertain.

Avant d’en arriver là. Une mise en demeure écrite, avec un dernier délai de paiement, suffit souvent. Vérifiez aussi que votre créance n’est pas prescrite avec notre calculateur de délai de prescription : la poursuite interrompt la prescription (art. 135 ch. 2 CO).

04 - FAQ

Questions fréquentes

Selon l’art. 16 OELP, l’émolument dépend de la créance : CHF 7 jusqu’à 100, CHF 20 jusqu’à 500, CHF 40 jusqu’à 1’000, CHF 60 jusqu’à 10’000, CHF 90 jusqu’à 100’000, CHF 190 jusqu’à un million et CHF 400 au-delà. Il couvre la rédaction, l’enregistrement et la notification. Les taxes postales et chaque tentative de notification supplémentaire (CHF 7) s’ajoutent.

Le débiteur, en définitive : les frais de la poursuite sont à sa charge (art. 68 al. 1 LP). Mais c’est le créancier qui doit en faire l’avance, faute de quoi l’office peut différer ses opérations. Le créancier peut ensuite prélever ces frais sur les premiers versements du débiteur (art. 68 al. 2 LP).

Non pour la procédure devant l’office : les frais de représentation ne peuvent pas être mis à la charge de la partie adverse (art. 27 al. 2 LP). Ils ne peuvent être réclamés que dans une procédure judiciaire, à titre de dépens, ou s’ils constituent un dommage dû selon le droit des obligations, ce qui se prouve devant le juge.

Dix jours dès la notification du commandement de payer (art. 74 al. 1 LP). L’opposition peut être faite oralement ou par écrit, immédiatement auprès de la personne qui remet le commandement ou à l’office. Elle est gratuite (art. 18 OELP) et n’a pas besoin d’être motivée. Si seule une partie de la dette est contestée, il faut indiquer le montant contesté (art. 74 al. 2 LP).

L’émolument est fixé par l’OELP selon la valeur litigieuse : de CHF 40 à 150 jusqu’à 1’000, de CHF 50 à 300 jusqu’à 10’000, de CHF 60 à 500 jusqu’à 100’000, de CHF 70 à 2’000 jusqu’à un million et de CHF 500 à 4’000 au-delà (art. 48 OELP). Le créancier l’avance ; il est mis à la charge de la partie qui perd, avec d’éventuels dépens.

Vingt jours après la notification, le créancier peut requérir la continuation de la poursuite (art. 88 al. 1 LP). L’office procède alors à la saisie, ou, si le débiteur est inscrit au registre du commerce, lui notifie une commination de faillite. Le droit de requérir la continuation se périme par un an à compter de la notification (art. 88 al. 2 LP).

L’exécution de la saisie, procès-verbal compris, coûte par exemple CHF 65 pour une créance de CHF 1’001 à 10’000 et CHF 90 de CHF 10’001 à 100’000 (art. 20 OELP). Une saisie infructueuse coûte la moitié, au minimum CHF 10. Chaque demi-heure au-delà d’une heure est facturée CHF 40. Les frais de garde, de réalisation et d’encaissement s’ajoutent le cas échéant.

Si l’office a facturé un émolument non conforme à l’OELP, déposez une plainte à l’autorité cantonale de surveillance dans les 10 jours dès que vous en avez eu connaissance (art. 17 LP). La procédure est gratuite et aucun dépens n’est alloué (art. 61 al. 2 et 62 al. 2 OELP). Si c’est la dette elle-même que vous contestez, c’est l’opposition qu’il faut former.

CHF 17 au guichet, quel que soit le nombre de pages ; CHF 18 s’il est envoyé par poste, télécopie ou courrier électronique ; CHF 22 par courrier recommandé (art. 12a OELP). Pour un tiers, il faut rendre vraisemblable un intérêt (art. 8a LP). Les poursuites restent visibles pour les tiers pendant cinq ans après la clôture de la procédure (art. 8a al. 4 LP).

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