La situation
Contexte initial
Marc D., menuisier indépendant dans le canton de Genève, a réalisé des travaux d’aménagement intérieur pour un client privé. La facture finale de CHF 8’500, émise il y a quatre mois, reste impayée malgré plusieurs rappels amiables.
L'élément déclencheur
Face au silence du client après un dernier rappel envoyé en recommandé, Marc D. décide d’entamer une procédure de recouvrement forcé pour récupérer son dû.
Les enjeux
Récupération de la créance de CHF 8'500, plus les intérêts moratoires et les frais de poursuite.
Impact sur la trésorerie de la petite entreprise de Marc D.
Aucun délai strict pour initier la poursuite, mais le délai de prescription de la créance (généralement 5 ou 10 ans selon l'art. 127 ou 128 CO) doit être respecté.
Analyse juridique
Bases légales applicables
- LP art. 38 – Poursuite pour dettes
- LP art. 67 – Réquisition de poursuite
- LP art. 80 et 82 – Mainlevée d’opposition
- CO art. 104 – Intérêts moratoires
Droits du client
Marc D. a le droit d’exiger le paiement de sa facture, majoré d’un intérêt moratoire de 5% l’an dès la mise en demeure, et de requérir une poursuite.
Obligations de la partie adverse
Le débiteur a l’obligation de régler la facture pour les travaux réalisés et acceptés.
Délais légaux à respecter
- 10 jours pour le débiteur pour faire opposition au commandement de payer (art. 74 LP)
Stratégie déployée
Options envisagées
Deux options principales :
- Poursuite par voie de saisie (débiteur non inscrit au registre du commerce)
- Action en justice préalable (si la créance est contestée et sans reconnaissance de dette)
Réquisition de poursuite auprès de l'Office des poursuites
Justification du choix
La facture et les échanges écrits constituent un commencement de preuve. L’envoi d’un commandement de payer est l’étape initiale indispensable pour forcer le paiement ou clarifier la position du débiteur.
Intervenants externes
Étapes de la procédure
- Dépôt de la réquisition de poursuite à l’Office des poursuites de Genève.
- Notification du commandement de payer au débiteur.
- En cas d’opposition (dans les 10 jours), requête de mainlevée devant le Tribunal de première instance.
- Si la mainlevée est accordée, réquisition de continuer la poursuite (saisie).
Résultat obtenu
Décision favorable
Dans le cas de Marc D., le débiteur a fait opposition, mais le Tribunal a prononcé la mainlevée provisoire sur la base des devis signés et factures. La créance de CHF 8'500 a été recouvrée par saisie sur salaire, avec les intérêts et frais.
Durée totale : De quelques semaines (si paiement immédiat) à plusieurs mois (si opposition et procédure de mainlevée).
Témoignage du client
La procédure de mainlevée a permis de débloquer la situation face à un client de mauvaise foi.
Enseignements clés
La possession de documents écrits (devis signé, échanges d’emails confirmant l’accord) est essentielle pour obtenir la mainlevée d’opposition rapidement et éviter une procédure civile longue et coûteuse.
Comment éviter cette situation
Signaux d'alerte
- Débiteur qui multiplie les excuses vagues pour ne pas payer.
- Absence de contestation écrite de la facture avant la poursuite.
Bonnes pratiques
- Faire signer des devis ou des bons de commande clairs.
- Conserver toute trace écrite des échanges avec le client.
- Agir sans trop tarder pour éviter l’insolvabilité du débiteur.
Erreurs courantes à éviter
- Attendre trop longtemps avant d’agir, risquant la prescription ou la faillite du débiteur.
- Ne pas demander d’avances ou d’acomptes pour les travaux importants.
Points clés à retenir
- Réquisition de poursuite à l’Office compétent
- Délai d’opposition de 10 jours (art. 74 LP)
- Mainlevée d’opposition sur pièces écrites
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Questions fréquentes
À l’Office des poursuites du for du débiteur (son domicile ou siège social).
Les frais dépendent du montant de la créance (barème OELP) et doivent être avancés par le créancier, mais sont mis à la charge du débiteur.
Il faut demander la mainlevée de l’opposition au juge, preuves écrits à l’appui.
Seulement s’ils sont prévus dans le contrat ou les conditions générales acceptées.
Le taux légal est de 5% l’an (art. 104 CO), sauf accord contraire.
Non, la procédure est conçue pour être accessible sans avocat, bien que cela soit recommandé pour la mainlevée si le cas est complexe.
Sources et références
- LP art. 38, 67, 74, 80, 82 ; CO art. 104